vendredi 21 février 2014

Mythique Addis

05/01/14 à Addis abeba 
Jour 142 - Etape 116 - 79 km 

Aujourd'hui, notre objectif est de rejoindre Addis, nous ne sommes qu'à 76km, mais se dresse devant nous une nouvelle chaîne de montagnes.

Sur le bord de la route, de nombreux troupeaux de moutons et aussi des personnes transportant des coqs, c'est jour de marché dans une petite ville où nous nous arrêtons y faire un tour. Nous y apprendrons que l'état collecte 4 birrs par mouton et 7  birrs par chèvre rentrant sur le marché et qu'un mouton se vend 900birrs (30 €).

La barrière qui se dresse devant nous, nous l'évitons en nous dirigeant vers l'ouest, j'ai dû passer le point le plus à l'est de mon voyage. Nous arpentons les collines entre 2400m et 2600m, un coup tu montes,  un coup tu descends. Nous serons embêtés par quelques gamins qui veulent pousser nos vélos mais aussi nous lancer des pierres.

Nous voyons Addis se rapprocher mais il nous faut encore grimper à 2900m dans une forêt d'eucalyptus, nous nous arrêtons pour avoir une vue plongeante sur la ville entiere et ensuite, que de la descente pour arriver vers elle, un nom mythique addis abeba.

Nous trouverons le jardin de Anne, qui nous accueille, après moultes appels à Kumi, son chauffeur, nous patientons devant l'église Kechene Medan Alem, où mais là, de pauvres enfants viendront nous demander de l'argent.
Le jardin de Anne est superbe, de la place partout pour poser la tente mais toujours un tas d'animaux belant, anissant alors que nous sommes en plein milieu de la capitale ethiopienne.

jeudi 20 février 2014

Canyon mystique

04/01/14 à Muka Turmi 
Jour 141 - Etape 115 - 91km

 

Généralement quand on choisit un hôtel, on a le droit à deux choses, la musique forte jusqu'à pas d'heure et le démarrage du moteur des voitures et minibus à 5h du mat, et là en plus j'ai le droit au belement du mouton.

Seconde généralité,  quand on a eu une grosse journée d'ascension, le lendemain c'est calme mais aujourd'hui nous commençons par monter, nous étions déjà à 2500m et voilà que nous passons la barre des 3100m d'altitude,  je pense que cela doit être le point culminant de mon voyage. 

La montée est moins difficile que la veille par contre le froid se fait sentir et la végétation change, apparition d'arbre avec de grosses grappes rouges et de plantes avec de grosses boules jaunes.  Nous resterons un bon moment entre 3000m et 3100m, encore un plateau. Au détour de la route apparaît comme par magie une enorme cimenterie bleue "made in china".

Nous redescendons mais le vent ne nous fait pas profiter de la vitesse car nous l'avons de face.

Nous nous arrêtons dans un restaurant, il y a du monde d'attablé et un étal de viandes pendant à l'air libre, nous commandons 500g de viande à griller que nous aurions pu manger cru (ketfo), ce sera un vrai régal pour moins de 4 € pour 2 avec boissons. 

Nous repartons repus et devant nous apparaît une fracture, une plaie dans le plateau, un canyon laisse cheminer 1000m plus bas une petite rivière. On dirait qu'ici la terre s'est ouverte en deux.
Nous descendons un peu sur les bords du canyon pour aller visiter le monastère de Debré Libanos où nous avons le droit de visiter l'église seuls avec le guide. La route et les abords de l'église sont entourés de pauvres gens venus prier ou en pèlerinage, il y a même des tentes ou des taudis où les gens dorment. 

 
Il nous faut remonter au dessus du canyon pour retrouver une route plate, il fait presque nuit et nous trouvons un hôtel où le restaurant a une forte fréquentation. Nous y mangerons un kwat fort bien épicé (viande en sauce).

mercredi 19 février 2014

Hors catégorie

03/01/14 à Gebe Genasha 
Jour 140 - Etape 114 - 76km

La journée commence par une des plus longues descente que j'ai eu l'occasion de faire.  Après être passés entre l'église bleu et la mosquée verte aux 2 minarets, nous filons vers le canyon avec vu sur l'autre versant.  Nous filons! Nous essayons plutôt de ralentir et de ne pas nous envoler en prenant une bosse. La route est en très mauvaise état et le passage des camions à créer 4 ornières de 20cm dans le bitume.

22km comme cela, un arrêt pour immortaliser les 10000km de voyage et une vérification régulière de la température de nos jantes, le freinage prolonger à surchauffer nos jantes et nous voulons éviter que nos pneus explosent. En un rien de temps, nous voila à 1100m, et alors que je pensais en avoir fini avec lui, nous repassons à nouveau sur le nil. 

Un arrêt sur le nouveau pont pour faire une petite photo et nous sommes sermonner par le militaire de faction car il est interdit de s'arrêter. La chaleur n'aura pas atteint nos jantes mais aura fait fondre la col de la rustine d'un des pneus de John et alors que nous entamons la remontée, celui ci change de chambre à air, ça commence bien.

Et voilà, c'est parti pour retrouver notre altitude de ce matin soit 2500m, 1400m de dénivelé en 20km. C'est long, fatiguant et douloureux mais avec l'aide de quelques pauses, nous arrivons au bout en moins de 4h. En haut, la vue est bien sûr superbe, nous pouvons même voir le mont Choku au loin avec ces 4157m.

Une fois en haut, le reste sera plus facile, nous ferons un petit break thé, samosa et fruit derrière une bâtisse pour être tranquille, les 8 gamins du coin n'arriveront qu'à la fin de la pause.

Une longue ligne droite plate entourée de champs de céréales jaune et vert, nous mènera à Gebre Guracha, devant nous se dresse déjà de nouvelles montagnes à escalader.

mardi 18 février 2014

Use the money

 02/01/14 à Dejen
 Jour 139 - Etape 113 - 74km

 Ce matin lors du petit déjeuner, une odeur d'omelette est omniprésente mais impossible de trouver le restaurant qui les sert, du coup je vais au shop du coin, prend 6 oeufs et nous cuisine des oeufs brouillés avec des oignons,  piments et arachides (acheté la veille à un vendeur albulant).

Une fois partis, la route oscille entre 2300m et 2600m d'altitude, on dirait que nous suivons les phalanges d'une main. On monte vers des forêts et on redescend pour avoir la vallée en forme de plateau, prolongement du mont Choku qui pointe à 4154m sur notre gauche. Sur ces plateaux des champs entiers de mottes de foin tels de petits boutons,  des ouvriers à la serpette en rang de 5 ou 6 coupant les hautes herbes jaunes.

Les enfants sont toujours là et courent à notre rencontre pour nous dire "you", "money" parfois des phrases qui ressemblent à "use the money" à nos oreilles. Ces enfants sont apeurés dès que nous descendons de nos vélos et ne comprennent pas grand chose quand nous essayons de leurs parler, le mieux est de les ignorer.

La progression est plus difficile que prévu,  la route est en construction et est donc remplacée par une grosse piste en caillou, notre vitesse ne dépasse pas 5km en montée et puis le vent est contre nous.

Plusieurs fois,  nous remarquons que les femmes ont le visage tatoué,  tout le long de la machoire, je ne trouve pas cela très esthétique.
Nous passerons la nuit à Dejen, le canyon menant au nil est déjà visible, la journée de demain s'annonce difficile.

lundi 17 février 2014

እንኳን ለ እንቁጣጣሽ አደረሰህ/ሽ

01/01/14  à Debré Markos 
Jour 138 - Etape 112 - 86km

 Ça y est,  nous sommes le 1er janvier, presque 5 mois depuis le départ est toujours cette même envie d'aller plus loin voir ce qu'il y a. Comme nous sommes bien descendus la veille, il va nous falloir remonter et c'est visible, nous avons devant nous, une muraille qui se dresse. Montagnes toujours voilées par une légère brume mais parmi laquelle nous pouvond distinguer 2 étages,  2 paliers à franchir.

Pour l'instant, nous sommes encore à 1800m,  sur le bord de la route sont empilés différents gros sacs blancs indiquant souvent qu'il y a du charbon à vendre,  mais aussi du tournesol,  du maïs ou des piments rouges. Devant étendus sur de grandes nattes du grain sèche au soleil.

Sur les faces des montagnes se dessinent un patchwork de couleurs,  jaunes à poids avec les foins avec mottes,  vert pour les céréales et brun pour la terre labourée. Quelques gros acacias et des palmiers poussent au creux d'une petite rivière.
Nous atteignons le premier palier, les eucalyptus font leurs réapparition et sur les bords des routes, des vendeuses d'alcool,  les bouteilles de liquides bruns ou transparents posés à même le sol. Je dissuade John d'en acheter, on entend t'en de choses sur l'alcool frelaté et puis vu les prix ici autant être sûr de sa provenance.

Tout n'est pas toujours tout rose, parfois un drôle de sentiment m'envahit comme par exemple nous croisons une femme qui boîte portant une charge énorme sur le dos, accompagnée d'un enfant qui traîne 2 bidons plus gros que lui. La misère est omniprésente,  les enfants portent des vêtements avec des gros énormes,  la nuit certains d'entre eux brûlent des journaux pour se réchauffer et vont sûrement dormir dehors. Le travail des enfants est omniprésent que ce soit pour garder du bétail. Si tu n'es pas plus grand qu'une chèvre tu es gardien de chèvre,  si tu n'es pas plud grand qu'une vache tu es gardien de vache. Ou sinon ils sont vendeurs de biscuits ou mouchoirs la nuit, sans parler des travaux des champs. Ce sentiment est un mélange de gêne, d'impuissance et d'envie d'aider.

Bon, par contre de temps en temps quand un des gamins coure à tes côtés pendant 1 km en nous harcelant et qu'un autre prend le relais pour faire la même chose, que malgré nos invectives, ils continuent, tu as parfois envie de leurs crier dessus.

Nous voilà à 2500m,  les bords des routes sont couleur sang, terre grasse. La vue sur la vallée et sur les montagnes au loin sont magnifiques.  Nous arrivons sur un vaste plateau où courent quelques ruisseaux,  des troupeaux partout mangent une herbe rase et jaune.  Nous serons doublés par plusieurs minibus avec des chèvres et des moutons attachés sur le toit les pattes en l'air à beler, drôle de klaxon. Parfois ce sont des batteries de coqs, les plumes au vent. Dans une de nos villes étape, j'irai me promener dans un petit marché et je découvre enfin où vont toutes ces femmes avec leurs gros sacs sur le dos.  Chacune est assise avec sa maigre récolte devant soit,  agglutinées les unes aux autres, des grains de forment et de couleurs différents,  parfois des oeufs ou des épices. Je me faufile et suis observé par des centaines d'yeux.


Nous arrivons à Debré markos, ville au nom de capitaine sud américain pour passer la nuit, ce sera notre repas de réveillon car nous trouvons un bon restaurant.

dimanche 16 février 2014

Ici c'est pas le réveillon

 31/12/13  Finote Selam  
Jour 137 - Etape 111 - 100km




Levés tôt, nous partons rapidement, ce matin il ne fait pas très chaud moins de 10°C, il faut dire que nous sommes à 2000m d'altitude, et autour de nous, nous pouvons voir des montagnes encore plus hautes.  Nous continuons pourtant à monter pour atteindre 2600m, le paysage ressemble à celui de nos montagnes,  un petit ruisseau coule au milieu d'une herbe rase comme si la neige de printemps venait de fondre. Beaucoup de chevaux et de vaches en liberté.  Nous tombons sur un regroupement d'hommes et de betail et apprenons que c'est la période d'insémination pour les vaches et qu'un vétérinaire d'état est présent gratuitement.

Nous montons encore et de gros blocs de falaises sont entourés de forêts d'eucalyptus. Sur le bord de la route de nombreuses femmes entrain de transporter du grain dans de gros sacs ou de lourdes jarres sur leurs dos, l'échine courbait, souvent les pieds nus et une croix en bois autour du cou.

Pour les hommes,  je comprends enfin l'utilité du baton, il sert de levier pour transporter un tas de choses sur leurs têtes dont du foin. Ces hautes montagnes et ce plateau sont très fertiles et sont appelés Hight land.

Nous ferons une pause autour du lac de Zengena, havre de paix puisque payant mais au moins on est tranquille, nous ne serons même pas embêtés par les singes, juste un corbeau téméraire qui tentera de voler un des sacs plastiques de John.  Je fermerai les yeux, les ouvrant pour voir la cime de sorte de grands pins.

Après être repartis, sur la route nous croisons de nombreux cowboys sur leurs petits chevaux enguirlandés de rouge, peut-être une tradition pour le Noël qui approche.

Les 30 derniers kilomètres sont des kilomètres de rêves,  nous passons de 2600m à 1800m, presque sans donner un coup de pédale. Dans la descente, nous avons vu sur la vallée qui s'annonce verdouillante. Le ciel est nuageux et des traits de lumière innondent les champs au loin. Au détour de l'un d'entre eux, trône la carcasse d'un vieux tank.
Nous terminons à finote selam et cherchons de quoi nous distraire pour le reveillon. Nous mangeons correctement mais pas de dessert,  c'est un désastre et puis à 22h, tout est fermé.  Cela ne fait rien le voyage vaut bien des réveillon comme celui ci.

samedi 15 février 2014

Changement de cap

30/01/13 a Dangla 
jour 133 - Etape 110
 
Nous avons décidé pour rejoindre Addis de passer par le chemin le plus court, cela nous fera gagner 100km, cela a l'air plus vallonné mais cela ne nous fait pas peur. Par contre, grosse déconvenue quand dès l'entrée de la route, en pleine ville, nous tombons sur de la pierre et du caillou.
Petit moment de réflexion, nous préférons rebrousser chemin et prendre la route asphaltée, quit à avoir le choix, nous préférons faire plus de kilomètres  et être plus rapide.

Et sur la route principale, que voyons nous arriver derrière nous? Un peloton de cyclistes en plein entraînement, des professionnels sur des vélos de pro (à mile lieux de ceux que l'on trouve ici). Je ne me rappelle plus la dernière fois que j'avais vu ces petits maillots saillants, type super U. Quelques uns prendront le temps de faire quelques kilomètres à nos côtés mais nous n'avons pas la même allure.

Sur la route, nous croisons souvent de petits bus verts ou bleus, assez carrés qui ressemblant à des camions à glace americains, un mégaphone sur le toit diffuse de la musique que nous entendons à plusieurs kilomètres en avance, sur le côté inscrit 1er, 2 ou 3 level, j'ai pas encore compris ce que cela signifiait. Sur le bord, autre curiosité de gros tas de paille ou de bois d'eucalyptus et du charbon à côté,  un méchoui? Non, juste le moyen de fabriquer du charbon,  des couches successives de bois et de pailles en forme de pyramide qui sont ensuite brûlées.

Nous avançons bien malgré le fait que je me sente fatigué et nous ferons une pause thé et fruit cachés derrière une grosse botte de foin, ici c'est l'heure des récoltes, à l'ombre.  Moment de tranquillité où nous ne verrons presque personne pendant 30 minutes et la pause finit, des enfants nous verrons et se rapprocheront.

Arrivés à Dangla, nous choisirons un petit hôtel avec un jardin où je ferai un peu de nettoyage de Azimut et où nous cuisinerons, histoire de changer de la nourriture éthiopienne, mais impossible de trouver des oeufs ou du fromage.

vendredi 14 février 2014

Bahir der


 Plusieurs fois dans la nuit,  je me suis dit que je n'irai pas sur le lac vu mon etat mais je n'ai pas fait tous ces kilomètres pour que la maladie m'empêche de profiter du voyage. Je crois que j'arrive à dormir un peu mais à 4h, toutes les églises de Bahir se mettent à chanter pendant des heures, se rejoute le muezzin car il y a une mosquée et là je me dis que quelqu'un m 'en veut.

Mais la médecine moderne à inventer de bons médicaments que je prends à 6h en même temps que nous démontons les tentes à la frontale. Nous sommes prêts à 7h et comme je le prévoyais,  nous (le bateau) ne partirons qu'après 9h. Assis en terrasse,  nous attendons que le bateau se remplissent d'autres touristes en regardant les pélicans sur le lac Tana.

Ensuite visite de plusieurs monastères, le premier est le mieux avec pleins de peintures colorées représentant des moments clef des évangiles. Quand on dit monastère,  c'est souvent une sorte de grande bâtisse ronde avec en son centre une pièce carrée qui nous est inaccessible.

Le tour de bateau est sympa, nous nous approchons de la source du nil du lac Tana et nous rencontrons deux couples,  un australien et l'autre français avec qui nous passons une partie de l'après midi et la soirée.

Nous changerons d'hôtel pour un hôtel moins cher et pas plus mal, toujours du même type,  une petite cour entourée de pièces.

jeudi 13 février 2014

Baisse de tension

28/12/13 Bahir Der
J131 - Etape 109 - 60km
 

À l'hôtel paradisio, nous prenons un petit dej garguantuesque frites et petit dej éthiopien (oeufs brouillés, pain épicés, yaourt, tomates). Puis nous faisons un saut à l'internet café du village, il y a foule ce matin, on est samedi, et peut-être parce qu'on est prêt du lac mais il y a une sorte de brume, je ne sais pas bien si ce n'est pas la fumée habituelle des eucalyptus.

 Sur les bords de la route, nous voyons des vautours se délecter d'une carcasse de vache, ils sont à moins de 50m de la population et pas du tout intimidés. Nous faisons une pause café/thé dans un petit village, au devant d'une maison, bout une theiere sur des charbons et une petite table basse est dressée avec des petits verres, c'est à ça que l'on reconnaît les maisons à thé. Pendant que nous buvons, l'attroupement se créé, les jeunes et les moins jeunes inspectent nos vélos. Sur la route, nous voyons défiler des charrettes avec des sortes de cages en bois mais aussi d'autres transportant des longs troncs d'eucalyptus.

60km ce n'est pas long et nous voilà à Bahir Der, par contre je ne me sens pas très bien. Nous réservons un tour du lac pour le lendemain et trouvons un camping, plutôt une place à l'écart dans un hôtel sous les arbres. 

J'installe la tente et je m'y couche. J'ai mal aux intestins, devrais me lever souvent dans la nuit pour atteindre les toilettes, très mauvaise nuit malgré les cris de oiseaux qui nous entourent.