mardi 17 décembre 2013

Coup de chaleur



Le 27/11/13 à Abri
Jour 104 - Etape 82 - 97 km



En fait cette nuit, nous ne dormons pas sous le préau comme initialement prévu mais à 50m de la cafétéria sur un endroit légèrement ensablé, je suis un peu inquiet car il y a quand même quelques traces de pneux où nous avons mis nos matelas. Durant la nuit, les voitures et les camions se sont enchaînés pour s'y restaurer ou boire un thé. Le générateur s'est arrêté et à partir de ce moment, quel silence. Un camion en réparation et quelques voitures resteront y dormir. La chaleur est biensur au rendez vous même la nuit mais un ciel magnifiquement étoilé, nous la fait oublier bien vite
Ce matin, le soleil se lève sur une chaîne de montagne au loin, la vie reprend son cours dans la cafétéria, les gens font leurs ablutions avant de prière ou passent derrière nous avec une sorte de petite jarre remplie d'eau afin de trouver un endroit paisible pour faire office de toilettes.

Dès les premiers rayons, nous sommes attaqués par une nuées de mouches qui veulent absolument rentrer dans notre nez, bouche ou oreilles. Elles disparaîtront dès les premiers coups de pédales, mais avant de partir nous sommes invités à boire le thé chez M. Salah le tenancier, il a un large sourire et cela ne peut pas se refuser, un très bon thé avec du lait spécialité du coin. Il est 8h30 et il fait déjà chaud. 

Toujours au milieu des montagnes de roches noires, nous descendons vers Dongola et à 10km après être partis, nous tombons sur un chercheur de métal, noir comme le charbon, chech et djelaba blancs et un détecteur de métal, habillé comme cela on dirait un cosmonaute sur mars. On le prend en photo, il nous prend en photo avec  son téléphone. Nous sommes dans un nomanland et lui traverse la route pour continuer sa quête. 5km plus loin, nous arrivons au milieu du camps de base des chercheurs d'or. Comme au far west, cela trie, il y a des tentes, de grands bol avec du mercure, de la poussière et pleins d'hommes à bosser sous la chaleur.

La route continue dans le désert de rocher au pied de gravats, hauts de 600m de couleur sombre parfois une dune de sable se casse à leurs pieds.
Nous arrivons à une cafétéria et demandons où trouver des fruits, pas avant 30km et pas dans le village d'en face, nous y ferons notre pause et retrouvons le nil beaucoup plus sauvage. Le soudan n'est pas aussi cultivé que l'Egypte. Cela fait du bien de se retrouver à l'ombre et de manger, il fait quand même 35°. 

À la reprise, il fait toujours aussi chaud mais dès que l'on roule, on a la sensation d'être rafraichi. À deux reprises la route est sectionnée, des inondations ont fait s'écrouler le bitume et nous sommes obligés de passer par une piste parallèle.

Arrivés à Abri, biensur les vendeurs de fruits du zouk viennent de fermer, il y a quelques échoppe mais pour seul fruit, j'acheterai des ananas en boite, excellent avec du yaourt.
Avant que le jour ne se couche, nous trouvons un coin derrière un tas de pierres excentré de la route, cela fait du bien de pouvoir refaire du camping sauvage. Une bonne douche pour nous rafraîchir et déjà le vent chaud nous à sécher. Au loin on entend le ronronnement d'un générateur, ici en Nubie, les lignes de hautes tension ne sont pas arrivées.

lundi 16 décembre 2013

Ca roule au Soudan


Le 26/11/13 à ?
Jour 103 - Etape 82 - 101 km
 


La nuit a été agitée en effet de nombreuses personnes dormaient à l'extérieur, j'ai eu droit à la prière juste à côté de la fenêtre de la chambre (assez mélodique quand même) tout ça alors qu'il faisait encore nuit. L'hôtel où nous étions pour 1,5€ est un lieu de passage pour les arrivants/partants pour Aswan. Les toilettes et les douches laissent à désirer mais ce n'était que pour poser nos affaires. Ce matin tout le monde s'en va, souvent à Khartoum, en bus et dans l'autre sens c'est vers l'Egypte.




Première chose à faire avant de prendre la route, est de passer à l'immigration pour se faire enregistrer, et là encore les soudanais semblent être les champions de l'organisation. Il fait commencer par remplir un formulaire et avoir une copie de son visa (heureusement qu'il y a un service de photocopie), puis un coup de tampon sur le formulaire et il faut passer voir le capitaine qui paraphe le document. Ensuite il faut passer à la caisse et acheter des timbres fiscaux, avant de repasser par le bureau du départ pour faire coller sur notre passeport, un nouveau sticker. Et retour chez le capitaine "but capitain go to his breakfest", donc on attend qu'il est fini son petit déjeuner dans son bureau pour avoir une énième signature et enfin j'ai le droit de rouler au Soudan. Et toutes ces actions dans le service d'immigration avec plein de monde partout qui arrive au Soudan ou qui en repart.
 
Avant cela à l'hôtel, j'ai changé mes dernières livres égyptiennes ainsi 100$ , il paraît selon Steeve que cela sera assez. Je fais le change au marché noir, ici tout le monde cherche des dollars. Pas de souci pour l'échange, mon intermédiaire n'a pas la monnaie, il lui manque 10LS, il me les rendra par hasard, au service d'immigration. Les soudanais sont honnêtes car il n'aurait pu ne jamais me les rendre.
Enfin avant le départ, avec mon nouveau partenaire, John, nous faisons quelques courses. Les commerces sont bien moins fournis qu'en Egypte mais il y a au moins des pâtes et du pain.
Ça y est, c'est le départ et il est 11h30, il fait quand même un peu chaud mais dès que l'on roule ça va et puis il y a l'excitation de rouler au Soudan.
Le paysage varie entre quelques dunes et des collines de rochers noirs, une bonne route asphaltée serpente avec de temps en temps, un peu de verdure, voir un arbre isolé. Seule route de Wadi Halfa vers le sud, de nombreux véhicules nous croisent, nous doublent et toujours cette bonne attention de nous encourager avec le pouce levé ou un grand geste de la main.
Alors que nous nous arrêtons de demander de l'eau, nous tombons sur 3 gars dans un bâtiment abandonné à qui nous donnons un peu d'eau, il nous disent que nous trouverons une cafétéria 32km plus loin. Quand on dit cafétéria, c'est 4 taules avec une tente et parfois un conteneur et surtout de l'eau dans des jarres comme en Egypte.
La fin de journée approche. Steve nous ayant donné un document référencant les cafétérias et les points intéressants, nous nous rapprochons de l'une d'entre elles. Nous sommes très bien accueillis avec un large sourire et de l'eau. Nous mangeons poulet et pain cuit sur place. On nous offre le thé avec ou sans lait.

 Quand la nuit tombe le générateur est allumé et les lampes basses consommations illuminent la pièce centrale où la tv est allumée. Les gens s'y arrêtent faire une pause pour manger ou prièrer et me voyant là, viennent me questionner. Nous allons y rester dormir, il y a de l'espace partout autour biensur.

dimanche 15 décembre 2013

Départ précipité

Le 24/11/13-25/11/13 à Wadi Halfa
Jour 95/96 - Etape 81 - 23 km
Cette nuit, j'ai eu l'impression de redevenir lycéen ou étudiant, anxieux à l'idée d'avoir le résultat d'un examen et du coup je n'ai pas bien dormi. Ce matin, je prends mon temps en me disant que cela laisse l'opportunité à la dame du consultat de tout finaliser. Je reprends une troisième fois la route vers le stadium et arrive vers 9h. Le consultat est ouvert et un couple d'occidentaux et un japonais attendent à la réception, 1/2h après on nous fait monter au bureau des visas. 






Je récupère le formulaire rempli avec une signature (1 étape) puis passage chez l'officier des passeports qui arrive après 20min d'attente. Alors qu'il pose quelques questions, sur le soudan, à l'anglaise qui me précède, moi rien! Le document est signé (2ième étape), puis changement d'étage pour le paiement des 50$ du visa (3ième étape). Un nouveau passage chez la femme du début pour coller le fameux sésame et 10min d'attente (4ième étape) et voilà c'est gagné, je suis reçu. Sauf que j'apprends que le ferry n'est pas le lundi comme je le croyais initialement mais le jour même ce dimanche. Je me dis que c'est mort mais je fonce à l'office de la Nil Navigation Compagny, tout est fermé. Je rentre à l'hôtel et demande au réceptioniste d'appeler le manager, pas de réponse. Je monte dans ma chambre, range mes affaires dans mes sacoches en me disant que je vais au port et je verrai bien. Dernière tentative depuis mon portable et je tombe sur M. Salah qui me dis de venir immédiatement au port soit 20km. 
 
Branle bas de combat, je descends tout dans le hall, le réceptioniste me rembourse ma nuit du dimanche, c'est cool et me donne la traduction en arabe du mot "port" pour arriver à la bonne destination. Je passe retirer de l'argent, je m'aperçois que mon pneu avant n'est pas très gonflé mais tant pis, il faudra que ça passe, je fonce 18,5 km en 1h et pas d'eau. Arrivé au port, nouveau coup de fil pour trouver la billeterrie. Je rencontre John, un autre cyclo qui part pour le Soudan mais qui a déjà son ticket. J'obtiens mon billet contre 307L (1ière étape), je passe filtrer de l'eau et prends de quoi manger. Ensuite, j'entre dans le port et paye la taxe de 40L (2ième étape). Je dois slalommer entre les montagnes de cartons et de sac tirés par des chariots. Paiement de mon passage à bicyclette 54L ième(3ième étape). Passage aux douanes pour l'achat d'un timbre 2L (4ième étape) et remplissage de la fiche (5ième étape), me voilà sorti d'égypte.
Et enfin comme dans les jeux vidéos, j'ai le droit à l'étape finale "la montée dans le ferry" alors que tout le monde essaye de rentrer ces bagages et sa marchandise ou d'en sortir pour en rajouter, c'est un vrai cafarnaum. J'arrive à rentrer avec Azimut chargé mais à l'intérieur il faut que je décroche les sacoches car je dois monter 2 ponts. Je laisse les sacoches et monte Azimut et le pose où je peux car chacun a déjà délimité son carré, je rapproche mes sacoches et voilà je suis au complet et abord, ce que je n'aurais pas cru possible en début de journée.
On me demande de déplacer mon vélo et le voilà placer en dehors su bastingage contre les canaux de sauvetage, il est 14h et jusqu'à 18h, les marchandises s'entassent où elles le  peuvent.
John me rejoint et nous discutons avec les égyptiens et les soudanais. La nuit est là et je descend manger le plateau repas compris dans le billet (foul, vache qui rit, oeuf dur, confiture et pain. Un soudanais me conduira un hublot donnant sur une cabine où je dois remplir ma fiche d'entrée au Soudan. En remontant sur le pont, je passe un peu de temps dans un des canaux de sauvetage mais l'endroit n'est pas idéal pour dormir par manque de place. Je décide d'aller dormir à l'avant du navire, il y a de la place mais pour cela je dois retrouver ma sacoche  qui contient mon attirail de nuit et je dois littéralement escalader une montagne de marchandise à la lampe frontale pour pouvoir la retrouver et arriver à l'avant du bateau. Là je poserai mon matelas sous les étoiles, un léger vent m'obligera à prendre mon sac de couchage. 
 
Au matin, le levé de soleil sur le lac Nasser est magnifique, on croirait les montagnes et mer rassemblées. Passage devant le célèbre temple de Abou Simbel puis rapidement le soleil devient pesant et chacun de chercher une place à l'ombre en attendant l'arrivée prévue pour midi.







À l'arrivée au ponton, pardon, au port, c'est à nouveau l'euphorie, tout le monde veut descendre le premier, les marchandises, elles descendent par des cordes et le bateau se vide rapidement. Un nouveau passage par la cafétéria pour remplir un énième document et enfin je peux descendre Azimut et mes sacoches et quel meilleur moyen que la corde pour le faire. Azimut sera suspendu, moins 1 min, presque au dessus de l'eau.
Après un passage aux douanes qui collent un petit sticker orange sur chaque sacoche sans même les ouvrir, direction Wadi halfa. 



La ville se situe à 3 km et la première chose est de trouver un hôtel ce que John fera pendant que j'essaye de changer de l'argent. Enfin de compte c'est à l'hôtel que je ferai la transaction et me débarrasse de mes livres égyptiennes. En allant à l'hôtel, nous croiserons Steeve qui fait le trajet inverse au mien en vélo et remonte donc vers l'Egypte. Concernant l'hôtel ce n'est qu'une suite de pièce en boue sans électricité, sans lumière et avec 3 lits en ferraille, tout ça pour 15LS (1,5€). Certains arrivants déplacent déjà leurs lits à l'extérieur pour avoir de l'air. Nous allons manger tous les 3, de la viande et du pain. John et Steeve sont tous les deux anglais et j'ai du mal à les suivre quand ils discutent. Nous passons à la police de l'immigration mais il est trop tard, il faudra revenir le lendemain.






La nuit tombe et nous montons sur un promontoire pour avoir une vue sur la ville et le lac au soleil couchant. Des rapaces volent autour de nous et je realise que je suis au Soudan, la ville de Wadi Halfa est telle que je l'espérait lors de la préparation de ce voyage.

J'ai quitté l'Egypte précipitamment, ces falafels, ses chicha, son thé et les discutions politiques.

samedi 14 décembre 2013

Aswan


 4 jours à Aswan à attendre pour mon visa soudanais. Après avoir déposée ma demande mardi, j'étais impatient d'arriver au jeudi. Et ce jeudi c'est à la première heure que je suis devant le consulat, ce n'est pas encore ouvert et j'ai le temps de déjeuner de foul et de pain. Est-ce par ce que je suis arrivé trop tôt mais grosse déception quand la dame des visas me dit qu'il faut revenir dimanche car elle n'a pas pu avoir Khartoum et qu'il me faut prier mon Dieu pour l'obtenir. 



Un peu desappointé, j'ai failli éclater de rire mais je pense que cela n'aurait pas fait avancer ma demande de visa et chacun est libre de croire en ce qu'il veut.
Du coup je passe mon temps à me balader et sur l'île Elephantine, je croise James qui est là pour le Felucca festival (festival de rencontre entre le peuple nubien de l'île et d'autres personnes). Je le suis et découvre un festival alternatif sur la mise en place de petits projets (construction d'un catamaran, de murs, conception d'un spectacle de marionnette et bien d'autres). 


Je reviendrai le vendredi pour travailler avec Mustapha sur une machine dont j'ai eu du mal à savoir à quoi elle servait. Ce soir là, après avoir assisté à une table ronde sur l'avenir de l'île, nous mangeons tous ensemble sur une des felouks amarées sur le nil. L'ambiance est bonne, ce temps d'échange avec d'autres personnes égyptiennes sur des sujets autres que politique changent. Et surtout cela montre que d'autres actions sont possibles pour offrir un avenir meilleur aux égyptiens. 

Les autres soirs, je me balade dans les rues du zouk ou sur la corniche, je profite de passer devant une librairie pour acheter un lexique franco arabe, j'aimerai dire plus de mots que ceux que je connais. Un passage obligé par le cyber café heureusement à coté de l'hôtel.

Le samedi après midi j'irai visiter les tombes des nobles sur la rive ouest mais cela me casse pas trois pattes à un canard, mis à part un point de vue sur le village nubien fait de maison bleu en contre bas.
En soirée, j'en profiterai pour imbiber une partie de mes vêtements avec de l'anti moustique et pour changer ma chaîne de vélo. Le jeudi, j'avais passé mes nerfs en nettoyant mon velo suite à la déception de la non obtention de mon visa.
On est samedi soir et à nouveau l'impatience me gagne d'être au lendemain, je ne prie pas mais écoute la B.O. de stawars pour faire appel à la Force.

vendredi 6 décembre 2013

Le bout de l'Egypte

Le 19/11/13 à Aswan
Jour 95 - Etape 80 - 64 km

Je me réveille plusieurs fois pendant la nuit, la pièce où je dors, est envahie de mouches et de moustiques, il faut dire aussi que l'endroit n'est pas très clean. Je ne sais pas l'heure qu'il est car dans la pièce voisine, un néon est resté allumé toute la nuit.
Dès mon levé, je repars vers Daraw afin de trouver ce fameux marché à bestiaux et après avoir plusieurs fois demandé mon chemin à coup de "gamal" (chameau en arabe), j'arrive à repérer l'endroit d'où une clameur s'élève. Ce qui caractérise le mieux ce marché est Anarchie, à coup de klaxon, on essaye d'y entrer ou d'en sortir. Je me faufile parmis tous les véhicules et m'arrête devant un vendeur de thé. Le temps que je commande un thé et le boive, plusieurs gamins tournent déjà autour de mon vélo, et comme je l'ai mis contre un muret, bête comme je suis, je ne vois pas que l'un des gamins dévisse mon bouchon de chambre à air et le vole. Je ne sais pas à quoi cela lui servira. Du coup je demande au cafetier si je peux entreposer Azimut à l'intérieur le temps que je fasse un tour, heureusement qu'il accepte sinon je n'aurais pas pu me déplacer dans cette foule d'homme (biensur) et de bêtes. 
Le marché se divise en différents secteurs en fonction des bêtes : dromadaires, vaches, buffles, ânes, chèvres et moutons et parmis tout cela des pickups bien "rangés". Des tentes bédouines sont dressées et on y boit le thé ou le café en discutant les prix, des liasses sont échangées et des hommes repartent avec une chèvre sous le bras ou en tirant un veau.
Ensuite direction Aswan qui n'est pas loin, j'arriverai pour midi mais crains que le consultat du soudan soit fermé. Surtout que celui-ci a changé de place, il se situe en dehors de la ville après l'hôpital Mme Moubarak et du stadium, heureusement qu'une personne de la chambre d'agriculture m'y conduira. Un formulaire à remplir, 2 photos, une copie de mon passeport et la personne me dit dimanche. Je lui réponds que j'ai besoin du visa pour acheter mon billet, elle me réponds de revenir jeudi que d'ici là, elle l'aura peut-être être fait. Je discute un peu avec les soudanais qui travaillent au consultat, ils me font bonne impression.
Je pars à la recherche du camping dont j'ai trouvé quelques infos sur le net mais celui-ci comme à Luxor est sur l'autre rive. Pour accéder au ferry, il me faut descendre Azimut chargé sur une vingtaine de marche et arrivé en bas, on me demande 25LE au lieu de 1LE, j'essaye de marchander mais ils me veulent pas céder. Cela m'énerve et du coup je décide de rester sur cette rive dans un hôtel avec piscine à 65LE la nuit. Cela me permettra de poser mon vélo et éventuellement d'aller sur l'autre coté voir le camps.
Le soir après une petite pause dans la piscine, je trouve un café où j'espère voir le match de foot de l'équipe de France mais ce sera que Suède Portugal. À un moment, une manif pro morsi est passée à coté de moi et j'ai eu un moment d'inquiétude, vu les policiers et l'armée qu'il y a de cantonner ici mais aucun débordement. La soirée se déroulera calmement au milieu des égyptiens qui fument la chicha et jouent au domino.

jeudi 5 décembre 2013

Petite frayeur

Le 18/11/13 à Daraw
Jour 94 - Etape 79 - 70 km


Ce matin, le départ a été mouvementé en effet j'ai eu la mauvaise idée de descendre au moment où les écoliers, tous vêtus de leur chemise bleue, rentraient en classe et comme il m'a fallu descendre Azimut non chargé (il y avait quelques marches), il y a eu rapidement un attroupement autour de moi, chacun voulant jouer de ma sonnette. Le temps que je mette mes derniers sacoches il y avait au moins 50 garçons qui voulaient toucher à tout, heureusement que tout est attaché ensemble. 
Comme je sentais que la tension montait, j'ai ficelé les dernières affaires et me suis "enfui", les gamins me poursuivant en criant et tapant sur mon bidon à l'arrière. Cela me servira de leçon et procéderais d'une autre manière la prochaine fois.
 
Je traverse à nouveau le nil et trouve un peu de tranquillité dans le désert, la route s'éloignant pour un temps de la vallée, cela faisait longtemps que je n'avais pas roulé 1 km sans voir personne.

Et je passe le cap des 7000 km de voyage, avec quelques fleurs rouges pour me changer des couleurs sèches du désert.









Puis retour près des cultures, à droite les palmiers et à gauche les habitations, les pieds dans le sable. Je prendrai mon petit déjeuner à l'égyptienne et discuterai une nouvelle fois politique du pays, l'opinion de mon interlocuteur étant à l'opposé de celle de la personne d'hier soir au café. Un camp traite l'autre de terroriste (aidé par une propagande audio visuel) et l'autre le traitant de nazi, tout cela dans une entente relative.






Depuis quelque temps que je me rapproche du sud, je constate un changement dans la physionomie des visages, la peau se fait plus foncée presque noir, les hommes ont le visage anguleux et les femmes sont plus rondes, vêtues toutes de noir.
 





Je  traverse quelques villages nubiens, maisons basses peintes en bleu, inscriptions relatives au pèlerinage de la Mecque, visible en façades. Je m'arrêtes dans un parc et Hamed, habillé de sa djelaba marron, vient m'apporter un thé. Nous discutons, il tient un petit net café playstation avec 3 ordis qui se battent en duel.










Arrivé à Kom Ombo, je pensais tomber sur un village typiquement nubien comme j'avais cru le lire dans un guide mais la ville n'est qu'une suite de réparateurs de voitures. Du coup, je prolonge jusqu'à Daraw, où je souhaite passer la nuit afin d'aller voir le marché à bestiaux le lendemain.



  profite d'un checkpoint policier pour demander où planter la tente. Pas à l'extérieur et dans un hôtel d'après le gradé. Coup de chance, des ambulanciers sont situés juste à côté et je m'invite à dormir dans une de leur petite pièce. Lors de la soirée, nous arrivons à échanger un petit peu mais ils parlent très peu anglais. À la télé nous apprendrons qu'il y a eu un assassinat au Caire mais j'aurai du mal à en savoir plus.

mercredi 4 décembre 2013

Le temple d'Horus

Le 17/11/13 à Idfu
Jour 93 - Etape 78 - 47 km

Hier soir alors que je venais de finir de préparer à manger et que les légumes mijotaient sur le rechaud, on m'a fait comprendre que l'on allait m'apporter un repas, biensur je n'en demandais pas tant et j'explique que je cuisine pour demain, ça a l'air de satisfaire tout le monde. Arrive en effet un grand plateau en métal, porté par le servant, c'est comme ça que l'on m'a traduit la fonction de cet homme. Il dépose le plateau dans "ma" pièce et le maître m'invite à y manger. Ce sera, seul que je mangerai, du foul, de la viande (elle a un drôle de goût et me reviennent les images des bouts de viande qui pendent à l'air libre mais tant pis), des olives, du fromage égyptien qui pique et du bon fromage de chez nous (3 portions de vache qui rit), le tout accompagné de pain traditionnel égyptien. C'est vraiment local et je dévore tout. Là dessus, on m'amène un café, je ne suis pas café mais je goûte, celui-ci est exquis, sucré et au goût de cardamone, je boirai la mini tasse sans la grosse dose de mare qu'il y a au fond. Le servant revient récupérer le tout et ramène 2 thés et je l'invite à en prendre un avec moi. Il essaye de parler et je distingue à peine sa voix, il a l'air timide ou effrayé, j'hésite entre les deux, dommage qu'aucune communication ne soit possible.
 
Avant de me coucher, je rentrerai Azimut dans la grande pièce où quelqu'un va dormir et moi je m'installe avec la moustiquaire sur un des canapés qui font le tour de la pièce carré où l'on m'a installé.
Au matin, un seul homme dort dans le dortoir, je mange mes légumes de la veille, je n'ai en effet pas la place de les transporter dans la gamelle et me prépare. Au moment de partir le maître m'apporte le petit déjeuner  : thé, lait+thé, 3 parts de gâteau, pour ne pas lui faire offense, je grignote tout. Pendant ce temps là, il reste arroser le devant de sa maison qui est adjacente à l'endroit où j'ai dormi. Cet endroit où à l'entrée, flotte un crocodile empaillé ou en bois. Avant de partir, je demande au servant si je peux le prendre en photo, je le trouve beau, son visage s'illumine mais dès qu'il est sur le parvis de l'immeuble, je le vois zyeuter pour voir si le maître ne le regarde pas. La scène est un peu triste.
Ensuite je pars et biensur contrôle de police, un instant je me dis, ça y est je vais y avoir droit mais un coup de téléphone dira que je peux y aller. Je suis suivi par téléphone, c'est déjà ça. À ce checkpoint, le manager de l'hôpital de El Siba Ya m'explique qu'il mène une campagne de vaccination contre dt polio, en effet 2 infirmières tiennent un petit stand qui accueille une femme et son enfant descendus d'un minibus. Sur le reste de mon parcours j'en verrai d'autre faire du porte à porte et obliger un enfant pleurant à prendre ces cachets.
Je sens que la vallée du nil se rétrécit et il m'est possible de voir les deux cotés, de plus elle semble moins cultivée, la présence du sable est visible même sur la route. Sur le côté de la route, de nombreuses écoles ont été construites, facilement reconnaissables à leurs 3 ou 4 étages et aux chahutements d'enfants, souvent il y a une école pour les filles et une pour les gars.
J'arrive à Idfu et prend le premier hôtel que je trouve, je crois que je n'ai jamais fait pire, je crois que sordide est le mot juste. Je vais dormir par terre avec les 2 3 fourmis qui se baladent, la fenêtre donne sur la rue, peu passante mais bruyante comme souvent en égypte. Y'a quand même un ventilateur qui fonctionne au plafond. J'ai choisi cet endroit car il est situé juste à côté du temple d'Horus.
Je vous faisais part dans un billet précédent de mon aversion temporaire pour les temples et bien là, je suis bluffé, le temple est grandiose, superbement conservé. Il doit bien faire 200m de long, 100m dede large et 30m de hauteur. Les hiéroglyphes ressemblent à de la broderie et certaines couleurs toujours visibles. Je ne regrette pas d'être venu surtout que je suis seul dans cette immensité, pas tous les jours que l'on a un temple perso. Je finirai la journée et soirée en me baladant dans le bourg et en me faisant dévisager.

jeudi 28 novembre 2013

Relations ambigues

Le 16/11/13 à El Adayma
Jour 92 - Etape 77 - 74 km

Après ces 2 jours de pause me voilà reparti sur les routes, je dis aurevoir à Ahmed qui aurait bien aimé que je reste plus longtemps. Je remonte la route, sur la rive ouest, qui va à la vallée des rois, je passe le premier barrage de police, on m'arrête mais pas d'escorte, bonne nouvelle. Je roule tranquillement, je n'ai que très peu de kilomètres à faire pour atteindre Esna. Je suis, certes parti un peu tard, 10h mais il ne fait pas si chaud quand on roule. 

Je suis toujours cette route centrale proche du Nil même s'il n'est pas en vue. La journée s'annonce bien mais dès que j'ai avancé un peu, je sens une hostilité dans le regard, ce qui se confirmera par le jet de quelques pierres par des enfants et adolescents. Cela ne m'empêche pas de faire une pause dans d'une petite bourgade, au milieu des gens. La vie se regroupe toujours à un T, pont rejoignant la route et surplombant le canal. Des marchands de légumes et fruits y posent leurs échopes, les minibus en font leur terminus et les garagistes y sont bien placés. J'y achètes à un camelot, des patates douces qui sont déjà cuites issu d'un espèce de petit four mobile et des bananes succulentes (elles sont petites et non pas le même goût que nos bananes française). Je resterai là à regarder la vie se faire sur un banc fait de palette, on m'offre le thé, j'offre des dates, là je sens la sympathie. 

Je reprends la route et ai la chance de voir 2 varrants sur les bords du canal.
Cette zone de l'égypte doit être le pôle de production de la tomate car je vois passer de nombreux pickup chargés, les tomates sont entassées dans des petites cagettes. Elles sont faites à la main par des artisans sur les bords de la route à partir de branches de palmiers, il y en a de toutes les tailles.


 
Pour mon arrivée à Esna, je me perds dans la ville et me retrouve très proche du Nil, en front de mer, cela me fait arriver dans une banlieue pauvre. Il semble qu'il y ait une fête, des gens chantent et dansent, surtout des hommes mais dès que je suis vu, c'est l'effervescence et je n'ose pas m'arrêter. Je le ferai un peu plus loin quand deux papys m'interpelleront. Nous serons vite rejoins par les enfants du quartier, qui s'essayent à l'anglais, touchent mon vélo. Ils seront disputés par l'un des vieux mais rien n'y fait, ils ne bougeront pas et un des vieux me fait comprendre qu'il vaut mieux que je partes car les gens s'agglutinent rapidement.


Il est 16h, sur les bas cotés, je scrute les champs de cannes à sucre à la recherche d'un éventuel lieu de repos pour la nuit quand je vois une ambulance garée dans un ensemble de maison avec pelouse, idéal pour poser la tente. Je m'arrête et demande à la doctoresse si je peux planter la tente dans le jolie patio à l'abri de la vue de la route. Je suis un peu désarçonné quand elle me dit que ce n'est pas possible mais que dans la ville il y a un lieu qui peut m'accueillir et l'on me conduit dans un bâtiment avec plein de vieux. 
 
Je n'arrive pas à comprendre où je suis, il y a plein de photos du même homme : est ce un asile? Une mosquée? J'arrive à comprendre avec mon petit lexique que ce personnage est juge ou policier ou député. Il viendra me saluer et me propose une pièce à moi, du thé, de l'infusion, servi par un homme en guenille qui semble être l'homme à tout faire. Azimut est dehors et on me dit qu'il est à l'abri, en effet plusieurs hommes sortent du bâtiment avec des fusils pour faire leur ronde.