mercredi 13 novembre 2013

Rentrer au port


Le 29/10/13 à Lemesos
Jour 75 - Etape 68 - 84 km
 
Découverte de notre lieu de repos, ce matin, quelques remorques de camions posées derrière nous, un champs labouré, au fond un grand bâtiment d'une société et au milieu de tout ça, ce terrain vague. Nous prenons le petit dej, et nous apercevons que dès 8h, il commence à faire chaud. La route chipriote n'est qu'une suite de sociétés, on sent que l'économie est plus florissante que du côté nord. Ce qui est marquant ce sont tous ces conteneurs que l'on voit partout, sur les camions, perdus dans des champs, servant d'entrepôts, c'est la base de la vie commerciale. Sur le bord de la route de petits snacks et vendeurs de café sont installés dans de petites roulottes. Nous passons la barre des 6000km dans un paysage industriel ponctué de pins et de petites chapelles qui me rappelent celles de Bretagne.

Nous avons pour objectif d'aller à emesos qui est un grand port de commerce afin d'y trouver un moyen d'aller en Egypte par voie maritime. La route pour s'y rendre est jalonnée de petites montées, nous sommes sur une nationale mais il y a peu de trafic en parallèle a été construite une belle autoroute. Ce qui est le plus difficile c'est la chaleur, nous sommes entièrement trempés rapidement et heureux quand le.vent vient rafraîchir notre sueur.

Nous traversons l'île dans sa largeur et revoyons enfin la mer cependant nous ne la verrons que de loin, et il nous faudra attendre l'arrivée dans la ville pour pouvoir rouler sur une piste cyclable en bordure de plage. Mais cette piste ne durera pas car il n'y a plus de plage car de grands immeubles et complexes touristiques ont été construits au plus près de la plage. C'est d'ailleurs près d'un de ces endroits que dejeunerons juste devant une plage privée entre deux jetées en pierre.
 
Puis passage à l'officie du tourisme qui nous indiquera que le plus proche camping se trouve à 30km d'où nous venons et la direction de l'entrée du port. La personne de l'office passera un coup de téléphone à Salamis Cruise pour savoir s'il y a un moyen de traverser la méditerranée mais la réponse est négative. Nous décidons d'aller aux douanes mais là encore la réponse est aucun bateau ne quitte Chypre pour l'Egypte. J'interpelle une personne de chez Salamis Cruise qui nous dit de tenter chez MSC et Amanda navigation. Nous repartons vers le centre pour trouver leurs sièges, coup de bol au moment où nous demandons notre chemin, nous tombons chez quelqu'un de chez.Amanda qui nous indique une marche à suivre pour parler aux capitaines des navires, seuls maîtres à bord. Direction à nouveau le port, où à l'entrée nous ne sommes pas autorisés à rentrer, ni à consulter la liste des cargos en partance pour l'Egypte. Demi tour direction Amanda, je retrouve la personne qui est surpris du retour que nous avons eu de l'entrée du port et prend les choses en main. Le 1er nov il y a un bateau qui quitte Chypre, il demandera au capitaine et nous tiendra au courant.

Du coup, nous ne savons pas quoi faire car nous ne savons pas si la réponse sera positive et le coût. Nous décidons de repartir vers le camping pour pouvoir prendre une douche et faire une lessive mais il fait déjà nuit.
Nous demandons à un centre nautique si nous pouvons nous doucher, oui c'est possible et même de dormir sur la plage. Par contre, alors que nous faisons le rechaud sur la plage, arrive le proprio du bar de la plage qui n'est pas d'accord pour le feu et n'est pas au courant que nous dormons sur "sa" plage. Après discutions et avoir montré que nous ne faisions que la cuisine, nous pourrons dormir au fond près des terrains de volley où nous avions anticipés l'eteindage de nos fringues.

mardi 12 novembre 2013

Retour en UE

Le 28/10/13 à Latsia
Jour 74 - Etape 66 - 49 km

Le passage des vélos se fait sans problème. Alors que nous attendons avec les autres passagers de passer le contrôle des bagages avec un portic, on nous demande de passer les derniers. Nous en profitons pour aider 2 vieux couples à déplacer leurs multiples sacs (noix, orangers, etc..), puis alors qu'il n'y a plus grand monde, on nous fait passer à côté des détecteurs, en blaguant sur le fait qu'on ne transporte pas de bombes. On vérifie une énième fois que l'on ne s'est pas trompé de ferry, il y en a 3 qui partent en même temps, nous mettons nos vélos chargés au fond à côté d'un tas de bagages énorme des autres passagers (pas de limites de poids dans les ferry). Une fois sur le pont, toutes les parties communes sont déjà occupées et du coup nous montons au 2ième pont où se trouvent quelques tables et bancs, ils feront très bien l'affaire pour dormir, mise en place du matelas et utilisation du sac de couchage car il y a un fort vent. Puis il suffit de se laisser bercer par le ronron. 

Bon cela fait un moment que cela ronronne et toujours pas partis. Il s'avérera que nous avons au moins 4h de retard. Du coup, nous pouvons voir notre arrivée à Chypre, dis donc ça à l'air de grimper, c'est pas un atol. Quelques poissons volants nous ouvrent le passage à l'arrivée au port. On n'est pas encore arrivée que tout le monde est au taquet, de notre côté nous essayons d'atteindre les vélos mais c'est trop risqué au milieu des camions moteur déjà allumé. Voilà ça se dégage, on récupère les vélos, on descend et on apprend qu'il nous faut un visa, pas de souci, gratuit et rapide mais j'ai pas encore compris le statut de ce bout d'ile. Et là, nouvelle aventure, à Chypre, on roule à gauche, même les vélos, du coup nous ferons quelques kilomètres pour aller nous poser près d'une petite crique prisée des touristes, petit bain de pied dans cette eau turquoise. On reprend par l'ascension d'une grosse côte en 2x2 sous 28° car il nous faut passer par Nicosie qui sépare la partie turque de celle chipriote. Nous y laissons nos dernières livres turques.
Dans Nicosie, nous cherchons à passer dans la partie grecophile, bizarre une frontière en plein milieu d'une ville, et nous revoici dans l'union européenne. Et mis à part rouler à gauche, cela nous semble étrange de revoir les mêmes enseignes de magasin, les gens habillés à l'européenne, des églises et euros. Par contre, il est 17h et le jour se couche. Nous roulons de nuit et trouvons un terrain désaffecté en face du musée d'histoire naturel, pourtant nous avons fait pas mal de route pour sortir de la ville et trouver de la campagne mais cela n'a pas suffit.

lundi 11 novembre 2013

Güle Güle

Le 27/10/13 à Tusucu
Jour 73 - Etape 66 - 84 km

Ça y est maintenant que nous avons retrouvé la chaleur, nous avons aussi retrouvé nos amis les moustiques et ceux ci ont passé la nuit à essayer de nous piquer le visage. Il y a aussi eu le passage de personnes près de.notre "campement" mais nous n'avons pas été embêtés. Par contre dès que l'aube est arrivé, sont apparus les pêcheurs de bord de mer et les joggeurs et marcheurs. Nous prenons notre petit dej en face de la mer en regardant 2 pêcheurs ramenés des sardines et nous avons pu voir un petit cetacé sauter au loin.


Puis nous partons rapidement car nous avons de la route entre 80 et 100km, un arrêt à la boulangerie pour avoir du pain frais et nous nous apercevons que nous avons changé d'heure, comme en france, nous avons reculé d'une heure. Ce qui veut dire qu'il est 8h30 et que.nous avons déjà fait 30km, du coup nous sommes plus serein par contre ça tape, il fait 26°. Les stands d'agrumes fleurissent sur les bords de la 2x2 voies, nous en profitons pour en acheter un peu mais le peu turque c'est 5km et la.cagette est bien rempli.


Puis alors que nous cherchons de l'ombre pour manger, nous nous arrêtons dans un petit marché pour acheter des fruits frais dont des kaki (drôle de fruit velouté) et des poires. Un coin ombragé entre une mosquée, un canal et sous un eucalyptus, nous permettra de déguster tout cela. Puis direction le port de tasucu, où nous devons prendre le ferry, nous arrivons au terminal et petite angoisse, nos billets ne sont que des réservations, Nous devons aller les retirer 2 km dans le centre et y ferons de l'internet à la recherche du trajet chypre égypte puis kebab et course.

 Le ferry part à 23h59 et nous pensons pouvoir y accorder avant afin de dormir, nous n'avons plus l'habitude de nous coucher si tard. Mais nous nous retrouvons dans la "cafétéria", entre les camions qui accèdent au ferry, les odeurs de viandes grillées et les passagers prêts à embarquer. Cela a de faux airs de faux "sangate" avec les barbelés qui nous entourent. La nuit va être courte et nos vélos vont prendre une énième fois le bateau. Nous quittons la turquie et sa gentillesse après un mois de voyage. Le thé et son goût sucré resteront dans ma mémoire, comme la gentillesse de ces habitants toujours heureux de nous rendre service. Je me souviendrai de ces ascensions prêt des monts enneigés et des froides soirées.





dimanche 10 novembre 2013

La mer qu'on voit dancer

Le 26/10/13 à avultepe
Jour 72 - Etape 65 - 111 km


Au cours de la nuit, il semble qu'il y ait eu un réchauffement car j'ai du réouvrir mon sac de couchage et sortir les bras. Il faut dire qu'à deux dans cette petite tente, on a vite chaud. Par contre le vent s'est mis à souffler fortement et au levé c'est lui qui nous refroidi en attendant que le soleil passe les crêtes. En face de nous, un mont chauve doit être recouvert de neige en hiver, car après notre départ, nous passons un col à 1370m. À ce stade, nous commençons une longue descente vers la mer dans un paysage méditerranéen ressemblant de plus en plus à la provence. D'abord des pins, puis nous retrouvons les figuiers, les vignes puis quelques cactus. 

Nous nous arrêtons dans une çairie, juste à côté, un petit shop a un ordinateur ancestral d'où nous consultons nos mails, toujours pas de solution pour aller en Egypte. Nous décidons quand même d'aller jusqu'à Mersin des fois que nous trouvions un cargo et surtout pourquoi ne pas passer par Chypre? Nous faisons route vers Tarsus maintenant nous voyons des citronniers, des orangers et des grenadiers, nous ferons un stop rapide pour déjeuner dans un resto puis 25km de 2x2 voies pour atteindre Mersin. De gros camions et des dolmus nous crachent leurs fumées d'échappement, il fait 25° et une couche jaune de polution est visible au loin. J'ai soiffe et il est difficile de s'arrêter dans ces conditions là, heureusement un feu rouge salvateur me permettra d'étancher ma soif et d'avaler toute cette poussière.
 
À Mersin, nous trouvons rapidement un vendeur de tickets pour ferry mais rien pour l'Egypte, ce sera donc Chypre qui nous rapprochera mais nous devons partir de Tasucu à 100km pour gagner une journée avant le départ et 4h de traversée. Une réflexion dans un café avec 2 thés et un jus de carottes pourpre, piment, ail et farine de burgourl (vraiment utile pour les lendemains de gueule de bois, car c'est pas bon, le jus de choucroute est meilleur) pour nous décider à faire 100km de plus sous la chaleur pour aller à Tacusu.

Nous décidons de partir de suite, afin de diminuer la distance du lendemain et nous empruntons le front de mer, pas de plage en vue, seulement de grosses barres d'immeubles à perte de vue.
La nuit tombe et toujours pas de campagne, nous trouvons quand même un petit chemin adjacent à la mer. Pour l'instant, nous mangeons et mettrons la bâche dans un taillis quand il fera noir et que les gens arreteront de se balader. Au loin la côte n'est qu'une succession de lumière.

vendredi 8 novembre 2013

Ca commence à descendre

Le 25/10/13 à Akcatekir
Jour 71 - Etape 64 - 80 km
 

Ce matin, peu après l'appel du muezzin, nous sommes réveillés par le concert que donnent les ouvriers avec leurs marteaux accompagnés par un petit oiseau posé sur le muret en parpaing qui entoure la maison.

Le jour est juste levé et on distingue à peine la barrière de montagnes derrière l'immeuble en construction sur lequel les ouvriers s'agitent. Nous n'attendons pas que le jour se lève, nous remballons la bâche et nos affaires et filons à l'anglaise. Nous prendrons le petit dej 1 km plus loin, au soleil levant, il faut dire qu'il fait 1° et qu'il y a encore du givre sur les parebrises des voitures.
Petit dej au soleil, confiture de rose, simuli de nutela, miel de pin, arrosé de thé avec vu sur les montagnes, c'est magique et cela nous donne des forces pour attaquer la descente.


Mais peu de temps après nous nous arrêtons au centre de Camardi car c'est jour de marché. Nous faisons des achats de légumes et raisins secs qui abondent. Les hommes se baladent presque tous avec un pantalon traditionnel très ample entre les cuisses.

 À un stand de raisins secs, nous avons le droit de goûter à un plat de tripes avec (?) sur du pain accompagné de thé préparé par la maman, à 10h ça fait son effet.


Nous repartons et tout roule, soleil, descente et nous stoppons à Kamish pour une pause thé, Stephen décide de s'acheter un de ces fameux pantalon, le vendeur arrivera à lui trouver sa taille. Pendant ce temps là, le vendeur de çai amène son vélo pour un petit checkup, tout cela entouré de multiples yeux. Cela va quand même durer plus de 2 heures, nous devons changer le derailleur avec un d'occasion, dégoté chez un vendeur du coin, changement de câble, coups de marteau, forçage avec la pince. Nous ferons le maximum avec les moyens mis à notre disposition, au moins quelques vitesses peuvent passer et nous ne voulons pas empirer les choses. Le cafetier est content et nous offrira le repas et les thés. Nous repartons et cela descend bien si bien qu'à un moment on est obligé de regrimper de 500m environ. Petite pause pâtisserie (même si on a pas fait de gros efforts dans la journée), on nous offre le thé.
Puis nous trouvons hors du village, un chemin qui nous mène dans les pins sans être vus, par contre difficile d'avoir un espace plan du coup on est obligé d'enlever pierres, pommes de pin et bois.
Pas loin de nous, il doit y avoir un berger car nous entendons les cloches de ces bêtes, nous sommes à 1280m et il ne fait toujours pas chaud alors que nous sommes à moins de 100m de la mer.

Point culminant

Le 24/10/13 à Camardi
Jour 70 - Etape 63 - 87 km

Le coucher a été un peu speed hier soir car une voiture s'est arrêtée pas très loin de l'entrée du site où nous étions et a stationnée un moment, du coup nous avons fait le noir total, histoire de ne pas se faire repérer. J'imagine des lueurs rouges et blanches dans des cavités troglodytes. En pleine nuit, la lune a éclairé le canyon et l'on pouvait voir les parois et les formes des concretions alentours. Et ce matin c'est le soleil qui rentre peu à peu dans le logis. À une dizaine de mètre de hauteur, une petite salle avec ce qui ressemble à 2 couchettes, une étagère et un foyer central, toutes les parois sont recouvertes de suie. À côté dans l'église, simple cavité sombre de 10m2 avec des piliers, il est encore possible de voir des fresques bibliques au plafond.




Nous prenons la route, et première épreuve, une grimpette à pied, à pousser le vélo, sur une route en lasset, mal pavée, 200m d'altitude en 1km même le gps ne s'incrémente pas, tellement nous n'avançons pas assez rapidement.
Plateau à nouveau, plateau où les hommes sèment encore à la main et où nous sommes au paradis de la pomme de terre. Des groupes travailleurs saisonniers se forment pour les ramasser, les mettant ensuite dans des sacs blancs posés à la verticale, de loin on pourrait croire à des pierres tombales. Sur ce plateau, nous avons à notre gauche et à notre droite, des remparts enneigés, nous bifurquons et nous nous dirigeons droit vers la muraille de l'est. Alors que nous faisons tranquillement notre pause déjeuner, nous sommes rejoins par un petit papi, chapeau et barbe, qui nous persuade de le suivre pour aller voir quelque chose de taillée dans les rochers. Il fait même un croquis sur mon calepin ressemblant à un visage de femme de profil.

Pourquoi pas aller voir? Sur ce, arrive discrètement un gars sur sa moto, ils partent tous les 2 et nous suivons la fine équipe avec nos bicyclettes et nos sandwichs en main. Arrivés sur le lieu, le pépé nous designe un truc dans un bloc de pierre, nous ne reconnaissons rien et son compère d'attendre plus loin. Le pépé s'en va et l'autre gars de venir nous demander de l'argent, à ce que nous comprenons, pour ce que l'on vient de voir. Il restera 10min à tourner, pendant que nous reprenons notre repas, ça sent l'embrouille mais il finira par partir.
Nous reprenons la route direction le col à 1720m, avant cette effort, nous nous voyons offrir un thé par un groupe d'homme tout étonné de nous voir là. La pause est rapide car nous ne savons pas ce qui nous attends.
Enfin de compte, la montée sera très progressive, moins difficile que celle de ce matin et nous atteindrons notre but avant la tombée de la nuit. La descente se fait à grande vitesse, et il s'en est failli de peu que je batte à nouveau le record de vitesse, tout ça, au milieu des vergers de pommiers. Une pomme différente pour chaque versant.
Sur notre gauche, nous avons droit de "toucher" les montagnes enneigées qui tombent à pic dans la vallée, parfois des failles se forment entre 2 de ces gigantesques monts comme des cicatrices. Pour couronner le tout, nous avons un coucher de soleil royal, dommage qui soit dans notre dos. Nous arrivons un peu juste à |Camardi pour faire quelques courses et nous décidons de demander l'hospitalité à des ouvriers en bâtiment parqués dans de grandes tentes mais visiblement, ils nous font comprendre qu'il vaut mieux aller à l'hôtel. Nous sommes un peu déçu, du coup, nous squattons le sous sol d'une maison à moitié en construction, à moitié en vente juste devant le chantier des ouvriers. Cela ne fait pas rêver mais au moins nous n'aurons pas de vent glaciale et auront un petit matelas de sable et graviers pour nous allonger.

jeudi 7 novembre 2013

Monts et vallées

Le 23/10/13 à Soglani
Jour 69 - Etape 62 - 59 km
 


Toujours réveillé au son des cracheurs de feu, aujourd'hui nous quittons la cappadoce pour rejoindre le sud. Petit dej buffet à volonté à l'hôtel, préparation des sacoches et nous partons, il est 11h15. Un passage éclair à une location de vélo, kad, scooter pour faire regonfler mon pneu arrière dont la répartition a tenu.





Nous commençons par remonter vers Urgup d'où nous sortons du triangle de la cappadoce. Nous suivons une vallée avec d'un côté une falaise abrupte et de l'autre une rivière. Nous sommes pris en tenaille entre cette falaise dont la frange est alignée telles des incisives et sur notre droite, des cheminées aiguisées comme des canines.
Cette route nous fait monter régulièrement, souvent en précisant 5% mais cela ne doit pas être les mêmes 5% qu'en France car cela monte rude et nous grimpons 2 km pour atteindre les 1500km et arriver sur un nouveau plateau.
De là, nous pouvons admirer l'Erciyes, majestueux pic neigé qui culmine à 3917 ainsi que la chaîne de l'Ala, ces paysages sont ceux que j'avais imaginés lors de la préparation de ce voyage.


 
Ensuite comme nous sommes montés, il faut bien redescendre et là c'est du 10%, d'où un nouveau record de vitesse à 79,58 km/h.


Nous arrivons dans une vallée, ayant à peu près la même physionomie que la précédente, seule différence, il semble qu'un lichen donne une couleur verte au haut du plateau. Nous sommes stupéfait de constater que des vallées, comme celle ci, sont cachées quand nous sommes sur le plateau et que la vie humaine y est florissante.
Nous obliquons vers le sud ouest par la vallée de Soglanli qui est plus étroite que les précédentes, nous sommes à la recherche d'une habitation troglodyte pour y passer la nuit. Nous la trouverons près d'une ancienne église, pour y accéder nous devons pousser nos machines sur une quinzaine de mètres sur une bonne pente.
Nous voilà prêt pour une nuit ayant 5000ans d'histoire. Est ce toute cette excitation ou le fait de partir vers le sud mais il fait déjà moins froid.

Cappadoce


Il fait presque jour et chaque matin, je suis réveillé par un souffle rauque, c'est celui d'une ou plusieurs montgolfière, qui passent au dessus de l'hôtel. De la fenêtre je peux voir le ballet d'une vingtaine d'entre elles qui montent et qui descendent pour profiter du levé de soleil sur les vallées.

Nous, pendant ce temps, profitons du petit dej au soleil avec une vue sur le rocher de soleil de Uchisar. Ma première matinée est réservée au nettoyage et à la réparation de mon fidèle destrier, cela lui fait du bien après 5600km, nettoyage de la caissette, plateaux, chaînes, changement des câbles des derailleurs avant et arrière (ce qui me permet de retrouver l'ensemble de mes pignons, les 2 plus grands me manquaient pour les montées) et ne plus avoir de frottements. La vidange totale fait que je termine à 14h.
 
Nous prenons le repas sur la terrasse de l'hôtel, le contraste est saisissant entre la gelée du matin et la chaleur du midi. Ensuite nous filons à pied pour une balade dans la vallée rouge et rose. Pour accéder aux sites, nous passons par des passages creusés par l'eau des roches blanches. Nous grimpons sur le versant d'une falaise d'où nous pouvons admirer le dédale que font toutes ces formes arrondies et voluptueuses, de couleurs jaunes, roses, rouges et blanches. Au milieu de ce labyrinthe, des vignes et des arbres fruitiers rajoutent une touche de couleurs d'automne. Sur les vignes, nous grapilllons quelques raisons séchés au soleil, un délice. Nous crapahutons en suivant un petit chemin, nous ne croiserons pratiquement personne, j'imagine mal le nombre de touriste qu'il doit y avoir à la pleine saison. Nous redescendons de cette roche fiable pour admirer le coucher du soleil.
Le jour suivant j'enfourche mon vélo pour faire le tour du triangle que forme la capadocce (Uchisar - Urgup - Avanos), je sors de la grande route pour monter à un petit village de vignerons, en passant par des vignes qui poussent sur une terre rouge et grasse. Dans le village, je me fais offrir le thé par Usel, un turque bruxellois, il reviendra m'apporter des grappes de raisins bien murs de sa maison.

Ensuite je redescend vers la vallée, au village de Cokek, les femmes extraient les graines de courges qui secheront ensuite au soleil à côté de grains de raisins. Ce qui est bizarre c'est que le reste du fruit est jeté sur les bords de route, pas même données aux bêtes. Dans ce même village, la falaise regorge de vieux pigeonniers.
Puis je redescend vers Avanos (oui redescendre car c'est le point le plus bas du triangle) où coule une rivière assez large entre 50 et 100m avec oies et canards. Il fait chaud et les promenades en bordure de rivière et dans le parc sont prisées par le couples d'amoureux, ou parfois assis sur un banc.
De mon côté, alors que je me balade dans le parc, une famille m'invite à boire le thé et à manger sudjuk et fromage. Une des vieilles femmes me proposera de me marier avec 2 de ces filles, je refuse gentiment, il faut avoir les moyens pour 2 femmes de plus mon coeur est déjà pris.
Le soleil baisse, je continue mon tour dans le triangle et reviens à mon point de départ pour le coucher, et là, arrive ce qui devait bien arriver un jour, après 7500km de collaboration avec Azimut (mon vélo), je crève de la roue arrière, un éclat de verre blanc de 3mm qui a bien attaqué le pneu.
La journée se terminera par un peu de mécanique comme au début de ce séjour.
J'étais déjà venu admirer ces paysages magnifiques, ces 2 jours m'ont permis d'en avoir un autre aperçu. Je penses que venir faire de la randonnée en vélo ou à pied pendant plus d'une semaine permettrait de découvrir des endroits cachés.

mercredi 6 novembre 2013

La cappadoce en vue

Le 20/10/13 à Cavusin
Jour 66 - Etape 61 - 56 km

La tente a été éclairée toute la nuit par la pleine lune et ce matin au thermomètre de mon compteur qui est glissé dans le vide poche de la tente, il fait -2° mais ça va je n'ai pas froid, serrés comme on est. Confirmation à l'extérieure de la tente, en sortant vers 7h, la tente est givrée et les bouteilles d'eau gelées.

Par contre, le soleil se lève pas longtemps après et tout de suite, l'air se réchauffe, bon j'ai mon collant, mes chaussettes, ma polaire, mon coupe vent et mon chech. Ce temps cristallin nous permet d'observer le mont Hasan Daji avec sa calotte de neige. Au loin, nous entendons résonner les cloches d'un troupeau de chèvres et de.moutons et nous voyons débarquer le berger avec son âne et son arme. Un fusil ou une carabine nous n'arrivons pas à comprendre à quoi cela peut bien lui servir puisqu'il a déjà un chien. Une fois partis, nous restons sur notre petit chemin de caillou. Sur une petite colline, nous observons des pièces troglodytes, nous pourrions y descendre mais l'accès n'est pas aisé, nous prolongeons et nous tombons sur des ouvriers paysans plutôt ouvrières qui ramassent des pommes de terre. En voyant Stephen sortir son appareil, toutes s'arrêtent de bosser et veulent se faire prendre en photo.
Mais nous continuons et récupérons la 2x2 voie qui nous mènera à Neveshir, nous avons un peu froid, le grand soleil de ce matin a laissé place à une couverture nuageuse et à un vent de nord-est. Après avoir fait quelques courses nous cherchons un café à thé pour manger au chaud, nous le trouvons peu après et nous voilà avec une theiere de 2L à boire pendant le repas.
Avec tout ce thé, la reprise est facile surtout avec seulement 12km à faire pour arriver au coeur de la cappadoce.
Nous voilà à Ushishar, porte d'entrée de paysage magnifique malgré le fait que le ciel soit voilé. Dans la descente qui nous mène à Goreme, nous croisons Max un cyclo hollandais, à la recherche d'un endroit chaud pour dormir. Nous trouverons notre bonheur dans un petit hôtel après 3 approches, dans la ville de Cavusin. Nous mangeons tous les 3, le propriétaire de l'hôtel a bien voulu, nous laisser la cuisine. Nous finirons la soirée en étudiant nos différentes cartes et en prévoyant nos balades du lendemain.




Détour et des tours

Le 19/10/13 à Gulpinar
Jour 65 - Etape 60 - 68 km
 
Levé à 6h avec le champs du muezzin, on ne pouvait pas le manquer puisque le minaret est à 100m, enceintes orientées vers nous et qu'ils n'ont pas lésines sur le volume, mais bon cela ne nous dérange pas plus que ça de me lever tôt puisque qu'on s'est couché à 21h en mode pas de bruit. Par contre il fait encore nuit, du coup je retranscris mon carnet sur mon téléphone à la lueur rouge de ma frontale. J'essaye de ne pas faire de bruit tant que la tente est toujours posée.

Une fois Stephen levé, nous replions la tente, plus question d'être discret, on fait même chauffer de l'eau au réchaud pendant que je vais chercher du pain frais pour le petit dej.
 
Ensuite, pour notre départ, nous voulons éviter la ville d'askaray, mais ce sera peine perdu, impossible de trouver quelqu'un qui connaisse le petit chemin indiqué sur la carte, nous tenterons même de couper au travers de l'université mais les gardes nous font comprendre que c'est impossible. Retour sur la 2x2 voie et passage dans Askaray. Du coup, nous tentons de récupérer une route qui nous fait éviter la 2x2 voie vers la Cappadoce que tout le monde veut nous faire prendre, mais là aussi nous avons demandé à au moins 10 personnes et toujours un avis et des chemins différents. Nous finirons par trouver par nous même, "au flair" et là nous passons un nouvel échelon du plateau, 1200m, une ascension "sympa", pas de % au début c'est dommage. Sur la fin, la pluie s'invite en plus et heureusement que nous trouvons un abri, une bâtisse abandonnée et délabrée et avec des amas de poissons déposés devant, une vague odeur de port hante les lieux. Lors de cette montée, nous pourrons admirer des collines de terre rouge parsemées de touffes d'herbes jaunes et de peupliers.
 
Une fois en haut, protégé, nous attendons la fin de la pluie, les nuages et l'averse passent au dessus du bloc de roques devant nous, nous y distinguons un troupeau et son berger.
À partir du village de Gulagac, nous apercevons dans la falaise, des habitations troglodytes, nous jouerons encore au chat et à la souris, en nous réfugiant dans un cyber, pour éviter un grain. En appelant le warmshower (n'ayant pas de réponse), j'apprendrai qu'il ne peut pas nous recevoir, encore une déception avec ce réseau social.

Nous terminerons la journée en faisant un énième détour, toujours en suivant les conseils de certains habitants qui ne savent pas comment aller aux bleds qui sont à 5km aux environs de chez eux.
Pour finir, nous planterons la tente à la va vite car 3 gouttes d'eau, nous font craindre une nouvelle saussée, le tout sur un champs fauché d'on ne sait quelle céréale. Nous devons enlever des pierres de types volcanique qui inondent le champs et les remplacer par de la paille.
Avant de nous coucher, la pleine lune fait son apparition, le ciel devient clair et la température chute fortement à 3,7°.