lundi 10 mars 2014

Safari breton

11/02/14 à Nanyuki
Jour 178 - étape 143 -97km 

Il a plu légèrement, une partie de la nuit et quelques gouttes au matin mais je vois le soleil se lever derrière les nuages. Au moin,s cette eau amplifiera le volume de la cascade de Thomson que nous allons voir ce matin. 

Après avoir payés le ticket être passés devant les 30m de chutes, nous descendons sur des pierres qui servent de marches, jusqu'à sa base, nous faisons super attention car les pierres humides sont de vraies patinoire. Arrivés en bas, c'est la forêt vierge avec des arbres gigantesques, les embruns de la cascade emplissent l'air d'humidité.

Pendant ce temps là, nos tentes sèchent tranquillement au soleil et au vent. Lorsque que nous prenons la route, ce même vent nous pousse allègrement sur le bitume neuf (route de classe B pourtant). Mais arrive la jonction vers la route (classe C) que nous voulons prendre, en France, on aurait dit piste même chemin, un peu humide avec les pluies de la veille.

Le temps tourne, on se croirait à la maison, ciel entièrement couvert et gris, petit pluie qu'on pourrait nommer crachin et 16° au compteur, derrière la bruine, au loin les collines me font penser aux falaises bretonne, ajouter à cela une sorte de landes et il ne manque plus que les galettes. 

Mais bon, pluie plus piste en terre, égal terre rouge qui colle aux pneus et aussi quelques glissades sans conséquence. Par contre, John a des gardes boues, des freins vbrake hydrauliques et un antivol sur la jante, toute cette boue bloque sa roue arrière, elle n'arrive plus à tourner. Nous profitons de ça pour manger et décision est prise. John rebrousse chemin pour retrouver l'asphalte et moi je continue (je n'ai pas de garde boue, etc). Le ciel est menaçant mais je tente. 

Et je fais bien car la route monte et change de texture ce qui améliore sa vélocité et puis le paysage est superbe, savane d'herbes jaunes ponctuée d'accacias. À ce moment là, arrive une chose surprenante, une barrière électrifiée avec un passage pour la route, des fils électriques pendants. Aller je passe, s'il y avait des animaux féroces, tout aurait été bien clôturé. 

Et juste après commence mon safari, des antilopes d'abord juste à 30m, puis des zèbres, des phacochères, des sortes de dindons, des oiseaux soient en liberté, soient derrière une clôture électrifiée. Il faut dire que je passe en bordure du sweetwater game reserve.

Je continue et perdu dans mes pensées, je lève la tête et une vingtaine de zèbres sont en liberté à moins de 20m à ma gauche, petits moment de bonheur. Il est plus facile de faire 100km comme cela.
Le mont Kenya est devant moi enfin, je crois car il est recouvert d'un épais rideau de nuages. Ce sera pour demain je l'espère.

On perd le Nord?

10/02/14 à Nyahururu
Jour 177 - étape 142 -68 km

Nous débutons la journée en retournant à un cyber café, nous sommes proche d'une high sckool, il y a donc des étudiants partout à vouloir faire des photocopies et des recherches sur le net. 

Nous partons vers le nord, eh oui! Nous voulons rejoindre une route qui mène au mont kKenya. Nous sortons par la 2x2 voies qui amène à Nairobi et nous bifurquons rapidement vers une route de classe B, pas mal abîmée. Cela ne durera pas, nous avons quand même mangé de la poussière par contre nous grimpons et le paysage devient encore plus vert, on pourrait appeler cela les Alpes Kenyennes, avec des vaches couleur pie qui broutent dans de grands près et même des sapins.

L'odeur aussi change, les fleurs sur les bords des routes, le vert de la nature, la ferme avec les vaches.
De grands vergers de caféiers vert bouteille et théiers vert pomme tranchent l'un sur l'autre. Je demande l'autorisation de visiter la thé factory mais cela me sera refuser, dommage cela m'aurait bien branché. 

C'est dans ce paysage champêtre que je passerai les 12000km de voyage et aussi 3 fois l'équateur, nord, sud et nord. Nous grimpons jusqu'à Sabukia view point à 2550m d'altitude pour une vue sur la vallée du rift. En haut, nous nous arrêtons à un petit stand pour acheter des mangues que l'on nous prépare, c'est royal.
Direction Nyahururu pour y voir les chutes de Thomson et camper. Après d'âpres discussions, nous avons le droit à 50 % de reduc pour le camping, il aura presque fallu que je pleure pour ça mais le prix était exorbitant. Et nous voilà seuls dans cet énorme camping. La visite des chutes ce sera pour demain car le temps, avant le coucher du soleil, nous était imparti pour descendre. Nous mangeons au coin du feu, les nuages se sont amoncelés, et déjà le tonnerre et les éclairs font leurs apparitions. Nous sommes prêts à tout ranger et après un énième feu d'artifice, de grosses gouttes tombent une à une puis ça s'accélère. Espérons au moins que cette pluie nettoiera nos vélos de la poussière.

Un dimanche à la campagne

09/02/14 à Nakuru
Jour 176 - étape 141 - 40km

Le courant s'est coupé à plusieurs reprises, la nuit dernière dans notre hôtel et à chaque fois, il est nécessaire de lancer le groupe électrogène mais malgré ça, la nuit a été calme, mis à part quelqu'un qui a tambouriné au portail énorme pour essayer d'entrer.

C'est parti pour une petite journée vers Nakuru moins de 35km. Sur les bords de route de nombreux petits stands vendent du miel d'acacia (pour une fois qu'ils servent à faire quelque chose de bien) dans de petites bouteilles d'alcool. Avec le soleil, les bouteilles semblent remplie d'ambre, nous nous arrêtons en acheter, il est vraiment excellent.

Autre particularité de cette région verdoyante, ce sont les pots au lait en attente d'être ramassés, par un pickup ou une moto, posés sous un eucalyptus. La nature est partout verte et contraste avec notre désert des jours précédents. Des rangées de grandes plantes grasses, type ananas mais en plus gros, ce sont faites raboter les feuilles et certaines ont des tiges extrêmement hautes, nous supposons que ce sont des aloevera.
L'humidité est palpable dans l'air, les lacs et les étangs regorgent d'oiseaux. 

Nous sommes dimanche et c'est jour de messe, que ce soit anglicane, baptiste, protestants ou catholique, tout le monde est sur son 31 pour y aller et les gospel et sermons resonnent dans les églises. 

Au Kenya, pas de sentiments d'insécurité, les enfants te font signe de la main, les adultes te disent Bonjour ou welcome et te sourient, nous roulons détendus. Souvent nous croisons des vélos qui transportent toujours ces fameux bidons jaunes à eau, mais aussi un passager, comme ces vélos taxi que nous verront dans les rues de Nakuru. 

En parlant de route, même si à l'approche de la 4ieme ville du kenya, l'état de la chaussée s'améliore, on peut dire que la route de l'information est plus avancée que le réseau routier. Ici il est possible de payer avec son téléphone dans de nombreux commerces mais aussi de faire des virements directement d'un mobile à l'autre.
 
Nous voilà à Nakuru, je profiterai d'un super débit pour mettre à jour le site.

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08/02/14 à Mogotio
Jour 175 - étape 140 - 97km



Petit dej indien au messe avec les mêmes personnes que la veille, eux expédient le leur, en 5min alors que nous nous restons avec John à manger des chapatis au miel et à boire des thés au lait. 

Nous sommes contents car nous avons retrouvé pleinement l'asphalte aujourd'hui et même si de temps en temps, la route passe en mode caillou, c'est très court, et ne coupe pas notre enthousiasme.
Et puis, nous avons droit à de magnifiques point de vue sur le lac avec des traits de lumière qui perforent les nuages et illuminent des bancs d'herbes  vertes. Dans notre dos, une falaise de roches noires striées forme un rempart et à disséminer de gros blocs de pierres partout. 

La nature est verdoyante, il y a des oiseaux partout, de toutes les couleurs et de toutes les tailles dont une énorme autruche (je crois qu'une autruche est toujours énorme) qui se balade en liberté. 

Nous avançons bien, le vent dans le dos et surtout plus vite que les tortues de la taille d'un ballon de basket qui traversent la route. Malgré les panneaux signalant leurs lentes processions, une n'aura pas fini sa traversée. 

La journée se déroule bien, c'est l'impression qu'on en a après tant de jours à se lambiner sur les pistes. Le temps est frais 30°, j'ai à peine mis un peu de crème solaire et nous montons sans nous en apercevoir vers 1600m.

Et voilà que nous arrivons au point 0° N et 0° S, nous franchissons l'équateur et commençons à rouler sur la tête. D'ailleurs nous l'avons franchi 100m avant le panneau d'après nos gps. La petite ville qui suit sera notre étape finale dans un hôtel qui ressemble à une prison avec un gros barbecue au centre.

Des cailloux, des cailloux, toujours de cailloux

07/02/14 à Loruk
Jour 174 - étape 139 -78km



 Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu le soleil se lever, et c'est derrière les montagnes qu'il fait son apparition. La nuit a été calme et le vent a permis de rafraîchir l'atmosphère. Nous partons, la piste est bonne et damée comme il faut et nous montons gentiment vers 1400m. 

Sur les bords de la route, les femmes travaillent à faire des tas de petits cailloux sûrement pour les vendre ensuite mais que ça doit être fastidieux.
Les choses se gâtent dans la montée, nous aussi nous avons nos cailloux sur lesquels nous roulons et parfois il vaut mieux descendre du vélo car cela devient vraiment instable. Le temps est avec nous, le soleil est voilé par quelques nuages ce qui permet d'avoir du frais et puis nous sommes à 1400m. Sur cette piste, nous ne verrons passer qu'une voiture, des dromadaires et quelques motos. 

Les motos sont en général le meilleur moyen de transport, utilisées comme taxi, souvent à 4 personnes dessus avec le moto radio à fond.

Voilà nous abordons la descente, mais quelle frustration de ne pas pouvoir lâcher les chevaux, le risque est la pour Azimut et moi, de gros cailloux acérés ou de petites pierres qui roulent. Nous descendons et cela fait plus de 4h que nous sommes partis, il fait à nouveau très chaud et nous avons faim. Nous nous arrêtons dans le premier village qui vient et nous festoirons de 2 repas, 2 assiettes de riz avec chou, viande et haricots. 

15h en selle, l'eau de nos bouteilles est à la même température que le thé que je viens de boire. Le temps est couvert et les nuages de plus en plus gris, nous entendons le tonnerre mais pas de pluie salvatrice pour nous refroidir. 

Par contre après 800km de piste, nous retrouvons enfin le bitume et mes fesses en remercient son inventeur. Nous serons un petit peu désappointés en le voyant disparaître après 1km mais les ouvriers sont en plein travail et nous le retrouvons rapidement. 

Nous roulons allègrement quand nous sommes abordés par le manager indien du projet de construction de la route, il nous invite à son "camps". Nous acceptons et sommes ravis par l'accueil, nous avons droit à une maison privée avec douche et chambre ainsi que le repas indien avec l'équipe des ingénieurs indiens aussi.

dimanche 9 mars 2014

Par monts et par vaux

06/02/14 à Kalowa
Jour 173 - étape 138 - 80km

Ce                      matin, avec le vent de la nuit, le camping est recouvert de petites branches d'acacia, malgré le fait de tracer un chemin avec ma chaussure pour en sortir, je crèverai 3km après être partis.
Je commence à savoir réparer les crevaisons rapidement et sans eau. Nous arrivons à la jonction où la route part vers l'Ouganda, en montant, dans les montagnes alors que nous nous prenons la piste qui suit le bas de cette chaîne. 

La piste est de meilleur qualité que la route, certains endroits sont damés, nous montons tranquillement en parallèle de la base des montagnes ce qui nous donnera une superbe vue sur la vallée avec de grands arbres et des collines rouges.

Nous croisons des femmes en tenues traditionnelles, le coup entouré de colliers de façon concentrique et plat mais impossible de les prendre en photo, même chose pour ce jeune pokot qui part à la chasse avec son arc et son portable, même chose pour le groupe d'hommes, assis sous un arbre, écoutant un ancêtre parler.

Nous traversons nos premières rivières avec de l'eau soit en roulant rapidement, soit en jouant les funambules sur des pierres. Avant l'une d'elle, nous sommes poursuivis par plein d'écoliers en violet, ce sera de même par des enfants en bleu en passant par toutes les couleurs de l'arc en ciel.
Ils ne doivent pas voir souvent de touristes dans le coin,  dommage car la piste permet d'admirer des paysages superbes. 

Après le repas du midi, nous reprenons la route, c'est plus aisé, il fait moins chaud, sûrement l'air qui descend des montagnes et la route bifurque vers la vallée. La végétation est luxuriante, bananiers, manguiers et papayiers.

Nous nous arrêtons à kalowa, dans un café pour prendre de l'eau, un gars qui se dit de la police veut voir nos passeports, les gens autour acquiescent. Puis nous filons vers l'est et trouvons aisément une place derrière une haie d'arbre pour faire du camping sauvage, cela faisait longtemps.

Putain d'acacia

05/02/14 à Marsa
Jour 172 - étape 137 - 31km



Ce matin, levés 6h, Thorsten part en solo pour l'Ouganda, il nous fait ces adieux, cela a été un plaisir de rouler avec lui, toujours souriant, jamais à se plaindre et puis nous avons le même rythme, rendez vous est pris en Europe. 

Avec John, nous repartons en binôme et dès la sortie du village, le paysage n'a plus la même physionomie, nous sommes au pied d'une chaîne de montagnes qui doit alimenter en eau la plaine, ce qui fait que tout est vert et plus grand, et puis les rivières que nous traversons ne sont plus à sec. Du coup, comme la végétation est luxuriante, nous croisons des troupeaux de bovins qui partent pâturer. Les vachers qui les accompagnent, sont soient munis de fusil d'assaut, soient d'arc et de flèches, pas rassurant ni l'un ni l'autre.
 
Nous décidons de faire une petite journée avant d'attaquer la descente vers Nairobi, qui à priori, devrait se faire sur du bitume. Nous nous arrêtons donc avant la jonction, dans un camping très bien situé, au bord d'une rivière, sous de grands arbres, seul hic ce sont des acacias. 

Nous ne sommes que 2 et les autres locataires sont des singes qui jouent et des chèvres qui belent sans arrêt. Dans l'après midi, je répare une 3ieme fois mon matelas "putain d'acacia", si cela ne suffit pas, j'en trouverai un à nairobi. 

En soirée, le vent se met à souffler d'abord en charriant de la poussière sur la rivière qui borde le camping puis plus fort aux travers des grands arbres, cela devient inquiétant et des branches plus ou moins grosses tombent, les plus petites couvertes d'épines. Nous irons nous réfugier dans la cantine en attendant que cela passe mais le vent ne faiblira que peu.

Plaines de savane

04/02/14 à Kainuk 
Jour 171 - étape 136 - 86km

Nous prenons le petit dej sur la terrasse d'un hôtel/restaurant des chapatis et du thé, toujours sous le regard des badauds. Le soleil est déjà chaud, il est 8h30 et nous prenons la route.
Mis à part les arbres qui paraissent plus vert et quelques thermitières qui aiguaillent la vue de cette plaine, la route reste le même tape cul. Toujours des montagnes au fond et à droite, cachées par la brume. Moment de détente quand nous suivons un cycliste local qui connaît le raccourci parmi les acacias, en parallèle de la route.

Nous ferons un arrêt dans un petit village et serons renseignés par un agent (?), nous disant qu'une ethnie les topok sont un peu agressifs et que nous devrions nous renseigner au préalable. Pendant le temps de la discussion, nous sommes entourés par de nombreux jeunes dont des filles avec des rangées de collier, comme les femmes girafes, aux couleurs du kenya.

Lors de l'arrêt repas, nous gouterons l'ugali matubo (pâte de maïs accompagnée de tripes) et repartons rapidement car nous ne voulons pas finir la journée trop tard. Mais c'est dur il fait extrêmement chaud et je me rappelle pourquoi la route est si mauvaise, il fait parfois 55°C à l'ombre par ici même le macadam ne tient pas.

Cela n'empêche pas les convois de camions de passer, accompagnés de leurs escortes militaires, ils soulèvent une tonne de poussière qui nous fait disparaître. Et pour ne pas nous faire écraser nous nous arrêtons. Les conducteurs ont toujours une pensée pour nous et nous demandent régulièrement si nous allons bien. 

Moi ça va mais mon t-shirt avec la carte, offert par mes collègues, a rendu l'âme, des trous partout qui s'agrandissaient. Du coup, je découpe la carte, elle me servait bien à indiquer le trajet. Thorsten me donnera un polo, comme pour les chambres à air, il en avait emmené trop.

La fin de journée est magique, nous longeons le parc national "south turkana" où nous verrons de petites antilopes, aigle et autres oiseaux qui vivent dans cette savane de hautes herbes et au loin une vue sur la plaine et les montagnes. Longue descente vers Kainuk où une forêt plus dense apparaît déjà.