lundi 24 mars 2014

Permis de tuer

03/03/14 à Rungwa
Jour 198 - étape 157 - 55km

Malgré le fait que deux personnes soient passés près du campement, dont une qui est venue me demander de l'eau, je suis resté sur place. Mais, hier soir, légère déconvenue, au moment de planter la tente. Sous les 2cm de sable,  la terre serait plutôt du roque. Temps de réflexion mais un petit décalage de quelques mètres me permettra de réussir à fixer les sardines mais il commencait à faire bien nui.

J'aurai survécu à une nuit près d'une game réserve, je n'ai pas vu, ni entendu l'ombre d'un animal. Les seuls bruits sont ceux du vent qui se lève au matin et les oiseaux qui s'agitent. Ce matin, je déjeune en regardant passer les vélos sur la piste. Après être parti, je croiserai quand même quelques singes passant d'un bord à l'autre de la piste, un par un comme sur un passage piéton. Par contre, je vois de nombreuses traces d'animaux dont celles de hyènes, elles sont facilement visibles dans le sable, eh oui, la piste pendant quelques centaines de mètres se fait plus mauvaise. D'ailleurs quand un bus passe à vive allure, il fait tout disparaître pendant quelques secondes.

Je m'arrête dans un village prendre un thé, ici le thé ne se fait plus avec du lait sûrement parce qu'il y a moins d'endroits pour faire paître les troupeaux. J'y croiserai Steven qui me sert d'interprète car l'anglais est beaucoup moins parlé par ici. Alors que je suis déjà reparti, je le vois me dépasser avec sa moto et je le retrouve quelques kilomètres plus loin sur une butte à chercher à capter " the network ". Dans ces contrés, ni électricité, ni pylône. Je croiserai plusieurs mamans sur leurs vélos, leurs bébés dans le dos à l'africaine, pas de siège bébé ici. La piste reprend des couleurs, surtout rouge ( ma préférée, l'image que j'ai des pistes africaines ) et j'arrive rapidement à Rungwa il faut dire que je suis suivi par une nuée de mouches tzetze qui ne me lâchent pas, je les vois derrière moi en tournant la tête, le film d'horreur! 

À ma pause déjeune, je rencontre des personnes du service " widelife " ainsi que le boss de la game réserve de rungwa, qui me dira que ce n'est pas la saison des éléphants (malgré le fait d'avoir vu de nombreuses merdes sur la piste), ils sont partis en profondeur dans la réserve. Il me dira aussi que si tu veux chasser un éléphant, c'est seulement 15000 $ et un lion 5000 $, c'est écoeurant. Je trouverai une guesthouse, l'eau semble être un sérieux problème ici car la seule que l'on me fournira, est une eau saumâtre, je ne vois pas le fond du seau, heureusement que j'ai le filtre.

dimanche 23 mars 2014

La piste verte

02/03/14 à Itumba
Jour 197 - étape 156 - 73km
  
Ici à la mission, tout est réglé comme du papier à musique, petit déjeuner à 7h, déjeuner à 12h, dîner à 19h, dès que le son de la cloche se fait entendre. Me voilà donc prêt pour prendre des forces et partir fraîchement. Sauf que l'on est dimanche et donc aujourd'hui, on chamboule tout et on va à la messe.

Soeur Louisa vient frapper à ma porte et me propose d'y aller. Non, je n'ai pas tourné catho mais cela peut être une bonne occasion de voir comment cela se déroule en Afrique. J'assiste donc à l'office et cela débute bien, jembé, tambourin et un autre instrument inconnu pour accompagner le chant rythmé des soeurs. Par contre, ensuite, j'aurai droit à 30 minutes de sermon en swahili. Ça va, j'ai passé une bonne nuit et reste éveillé mais la moitié des soeurs à ma gauche, a déjà les yeux fermés, peut être méditent elles? Mais c'est souvent accompagné de bâillements. Ouf, cela se termine comme cela a commencé, en coeur et en rythme, et on peut aller déjeuner.

Mon paquetage est fait et bien sûr, les soeurs m'offriront de quoi déjeuner sur la route (des oeufs durs et des frites, je leurs avais parlé de mes envies de frites) et un grand pot de confiture de mangue, là aussi j'avais du en parler. Adieux et remerciements des 2 côtés pour le travail qu'elles font et pour mon voyage.

Et me voilà de retour sur la piste, toujours de bonne qualité, voir meilleur car damée et dure à certains endroits, avec un vent fort dans le dos, j'atteins les 20km/h. Le paysage est fait de grands arbres avec de hautes herbes à leurs pieds qui alterne avec des champs de maïs. Il arrive parfois qu'il n'y ait plus un arbre ou que la forêt soit en cours de déforestation pour y mettre des cultures ou faire du charbon. Cela a l'air d'être un problème connu par le gouvernement car lors d'un arrêt thé, je rencontre Peter qui fait parti d'une association militant contre la déforestation et pour l'apiculture. Son fils et sa belle fille ont fondé l'association grassrootstz.org dans ce but, et vive sous des tentes dans le bush, un peu loin pour y faire un saut.

Je continue mon chemin et la piste se fait plus difficile, comme le caméléon elle change de couleurs, passant du gris au saumon en passant par l'ocre, le blanc et le rouge. Je me rapproche de la game réserve de rungwa, j'ai repèré, que parfois de petites carrières, ou plutôt des bassins de terres rouges, permettent d'avoir une zone dégagée en herbe. Et je tombe sur l'une d'elles alors que les engins de chantiers finissent de ratiboiser et damer la piste. Je m'y arrête, trouve un petit promontoire et attend que la nuit tombe, pour monter le campement. Au loin, j'entends les chants d'un enfant et les coups de butoir contre la terre ou un arbre.

Mitundu

Le 01/03/14 à la mission catholique de mitundu Jour 196

La soeur Louisa "m'oblige" à rester sous prétexte de laver mes affaires, il est vrai que mon short ressemble à du carton, noir avec des traces rouges que laisse la poussière de la piste. J'accepte et je vais donc à la buanderie, entre deux soeurs, laver quelques vêtements.

J'aurais ensuite le droit à la visite des lieux, la mission est très grande et comprend une école primaire avec internat, une école secondaire en construction, étables pour vaches, cochon, lapin et poule, champs de maïs et de tournesol dont elles extraient l'huile, c'est une vrai petite ville qui pourrait pratiquement vivre en autarcie s'il ne fallait pas acheter du riz pour les repas. Et puis le jardin fornit légumes et fruits (avocatier, bananiers, manguiers) dont elles font sirop et confiture. Et un atelier de couture qui confectionne pull et chaussures.

Tout ça permet à la population locale d'avoir un dispensaire, une maternité, un laboratoire et des écoles. L'absence d'engagement de l'état tanzanien est quelque chose qui m'intrigue.

La visite et le repas terminaient, j'irai faire un saut dans le village tout proche. De nombreux hommes patientent sous l'ombre des arbres et je comprendrai en voyant une extrade et de gros 4x4  blancs arrivaient en trombe qu'un meeting va se dérouler.

Le village est calme, je prends un thé dans un bar où les consommateurs regardent la chaîne national géographic, un reportage sur l'est sibérien, quel contraste!

La fin d'après midi sera repos entre sieste et lecture, tout est calme dans la mission, presque trop calme pour moi.

samedi 22 mars 2014

J'entre en piste

28/02/14 à Mitundu
Jour 195 - étape 155 - 96km
 
Azimut est prêt à repartir, tout propre de son nettoyage de Singida et arborant de nouveaux pneus, Joseph vient me chercher pour le petit déjeuner que nous prendrons ensemble, jamais en présence des soeurs. 

Soeur Miriam m'a préparé un petit doggy bag, jus de baobab et chapati, toutes les soeurs sont vraiment aux petits soins pour moi, peut être est ce la barbe? Je passe dire au revoir à soeur Maria et Rita puis à Joseph.
Deux kilomètres de bitume doivent m'emmener à une piste qui est sensée me faire arriver à Mbeya par une voie "sauvage", animaux à l'horizon.

La piste vers Itigi est de très bonne qualité, cela augure d'une bonne journée, elle est rectiligne et passe entre les petits arbres du bush. Des hirondelles y sont posées, têtes vers le soleil décollant à mon approche. Bref passage dans la ville d'Itigi où je laisserai mes deux anciens pneus, après plus de 15000km de bons et loyaux services, pas 30s avant que quelqu'un ne vienne les récupérer.

Puis direction, Rungwa, la piste se fait plus chaotique mais j'arrive à faire du 15km/h de moyenne, elle est couleur rouge et ocre. De grosses thermitières comme effondrées me font penser à des châteaux de sable que la mer détruit.

La piste est coincée entre deux forêts de bush impénétrables, rien à y voir, juste avancer, de temps en temps, une plaine herbeuse type savane où j'espère entrevoir un éléphant, je sais qu'ils sont là, ils ont laissé de grosses bouses mais je n'en verrai pas une trompe.

Alors que l'on se croit seul, il y a toujours des yeux dans le bush comme le disait le père Daniel et effectivement souvent apparaît un gardien de bétail, un bus ou minibus, quelques motos et voitures et des hommes et femmes qui vont aux champs. On est souvent sûr de trouver une habitation, il suffit de chercher le champs de tournesol ou de maïs. Mon arrêt repas verra passer deux personnes sorties de nul part.

Je progresse, ravi d'être là, je demande plusieurs fois le nombre de kilomètres pour atteindre mMitundu, j'aurai droit à 6, 12, 15, 22 en moins de 3km, il s'avèrera que c'est plus long. Mais à chaque fois, cela me permet de m'arrêter, parfois prendre un soda et quand quelqu'un parle un peu anglais d'entamer la conversation.
 
Arrivé à Mitundu, je me dirige vers la mission catholique, soeur Maria m'avait dit d'y aller. Je suis toujours bien reçu, on me propose chambre et repas que j'accepte.
Après le repas, dans la petite chambre, j'entends les soeurs chanter en coeur ainsi que les sons de la nature toute proche.

vendredi 21 mars 2014

Mission catholique de mkiwa

27/02/14 à la mission catholique de mkiwa Jour 194

 Santori, mon voisin de chambre, chef de chantier, me réveille à 5h30. Nous retrouvons Joseph au camion jaune, premier exercice, poussait le camion car le démarreur ne fonctionne plus. De la chance, il n'est pas plein, et c'est ça y est on roule, me voilà embarquer avec les deux gaillards et mes deux roues dans la benne, à l'arrière. 
Le but premier de leur trajet est d'aller récupérer du matériel de chantier pour une autre mission.
Je refais la route à l'envers, ma crevaison, mon arrêt repas, mon problème de compteur, cela fait une drôle d'impression comme de revivre sa vie à rebours plus rapidement. Est ce que l'on ressent lors de sa mort? Et si je refaisais tout le trajet vers mon point de départ?

Nous voilà à Singida, bien trop tôt bien sûr, nous en profitons pour aller boire un thé et manger un donut dans un café. Puis, nous nous dirigeons vers un vendeur de matosse de vélo, il n'a bien sûr pas la taille identique de mes pneus précédents mais nous trouvons pneu à ma jante. En plus, ils sont à gros crampons, type vtt, ce qui va s'avérer utile pour la piste à venir. Deux nouvelles chambres à air, montage en moins d'1/4h et le tout pour la modique somme de 24000ST (~10 €) mais bon tout est "made in india".

Puis nous passons au marchand de bois qui se charge de la découpe et du changement dans le camion. Nous récupérons de quoi fabriquer une charpente.

Retour par la route à la mission, le paysage est toujours aussi superbe, bloc de pierres, vendeurs de miel et de poulets sur les bords. J'apprendrai que les conducteurs et chauffeurs ont un langage des signes pour signaler la présence des policiers.

Nous passons décharger le matériel à une autre mission, 5km de mkiwa où les soeurs ont construit une école et donnent des cours. Santori est là pour finir la charpente du foyer des soeurs qui pour l'instant dorment dans l'école. L'accueil est vraiment chaleureux, elles font un travail énorme avec pas grand chose et après elles viennent me dire que je suis "fort" pour faire mon voyage mais c'est à elles que je retourne le compliment. Nous mangeons tous ensemble, simplement du riz et des haricots rouges, mangues et papaye en dessert.

Retour à mkiwa pour m'occuper de azimut, ces nouveaux pneus lui vont comme un gant. Faire une légère sieste avant de retrouver Joseph et d'aller boire un coup au village en regardant passer les camions sur cet axe très fréquenté qui dessert le Burundi en denrée prévenant de la côte.

Repas toujours avec Joseph, soeur Miriam m'a préparé à manger spécialement pour moi, riz avec du poulet et du porc (viandes issues de la mission), un régal!

jeudi 20 mars 2014

Journée noire

26/02/14 à Mkiwa
Jour 193 - étape 154 - 91km

 Rangement de tout le barda, j'ai vite pris mes aises dans la chambre d'hôtel, Azimut est dehors, tout propre, prêt à en découdre. J'aime vraiment reprendre le vélo après plusieurs jours off, je retrouve toujours ce sentiment de liberté, je me sens à l'aise.

Décollage et passage des 13000km, j'espère que cela va me porter chance. Bref passage chez le gonfleur, mini atelier avec pompe et outils, qui remet une bonne pression dans ma roue avant.

Je prends la route du sud et passe près du lac Kimdai, toujours ces gros blocs de pierres posés partout, couleur ocre et gris, paysage parsemé d'ilots dans une mer de verdure.

Je m'arrête prendre une photo, je repars et le compteur refait des siennes, il me faudra plus de 30min, sur le bord de la route, pour constater qu'une des électrodes n'est plus connectée, peut être que la soudure a fondu avec la chaleur. Toujours est il que je me débrouille pour faire tenir les fils jusqu'au prochain village, où j'arrive à me faire comprendre et trouve un soudeur qui fait un travail moyen mais au moins ça fonctionne, je verrai dans une grande ville pour faire faire un travail plus soigné.

Je suis sur le grand axe qui va vers dodoma et les camions se suivent et se ressemblent, transport de conteneurs, bus intercité et une trentaine de camion de la marque Azam (qui fait des biscuits) facilement reconnaissable avec de gros épis de blé sur la remorque.

Ils ne me gênent pas plus que ça, je roule sur la bande d'arrêt d'urgence ou la piste cyclable, je ne sais pas trop mais une ligne jaune nous sépare. Par contre, 5 séries de 4 bandes rugueuses sont très pénibles et c'est sur l'un de ces passages que j'entends mon pneu avant se dégonfler. Une des rustines précédentes avait une hernie et celle ci a explosé. Il me faudra 1h et 3 rustines différentes pour arriver à un travail médiocre (moi qui me prenait pour un pro), j'ai contre moi la colle achetée à Singida bien nulle, associée à une vielle rustine, plus une rustine autocollante et pour finir le trou se trouve dans la face interne de la chambre à air. Du coup, je suis obligé de pomper tous les 6km. Heureusement qu'Alfed s'est arrêté pour voir si j'allais bien et m'a indiqué où une mission catholique se situait.
 
J'y arrive après moultes regonflages et suis bien accueilli comme toujours, par soeurs Maria et Rita. Chambre et douche, repas avec Joseph. C'est décidé demain retour à singida pour changer pneu car je ne peux pas m'engager sur la piste avec ceux là, cela tombe bien Joseph y fait un aller retour.

mercredi 19 mars 2014

Singida

24/02/14-25/02/14 jour 191-192



Singida est une ville plaisante, très campagnarde, j'ai décidé d'y rester deux jours pour diverses choses et la principale est de savoir pourquoi mon pneu arrière à ce drôle de comportement. Dès le lever, je démonte mes roues et part avec la roue arrière à la recherche d'un magasin de vélo. J'ai vraiment de la chance car Siginda regorge de vélos, de shop et de réparateurs. 
Je m'arrête dans un de ces magasins qui va chercher un spécialiste mais nous devons nous déplacer à son atelier. Enfin un mécanicien qui a le bon outil, le fameux pour dévoiler et vérifier le saut. Après diagnostic, il semble que ma jante arrière est pris un bon pet (je me rappelle d'une descente en Ethiopie se terminant par un pont pas forcément ajusté) et que malgré l'ajustement que le mécano fera il y aura toujours un endroit plat et un écartement entre les deux parois de la jante. 

Est ce cela qui a cisaillé le côté de mon pneu? Du coup, j'intervertis les deux pneus et les chambres à air et nettoie toute la transmission, plus de 3h dans la petite cours bétonnée de l'hôtel. 

L'après midi sera consacrée à la recherche d'un cyber, j'en ferai deux car le premier est vraiment trop lent. Et je ferai bien de rester au chaud car éclate un énorme orage. Tout le monde s'affaire à éviter que l'eau rentre dans son magasin ou à l'en faire sortir.

Le lendemain, je me promène dans le marché, endroit fait de petites ruelles, presque couvert, des tas de petits poissons sèchent, les avocats, bananes et mangues bien en vues. J'arrive aux halls, où surtout des femmes vendent  presque tous les légumes possibles.

 Les femmes sont souvent habillées d'une grande robe colorées, un paréo noué à la taille et un petit chapeau. Certaines portent le voile car la ville comprend de nombreuses mosquée.
Dans un des shop du marché, je trouverai un polo pour remplacer "butter for freedom" qui a rendu l'âme, c'est une seconde main d'un import d'europe. Je croiserai d'ailleurs une gamine avec un t-shirt jaune du tour de France.

C'est la même chose pour les vélos beaucoup de vieux vélos venus d'europe du bon matosse, j'en vois beaucoup avec des dynamos dans le moyeu.
Fin de journée à flâner et lire près du lac où les pêcheurs réparent leurs filets et les gamins nagent dans l'eau saumatre.

Le soir, je reste à l'hôtel pour cuisiner j'ai enfin retrouvé des lentilles jaunes donc : ail, oignons rouges, tomates et piments revenus dans l'huile puis sel, poivre, curcuma, lentilles, lait de coco et riz accompagné de son guacamole (ici les avocats sont délicieux et énormes).

mardi 18 mars 2014

Le petit poucet

23/02/14 à Singida
Jour 190 - étape 153 - 86km

La vue qu'il y a de cette pièce est magnifique, au travers d'une grande baie vitrée, un acacia en forme de pin parasol pose devant le mont Hanang sur fond de ciel bleu, parfaite carte postale. J'ai le droit de prendre le petit déjeuner, que l'on m'apporte, en contemplant cette vue.

Après que le père Daniel eu dit messe de 8h, nous allons rendre visite à ces voisins. Une famille de 11 personnes (du papy aux petites filles) vivant dans 2 maisons traditionnelles dont une faite en rondin, à peine la hauteur de se mettre debout et dont le toit est recouvert d'herbe. L'habitation est découpé en 3 pièces, des chiens traînent un peu partout et la mama prépare le petit déjeuner dans une grosse marmite.

À nouveau à ce moment là, le père Daniel demandera au père de famille s'il aurait accepté de dormir dans la tente, la nuit dernière et il répond que non! Trop dangereux!

D'ailleurs alors que nous faisons la visite du jardin, le père Daniel m'enumère l'ensemble des dangers du bush, les hyènes qui ont hurlées la nuit dernière (rien entendu), les léopards qui ont tués chèvres, moutons et chiens (récemment), les serpents qui te tombent dessus des arbres (black mamba, cobra et viper), les araignées qui ont encore fait des victimes et surtout cette fameuse ethnie les mangatis. Avec tout ca, "one hundred percent" de ne pas passer la nuit. Cela fait 50ans qu'il vit ici mais j'ai quand même du mal à le croire.

Cela ne m'empêche pas de reprendre la route, il est 11h30 et cela fait plaisir de rouler sous le soleil. J'apercevrai de nombreux oiseaux dont certains avec une queue deux fois plus grande qu'eux et qui volent très bizarrement.

Je roule sur ce fameux escarpement aux alentours de 1700m, cela monte et descend ce qui me permet d'admirer la vallée et le lac salé de Balangida. Dans mon dos, même après 50km, je peux encore distinguer le mont Hanang. Est ce lui, qui lors d'une éruption a parsemé le paysage de gros blocs de pierres oranges? Il y en a de gros monticule partout où je tourne la tête.

Je me rapproche de Singida et la route bifurque sur la droite à un énorme rond point, 2 pistes rouges partent vers l'est et le sud et une route asphaltée vers l'ouest. Je m'arrête à un café implanté là pour y boire un thé et manger quelques beignets, ce sera l'occasion de demander quelques renseignements sur Singida.

Longue descente ensuite vers la ville où les deux lacs sont visibles de haut. La ville est construite au milieu de ces grod blocs de pierres. Cette ville me fait bonne impression, pas trop grosse et calme.

dimanche 16 mars 2014

Nature sauvage

22/02/14 à Katesh
Jour 189 - étape 152 - 83km


Enfin un peu de ciel bleu au matin, cela reste éparse mais il n'y a pas de gouttes. Je pars à la recherche de mes chapati du matin et les trouve à la station de bus, point névralgique de tout petit village. Le cuisto les prépare devant moi sur son réchaud à charbon. 

Je bifurque vers l'ouest et laisse derrière moi le mont kwahara et commence une ascension de plus de 900m d'altitude, à travers les nuages qui me fait arriver dans les plaines mangati. Ce ne sont que des étendues de champs de maïs.

Je m'arrête pour vérifier mon pneu arrière, celui ci a un drôle de comportement, comme s'il avait une hernie, à y regarder de plus près, il semble se déchirer au niveau de la jante. Je dégonfle, réajuste et regonfle mais cela ne change pas fondamentalement. 

Devant moi, réapparaît cette fameuse muraille, et sur la carte je constate que c'est le prolongement de celle d'hier, qui se nomme l'escarpement "malbadow", c'est un vrai mur de falaises qui accroche les nuages.
Je roule à ces pieds avec comme point de mire, un nouveau sommet, le mont hanang qui du haut de ces 3417m, est une des dernières grosses montagnes avant l'Afrique du Sud. C'est un volcan dormant dont je pourrais voir le sommet car le vent à decider d'y chasser les nuages.
Ça y est cela recommence, les enfants demandent de l'argent sur mon passage, rien à voir avec l'éthiopie mais c'est désagréable. Désagréable aussi, le fait que l'on m'interpelle en disant muzungu (peau blanche en swahili).

La route se fait moins chargée, les 2 jours précédents j'ai croisé un nombre incalculable de grosses voitures, type 4x4, spécialement conçues pour les safari, avec deux roues de secours plaquées à l'arrière et pleins de blancs à l'intérieur. Erik m'a dit que pour la première fois, l'année dernière, il y avait eu plus de touristes en Tanzanie qu'au Kenya. 

Je fais le tour du mont, m'arrête dans un petit village pour y acheter tomates et oignons en vue de me faire à manger. Avec le retour du beau temps, j'ai décidé de faire du camping sauvage. Une dernière ascension m'éloigne du mont Hanang, c'est derrière cette butte que je veux m'arrêter mais je serai stopper avant par mon pneu arrière qui crève. Petit chemin où je me réfugie pour réparer et le lieu est idéal pour camper.
Je répare, 1 bout d'1cm de ferraille, monte la tente et prépare à manger. Quelques personnes passeront, me verront mais sans m'importuner.

Il fait nuit quand je mange, passe alors une torche suivie de quelques personnes, j'éteins ma frontale et constate que l'on me cherche. Je suis vite repéré par le père Daniel et 4 de ces aides.
Il a ouïe dire qu'un blanc campé dans son "bush" et il n'est pas rassuré. Pendant 15 minutes, il m'explique que le lieu est une forêt laissée en l'état qu'il y a léopard et hyène mais surtout que la tribu mangati est très dangereuse et serait venue le tuer, "kill" dans le texte. 

Bon je vais pas faire le téméraire, cela fait 51ans qu'il vit ici même si j'ai l'impression qu'il enjolive un peu les choses, je finis mes pâtes et remballe tout dans le noir. Le père Daniel m'offre, bien sûr, l'hospitalité dans la mission qui est juste à 500m, protégée par enceinte et chiens.
La pièce où l'on m'installe est bien décorée, je resterai à discuter avec le père Daniel avant de me coucher sur le canapé.

samedi 15 mars 2014

Les bords du lac ?

21/02/14 à Babati
Jour 188 - étape 151 - 101 km

Et rebelote, la pluie semble me poursuivre, mais cette fois ci, j'ai ma tenue de cosmonaute. Du coup, après avoir mangé 5 chapati pour le petit déjeuner, je me lance sur le nouvel enrobé tout neuf.
J'y croiserai Robert, un américain, qui comme Thorsten fait le tour du lac Victoria, quelques échanges d'informations sous la pluie puis je repars.

Ma tenue me rend tout moite de l'intérieur car le temps est lourd, je me débarrasse rapidement du pantalon et des guêtres que je remettrai en urgence qu'une seule fois. Robert m'a dit que les bords du lac Mamyara regorge d'animaux, je demande à deux jeunes filles masaï, recouverte de mouches, s'il existe une piste, mais sans succès mis à part me retrouver moi même avec quelques une de ces bestioles qui tournent autour de ma tête sans arrêt. 
Je tenterai, quand même, de me rapprocher du lac mais ferai rapidement demi tour voyant que le chemin de pas, disparaît peu à peu. Du coup cela me fera passer très près des villages de huttes masaï. 

Après le déjeuner que je prend dans un buibui de la prochaine ville, gros coup de calgon de mon compteur qui n'affiche plus rien, sûrement un effet de la pluie. J'enlève et je remet la pile mais toujours rien, puis tout à coup réinitialisation des paramètres, exceptés le kilométrage total et le nombre d'heures passées avec Azimut (776h31min). On est sauvé. 

La physionomie du paysage change entre les deux lacs, des palmiers et du sable blanc apparaissent, mais cela ne durera que le temps d'être à moins de 5 km du bord ensuite, arrivent 3 petites montagnes où la route commence à grimper légèrement en serpentant ce qui me donne l'occasion d'admirer les plaines vertes où les masaï font paître leurs troupeaux. 

Je suis dans la vallée du rift africain où les plaines sont bordées par une muraille de montagnes, plaines qui disparaîtront pour laisser place à de grandes étendues de champs cultivés et puis comme la route se met à monter vers le mont Kwahara, la végétation de type équatoriale revient. Le soleil aussi ce qui me permet d'assister au festin de deux types d'oiseaux qui par centaines zigzaguent au dessus de la route pour capturer de petits insectes qui prennent leurs envols. 

Malgré la montée qui débute, je suis et croise de nombreux vélos phoenix, souvent dans l'autre sens il transporte un passager, plus facile en descente.
Me voici à Babati, où je choisirai la seconde guesthouse que je visiterai, le ciel s'éclaircit et laisse passer quelques rayons du soleil. Dans mon dos, le mont Kwahara est partiellement caché par les nuages.