jeudi 8 mai 2014

Poussage et cyclage

Le 12/04/12 sur la route de namwala
Jour 237 - étape 188 -

La petite hutte où nous avons dormi, est purement de type africain, toit en paille, murs en torchis, elle devait faire 8m2, nous y avons rentré les deux vélos et dormi sur la bâche. Trois petites fenêtre permettent à un peu de lumière de rentrer, il y a aussi une petite porte que nous avons bloqué avec 3 rondins de bois au cas où un animal voudrait y venir dormir, en effet nous avons vu dans la cour des traces de félin et bovins. A l'extérieur, une autre dépendance est partiellement écroulée, entre les deux bâtisses, une terre damée d'une ancienne cour. 

Le ciel est toujours couvert, la piste est plutôt bonne, il faut éviter quelques trous et pierres mais ça roule. Nous traversons plusieurs villages où les gens en nous voyant nous interpellent pour nous demander où nous allons et d'où nous venons. 

Qu'est ce que ces lignes qui parfois coupent la piste dans le sens de la largeur?  En nous rapprochant, nous voyons des milliers de fourmis traverser à toute allure, de loin la piste paraissait peinte.

Nous cherchons un petit restaurant pour manger mais les villages sont de moins en moins fournis, nous trouvons quand même de quoi faire un picnic improvisé, ce sera l'occasion d'étendre la bâche et de manger sur l'herbe. 

Nous repartons avec l'objectif d'atteindre namwala situé à 50km à vol d'oiseau mais après le passage d'un pont fait de morceaux d'acier, type rail, nous arrivons sur une longue série de kilomètres de piste en sable (cela me rappelle des souvenirs du lac turkana), d'abord assez roulante puis carrément impraticable. Nous alternons poussage et cyclage puis finissons par ne faire que pousser. 

Nous demandons à des personnes que nous croisons où trouver de l'eau? A 1 kilomètre, nous en ferons 5 sans rien trouver, il devait même y avoir un village! Heureusement que nous avons de l'eau en réserve. Le jour commence à se coucher, il nous faut choisir un coin dans la savane pour dormir, ce sera derrière des arbres, sur de l'herbe à moitié couchée. La zone est infestée de moustiques et même dans la tente, je les entends tourner à l'extérieur.

mercredi 7 mai 2014

Le prix pour la nuit en hutte ?

11/0/14 sur la route de namwala
Jour 236 - étape 187 -

Les gouttes ont continué à tomber au travers du toit en paille de l'église mais l'endroit où nous avons étendu la bâche a été épargné. Au réveil, une chape de nuages gris recouvre toujours le ciel et au tour de l'église, à l'extérieur, c'est une vraie pataugeoire, une couche de boue se colle à nos chaussures dès que nous sortons.

Alors que nous déjeunons, un enfant arrive qui doit seulement voir dépasser nos têtes car le bungalow n'a qu'un petit muret comme enceinte et se met à courir en criant comme s'il avait vu le diable.

Nous voici sur la route, pantalon et guêtres accrochés aux sacoches pour les faire sécher, en plus une couche de boue s'est collée dessous. L'asphalte, elle est sèche, le vent a dû l'y aider, ce même vent qui nous pousse encore allègrement. Nous faisons 55km en 2h30. 

Il y a, de moins en moins, de maisons et de plus en plus de groupe de huttes, facile à repérer car souvent implantées autour d'un ou de plusieurs manguiers. Moins de véhicules aussi, plus de vélo et de gens qui marchent sur la chaussée. 

Quand il n'y a pas de plantation de maïs ou de coton, c'est le bush qui fait sa réapparition. Notre arrêt repas se fera dans un village fantôme, la moitié des commerces est peint en jaune au couleur d'un opérateur et l'autre en rouge, couleur du concurrent mais la plupart de ceux ci sont cadenassés, une grosse usine de coton devait fournir un grand nombre de clients à une époque. La carte du restaurant est appétissante avec une vingtaine de plats mais au final, un seul menu est possible et toujours le même. Nous nous renseignons sur l'état de la future piste que nous souhaitons emprunter, elle semble être roulable.

Les kilomètres s'enchaînent rapidement, quelques arrêts courses pour le soir mais nous ne trainons pas, il y a toujours un mec bourré pour nous tourner autour. 

Lors d'une pause thé dans une cafet, nouvelle prise de renseignements sur la piste, et là, nous avons le droit à 10 minutes de parlementation entre 3 personnes puis 5 pour nous expliquer comment y aller mais rien sur l'état, par contre les gens font toujours cela avec gentillesse, à essayer de nous arranger, nous repartons même avec un petit paquet de chips. 

Route en oblique sur la gauche, piste bien rouge et damée, si elle est comme cela jusqu'à la fin, ce sera un vrai bonheur mais nous bifurquons rapidement sur la droite et la piste devient plus caillouteuse mais pas rapport à ce que j'ai connu au Kenya, c'est très bien. Ça y est Amélie est dans son image de l'Afrique et constate que rouler sur ce type de "route", n'est pas dès plus agréable.

La nuit se rapproche, un chemin peu emprunté, mène à une hutte en terre et paille, bien caché de la piste. Un peu de nettoyage lui fera du bien. Des traces de félin sur le chemin d'accès, ne nous empêchera pas d'en faire notre squatte pour la nuit.

La campagne Zambienne

10/04/14 à ?
Jour 235 - étape 186 -

Natalia nous réveille vers 7h15, alors qu'elle part au boulot, ce n'est pas difficile nous dormons au milieu du salon, nous la remercions pour tout puis Alice se lève pas longtemps après et nous prenons le petit déjeuner ensemble. Départ prévu à 9h mais cela ne sera pas tenu. Les vélos sont prêts, nous y ferons quelques ajustements et vérifications. Pour ma part, j'ai de nouveaux pneus, chambres à air et freins. Les sacoches ont partiellement changé car maintenant Amélie porte sa part. Nous prendrons le temps de faire un photo et remercier Alice de nous avoir accueillie dans sa demeure, avec autant de gentillesse. 

Direction la station essence pour le remplissage de la bouteille du réchaud et pour le gonflable de nos 4 pneus, les gens sont toujours surpris de voir arriver 2 cyclos chargés.
Puis direction l'ouest, nous ne voulons pas nous retrouver sur la route chargée qui part vers Livingstone, du coup, nous choisissons de faire un détour. Pour la sortie de Lusaka, nous suivons le gps, c'est ce qui a de plus facile mais lui n'a pas idée des quartiers par lesquels il nous fait transiter. 

Après le centre plein d'activités, nous voilà dans les faubourgs commerciaux et du marché où Muzungu et autres noms, nous sont lancés quand nous passons. Puis, pour finir nous voilà dans les quartiers pauvres et sur une piste à trous que nous poursuivons pour atteindre, après 12km, la route goudronnée que nous voulons prendre. 

Tout cela se fait en combinaison étanche car depuis ce matin il pleut pas trop fort mais assez pour être humide par contre un vent fort nous pousse à 25km/h.
La pause du midi se fera au sec, dans un petit restaurant, au fond d'une cours remplie de boue et de trous d'eau.

La route est plate et droite, sur les cotés, de nombreux panneaux indiquent les entrées des fermes, quand ce n'est pas des fermes se sont des magasins de graines ou d'aliments pour bétail. 

Le comportement des conducteurs est différent des précédents, ils se mettent parfois à klaxonner continuellement 50m avant de nous doubler et certains portiers des minibus aimeraient nous voir rouler sur le bas côté. 

Autres nouveautés, lors du passage de deux villages, nous sommes acclamés tels des présidents de la République ou des coureurs du tour de France. J'ai même entendu un "Chuck noris" à ma vue.

Il pleut toujours, nous avons fait 75km et cherchons un endroit au sec pour dormir. Cela tombe bien, à 50m de la route, une sorte de bungalow avec toit en paille et grandes ouvertures, il s'avère que c'est une église. Nous la squatterons, en faisant pendouiller nos affaires pour qu'elles sèchent. Nous sommes au sec et avons le choix du banc en pierre sur lequel nous voulons nous asseoir.

mardi 6 mai 2014

Lusaka

07-08-09/04/14 à Lusaka Jour 232/233/234

Amélie arrive en début d'après midi à l'aéroport, celui ci est excentré et mis à part le taxi, il n'y a pas d'autre moyen d'y aller. Je profite de la matinée et de la machine à laver d'Alice pour laver toute ma garde robe, cela fait longtemps que je n'avais pas vu une machine à laver.
 
L'heure approche et le taxi que j'ai commandé via l'aide d'Alice n'est pas là,  elle me propose de m'y emmener. Nous traversons une petite partie de la ville, elle habite du bon côté. Une fois parvenu au terminal, 1h30 de retard. Alice me laissera attendre car elle a des occupations. L'attente sera longue dans cette aéroport international pas plus grand que celui de Nantes. L'avion arrive enfin avec le retard annoncé mais encore 1h à attendre devant la porte opaque de la sortie voyageurs. La voilà enfin, le carton du vélo aussi,  tout est sain et sauf. 

Le prix demandé par les taxis est de 25 €, ils semblent avoir le monopole, du coup je demande à un gars s'il veut partager un taxi, il s'avère que Mohamed est français, venu en mission ici en zambie. La box du vélo et sa grosse valise tiendront dans le coffre et nous nous dirigeons vers chez Alice et Natalia.

Soirée tranquille à cuisiner des pâtes pour tout le monde après avoir été faire des courses dans ces grandes surfaces à l'européenne, les prix ne sont plus ceux des pays précédents.

Le lendemain, nous remontons le vélo en kit d'Amélie sans difficultés et ensuite, je m'occupe de ma nouvelle jante, ce n'est pas si compliqué,  en suivant un manuel sur le net, de monter les rayons sur le moyeu. Par contre, il va me falloir trouver l'outil ou un spécialiste pour rectifier le petit saut et voile.
 
Nous passerons le début de soirée chez une amie de Natalia qui nous "prête" son wifi, mais la connexion n'est pas fantastique, par contre nous discuterons tous les 4 de la situation de l'Afrique, de la méconnaissance de la zambie et des critères de beauté des femmes africaines.

Mercredi matin, nous sommes accompagnés par Jared, un jeune étudiant, ami de Natalia, chez un mécano vélo qui s'occupera de ma jante puis direction le quartier kwumula où se situent les marchands de pièces détachées bas de gamme. En effet, je cherche un nouveau plateau médian car les dents du mien n'accroche plus très bien mais la recherche sera infructueuses, cela ne fait rien. Du coup, nous sommes au centre ville, nous lâchons Jared pour aller au musée, petit musée pittoresque, certaines reconstitutions m'auront au moins fait sourire et puis la visite est rapide. 

Retour à pied chez Alice en passant par le supermarché pour faire des provisions car maintenant il nous faut transporter de quoi manger pour deux.

Le soir, nous avons rendezvous avec John (eh oui il a repris la route et a filé jusqu'à Lusaka, lui aussi maintenant part pour le cap). Nous allons tous les 3 avec Natalia, en vélo, manger au resto chinois, il fait nuit à 18h donc nous faisons super attention. Nous finirons chez Alice autour d'un verre de liqueur d'afrique du sud.

lundi 5 mai 2014

Le voyage peut s'arrêter

05/04/14 à ?
Jour 230 - étape 185

Durand la nuit, je me lève précipitamment pour aller décrocher mes fringues qui sèchent, alerté par les gouttes qui tombaient sur la tente mais ce ne sera qu'une fausse alerte ou plutôt une pissé de moineaux.
Au reveil, les zèbres broutent toujours tranquillement à côté de ma tente, les écureuils se poursuivent toujours. Durant la nuit, des bruits d'hippo me sont parvenus.

Une fois, tout plié, je prends la route, et ça y est, j'en vois un, caché parmi le bush, je le reconnais à sa masse sobre et à ces grandes oreilles qui bougent. Un éléphant! Ou plutôt une partie car je suis à 100m de distance en surplomb et il est bien camouflé. Enfin! Pour une vue entière, il me faudra encore attendre. Heureusement que la route passe par un corridor qui permet aux animaux d'aller se désaltérer au lac.

Cette route pittoresque monte et est adjacente à la falaise donnant une très belle vue sur le lac et ses îles.
Me voici au bureau d'immigration du Zimbabwe, un distributeur de coca trone au milieu de la pièce, des fois que tu veuilles te débarrasser de tes derniers rand. Ensuite pour arriver à l'immigration zambienne, il me faut rouler 2 km et passer sur un énorme barrage qui empêche le lac de se déverser dans le fleuve zambese (et comme le dit le fameux poète "les zembeses en Syrie" ou quelque chose comme cela). Je monte sur l'autre versant des gorges, et je me dis super, pour atteindre Lusaka à 1200m je suis déjà à 800m mais tout est à refaire car je redescend à mon altitude initiale dans une grande plaine qui est le prolongement du lac Kariba laissant à ma droite les montagnes qui entourent le zambese. 

La route est toute droite et plate, les énormes baobabs sont là, le terrain sec et la terre rouge avec au milieu des villages de huttes. Je m'arrêterai dans un de plus gros villages piur acheter une carte sim et dans un autre pour faire quelques achats, ce second sera a l'intersection de la principale qui va à Lusaka. 

C'est là que je verrai, enfin, une de ces fameuses chenilles à poil, au moins 10cm, j'ai cru qu'une souris traversée la chaussée. 

Je prolonge, il est tard et avant de m'engager dans une longue ascension, je stoppe afin de demander si je peux camper dans ce qui, je pense être, un ensemble de maisons mais c'est un lodge. Le patron, fin business man me vendra une chambre pour 10 $.

Je cuisine devant le bungalow, à la bougie car des tas d'insectes tournent autour de la lumière dès qu'elle est allumée.

dimanche 4 mai 2014

Une vaste fumisterie

04/04/14 à Kariba
Jour 229 - étape 184




Hier soir, j'avais laissé quelques trucs à grignoter aux énormes fourmis qui passaient juste sous ma tente, et ce matin même ma casserole a bien été récurée, heureusement qu'elles ne sont pas rentrées dans ma tente.
Le vent se lève tôt ce matin et m'arrive de travers sur la tente, c'est cool car ça l'a fait sécher plslus rapidement. 

L'officier du camp, avant mon départ, vient me dire bonjour et réitère les précautions à prendre pour cette fameuse route vers Kariba, ne pas s'enfoncer dans le bush et à priori dans la journée rien à craindre.
Je commence quand même la descente avec un sentiment d'anxiété, est ce qui va m'arriver quelque chose? Je me dis que si c'était si dangereux que ça, on le l'aurait interdit. Puis, à mesure que je descend ce sentiment disparaît, déjà car après avoir tués 3 lions avec mon opinel, slalomé entre les pâtes d'un troupeau d'éléphants affolés, semé un buffle enragé et décroché le léopard pendu à ma sacoche arrière, il ne m'est plus rien arrivé. Et puis, tous les 5 minutes en moyenne, passe une voiture, ce qui me faire dire que sur cette route, les animaux sauvages ne sont pas là à m'attendre. 

Seule bête, que je verrai bouger, est un microscopique serpent. Par contre, la vue est superbe, je descend, principalement, pendant 50km en direction du lac. La route passe entre des hautes herbes et derrière apparaît le bush.

Me voici au même niveau que le lac, il fait plus chaud, je viens de perdre 800m, le climat est plus sec et revoilà des baobabs, la terre oscille entre le rouge et la couleur du sable. La route est plus chaotique, plus usée.

Arrivé en ville, je fais quelques courses et mange car le camping où je veux aller, est excentré.
J'y arriverai en début d'après midi, les zèbres broutent tranquillement sur le gazon au milieu du camping et les écureuils se poursuivent. En fin d'après midi, je pars avec un gars du camping à la recherche des éléphants mais il est déjà trop tard, je verrai cependant plusieurs hippopotames broutés dans le lac tout proche. Je suis tout près de la nature sauvage mais pas des éléphants.

Question de sécurité

03/04/14 à makuti
Jour 228 - étape 183 -

Je n'ai pas mis la sur-tente et au matin je suis surpris par les gouttes de rosée qui me tombent dessus. L'endroit est vraiment agréable, les senteurs d'agrumes emplissent l'air, le soleils est radieux, pas un nuage à l'horizon, il séchera la tente rapidement. 

Trevy passe me voir et me dit de faire comme chez moi avec la cuisine et le reste. Je prends donc mon temps pour petit déjeuner sur l'herbe. Hier soir j'ai passé une soirée canap à regarder le foot sur grand écran, seul à voir le PSG gagner.
Cela faisait longtemps que cela ne m'était pas arrivé. 

Comme souvent quand je m'approche d'une frontière, la densité de population diminue et là c'est à nouveau le cas, quelques villages, faits de maisons en briques et de petites huttes mais sans commerces. De nombreuses personnes attendent sur le bord de la route, un hypothétique transport que ce soit collectif avec les minibus, voitures individuelles ou semi remorque. Sachant qu'il n'y a aucun horaire, que les minibus attendent d'être pleins avant de partir (parfois ils feintent en mettant de faux clients) et font des boucles pour rechercher de nouveaux clients, le vélo semble être la meilleure solution pour être à l'heure. 

Je me rapproche de la game réserve et observe les alentours, voir si une bête ne va pas surgir des fourrés, parfois de grandes étendues d'herbes sont complètement couchées, peut être qu'un animal s'y est couché? Entre les hautes herbes, j'arrive parfois à voir une borne kilométrique ou un panneau aux noms exotiques,  miami, alaska.
J'arrive quand même à trouver un village où déjeuner mais il y a toujours quelqu'un pour venir me parler, pas que cela me déplaise mais 100 fois les mêmes questions/réponses, c'est lassant et là aujourd'hui, un gars s'échine à vouloir que l'on se lance dans un business de pierre ensemble, je lui laisse écrire son adresse pour être tranquille. 

30km avant makuti, un panneau m'annonce que je rentre dans la game reserve et qu'il faut que je roule prudemment. Enfin peut être que je vais me faire attaquer? En plein jour, une bande de lions m'attendant en plein milieu de l'asphalte. Avec tous les poids lourds, cela m'étonnerait. 

A Makuti, je demanderai de faire du camping dans un lodge mais cela me sera refuser, cela tombe bien, il était littéralement envahi par des sortes de punaises, par milliers, jamais vu ça et entendu surtout car un espèce de vrombissement était perceptible.

Du coup, je rebrousse chemin pour me diriger vers l'école quand je suis interpellais par des policiers qui me disent que je ferai bien de rester ici et de ne pas m'engager sur la route de Kariba. L'un d'eux me dira qu'avant 9h et après 15h, les lions ont une fameuse tendance à vouloir manger les cyclos. Ça se comprend, je ne vais pas jouer au malin, il me dira aussi que je peux camper sur le site de la police.

Ce que je fais en demandant l'autorisation, cela prendra un certain temps, il me faut prendre mon identité, et deux des flics auraient bien aimés que je leur laisse mon vélo à la fin du voyage, suis je vraiment en sécurité?

samedi 3 mai 2014

Retour à Chinohy

02/04/14 à Karoi
Jour 227 - étape 182 -

Toujours seul à planter ma tente dans les campings, à croire que personne ne fait de campings ici. Il faut dire que le camping n'est pas très bien arrangé, la moitié du champ de plantage a été retournée et il n'y a que de la terre grasse. J'ai quand même trouvé un petit coin d'herbe et les douches sont chaudes. 

Ce matin, direction Chinohy plutôt retour à Chinohy, pour y acheter mon 4ieme pneu arrière, un coup de minibus à 50cents les 8 km puis je suis devant la boutique à attendre que cela ouvre, bien sûr aucun horaire n'est indiqué. Une fois ouvert, je trouve un pneu indien de bonne taille pour 6 $ et le monte sans difficultés de retour au camping.

Il semble que les éléments soient contre moi pour rejoindre Amélie à Lusaka, car j'ai un bon vent de face, je le sens me ralentir et vois les grandes herbes se penchaient dans ma direction. 

Sur fond de collines boisées vertes, des champs de cultures s'étalent à perte de vue. Je suis dans le grenier du Zimbabwe, de grands silos comprenant parfois plus de douze tours me donnent l'impression d'être de vieux châteaux forts. 

Lors de mon arrêt repas, un jeune viendra discuter avec moi et me fait remarquer que le Zimbabwe est pauvre, je lui rétorque que son pays n'est pas si pauvre et après avoir regardé sur internet la liste des 20 pays leasplus pauvres il n'y apparaît pas. Le pays le plus pauvre du monde, c'est le malawi. Ce qui est impressionnant, c'est que dans les 20 pays les plus pauvres, 19 sont situés sur le continent africain!

Quelques lacs sont visibles et l'odeur du poisson entoure les stands du bords des routes, voici donc à quoi servent les verres, la région est une game réserve aussi pour la pêche. 

Dans un petit village, après avoir mangé le même menu que les jours précédents, je pars à la recherche d'un coca cola et cela sera difficile alors que si j'avais voulu une bière, il me suffisait de rentrer dans n'importe quel établissement avec un billard et une musique à fond. Il y en a plein les villages, comme toujours seuls les hommes se retrouvent dans ce genre d'endroit glauque. 

À chaque fois que je dis que je "monte" vers Lusaka en passant par Kariba, de nombreuses personnes m'avertissent du danger qu'il peut y avoir avec les lions et les éléphants, je leurs réponds qu'enfin je vais peut être voir des animaux sauvages. 

Fin de journée, je pars à la recherche d'un camping afin de pouvoir voir le match de champion league. On m'oriente vers un lodge qui n'a pas du tout la tête d'un camping, mais après discutions avec Trevis il n'y aura aucun problème, il est aux petits soins pour moi. Je plante ma tente au milieu des agrumiers (citrons, pamplemousses roses délicieux), j'aurai le droit de cuisiner dans la grande cuisine et regarder le match étendu dans un énorme canapé.

vendredi 2 mai 2014

Hautes herbes

01/04/14 à Chinhoyi cave
Jour 226 - étape 181 - 124km

J'empaquete toutes mes affaires, prends un petit déjeuner consistant et discute avec Eva et Gerhard, ceux ci me donneront deux cartes sim (botswana et namibie) et les quelques pièces qui leurs restaient, leur 4x4 aménagé sera à vendre à la fin de leur trip dans les pays du sud de l'Afrique. 

Ensuite, je sors d'Harare plutôt facilement, l'hôtel se situe dans la partie nord, juste à proximité de la route A1 que je prends. Une fois sorti de l'agglomération, la route est plate et droite mais il y a pas mal de circulation. Toujours des grands champs de cultures, à nouveau du maïs. Mais, plus je l'éloigne d'Harare et plus les hautes herbes jaunes sont présentes, mesurant parfois plus 1m50 environ, elles cachent parfois tout le paysage. 

Elles sont coupées à la main, puis peignées pour n'en garder que les longes tiges qui seront ensuite séchées. Je me demande si ce n'est pas avec ça que sont confectionnés les toits des huttes. Parfois des stocks sont en vente sur les bords de route. 

Au milieu de ces hautes herbes, des arbres verts poussent tels des champignons fournissant de l'ombre et des chemins mènent aux habitations qui sont, du coup, bien cachées

Je roule bien, il fait "frais", un léger vent fait que mon polo n'est pas trempé, c'est agréable. Même la petite montagne qui se profile à l'horizon, ne sera pas une difficulté. Par contre, au sommet, changement de paysage, celui ci devient plus bush, arbres plus resserrés, herbes moins hautes. D'en haut, j'aurai un point de vue excellent sur la plaine qui s'annonce.

Je dois être dans une région de pêcheurs car sur le bord de la route, beaucoup de stands de vente de vers : anaconda worm, red worm, worm here.

J'arrive à chinohy en ayant eu l'impression d'avoir roulé une journée d'été en France, je m'y arrête, fais quelques courses et prolonge pour aller à un camping près des fameuses caves. 

En chemin, nouvelle détonation, une nouvelle fois, pneu déchiré cette fois ci d'usure, cela a percé la chambre à air. Je demande à un pickup de s'arrêter, il mènera au camping 2km plus loin. J'aviserai plus tard pour la solution. Bonne nouvelle, le compteur remarche donc à priori 15417km plus 2km en voiture.