samedi 2 novembre 2013

sud profond

Ca y est, je suis arrive a Johannesburg apres 2 jours entre avions et aeroports. J'ai jamais passe autant de temps dans des supermarches de pseudo-luxe ni mange autant de plateaux-repas.
Un mot sur ces plateaux repas qu'on nous sert a bord, comme disait Coluche, c'est un vrai plat de pauvre, y'en a plus a la fin qu'au debut, du plastique par ci, du plastoc par-la. Sans compter l'espace pour manger, un peu moins que dans une cabine telephonique a deux, pour ceux qui s'en souviennent.
Donc la je suis dans une guest-house pas trop chere a Johannesburg, la Gandhi's GH, entoure de portraits de Mandela et de drapeaux zoulous pour une humeur paire sans le compere.
Donc bien joue Marmoune, il s'agissait bien de l'Afrique du Sud et des Springboks, ce soir je vais dormir un peu, beaucoup pour compenser des zones de transit et demain je crois que je vais reprendre un 2 roues, motorise cette fois pour aller voir la faune sauvage du Nord-est durant 4\5 jours, avant que de prendre un train qui me conduira au Cap.
La partie australe de l'Afrique est pas trop mal fournie en train.
A suivre... 90 jours maxi
Par contre me revoila a la fin du printemps.

vendredi 1 novembre 2013

Invitation à manger

Le 13/10/13 à Toklucak
Jour 60 - Etape 55 - 81 km 




Réveil phantasmagorique sur des dunes de plâtre (?),  entourés de carcasses de camions éventrés et de vieux bâtiments, le sac de couchage et le matelas sont humides, mais dans ce semi désert, il y a de la rosée. Pendant la nuit, j'ai pu entrevoir, dans le ciel étoilé, ce que je pense être la constellation du scorpion, en tout cas, cela en avant la forme. En effet, cette nuit malgré le froid nous avons dormi sur la bâche. Au levé, le soleil était rouge au travers de la brume qui entoure les montagnes, devant 2 petites collines sont chauves juste recouvertes de quelques buissons.

Ce matin, nous avons passé les 5000km de voyage et ni il ne pleuvait, ni il y avait de champs de maïs.
Nous suivons de petites routes voir des chemins à tracteurs qui nous font passer entre des champs de blé fauchés ou brûlés et des terres labourées, alternant le blond et le brun. De temps en temps, nous subissons une attaque de chiens de berger, rien à voir avec les roquets précédents, maintenant ce sont de gros molosses avec des colliers à clous, en plus sur des chemins à moitié poussiereux où le vélo fait des glissade, cela devient un peu stressant surtout que les attaques se font par minimum 2.


Passés cette épreuve, nous demandons notre chemin et un gars dans la remorque du traceur, nous donne 5l d'eau, impossible de refuser à chaque fois les personnes sont heureuses de leur présent.
Nous suivons un petit canal d'irrigation, pas plus large que 2m qui traverse la plaine, en donnant un peu de verdure à ce paysage jauni, peupliers et ajoncs se succèdent.
De notre côté, nous cherchons à acheter du pain, pour le déjeuner, nous traversons plusieurs petits villages avec des maisons en pierre ou en torchi, d'un seul étage avec des toits en tuile, souvent entourés d'un petit mur de pierres écoulées. Les rues ne sont que terre battue et poussières, nos transmissions ne sont pas belles à voir et toujours pas de boulangerie en vue. Dernière tentative, rien pas un magasin en vue et des jeunes qui parlent à peine anglais mais nous indique un market à 2km. Bingo, nous y trouvons du pain et ferons quelques emplettes. Tout de suite, nous sommes entourés de jeunes garçons, les filles sont surement plus studieuses et ne trainent pas dans les rues. Nous attendons un peu car à la boutique, nous avons sorti un billet de 100lt.
 
Une fois prêts à partir, nous nous disons autant manger dans le village même si nous sommes le centre d'intérêt, nous demandons le café ou plutôt où boire un çai. Un homme nous fait comprendre que le café est fermé et qu'il nous faut le suivre. Nous arrivons dans sa maison en pensant qu'il nous offrait le thé, nous sortons notre attirait pour manger mais biensur que nous ne l'utiliserons pas. Nuri (le père) ainsi que Tugse, Nurgul, Rukiye et Guler (mère, fille, tante et cousine) nous accueillent. Nous rentrons dans la pièce principale, déchaussés assis sur des canapés et les femmes amènent un table garnie : beurre et yaourt maison, fromage, olive, confiture,pain et galette, le tout arrosé de thé à volonté.
Nous discutons de tout et de rien, les 2 jeunes filles assurent la traduction, l'une est future avocate et l'autre poursuit ces études à Adana. Nuri est déjà venu en France, ils ont même de la famille à Boson ville. Nous restons plus de 2h, l'ambiance est familiale et empreinte de gentillesse. Nous repartons après quelques photos et quelques pommes dans le panier.

 
Un fois sur la route, au-delà de la plaine quelques mamelons se dessinent, toujours dans cette lumière feutrée, nos vélos et nos pieds sont recouverts de poussière. Nous roulons vers le sud est en demandant notre chemin à chaque village.









Le soleil se couche tôt sur le plateau derrière les montagnes et à 18h30, nous trouvons un champs labouré avec un talus de pierre nous permettant de nous dissimuler un peu de la route. Nous poserons la tente dès qu'il fera plus sombre. À 20h, le repas est terminé, nous avons cuisiné au rechaud à essence car pas un arbre en vue malgré la lumière de la lune, qui nous fait avoir des ombres.

jeudi 31 octobre 2013

Avaries, varient a demi

Et voila, apres 6000 km et des poussieres pedales, 2 couvre-chefs egares sans permission, 2 mitaines droites sautees du bateau avant le velo, une paire de couverts disparue propre, une vis de blocage de rotule du trepied envolee, je quitte mon velo qui lui deplore a peine un rayon casse et une attache-rapide sautee, ainsi qu'Aurelien.
Je m'envole la ou mon t-shirt orange ne portera pas a sourire mais fera se bomber le torse de gentlemen au nez casse, j'abrege le trepas, l'Afrique va etre trop chaude pour pedaler aussi je me resous a y aller en avion. De toutes facons, impossible de quitter cette ile de marins et societes off-shore autrement qu'en avion, que ce soit pour Aurelien, moi ou mon velo, que j'expedie en France avec ses sacoches, je me suis achete ce matin un sac a dos.
Dans quelques heures, un nouveau premier pas : celui de prendre l'aeroplane, suivi d'un deuxieme : franchir l'equateur pour voir le monde d'en bas.

2 fois, bientot 3 ?

Etourdi de la main droite cherche manchot gauche pour echange de mitaines....

Comme sur un plateau

Le 13/10/13 à Mahmudiye
Jour 59 - Etape 54 - 66 km



 Je suis seul dans la tente, le ciel s'éclairci ou en tout cas le jour se lève et il me semble entendre des sangliers près de la fontaine où nous avons été prendre de l'eau. Du coup, je me lève pour aller voir mais mis à part quelques traces, je ne vois aucun animal.


Nous profitons d'avoir du bois et de l'eau à volonté pour prendre une douche chaude, nous faisons bouillir 2l et les mélangeons à de l'eau froide mais du coup nous faisons à moitié fondre une de nos anciennes bouteilles orangina. Mais nous passons tour à tour sous la douche pendant que l'autre sert de porte douche, pas évident pour moi de tenir la bouteille au dessus de la tête de Stephen.


Ensuite nous partons propre pour passer la barre symbolique de 1000m, nous irons même jusqu'à 1020m (nouveau record), ensuite nous nous laissons glisser sur le plateau, nous sommes entourés de montagnes, dans un décor de western mexicain aux couleurs terre et paille. La route est tracée à la règle, le plus droit possible.


De proche en proche, nous croisons plusieurs tracteurs labourant les champs de blé suivis de leurs panaches de poussière, parfois sur les champs se forment de petites tornades de poussières.

Nous passons par Alpu où je fais aiguiser mon couteau au milieu d'un marché à moutons, nous faisons quelques courses puis partons à la recherche d'un arbre où nous mettre à l'ombre mais ils ne sont pas légions.


La pause terminée, nous récupérons une large 2x2 voies, roulant sur la bande d'arrêt d'urgence. Nous nous y arrêtons pour acheter un melon, la vendeuse nous en découpera un autre que nous mangerons directement, ils ne valent pas nos charentais mais désaltèrent. Nous ferons un arrêt internet à Mahmudiye toujours entourés d'enfants adicts aux jeux en ligne.

La nuit tombe vite et après avoir récupérés de l'eau dans un hippodrome, nous nous poserons dans une casse à camions, isolée sur une bute. Nous mangerons dans un bâtiment sans toit, un vent froid s'est remis à souffler, les courants d'air de cette ruine ne nous réchauffent pas. Le ciel est clair et la lune nous permet de ne pas utiliser nos lampes.

mercredi 30 octobre 2013

Emotions turques

Le 12/10/13 à un col 
Jour 58 - Etape 53 - 67 km




Levés au son du premier appel à la prière du muezzin, il fait encore nuit, pourquoi si tôt? Car nous savons que la journée va être ponctuée d'ascension donc en partant tôt' nous espérons éviter les grosses chaleurs de la journée d'hier, quitte à faire la sieste.
Le levé de soleil sur le pic rocailleux est superbe, un léger voile nuageux fait s'embraser les montagnes derrière lui, des traînées nuageuses ressemblent à une pluie rouge. Un cirque de montagnes entoure la petite rivière. Nous prenons notre petit dej, dans les herbes hautes, en admirant le spectacle, il est déjà 8h. Pour rejoindre la route, nous devons d'abord descendre de notre perchoir via un petit chemin fait d'épines de pins et de terre rouge meuble, nous marchons près de nos vélos, les mains sur les freins.
Une fois sur la route, nos 20 premiers kilomètres, nous permettent de nous rapprocher de ce pic édenté et d'en faire le tour. Nous obliquons ensuite vers la ville de Lacin où à l'entrée, nous croisons un troupeau de chèvres à long poils surement mohair. Dans le village, nous décidons de nous arrêter boire le thé au soleil afin de demander notre chemin. Plusieurs personnes s'attroupent autour de notre table, on nous offre le thé, Oguz sert d'interprète avant de nous inviter à une cérémonie en mémoire de son père décédé 40 jours plutôt. Cette cérémonie consiste en une prière à la mosquée puis d'un repas. Il est seulement 10h et au départ nous restons attablés à siroter nos thés et de l'eau minérale goût poire (spécialités du village), nous questionnons Oguz sur le village, les traditions turques, sa vie, il est architecte dans la grande ville de Eskisehir, puis débute la prière et nous demandons si nous pouvons y assister, il n'y a aucun problème. Nous rentrons dans la mosquée par l'entrée des hommes, une fois à l'intérieur et après avoir enlevés nos chaussures (je ne sais si c'était une bonne idée pour leurs nez), nous nous asseyons dans la première partie adossés au mur. En face de nous, un demi cercle de prieurs agenouillés, dans leurs dos une mosaïque bleu en forme de porte avec une alcove. Les prieurs, tour à tour, spalmodient des versets du coran. Nous y restons 1h et peu à peu la mosquée se remplit de fidèles, 2 prieurs se lèvent et viennent nous souhaiter la bienvenue. La cérémonie se termine vers 13h, à ce moment tous les participants se retrouvent dans le jardin de la mosquée pour un repas offert par la famille. Nous sommes attablés à côté d'un homme ayant vécu en Allemagne et du beau frère d'Oguz, contrôleur aérien à Ankara et qui parle très bien anglais. Encore à ce moment là, on vient nous saluer, nous serrer la main et nous souhaiter la bienvenue. Les gens sont très gentils, contents que nous nous soyons arrêter dans leur village et d'avoir assistés à la cérémonie. Ils veulent que nous mangions à volonté et certains viennent nous questionner.
 
Mais il nous faut repartir, nous n'avons fait que 30km et il est 14h30, une petite photo et nous repartons heureux de toute cette bienveillance. La route continue à suivre la rivière mais nous montons un peu, les pins remplacent les grenadiers et leurs odeurs me rappellent les vacances dans les landes.

Sur les montagnes, nous avons le droit à une vraie palette de peintre, ocre, jaune, gris et même vert, nous obliquons vers le sud sur une route en caillou qui longe un lac. Nous nous arrêtons prendre de l'eau à une fontaine et direct un paysan nous donnera des pommes, toujours en nous souhaitant la bienvenu en turque, un jeune gamin nous double sur sa mobylette et nous fait comprendre qu'il faut que nous le suivions pour manger mais nous déclinons gentiment son invitation. Puis les choses sérieuses commencent, nous ferons une ascension de 216m vers 898m pendant 2h, sur une route asphaltée, seuls, sans voitures au milieu des sapins. Nous apercevons à la tombée de la nuit ce qui ressemble à un gros félin. Nous posons la bâche et la tente près de la route, dans un endroit protégé et plat en face d'une fontaine. Tout est calme dans ces sommets, nous entendons seulement le cri d'un hibou.

dimanche 27 octobre 2013

Les montagnes turques

Le 11/10/13 à Mihalgazi
Jour 57 - Etape 52 - 76 km


 Nous nous levons de notre petite plateforme tenue sur cette colline quand le soleil commence à pointer son nez en haut de celle-ci. Il est 7h15 en bas derrière notre rideau figuier/pommier/ronces, nous voyons les enfants partir pour l'école et des personnes attendre le minibus.

La tente est sèche et n'a même pas de buée, le temps est sec et chaud, cela nous change vraiment d'il y a une semaine, c'est normal nous sommes en Asie et descendons vers le sud.
C'est le départ pour 5km de descente vers Bilecik où Stephen achète des pâtisseries et renvoie son matelas défectueux. Allez, nouveau départ et nous commençons par descendre, c'est toujours désespérant quand on sait que l'on va devoir monter. Dans une des ascensions nous croisons 2 cyclos letons qui font Istanbul, la capadocce en 3 semaines, ils viennent de partit et non pas encore notre rythme. Dès que nous avons des points de vues, nous pouvons entrevoir des plateaux rocailleux de couleur grise, un jour nous y grimperons mais pour l'instant, c'est les panneaux 10% de côte qui s'alignent.

Nous nous arrêtons déjeuner dans ce qui ressemble à un parc sur une table en bois sous de petits pins, seule chose bizarre, le sol est jonché de détritus divers. Nous n'y resterons pas longtemps, le temps de manger un nouveau type de repas du midi (ça c'est pour les personnes qui suivent attentivement nos aventures culinaires), pain, concentré de tomates, thon et aussi pain féta plus quelques fruits secs.

Avec toute cette énergie, nous entamons une jolie route qui serpente en haut du col avec vu sur la vallée mais cela ne durera pas et au grand désespoir de Stephen, nous chutons de 741m à 191m en 11min de pure descente, j'ai été obligé de freiner le camion devant moi n'allant pas assez vite. À notre tour, d'être dans la vallée et de suivre une petite rivière, rien à voir avec nos fleuves de l'ev6. Nous sommes dans une zone maraichère, vu le nombre de serres plastique qui prolifèrent, on se croirait en Andalousie dixit Stephen. Et chose étrange, je crois qu'ils sont entrain de changer de culture car dans les serres et sur les bords des routes, il y a pleins de tomates viables. Elles sont petites mais nous nous arrêtons en prendre quelques une pour le repas du soir.

La route suit la rivière mais grimpe quand même, un peu de temps en temps, nous faisons le yoyo et cela fatigue. Nous passons par le village de Inhisar qui doit être le centre de la culture de la grenade, il y a des centaines d'hectare de cette arbre aux fruits rouges et il y a des banderoles partout.

Pour finir cette journée fatiguante, nous trouvons de l'eau à une fontaine où des autochtones viennent remplir leurs bouteilles puis grimpons quelques mètres encore pour trouver un peu d'herbes jaunes sur un promotoire, nous donnant une vue à 180° sur la vallée où coule la rivière, un pic rocailleux majestueux en fond de paysage.

Ce soir pas de tente, il fait bon, nous trouvons une mini carrière arbritée du vent et de la vue pour faire mijoter tomates, olives, maïs et sudjuk (saucisse turque). Nous faisons très attention à ne pas mettre le feu à ce maquis.

Il est 20h, au loin un muezzin commence son appel dont l'écho résonne dans les montagnes, plus loin, en canon, un autre appel est en cours. Nous sommes au milieu de gros blocs de calcaire où une demi lune se reflète.

samedi 26 octobre 2013

Tour de lac

Le 10/10/13 à Pelitozu
Jour 56 - Etape 51 - 81 km



 Cette nuit, un chien est passé près de la tente et c'est mis à hurler, surement de peur de nous entendre ronfler par contre ce matin ce sont les oiseaux que nous entendons batifoler sur le lac.

Au levé du soleil, le lac et ses berges sont recouvertes de brume, on ne voit pas la rive opposée. Sur notre rive, des champs d'oliviers s'echelonnent du haut des montagnes au pied du lac Iznik. Parfois aux pieds de ces oliviers quelques petits piments ou tomates sont cultivés.

Aujourd'hui nous allons nous faire un demi tour de lac par la rive sud. Nous débutons par monter dans un petit village où je cherche de vue un compresseur afin de regonfler un peu mon pneu arrière. Et hop, je vois 3 cyclistes s'affairaient autour d'un vélo, je me dis c'est ma chance mais il s'avère que ce sont 3 jeunes qui font le tour du lac et l'une de leurs machines est en mauvaise état, rayon et derailleur cassés et ils essaient d'enlever la chaîne du coup ils me demandent un coup de main. En effet nous avons les outils qu'il faut, je dérive la chaîne, ils l'a raccourcissent, la remontent, plus de derailleur, du bricolage. Nous voilà repartis tous ensemble.

Cependant ce rafistolage ne tiendra pas longtemps et un des maillons cède, le jeune homme en sera quitte pour rentrer chez lui en bus alors que ces copains feront un bout de chemin avec nous.
Nous avons choisi un chemin alternatif à la grosse route et celui-ci n'étant pas indiqué, nous demandons à un groupe de femmes travaillant dans les champs, sous les oliviers de nous indiquer le chemin, et biensur nous ne l'avons jamais trouvé, il faut dire que nous avons encore du mal avec la langue turque. Du coup, nous roulerons sur une départementale pour monter à 585m, d'une route escarpée où nous finirons par faire notre pause déjeuner, sous un soleil de presque été. à côté d'une source où nous rafraîchir. J'en profite pour changer ma chaîne.

Nous repartons et la montée continue mais peu, nous allons avoir une bonne descente à travers un paysage qui ressemble à la provence avec des falaises de roches. Nous n'aurons pas fait 2 km de cette descente que nous apparaît un joli petit village, nous nous arrêtons à un croisement et un homme attablé à un café, nous offre de boire le thé ce que nous acceptons et nous essayons de discuter, nous arrivons à dire d'où nous venons, combien de kilomètres nous avons fait pour arriver jusqu'ici (merci le compteur) et notre destination. Les enfants rentrent de l'école et viennent se mettre à table pour nous regarder. Nous repartons pour 15km de descente pour redescendre à 200m d'altitude. Nous traversons quelques villages, dont un, au moment de l'appel de la prière, c'était vraiment magique, en plus le temps est radieux.

Nous sommes à nouveau dans la vallée, les hommes fauchent le maïs avec leurs tracteurs et les femmes récoltent le piment, agenouillées dans des champs verts, vêtues de larges pantalons bouffants et voiles multicolores. Et nous voilà repartis pour la dernière ascension de 600m d'altitude, premier palier pour le plateau anatolien.  Nous sommes doublés par de nombreux j9 qui, ici servent de minibus intervilles. L'ascension sera longue et fini à la tombée de la nuit. Les temps que nous fassions les courses et prenions de l'eau, il fait noir, nous n'irons pas plus loin. Un chemin vers une colline, nous mènera à un espace plan derrière un figuier où nous avons vu sur les deux minarets de la mosquée, il fait plutôt bon, on se croirait en été.

vendredi 25 octobre 2013

Passage en Asie

Le 09/10/13 à Gurle
Jour 55 - Etape 50 - 49 km



 C'est notre dernière matinée à Istanbul donc levés tôt, 9h et nous profitons de l'auberge pour prendre un bon petit dej, il faut dire, dans mon cas, que hier, je n'ai pas beaucoup mangé, j'étais barbouillé. Ensuite rangement des sacoches,on prend vite ces aises quand on a de la place.

Nous avons décidé de prendre le ferry pour Yalova, ce qui nous permet d'éviter presque 100km d'autoroute pour sortir d'Istanbul, nous avons le choix entre 2 horaires 11h30 et 13h30. Ce sera 13h30 en effet Stephen doit s'acheter un nouveau matelas, l'ancien ne tient plus la charge le temps d'une nuit. Il a donc opté pour un matelas en mousse en accordéon de chez termarest, on verra la nuit s'il en est satisfait. Après avoir fait plusieurs magasins et trouvé le bon, nous prenons une dernière fois le pont galata dans le sens Est Ouest (à l'opposé de la direction de l'Asie, puis la Kennedy caddessi pour rejoindre l'un des nombreux ports embacadvres d'Istanbul juste à temps avant le départ du ferry. Nous posons nos vélos sur le bastingage, la durée de la traversée est de 1h30, nous ne voyons pas où nous allons car l'horizon est couvert par une brume côtière. C'est seulement proche de notre arrivée à Yalova que nous apercevons les montagnes. He oui, notre chemin va commencer par l'ascension du plateau anatolien. Durant cette traversée du Bosphore, nous croiserons de gros cargo qui descendent de la mer noire.

Une fois arrivé, nous constatons que le soleil est voilé comme les montagnes et la vallée, une brume de chaleur?

Pour monter, pas d'autres choix qu'une 2x2 voies, sur laquelle nous croisons des nettoyeurs de catadiopes soit directement sur la bande d'arrêt d'urgence, soit le terre-plein central à moins d'1m du flux des véhicules, nous on roule tranquillement sur la bande d'arrêt d'urgence.

Nous devons obliquer vers l'Est pour suivre la rive sud du lac d'iznik et biensur peu d'indication malgré notre carte. Donc nous demandons conseil aux automobilistes et biensur ne pas suivre leurs conseils car faire des kilomètres en plus cela ne les gênent pas, nous oui. Nous finissons donc pas traverser cette 2x2 voies via un passage piéton et finirons par rejoindre le lac en ayant fait 10km en sus.

Soleil voilé et montagnes, il est temps de trouver un endroit où poser la tente, il est 18h30, premier choix sur une parcelle en friche avec des bateaux sur leurs remorques mais un autochtone nous fait comprendre que plus loin il y a un camping où nous n'allons pas puisque nous trouvons un petit chemin en bord de lac.
C'est à 100m de la route, il y a des chiens qui rodent mais on peut voir les étoiles et les lumières des villes situées sur l'autre rive, assis sur le sable.

jeudi 24 octobre 2013

Istanbul

Que dire de ces 3 jours passés dans cette ville de 15 millions d'habitants, les sentiments sont antagonistes.

D'un côté, le nombre de personnes, de touristes et d'habitants, fait penser à une grosse fourmilière, cela en devient vite oppressant. La Istiklal caddessi sorte de Champs Elysée déborde de monde à tout heure, presque impossible d'y passer en vélo. Cette ville ne dort pas, pas même le dimanche où les ouvriers bitument des rues microscopiques qui font les méandres du nouveau quartier où nous avons pris la nouvelle auberge. 
Oppressante par sa circulation, attention à ne pas mettre un pied sur la rue quand un taxi arrive à plein vitesse, le klaxon résonne de façon continu, le feu n'est pas encore passé au vert, que l'on l'entend déjà. Oppressante par les odeurs qui s'y mélangent, l'odeur de la mer que l'on peut voir et traverser en ferry, ce que j'ai fait pour rejoindre l'autre rive du Bosphore, 3 lt dans une machine, me donne un jeton et ensuite c'est comme dans le métro, on attend que le bateau arrive et en 30min on est sur l'autre rive, côté Asie. Odeur de poisson en passant sur le pont galata qui surplombe la corne d'or et où les pêcheurs s'alignent comme des sardines, leurs cannes plongeant à 6m jusqu'à l'eau pour y attraper des mulets. Odeur de kebab et de nourriture pour tous les goûts à n'importe quelle heure. Parfois tout se mêle et donne une odeur particulière à cette ville.


C'est aussi une ville attirante et comme on parle nourriture et que beaucoup de monde a remarqué que nous aimons bien mangé, la ville regorge de magasins de pâtisseries orientales où le miel coule sur des pyramides de feuilletés aux pistaches, de roulés à la noix et de pleins d'autres choses alléchantes. La rue quant à elle, rivalise d'autres atouts avec la vente de petit pain doré au sésame ou tournesol (on dirait des bagels) tous chaud sortis de la boulangerie, de jus de fruits surtout de la grenade. Des vendeurs de noix et graines déplacent leurs stands à roulettes et fournissent des paquets de toutes tailles.


Attirante par ces dédales de rues dans le bazar où alterne magasins de fringues, de robes de mariée, de foulards, d'acheteurs d'or et où il est agréable de se laisser perdre. Avec ses mosquées et ses églises, ses parcs où il est possible de se reposer après avoir traverser une partie de la ville à pied, j'y ai quand même pris le tramway pour me rappeler Nantes.

Enfin cosmopolite, dans les rues on croise tous les types de nationalités, touristes occidentaux, indiens, asiatiques, arabes. Et aussi de jeunes turques en mini jupes cheveux au vent à côté de femmes totalement couvertes jusqu'aux yeux de leur tunique noire. Les bars "branchouilles" à l'occidental font face aux cafés où les hommes boivent leurs thès en fumant et jouant aux cartes.

Je penses que 3 jours c'est trop peu mais même une semaine ne suffirait pas à faire le tour de cette mégapole qui fait 7 fois la taille de Marseille, d'y voir tous les bâtiments, de se perdre dans les rues et quartiers, de vivre cette vie nocturne débordante.

Lors de ces 3 jours, nous avons prévu le reste de notre itinéraire et mauvaise nouvelle, la ligne ferry entre Iskenderun et Port said a été suspendu, pour raison économique, depuis juillet, nous ne désespérons pas de trouver un bateau. Nous avons envoyé quelques mails pour l'instant, nous nous acheminons vers la prise d'un avion après notre visite de la capadocce.