jeudi 2 janvier 2014

Les accacias, c'est beaux mais ça piquent

18/12/13 Migreh

J121 - Etape 101 - 79km




Ce qui est bien d'avoir trouvé comme partenaire un anglais, c'est que le menu du petit dej a changé, j'ai le droit à du porridge, c'est finalement pas si mauvais et surement plein d'énergie (y ajouter quand même des raisins, de la cannelle, voir de la confiture). Bon hier, nous avons eu le bonne idée de traverser les acacias donc ce matin le pneu avant de John est crevé, 3 beaux trous dans sa chambre à air, les plus vicieuses des épines ce ne sont pas celles qui font la longueur de mon doigt mais les toutes petites qui se glissent sous les pneus ou sous mes tongues. Des acacias, il y en a partout, il y en a surement plusieurs espèces car nous en voyons des rouges, des blancs, des bruns et des oranges, certains en fleur avec leur parfum typique, d'autres sans feuillage. Comme nous ne voulons pas renouveler notre erreur, nous suivons les traces de voitures qui longent une petite digue, nous marchons 2km ne voulant pas monter sur nos vélos, avant de trouver un chemin vers la route.


Sur la route, un panneau, nous indique qu'un projet d'apiculture est en cours de développement, nous y ferons un saut et repartirons avec leur notre petite bouteille de 50cl de miel.
Avec tous ces arrêts, nous n'avons pas beaucoup avancé et nous avons déjà faim, nous stoppons dans un petit village, trouvons la cantine à foul (grosses feves) et mangeons. Pendant ce temps, 2 gamins avec leurs charrettes chargées d'un bidon viennent réapprovisionner le marchand, en eau, ils doivent avoir 12 et 8 ans et charrient des bidons de 30l qu'ils déversent dans des tonneaux. Je me dis qu'à leurs âges, ils devraient être à l'école mais ils n'ont sûrement pas cette chance. Ils s'arrêteront manger à côté de nous et irons même jusqu'à nous proposer à manger, par politesse, j'accepte de retirer du pain de la bouche d'un enfant mais les obligent à manger des biscuits. D'autres garçons plus loin, jouent aux billes. Nous reconnaissons ceux qui sortent de l'école, les jeunes filles en foulard blanc et les garçons en chemises bleues. Ce village semble assez pauvres et plusieurs personnes viendront nous demander de l'argent.

Nous repartons et la route passe entre des collines de gros cailloux puis arrive dans de grandes plaines, au loin d'autres montagnes sembles flotter dans le ciel, à droite une dune volante, pourtant aucun sable à l'horizon.

Le paysage est parsemé de ces gros tas de cailloux, tombés de nul part tels des excréments d'animaux énormes. C'est prêt d'un de ces tas que nous élirons domicile, le sol est dur comme du béton, nous avons une vue superbe sur la plaine. Un hibou viendra se nicher près d'un baobab nous loin de nous, il y a de plus en plus d'animaux en général.

Une lune rousse se lèvera donnant des couleurs orangées au ciel, le vent souffle dans les arbres posés sur notre colline.

mercredi 1 janvier 2014

Juste une nilusion

17/12/13 Hufeira
J121 - Etape 100 - 81km


Ce matin, nous prenons notre temps, le nombre de kilomètres que nous avons fait hier ainsi que la physionomie de la route à venir, nous rassure sur le fait d'atteindre Metema à temps. Nous pouvons voir la lokanda se vidait rapidement, à 10ls la nuit, des hommes, puisqu'ils n'y a qu'eux, en ont fait un lieu d'habitation, un grand coffre ou le dessous du.lit faisant offiice de partie privative.

Nous déambulons dans les rues remplies de monde, avec nos vélos à la recherche de différentes choses dont un câble pour le nouveau rasoir de John (le précédent ayant rendu l'âme), il y aura un début d'attroupement autour de moi, prêt d'une vingtaine d'adultes mais je reste serein. Certains n'ont jamais vu une carte. Nous passons à la pharmacie et un jeune homme demande à John de lui acheter des préservatifs, drôle de pays où tu as des capotes en vente mais tu ne peux pas faire l'amour avant le mariage et où le préservatif ne doit pas être si bien vu.





Puis nous partons, refaisons un bout de chemin de la veille pour passer une dernière fois le Nil direction l'est, nos chemins divergent, on l'appele le Nil bleu mais c'est plutôt Nil boueux. 

Nous faisons quelques kilomètres que déjà la faim nous tiraille, nous nous jetons sur nos petits pain, bananes et confiture, tout ça sur le perron d'une maison. Au moment de partir, une jeune femme et sa mère me propose de l'eau et j'accepte. Je leur demande de les prendre en photo, elles sont très jolies dans leurs habits jaune et rouge, vous ne verrez pas la photo car elles ne préfèrent pas, le mari est absent, elles nous offriront le thé mais ce sera sur le perron de la maison et juste John et moi. Étrange quand même ce pays où tu ne peux pas faire rentrer 2 hommes dans ta propre maison mais où tu offres sans rien demander de l'eau, du thé et une cuillère (John a perdu la sienne). Par contre certaines femmes sont visibles sur les bords de la route avec une petite hache à couper du bois et porter des petits fagots sur leurs têtes. La femme ici a le droit de travailler.

Parmi ces arbres apparaissent des acacias tout rouge, nous ne savons si c'est normal ou si leur écorce a disparu. En fin de journée, après un checkpoint, nous trouvons une cafétéria où mijotent des plats appetissants (même si l'origine de la viande est incertaine), nous prendrons un take away dans un sac plastique, cela nous régalera pour le repas. Nous trouvons un emplacement en bordure d'une foret d'acacias dense, quand le silence de la route se fait nous pouvons entendre les bruits de la forêt. Nous verrons la pleine lune se levait sur les premiers contre forts du plateau éthiopien.

mardi 31 décembre 2013

Wad Madany en vue

16/12/13 Wad Madany
J120 - Etape 99 - 133km




Après avoir assisté à un très jolie levé de soleil entre les acacias, nous repartons faire le plein d'eau claire à la cafétéria de la veille, cela sera le seul moment d'effort de la journée, en effet le vent est de nord et nous descendons vers le sud vers Wad Madany, annoncée à 140km. Nous dévorons les 70 premiers kilomètres en moins de 3h (nouveau record des 40km -1h28) . Nous passons à travers des plaines d'herbes jaunes où des troupeaux de vaches et de chèvres broutent. Nous en verrons de nombreuses fois traverser la chaussée obligeant les énormes camions à s'arrêter. 

Sur notre gauche, de grands champs de cannes à sucre font leurs apparitions, ils sont entrain d'être récoltés puis généralement transportés par des charrettes tirées par ces pauvres ânes. Nous verrons des enfants courir derrière un pickup pour dérober une canne puis essayer de se la partager, même notre passage, pour une fois ne les a pas perturbé, d'habitude nous avons le droit à des grands "Hey" ou "Welcome" sinon les enfants restent bouche bée ne répondant pas à nos signes de la main.
Nous nous arrêtons à Ruffa à un poste de police et là, la chose qui leurs importe, c'est de nous prendre en photos avec leurs portables, pas de demande de passeport, rien, c'est le monde à l'envers. Nous apprendrons quand même que nous n'avons pas à retourner rive ouest comme l'indique le gps et nous gagnons 20km. Nous partons à la recherche de quoi manger dans Ruffa et il nous faudra 30min à sillonner le village, bringuebaler de direction en buibui fermés, avant de trouver un bosh.
Nous repartons et lors de nos derniers kilomètres, nous prenons notre temps et apercevons un ensemble de tombes (abu araz - cheikh dafala), depuis le bord de la route, rien d'indiqué dans le guide. Nous y ferons un crochet, accueillis par des gens très pauvres qui nous diront que ces 22 énormes tombes datent d'à peu près 4 siècles. Elles sont plantées là, parfois colorées au milieu d'un cimetière de petites pierres tombales. 
Lors de notre retour sur la route, nous comprenons pourquoi le gps nous faisait éviter cette partie, la route n'existe plus sur 2km, c'est l'anarchie pour passer, dans le sens inverse, sur notre gauche une voiture, sur notre droite deux camions se tirent la bourre dans la poussière rouge. Dans notre sens, un vélo se fraille un chemin et nous suivons un camion rouxelle avec des numéros de tel de St brieuc, Vannes et une plaque 56, un peu de bretagne qui se balade.
Nous arrivons à Wad Madany en moins de 6h, il fait encore jour et trouvons une lokanda avec des lits partout, nous avons droit à de la musique soudanaise. Le soir au coucher, c'est comme à l'internat certains discutent dans leurs lits, d'autres sont enroulés dans leurs couvertures tels des cocons.

Un peu de verdure dans ce monde de poussière



15/12/13 ?
J119 - Etape 98 -
78km


 


Nous quittons l'auberge assez rapidement, nous voulons arriver avant 8h30 à l'ambassade, heure d'ouverture, et nous avons bienfait car il y a déjà pas mal de monde. Comme nous avons rempli le formulaire la veille, avons 2 photos (attention sur fond blanc) et 20$, nous passons rapidement devant une dame au guichet. Elle me dévisage car la barbe et les cheveux ne m'aident pas par rapport à la photo de mon passeport, mais cela ira et nous discutons du voyage.

En tout l'obtention du visa aura duré moins de 2h. Nous passons à DHL pour que John renvoie son appareil photo défaillant mais impossible avec les douanes soudanaises et prenons la direction de la rive Est et du Nil bleu. En y allant nous passons devant des nettoyeurs de poussière qui ramassent des tas accumulés sur les trottoirs, le vent est toujours très fort et ramène toujours plus de poussière, je n'aimerai pas faire ce job, l'impression de toujours tout recommencer à zéro, mais cela permet sûrement à des pauvres gens d'avoir un revenu pour manger. 

Nous sortons de la ville en passant par des quartiers plus pauvres et arrivons en périphérie où nous passons devant un marché à bestiaux. Les chèvres sont entreposées sur les bords des routes et vendues 900ls. Nous passons devant un fabricant d'huile, qui utilise son dromadaire pour moudre et presser des graines de sésame, nous lui en acheterons une petite bouteille.
Plus nous avançons, moins la poussière et le sable sont présents, plus c'est vert et humide, cela paraît irréel. Nous sentons l'humidité diffusée par de grands arroseurs automatiques de plusieurs centaines de mètre. Parfois il y a même de petits marais avec des oiseaux qui batifolent. De grandes étendues de champs cultivés sont visibles, cela à des faux aires de Beauce à la française, remplacez le clocher par un minaret. On voit même des vaches paître dans des champs d'herbe jaunes, on croirait voir des champs de blé.
Tout est si plat qu'il est difficile de trouver un endroit pour être au calme, nous nous enfonçons dans une forêt d'acacias, mais la densité n'est pas élevée et la lune presque pleine ne nous aide pas.