lundi 7 octobre 2013

Visite de Beograd

Le 22/09/13 à Belgrade
Jour 38 - Etape 36 - 60 km



Nous nous réveillons dans notre petite chambre d'ami aux rideaux à carreaux rouges. Stephen est sur son matelas et moi sur le canapé, en effet le canapé deplié n'était pas assez large pour nous deux. Au levé, Paul rempli la chaudière à bois, ensuite Ana nous force presque à prendre une douche ce qui n'est pas sans nous déplaire, puis nous prenons le petit dej tous les 4. Eux ne prennent qu'un grand verre de jus de citron avec du miel et nous nous régalons de leur miel. En effet,  même si ils sont à la retraite, ils sont apiculteurs et ont une cinquantaine de ruches au fond du jardin sous les pommiers derrière le poulailler. Nous allons y jeter un coup d'oeil mais comme le temps est un peu frisquet et le soleil a peine levé, il n'y a pas grande activité. Cependant Paul arrive à me faire comprendre qu'il a envoyé au moins 40 pots à lait de miel vers des pharmacies de Belgrade, leur miel est "ecologico". Il me dit tout cela en remplissant un pot de verre de miel à la louche.
Avant le départ séance photo sous le soleil, tout le monde à un sourire radieux, nous avons le droit à quelques cadeaux: miel et raisin. C'est à ce moment que nous constatons que le filet de protection de la cagette de Stephen a été attaqué et dechiqueté durant la nuit, nos vélos étant restés dehors. Nous hésitons sur les coupables, chat, souris ou écureuil, vu que le butin semble être des biscuits.

Ça y est nous partons, grand soleil et vent dans les maïs qui ne se sont pas encore fait moissonner.
Plus nous nous rapprochons de Belgrade, plus nous avons du trafic routier, du coup l'arrivée dans la ville est moins sympa mis à part les derniers kilomètres où nous roulons sur le front de mer, nous sommes dimanche et il y a foule. Passage obligé à l'office du tourisme qui nous indique les hôtels pas chers et les restaurants. D'ailleurs, nous allons y manger mais nous sommes déçu comme d'habitude dans les grandes villes, par ces restos à touristes.

Nous posons nos affaires dans un hôtel, chambre de huit et nous allons vagabonder en ville, sans oublier de prendre un dessert typiquement hongrois, sorte de pâte cuite en enrobée de chocolat, amandes et cannelle.
Belgrade ou beograd est une ville typiquement "soviétique" ayant des angles droits, des statues imposantes sur les bâtiments et surtout une couleur grise, pratiquement triste. Malgré cela de jolies petits tram rouges parcourt une ville où il semble que l'on est le droit de grapher sur tous les murs, vus que les graphes fleurissent à chaque coins de murs. Dans mes divagations je rentre dans une très belle église orthodoxes où de jeunes pratiquants viennent baiser une relique et prier sous un coupole haute de 40m. Nous rentrons à l'hôtel pour notre séance internet habituel dans les grandes villes.
 

Comme à la maison

Le 21/09/13 à Slankanu-Vinigradi
Jour 37 - Etape 35 - 115 km



Le réveil est irréel dans cette grande pièce, haute de 1 étage dont la plupart des vitres sont cassées et où s'entassent du tonnes de papiers (extrait de compte, bordereaux de commande), le bleu du ciel est visible mais en sortant le ciel commence à se voiler.

Nous prenons le petit déjeuner au milieu des gravats et des bouts de verre, il vaut mieux garder ces chaussures. Puis nous partons pour la Serbie en passant par un paysage de vignes, les ouvriers vendangeant à la main.
Passage à la douane qui à nouveau me pose des questions sur le périple et heureusement que j'ai le t-shirt avec le trajet google car cela permet de mieux exprimer les choses. Une fois en Serbie, notre but est de trouver une boulangerie en effet hier soir nous n'avons pas racheté de pain. Ce matin nous avons survécu avec ce que nous avait laissé le père de Miroslav. Du coup, nous avons un petit creux que nous comblons avec une sorte de pain au chocolat et un beignet, nous devorons le tout devant l'église de Backa Palanka.

Nous repartons rapidement car nous voulons faire une grosse journée afin d'arriver plus vite à Belgrade. Sur les bords de routes, nous commençons à voir tout type d'animaux enchaînés à des piquets (vaches, chevaux, moutons). Le vent nous porte bien, comme souvent, mais nous tombons à nouveau sur 18km de piste à ornières cependant légèrement tassées, du coup nous avançons assez vite, seules nos mains et nos fesses ressentent l'effort. Nous commençons à voir le relief changé et les montages sont de retour, au moins en fond de paysage. Nous dejeunons sur un banc à Futog, nous avons retrouvé un semblant de fromage et dégustons la charcuterie offerte hier.

Nous traversons ensuite Novi Sad où nous tombons en plein milieu d'un meeting aérien sur le Danube, ce qui n'est pas vraiment à notre goût, nous qui apprécions le calme, nous passons par un petit marché où nous achetons fruits et légumes. La sortie de cette ville est d'ailleurs difficile avec gros camions et voitures qui klaxonnent pour rien, ajouté à cela, une belle côte de 5km à 8%. Par contre en arrivant en haut nous avons la chance d'avoir un point de vue sur la plaine qui se dessine avec ces variations de couleur. Dans la descente qui suit, nous pourrons regarder des joueurs de boule, nous n'avons pas compris les règles, il n'y avait pas de cochonnet? 
Il est 18h, le soleil baisse rapidement. Nous tentons une nouvelle approche. J'ai fait inscrire, par l'australienne, sur mon carnet, une demande de camping en serbe. Je le montre à 2 personnes, un jeune et un vieux mais ils veulent que nous retournions à la ville précédente.
Pas question de faire demi tour et nous continuons à progresser vers Belgrade, chemin à gauche, nous questionnons un jeune sur son tracteur mais il ne sait pas grand chose au loin 2 femmes discutent, j'essaie de m'exprimer en anglais mais rien, du coup je tends le carnet et en plus fait un dessin.

C'est Ana qui nous emmène chez elle où elle nous montre une jolie pelouse, en allemand simple et avec des gestes, elle veut savoir si nous avons mangé, comme ce n'est pas le cas nous ferons la cuisine chez elle et finalement elle nous offrira de dormir dans la chambre d'ami. Elle a l'age de nos mères et nous celui de son fils, c'est pour cela qu'elle s'occupe si gentiment de nous.
 

Geo-Quizz

Maıntenant que nous quıttons l'Europe voıcı le temps d'un petıt quızz, ıl n'y a rıen à gagner, ce quı le rend d'autant plus beau.
Juste a répondre en commentaıres dans quel pays est prıs la photo (sans l'aıde de google)
Les plus nuls d'entre vous pourront ne pas etre trop déçus, j'y aı glıssé des cadeaux

A.

B.

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L.

M.

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S.

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Y.

Z.

dimanche 6 octobre 2013

Arret en croatie


Le 20/09/13 à Satin
Jour 36 - Etape 34 - 93 km


Le réveil se fait au son du clairon, des coqs qui chantent, des poules et des chiens qui piaillent et des camions qui foncent à toute allure sur la route qui passent 10m devant nous, il est 6h.
Nous prenons la route, le ciel est dégagé et il fait un peu frais lorsque nous passons sous les arbres, direction Apatin. Nous retrouvons le Danube qui à cet endroit, est impressionnant de largeur. Ce matin, nous nous sommes fixés 3 objectifs : douche, internet, savon.
Sur le bords du Danube, nous passons devant un bar plage avec terrain de volley, plan d'eau, sable et biensur douche, du coup c'est parti pour le grand nettoyage à l'eau fraîche et heureusement qu'il y a un grand soleil pour nous sécher. Ensuite à Apatin, nous allons boire un coup dans un café pour avoir accès à son ordi. Je consulte rapidement mes mails pour voir que notre demande de warmshower n'est pas acceptée, nous trouverons une autre solution. Dans la foulée, nous passons dans un micro marché pour acheter fromage/charcuterie et trouvons du beurre doux Président. Il est 11h30 et les 3 objectifs de la journée sont remplis. Ensuite nous prenons la route de la Croatie, en effet l'ev6 y fait un bref passage, vent dans le dos nous y arrivons rapidement. Bref passage par la douane, qui me pose des questions sur notre périple puis nous nous arrêtons manger dans la première ville croate que nous traversons, sur une table en rondin, à côté d'un tonneau géant, nous sommes dans une région viticole.

Nous passons des villages où les gens sont sur les bords des routes à nous regarder passer, les femmes âgées sont en fichus et tabliers. La route semble être l'axe principal et le centre d'intérêt. L'époque veut que l'on prépare l'hiver, des monceaux de bois jalonnent le bords des maisons et attendent le fendeur et sa machine. À l'entrée de Vucovar, nous croisons un conducteur de canard qui fait patauger ces bêtes. Dans cette même ville,  nous sentons que la guerre s'est déroulée il n'y a pas si longtemps, des bâtiments abandonnés, des impacts de balles sur les maisons et de nombreux monuments aux morts. Nous passons en plein milieu de la grand rue en reconstruction au moment où un groupe de jeunes filles discutent avec une vieille femme, ces jeunes filles écoutent attentivement l'ailleule, le moment est chargé d'émotion, nous ne saurons jamais si elles parlaient de la guerre. Nous avons décidé de ralier la Serbie car nous n'avons pas pris de monnaie locale, et n'avons pas non plus de pain, ni d'eau.
2 hommes sont adossés à un portail d'une grande maison, Stephen les héle pour leur demander de l'eau, s'en suit une offre de vin que nous acceptons puis une bouteille de vin, puis de la charcuterie de Slovania faite par le père de Miroslave. Nous restons plus d'1 heure à discuter des voyages, des produits locaux et de la guerre qui a laissée des traces dans les esprits et les coeurs.
Au moment de partir, tout est remballé et nous est donné, je repars en plus avec une petite bouteille d'eau de vie. Les croates sont très généreux et leur vin est bon mais il nous faut partir rapidement car la nuit tombe. Un vieil ensemble de bâtiments désaffectés, pleins de verres cassés et de vieux papiers, nous servira de dortoir. La lune se lève et passe au travers des vitres cassées de la façade du bâtiment principal, donnant des allures de bâtiments éclairés où on n'y travaille encore.

Arrivés en Serbie

Le 19/09/13 à Sombor
Jour 35 - Etape 33 - 116 km

 
Cette nuit, nous avons encore eu droit à de la pluie, j'entendais couler les gouttes du toit et ruisseler sur la nappe de la table de jardin que nous avions décalée pour poser la bâche. Donc c'est sous une légère pluie que nous sommes partis vers Baja, jolie petite ville de province, longuée d'un canal, nous n'avons fait que la traverser. 

Toujours sous la pluie, mais rattrapés par le beau temps, nous passons les 3000km, la chaussée est roulante et annonce une bonne journée mais c'est sans compter sur les travaux sur la digue. Nous traversons une première zone de sable, mettons pied à terre, poussons puis des ouvriers nous indiquent qu'il est impossible de pousser plus en aval, du coup nous n'irons pas jusqu'à Mohacs. Nous ferons un détour et passerons directement en Serbie. Heureusement que pour ce début de journée, nous avons eu le droit à l'aide du vent et au retour du soleil. Je ne sais pas si la Hongrie est exportatrice de foin mais ici il y en a des tas et nous voyons nos premières pyramides incroyables avec des bases de 5 round baller. Avant de passer en Serbie, voici ce que je retiens de la Hongrie, beaucoup de noix, de gros chiens cloîtrés derrière de hauts portails entourant les maisons et puis pas de chance il a faıt gris, cela n'aide pas à apprécier le paysage.

Maintenant nous voici en Serbie sous le soleil, un petit coup de tampon sur mon passeport à l'entrée. À la sortie de Hongrie, notre passeport a aussi été contrôlé.  Puis arrêt déjeuner dans notre premier ville serbe, Kolut. Nous passons au magasin, les étales sont beaucoup moins fournies mais nous pouvons payer en euros, Stephen part acheter du miel à des particuliers, de mon côté je discute avec une australienne d'origine serbe qui me traduit quelques rudiments de serbe, afin au moins, d'être polis. Je lui demande aussi de m'écrire une phrase sur mon calepin afin de demander à être hébergés en camping.

Depuis la Slovaquie, nous voyons fleurir de nombreuses petites épiceries à chaque coin de rue surtout pour vendre des sucreries, pleins de produits à l'unité et parfois de l'alcool. Nous repartons, direction Sombor, malgré un nom de film d'horreur, c'est une très jolie ville avec une grande allée piétonne et des fontaines où nous remplirons nos bouteilles. De plus nous y ferons du change (1e - 114 dinard serbe) et achetons du pain car le dernier n'était pas fameux.
Les panneaux de l'ev6 sont bien présents car sponsorisés par l'allemagne mais pour la sortie de Sombor, nous nous trompons à nouveau, il faut dire que nous suivons un très jolie canal, second détour de la journée.
Pour finir la journée et la recherche du camps, nous passons devant une maison dont le jardin regorge de tomates bien mûres, ni 1 ni 2, je m'arrête et explique à l'aide d'un billet et d'une tomate (la seule qui nous restait) que nous aimerions leurs en acheter. Et nous voilà avec 2 ou 3 kilos de tomates succulentes et biensur les personnes ne veulent pas de notre argent, nous nous comprenons sur 2,3 mots mais les sourires sont là et les serrages de main aussi.

Plus loin, nous trouverons une maison abandonnée où nous ferons mijoter une sauce tomate  avec des produits locaux (ail, oignons, piment, poivrons, tomates, paprika, lardons) qui accompagnera à merveille notre semoule. Il est 19h et un coup de clairon résonne, nous devons être devant un camps militaire.
 

mardi 1 octobre 2013

Le vent l'emportera

Le 18/09/13 à Baja
Jour 34 - Etape 32 - 97 km

Ce matin, il fait beau en tout cas, c'est ce que je vois au travers d'une vitre cassée de l'endroit où nous squattons et il s'agit bien d'une ancienne étable désaffectée puisque les noms des vaches y sont encore inscrits et qu'il reste quelques crânes d'ornements, en plus le toit est en paille. Au loin nous entendons le bruit des voitures et camions qui passent sur le pont de l'autoroute.


 Par contre, une fois le petit déj pris à l'extérieur, le ciel est déjà entrain de se voiler, nous remontons sur la digue et commençons par 1h à 12km/h à rouler sur de l'herbe. Mais ensuite, nous tombons sur une meilleur route qui finira par nous lasser car devenant une nationale avec son lot de camion. Mais ce qui nous gène le plus c'est le vent que nous avons de face, soit de côté. Un petit arrêt sur le bord de la route pour acheter des tomates et prendre de l'eau à une petite dame, le dialogue est sommaire mais chaleureux, nous repartons même avec quelques piments et il s'en est fallu de peu que nous repartions avec 1kg de paprika. Un autre arrêt pour les achats de première nécessité (pain, soupe) et nous tombons sur une fontaine d'eau soufrée, une dame nous fait comprendre qu'elle est bonne à boire mais elle sent pas très bon.

Pause déjeuner à Kalosca, sur un banc alors que les lycéens sortent en masse des cours, cela doit surprendre 2 gars entrain de manger des tomates et des noix sur un banc presque en face de l'église. D'ailleurs on nous prend souvent pour des allemands. Le vent est toujours présent et fait voler plusieurs fois nos tupperwares.

Nous reprenons la route le vent c'est atténué, nous croisons berger et troupeaux, meneur de vaches, notre première charrette et sur les bords de digue certains paysans récoltent directement le maïs à la main. C'est vraiment une autre époque qui se vit ici.

Plus loin, nous retrouvons du bitume de bonne qualité, des ouvriers sont entrain de refaire la piste cyclable. Sur le bord de la digue, nous voyons nos premières roulotte-ruches colorées. Nous trouverons de l'eau chez des personnes qui nous donnerons en plus des noix et pour la nuit, nous squattons une jolie petite maison de vacances en bord du Danube. Le vent tombe, au loin nous entendons, les cerfs bramer de leurs sons rauque et les péniches passer.