mercredi 5 mars 2014

D'une mission catholique à une autre

31/02/14 à Kataboy 
Jour 167 - Etape 133 - 49km


C'est une vraie oasis que nous avons trouvée ici à la mission catholique, tout le monde est au petit soin avec nous et le petit déjeuner garguantuesque, il se prolongera,  nous n'avons pas envie de quitter ces soeurs si tôt. 

Le lieu aussi est magique, en haut d'une colline avec vue sur le lac et son île volcanique et de l'autre côté sur les montagnes. Mais il nous faut bien prendre la route, il fait déjà chaud et nous savons que ça va être compliqué.

Notre premier arrêt à 7km pour déjà remplir nos bouteilles 1,5l en 1h, ce sera près d'une église mais l'eau est salée. L'école d'en face, nous fournira ce dont nous avons besoin. 

Le  chemin où nous passons, est toujours sablonneux et le poussage nécessaire, nous traversons le lit caillouteux de rivières. Les soeurs, nous ont dit qu'à la saison des pluies, il est parfois impossible de les traverser, tellement il y a un fort courant qui emporte tout, pour nous tout est sec

John est toujours à la peine, nous le motivons et nous arrivons une nouvelle fois à la nuit tombée à une autre mission catholique qui nous offrira un toit et de l'eau, le père Benoit nous dira que c'est une denrée rare dans cette partie du lac.

Il fait une chaleur écrasante, je sue à grosses gouttes et pas un pet de vent.

mardi 4 mars 2014

Le sable, c'est bien à la plage

30/01/14 à Nario Tocome
Jour 166 - Etape 132 - 55km
 
Merci les acacias, après mes pneus, voici qu'ils se sont attaqués à mon matelas et celui ci est percé, très mauvaise nouvelle, je répare avec le kit de réparation et on verra bien ce soir. Nous préparons le petit déjeuner et que voyons nous se balader, un petit scorpion, ici il y a pleins d'insectes avec de drôles de tête.

Nous prenons la "route" mais ce chemin tracé par les pneus, est un vrai calvaire malgré un paysage magnifique, savane africaine et montagnes à notre droite, nous alternons les passages dans le sable où il faut pousser et du "dur" à une vitesse de 8km/h max.

Cette piste est franchi par de nombreux troupeaux de chèvres et moutons qui vont ou viennent du lac, gardé par un berger qui se promène avec son petit siège et sa kalachnikov.
Le vent est de plus en plus fort et ne nous aide pas, il vient du lac et avec le sable, cela me fait penser à la mer et puis il crée des moutons avec les vagues.
S'en est trop pour John, son vélo est trop lourd et le vent trop fort. Nous ne progressons plus et faisons une pause repas et sieste pour lui. Il nous faut ralier le prochain village pour avoir de l'eau. Coup de chance, une voiture passe par là, la voiture de la journée, celle de la mission catholique. Elle prendra John et son vélo et avec Thorsten, nous décidons de continuer.

La piste se fait meilleur, nous arrivons à notre première ville kenyenne, l'accueil est sympathique mais les shops pas remplis.
Nous avons de vagues indications pour rejoindre la mission catholique mais cela se trouve encore à 20km, cela va être juste avec le soleil mais nous le tentons. Thorsten a l'air d'être dans le même état d'esprit quand il faut faire ce genre de challenge.

 Nous assistons au coucher du soleil derrière les montagnes qui entourent le lac mais toujours pas de mission en vue. Heureusement que nous croisons 2 véhicules qui nous indiquerons un chemin approximatif.
Nous finirons à la frontale, nous dirigeant comme nous pouvons vers des lumières. Thorsten partira 2 fois en éclaireur pour savoir si nous prenons la bonne direction. Enfin nous y arrivons et c'est royal, nous avons droit à notre chambre, une super douche, de l'électricité et en plus on dinera avec les personnes très gentilles de la mission.

lundi 3 mars 2014

Long mais bon, enfin presque

29/01/13 à Todenyang
Jour 165 - Etape 131 - 36km


Ce matin nous prenons notre temps, nous n'avons que 28km à faire pour arriver à la frontière du Kenya. Comme il nous reste des birrs, nous trouvons facilement quelqu'un pour nous les échanger en shiling kenyen, le taux sera de 1 birr pour 4 sk. 
 
Ensuite, direction la rivière Omo qui se trouve juste derrière notre hôtel et qu'il faut traverser. Trois choix : le bateau traditionnel creusé dans un tronc d'arbre, le vieux bateau blanc en planche sans moteur et la grosse barge. Ce sera le bateau blanc qui a plus de place pour la traversée, le capitaine utilise une godille et s'en sert pour pousser, la rivière est peu profonde. Par contre, les rives sont un peu abruptes et il n'est pas évident de charger et décharger les vélos avec les sacoches. Là aussi il nous aura fallu négocier le prix âprement et jouer sur le fait que nous venons de loin avec nos vélos.

Ca y est, nous sommessur l'autre berge, au loin un village traditionnel fait de huttes rondes.On nous indique la "route" mais ce n'est qu'une suite de traces de pneus dans la poussière. Le vent s'est levé, il nous vient de face charriant de nuages, nous bloquant parfois la vue. J'en ai plein les dents et les yeux, John et Thorsten sont méconnaissables et ont changé de couleur de peau. Et le pire c'est qu'il faut pousser son vélo car c'est trop poussiéreux meme cas quand on arrive dans le sable. Nous cherchons des solutions en roulant n'importe où pourvu que cela soit dur.

Nous prenons comme point de vue, des bâtiments sur un promontoire, il s'averrra que c'est le fort de ?, poste frontière ethiopien où nous nous verrons offrir de l'injera et de l'eau (bienvenue car nos réserves se sont épuisées avec la chaleur, le vent et la poussière).

On nous indique le poste frontière kenyen, encore 7km de cette piste. Nous continuons, nous voulons sortir d'Éthiopie, le soleil se couche derrière les montagnes, nous voyons les bâtiments se rapprocher. Deux militaires viennent à notre rencontre et nous donnent pleins d'informations, ils sont là pour "garder" les deux tribus frontalières hostiles, l'une envers l'autre.

Puis direction, le poste de police où nous avons la permission de camper, d'utiliser de l'eau (la douche sera un pur plaisir) et on nous apporte de quoi manger.

Les enfants d'Éthiopie resteront dans ma mémoire, non pas qu'ils n'aient plus de larmes mais par leurs harcèlements quotidiens (sauf peut-être aujourd'hui dans le désert). Mes premières impressions des habitants du Kenya sont vraiment très bonnes.

Poussière de piste

28/01/13 à Omoraté
Jour 164 - Etape 130 - 79km





Départ un peu plus tard que prévu, une petite alerte sur mon pneu arrière mais un regonflage me permet de me lancer. Nous avons eu plusieurs échos de la piste jusqu'à Omoraté mais dès les premiers mètres, nous la trouvons bonne au roulage. Mais, cela sera encore mieux quand nous tomberons sur la route en construction qui est damée et avec le vent dans le dos, c'est un vrai plaisir. Nous ferons un arrêt thé café au milieu d'une ville qui doit être le campement des ouvriers de la route.

 Sur cette route, nous avons la chance de pouvoir observer un caméléon en pleine traversée, il sera une fois jaune, une fois vert mais impossible de le prendre pour le mettre sur une de nos sacoches rouges. Autre animal visible, de petites antilopes, dik dik, cachés dans les arbustes et qui décampent à notre passage. Dans ce paysage, d'arbustes morts ou sans feuille et les rares arbres feuillus verts, se dressent seulement 2 choses les pylônes téléphoniques avec leur armature en fer et les thermitières en terre ocre d'où sortent de petits oiseaux à la tête rouge.

La route se fait plus sablonneuse donc plus difficile à rouler, nous tombons sur un crâne d'antilope avec de très belles cornes mais trop gros pour le fixer sur mon casque. Nous laisserons passer un convoi de plus de 10 camions qui prend toute la piste et nous envoie plein de poussière. D'ailleurs, nous en finirons recouvert car ajouter à ça, un vent de côté nous en charrie, à notre arrivée à Omoraté.

Nous nous arrêtons au bureau d'immigration pour le tampon de sortie de l'éthiopie et trouvons un de nos petits hôtels favoris.

Le tour de la ville est un vrai régal, on nous regarde plus que nous regardons, les hommes sont élancés, en jupe et tenue tradionnelle, certaines femmes jeunes ou vielles se promènent les seins nus. La rivière Omo est juste derrière notre hôtel, demain nous la traverserons pour quitter l'Ethiopie.

dimanche 2 mars 2014

Turmi

27/01/14 à Turmi
 
Le camping est plein de manguiers où les oiseaux viennent piailler dès les premières lueurs du jour. Aujourd'hui, jour "off", deux objectifs, aller au marché pour y voir les tribus environnantes et faire des provisions en vue de notre traversée vers le Kenya.

Nous y serons vers 10h, passage chez un coiffeur qui fait aussi chargeur de mobile avec son groupe électrogène. Sur le marché, nous avons effectivement des jeunes filles des tribus qui veulent se faire prendre en photos mais aussi d'autres femmes venues vendre du grain, des oeufs, du tabac et des épices. Nous apercevons aussi beaucoup de touristes car c'est l'attraction du coin.

Nous tentons tant bien que mal de trouver les produits qui nous manquent (riz, pâtes, oeufs, concentré de tomates) mais ni miel, ni confiture et je passe 45min à faire essayer d'acheter de la farine de sorgho à un ethiopien,  histoire de ne pas payer le prix blanc. Nous passons manger dans un restaurant chic qui disait wifi dans le lonely mais nous ne sommes pas plus surpris que çà, qu'il n'y ait rien.

Retour au camping et tout le monde veut nous emmener au "bull jumping" moyennant finance mais c'est trop cher pour nous 400 birrs. Bien sûr le prix finira par baisser à 100 birrs du coup nous acceptons l'offre. Nous voilà avec d'autres touristes et locaux.

Un troupeau de taureaux au milieu d'un cercle, des femmes qui se flagellent et se lancèrent le dos, d'autres qui chantent et dansent autour du troupeau. Tout le monde attend, une dizaine de taureaux sont alignés, et enfin les appareils crépitent, un jeune homme, nu comme un ver, leurs courre sur le dos. Bon c'est pas si spectaculaire mais il paraît que c'est rituel.

Retour au camping par la rivière à sec, je prépare un petit plat de pâtes, cela fait longtemps que je n'avais pas cuisiner.
Demain nous avons prévu de partir tôt, dernière étape en éthiopie vers Omorate, toujours par la piste direction pleine ouest.

samedi 1 mars 2014

Drole d'à tribus

26/01/14 à Turmi 
Jour162 - Etape 129 - 90km









La route ou plutôt la piste qui descend vers Turmi est plutôt en "bon état", parfois de gros caillou mais généralement, nous trouvons un endroit plutôt tamisé sur l'un des côtés avec le moins possible de sable. Le jeu consiste à passer, d'un de ces côtés à l'autre pour avoir la surface la plus roulante. Cette piste est souvent accompagnée en parallèle d'un chemin de terre battue rouge où doivent cheminer les bêtes. Et entourant cette piste, une forêt de différents types d'arbre, jamais très grands, parfois avec de jolies fleurs roses et de l'herbe grasses à leurs pieds. Le sol y est rouge et lisse parfois, on pourrait croire qu'il a été ciré. Ça y est, nous sommes dans l'Afrique des documentaires.

Des hommes surtout, se déplacent dans leurs habits traditionnels, boucle d'oreille, bracelet, en jupe. Les femmes vêtues de peaux de chèvre, les cheveux tressés enduits de pâte rouge, souvent les seins nus. Quand aux enfants, ils sont complètement à poils et recouverts de poussière. Ils nous arrêtent tous pour nous demander de les prendre en photo contre quelques birrs.

Nous ferons un arrêt repas à Dimeka pour manger c'est aussi l'occasion de constater qu'en "ville" aussi la faune est bigarrée entre tenues traditionnelles de gamines qui alletent et les ados habillés en jeans. Sinon les prix aussi ici sont "farangi" et nous commençons maintenant par demander les prix à des clients avant de commander. Toujours cette piste pour arriver à Turmi, où nous nous dirigeons vers le fameux camping sous les manguiers. Là, aussi négociation et baisse des prix, le lieu est fort agréable malgré la centaine de touristes en 4x4 qui est présent.

D'un versant du rift à l'autre

25/01/14 à Kew Afer
Jour 161 - Etape 128 - 42km




Malgré la chaleur, j'ai passé une bonne nuit, pas de moustiques pour nous ennuyer, il fait trop sec et il n'y a pas d'eau stagnante, j'ai donc dormi à découvert. Nous partons rapidement car nous savons que nous devons remonter à l'altitude que nous avons perdu hier, c'est à dire remonter sur l'autre versant de la vallée du rift. 
Nouvelle muraille à franchir, la route est plate et droite pour y arriver, des champs de coton à perte de vue et de temps en temps une pyramide de coton, comme un gros tas de sel d'un paludier. 

C'est jour de marché à Weyto et nous croisons de nombreux membres des tribus environnantes descendant leurs troupeaux des montagnes,  prenant l'ensemble de la route, nous slalomons entre les bêtes à corne. Les hommes et les femmes arborent leurs parures faites de perles autour du coup, des poignées et des chevilles, des boucles d'oreilles pour les hommes et chose hallucinante, ils ont presque tous un t-shirt bleu de foot avec le logo Samsung. Ils portent généralement un petit siège en bois et un bidon ou une bouteille.

Au loin, une horde de vautours s'acharne sur les restes frais d'un veau, 2 types de volatiles se battent de très gros 2m d'envergure, le cou rouge et le bec presque bleu et les autres plus petits et foncés. 

Ça y est, ça grimpe et nous ferons 20km d'ascension parfois à 5km/h, toujours des bestiaux dans les roues. Je constate qu'hier j'ai passé les 11000km sans m'en apercevoir. 

Nous arrivons à Kew Afer et à nouveau, cette envie par les autochtones de nous faire payer des prix exorbitants pour les chambres ou les boissons. Nous n'avons fait que 44km mais c'est pas mal en 4h, l'après midi sera relax. J'irai faire recharger mon gps dans une solar box, sorte de container où l'on vient faire recharger son portable même en tenue tradionnelle.

vendredi 28 février 2014

Et je descend de la montagne, à vélo.

24/01/13 à Weyto
Jour 160 - Etape 127 - 71km


Je suis réveillé par les gardes de l'enceinte où nous sommes, il fait encore nuit, ils discutent et comme je suis à 2m, je n'ai pas d'autre choix que de me lever. Le jour se lève rapidement et de nombreux habitants du village viennent assister au spectacle de 3 touristes blancs cyclistes qui prennent leur petit déjeuner, ça va je commence à m'y habituer. 

La veille, on nous a dit que cela ne montait pas trop mais ça c'est toujours l'avis des conducteurs de 4x4. La route serpente, monte et descend entre les montagnes dont les cultures en terrasse donnent une impression de pyramide aztèque. Le paysage est magnifique, nous retrouvons nos acacias et ce sentiment de sécheresse. Nous sommes bien aidés par le vent dans notre progression.

Un peu plus d'enfants, nous demande des choses dont des "highland", nous apprenons que cela signifie bouteille en plastique, d'après une marque locale. Étrange d'imaginer des enfants français criant "volvic" en pointant vos bouteilles.

Les villes ont laissé place à des villages de huttes, souvent les villageois sont regroupés dans l'une d'elles pour boire cette fameuse bière locale, il est 10h du mat!

Ascension pas si difficile mais ma chaîne se casse une seconde fois!

Arrive la fin des montagnes et nous stoppons sur un point de vue splendide, image du voyage que j'avais en tête. Devant nous, s'étend la vallée du rift africain au loin les montagnes, moment magique sous le seul arbre qui nous protège du soleil. Nous dégustons des mangues avant de perdre 800m d'altitude en 12km de descente.

Dans la vallée, coule une rivière dont les abords sont assez secs et où poussent des thermitières de plus de 10m, doigt pointé vers le ciel.

Nous arrivons à la ville de Weyto où nous aurons une altercation avec un cafetier qui veut nous faire payer le prix "blancs" mais cela ne se passera pas comme cela, j'irai jusqu'à chercher les flics qui plaident en notre faveur mais ce ne sera pas le prix que nous payons d'habitude, la mentalité change par ici.

Nous trouverons l'enceinte d'une habitation moyennant quelques birrs et dormirons sous un abri. Nous sommes bien descendus, à 580m d'altitude et il fait une chaleur écrasante, le moindre mouvement me fait suer.

Je profiterai de l'après midi pour réparer une nouvelle fois ma chaîne mais cette fois je prends un maillon neuf.