samedi 14 juin 2014

La route aux papillons

29/04/14 à Mahito
Jour 254 - étape 203



Je me lève deux fois dans la nuit pour intervertir les poches à eau mais au matin, l'une d'elles n'est pas pleine, l'eau du filtre est marron et le filtre, lui même, est recouvert de boue et c'est l'eau que boivent les élèves!
Ensuite, 6h, levés, nous nous dépêchons de tout ranger à la lumière naissante puis nous petit déjeunons et voici qu'à 6h45, les premiers élèvent arrivent. Du coup, nous écourtons le petit dej.

À 7h, alors que nous traversons la cour, les écoliers sont rassemblés et entonnent un champs, moment bien choisi pour quitter les liens direction la piste.
La piste n'est pas trop mal mais on a quand même du sable et ce n'est pas le fort d'Amélie, nous y verrons de belles traces d'éléphants et d'autres espèces mais nous ne verrons que de petites antilopes.

Questionnement, faisons nous demi tour? Non,
Ce sentiment de nous lancer dans quelque chose de dur me restera un bon moment. Mais la piste devient super et nous roulons à 19km. Quatre heures à ce rythme, et nous devrions atteindre la frontière rapidement. Mais nous déchantons rapidement, durant au moins une heure, nous poussons nos vélos. Le ciel est d'un bleu superbe, pas un nuage.
À nouveau, ce doute qui revient, nous croisons une ambulance qui nous dit que la piste s améliore, nous ne voyons rien venir. Nous discutons avec Amélie, si rien ne change, demi tour, nous n'allons pas continuer à nous enfoncer.

Mais au moment où nous nous disons cela, la piste s'améliore et du coup, nous continuons et faisons 50km. Nous nous arrêtons en plein milieu de la route, à l'ombre d'acacia et préparons les pâtes du midi, lorsque trois voitures s'arrêtent, une fois des voyageurs suisses et une autre, des sud africains, qui nous offriront des "cold drink" que nous acceptons, pour moi ce sera la première fois que je bois un cidre dans un lieu si paumé.

Depuis ce matin, la piste monte progressivement et légèrement et cela continue cette après midi, l'état de roulage reste le même, progression autour de 12km/h. Sur la piste, des nuées de papillons jaunes et blancs se posent sur la roche apparente et s'envolent à notre passage.

La fin d'après midi sera longue, à la recherche d'un village dont la distance varie selon les personnes questionnées, il est 18h, le soleil se couche, il nous faut nous arrêter. Des vaches semblent rentrer vers leur enclos, nous les suivons et voyons quelques huttes, nous poserons la tente près de l'une d'elles. Journée de 11h.

vendredi 13 juin 2014

Panne d'essence

28/04/14 à Nokaneng
Jour 253 - étape 202
Sable blanc, herbes éparses et acacias, un sentiment de se lever entre les dunes des Landes. Après le petit déjeuner, nous repartons vers la station service de Sehitwa à 2km, mais le camion ne sera là que dans l'après midi ou en soirée. Une des pompistes me demandera pourquoi je n'utilise pas de la paraffine, je questionne pourquoi, vous en avez? Elle me réponds, non! Nous avons régulièrement ce type de dialogue, quand on demande comment est l'état de la piste pour Dobe, on nous réponds, c'est loin à 120km!

Nous prenons la route quand même, nous trouverons bien quelque chose en route, au pire, j'arrêterai un 4x4 de touristes blanc(s) qui à toujours 4 jerricans sur le toit. Nous avançons super bien, le vent est dans notre dos, nous verrons trois autruches, au loin, prendre la fuite. Nous arrivons au village de Tsau où là aussi, personne n'a de combustible, il faut faire 100km pour la prochaine station, sans garantie. Cette fois ci, il est plus facile de trouver de l'eau que du pétrole.

Mais alors que nous faisons des courses, un 4x4 s'arrête et je demanderai à acheter un demi litre (half liter please), vu la faible quantité, le chauffeur accepte, je lui donnerai 10p, ça fait cher le litre mais bon, au moins, nous pourrons cuisiner. Ce que nous ferons 10km plus loin, sous l'ombre d'un arbre (pas sous un acacias, une de nos principales vérifications), notre pâtes/soupe quotidien.

Il nous reste 50km pour arriver à l'intersection vers la frontière namibienne, toujours à bonne allure, toujours des vaches, partout, errantes ou des taureaux aux cornes gigantesques, les véhicules klaxonnent de grands coups pour les éloigner de la chaussée. Sinon quelques oiseaux, toujours les mêmes, des sortes de toucans, de couleurs grises et becs oranges qui volent et planent d'une drôle de façon et des couples d'oiseaux gris et blanc, petits échassiers qui s'envolent en piaillant.

Arrivés à Nokaneng, pas de camping ou de lodge, nous voulions y faire de réserve d'eau, du rechargement électrique et ne pas sortir la tente pour être plus rapide demain. On nous oriente vers l'école, nous sommes toujours acceptés, nous suspendons le filtre, je trouve une classe ouverte avec deux prises qui fonctionnent et Amélie dresse la bâche et moustiquaire sous un préau. Et puis demain arrivée des écoliers à 7h, nous sommes donc sûr de prendre la piste tôt.

jeudi 12 juin 2014

Cowboys et beaux chapeaux


27/04/14 à Sehitwa
Jour 252 - étape 201

  
Nous prenons notre petit dej sur la table en bois et le banc en ferraille dans le jardin du camping en face de la rivière, hier soir nous avons pu entrevoir un hippopotame pendre la fuite après nous avoir vus. Nous profitons du grille pain pour avoir des toasts grillés, il ne manque que le beurre salé.

Nous enpactons les affaires et repartons par où nous sommes arrivés, direction le sud ouest pour faire le tour du delta.  Nous faisons un stop à la gare routière car de nombreuses femmes sont en habits traditionnels, grandes robes bouffantes et drôles de chapeaux mais aucune n'acceptera d'être prise en photo sans rétribution, nous passons donc notre chemin.

Le paysage ne change pas trop, des acacias à gauche et à droite avec parfois du sable, sous ces acacias de l'herbe où broutent vaches, chevaux et ânes. On se croirait dans la petite maison dans la prairie. Quelques cavaliers portent le chapeau de cowboys.

Nous nous arrêtons à Toteng où nous trouvons notre premier endroit pour déjeuner au Botswana, dans une caravane attenante à quelques bâtiments décrépis, deux femmes font de la cuisine sommaire, boeuf cuit à l'eau et riz. Ce n'est pas la meilleure cuisine que j'ai mangée et en plus la pastèque que nous avons acheté en dessert, n'est pas très sucrée. Par contre, nous arrivons à prendre en photo, une de ces femmes en habit traditionnel ainsi que quelques hommes bien chapotés, mais là aussi, il aura fallu bien négocier. D'ailleurs, les enfants sont à nouveau quémandeur, "give me sweet, give me money".

Nous reprenons la route et c'est toujours aussi plate et monotone mais avec beaucoup plus de vent. Sur les bords de route, les acacias se font plus éparses et alternent avec des arbres morts.  Les animaux sont parqués dans des enclos fait de troncs d'arbres et les habitations faites de ciments gris ou glaise et de toit en pailles. Et des vaches partout!  Plus espoir de voir un éléphant.

Des arbres qui ressemblent à des pins, le sable blanc, le bleu du ciel, on s'attendrait à voir la mer mais nous n'aurons même pas la chance de voir le lac proche.

Arrêt à la station service,  pour le remplissage de la bouteille du réchaud mais les cuves sont vides, il faut dire que l'on est dimanche. Moment de panique car après cela plus aucune station avant la Namibie, le camion citerne arrive demain, peut être, nous verrons bien! Nous sortons du village en continuant sur l'intersection vers le nord puis nous enfoncons dans les arbres et le sable (en faisant attention aux acacias) pour trouver un endroit discret où dormir.

mercredi 11 juin 2014

Maun

26/04/14 à Maun


Je me lève tôt pour aller à ce fameux shop de vélo, je ne me fais pas de grandes illusions, parmi tous les pays que j'ai traversé depuis la Turquie et Istanbul, j'ai toujours été déçu, mis à part peut être à Nairobi.
Je me dirige donc vers l'aéroport, puis vers le magasin motovac, de là, on m'oriente vers le magasin de vélo. Au premiers abords, de beaux spécimens de vélos sont exposés, plutôt des vtt, je ne sais pas si ce sont des secondes main ou pas.

Je rentre et n'aperçoit aucune pièce détachée, juste des pièces de mécanique, mais on m'oriente vers l'étage et émerveillement quand j'entrevois un portant pourvu de boîtes bleus, couleurs de shimano. Je n'ai plus qu'à faire mon choix, cassette deore (meilleur que celle que j'ai), chaîne 9 vitesses et jeu complet plateaux et manivelles.

Par contre, au niveau du pédalier, ce n'est pas les mêmes, il me faut donc démonter chaque plateau pour l'adapter au mien. Voilà, le tout pour 150€ mais il fallait que je le fasse sinon je n'aurai pas été sûr d'arriver au cap.

Après les deux heures de montage, je vois arriver Ounalenna avec ses enfants et leurs vélos respectifs, heureusement que nous l'avons croisé hier. Maintenant Azimut est prêt à repartir pour 19000km.
Ensuite, je vais faire du change, je veux des dollars namibiens en vue de notre passage par le poste frontière de Dobe, il parait qu'il n'y a rien. Au bureau de change, pas de dollar namibien mais la guichetière me précise que l'on peut payer partout en Namibie avec des rand sud africain, me voilà donc avec plein de rand, espérons qu'elle dit vrai.
Retour au camping, où Amelie a profité de sa matinée pour faire la lessive et après avoir mangés, nous allons dans le centre de Maun pour faire de l'internet.
 
Nous avons des nouvelles de Luc et Filip et prévoyons de les voir à leur hôtel en fin de soirée. Nous partirons donc après le dîner, en suivant la route de l'aéroport vers leur hôtel. Surprenant de voir les vaches entrain de brouter ou coucher tranquillement sur le bas côté, à 5m des grilles de l'aéroport.
Nous boirons quelques verres en discutant vélo, nos chemins vont se séparer, ils ont moins de temps que nous pour atteindre le cap mais peut être que nous nous retrouvons au hasard en Namibie.

mardi 10 juin 2014

Fin de transmission

25/04/14 à Maun
Jour 250 - étape 200

Le réveil sonne, cela faisait longtemps que cela n'était pas arrivé, il est si bon de se lever quand on en a envie. Par contre, le soleil lui n'est pas encore levé et l'école est enveloppée dans une brume. Nous rangeons toutes nos affaires, plions la tente encore humide, il est déjà 7h et les enfants en uniforme commencent à arriver par groupe. Nous reprenons le chemin de sable, passons devant le terrain de foot et des maisons mi dures mi cases, pour rejoindre l'asphalte.

Il est 7h15, et à priori l'heure des animaux sauvages, le ciel est dégagé et il fait quand même un peu frais. Ce matin, de nombreux gros volatiles sont perchés dans les arbres, vautours et rapaces divers, d'habitude nous ne les voyons pas.

Pour seuls animaux, nous verrons quatre girafes, leurs têtes dépassant tout juste du bush, elles nous regardent arriver, puis décampent en courant. Ça a quelque chose d'extraordinaire, une girafe qui coure.
Nous faisons 25km mais il faut quand même que nous arrêtions pour prendre un petit déjeuner et des forces si nous voulons atteindre Maun à 124km.

Nous remettons le compteur à zéro (virtuellement car le mien ne fonctionne plus), comme s'il nous restait 100km à faire. Autour de midi, nous arrivons à un checkpoint policier et vétérinaire mais cette fois ci pas de bain de pied, il est pour les personnes venant dans l'autre sens. Nous en profitons pour faire une courte pause et manger des frites (trop petite barquette!!) et du poulet (original comme plat typique du Botswana).
Cela fait quelques jours que ma transmission me pose de sérieux problèmes, la chaîne saute, impossible de forcer, mais depuis la pluie d'hier, c'est pire. Cela nous oblige à un arrêt où je change ma chaîne, et cela va mieux mais il me faut trouver une solution rapidement.
Nous arrivons à Maun, tôt 16h et nous nous apercevons que l'hôtel backpackers est encore à 10km, excentré de la ville. Nous passons devant un supermarché et y faisons des courses, au moins ce sera ça de fait, mais l'attente en caisse est hyper long. Ça, plus le temps de retirer de l'argent à un distributeur qui ne fonctionne qu'une fois sur deux, il est 17h45 et la nuit va tomber.
Alors que nous nous dirigeons vers ce que nous croyons être un camping, nous croisons Oualemna en tenue de cycliste, gilet et sacoches. Je lui demande s'il y a un bon shop à maun et il m'en indique un.
Il nous mène ensuite vers un camping backpackers proche de l'aéroport et de la rivière Thamalamakane.

Nous posons la tente près de la rivière, des insectes ou grenouilles font un bruit mécanique, bruit proche des trucs en bambou asiatique qui bougent dans le vent.

dimanche 8 juin 2014

A la recherche d'une bonne table

23/04/14 près de Gweta
Jour 248 - étape 198
 
Encore un camping où nous sommes seuls, c'est bien cela permet d'être au calme mais moins bien pour les rencontres. Par contre, il y a quelques acacias qui déposent des espèces de boules pleines de picots, nous en avons plein nos savates, une couche on peut même dire, mais aussi sous nos pneus, plantés bien droits. Avant de monter sur nos bécanes, une séance de vérification s'imposera.

Nous refaisons la route vers Nata, nous arrêtons au supermarché avant de prendre la route pour Maun. Alors que les jours précédents, le vent venait de l'est, subitement il a décidé de souffler de l'opposé et nous l'avons de face, du coup, nous devons forcer plus.

Le vent transporte l'odeur des arbustes qui bordent les côtés de la route, une odeur entêtante qui ressemble à la sauge. Ce vent fait aussi onduler les grandes herbes jaunes de la savane. Savane où les vaches et les chevaux sont en liberté pour paître et se désaltérer aux marres. Ce paysage ressemble à nos marais salants. A la saison des pluies, le niveau de l'eau doit être bien supérieur à celui que l'on voit.

Nous passons maintenant au travers d'une forêt de grands arbres dont certains ont l'ensemble de leur feuillage jaune et orange, on se croirait en automne, mais c'est l'automne dans cette hémisphère.

Nous pensions enfin pouvoir manger local, de la cuisine du Botswana, à Zagora mais il n'y a aucun restaurant du coup nous cuisinons à l'ombre et à l'abri du vent derrière le mur d'un magasin aux rayons presque vides.
Ce sera pénible car des enfants viendront, d'abord de loin, puis de plus en plus près, nous demander de l'argent, des drinks, des bonbons.

Nous repartons rapidement, nous aurions mieux fait de nous arrêter dans le bush, surtout qu'aujourd'hui les animaux sauvages font grève et ont été remplacés par du bétail.
Nous nous arrêtons 10km avant Gweta car le jour commence à baisser, nous traversons une plaine de terre (sûrement un petit étang à la saison des pluies) pour poser la tente derrière une petite butte. On entend les cloches des vaches, les ânes hennir et les cowboys crier dans la nuit.

samedi 7 juin 2014

Le compte est bon

22/04/14 à Nata
Jour 247 - étape 197

 Du haut de ce mirador dont l'échelle en ferraille fait 54 marches, j'assiste au lever du soleil qui enflamme les nuages à l'est, il me réchauffe aussi car la nuit a été venteuse donc fraîche. C'est la premier fois que je dors aussi haut sur une plateforme en ferraille de 4m2, comme si en bas les lions et les hyènes rodaient.

Nous prenons notre petit dej qui finit notre bidon de 5l, heureusement que nous avions prévu large car il n'y a pas d'eau ici. Une fois sur la route, nous jouerons au jeu de "combien d'éléphant aujourd'hui", 5 pour Amelie et 13 pour moi. Mais comme souvent, il nous faudra voir notre première girafe, très grande et caché sous les arbres, pour que le compteur s'incrémente doucement.
 
Arrivés au kilomètre 60, un checkpoint policier avec contrôle vétérinaire où nous sommes obligés de passer nos chaussures dans un liquide (eau salée) et de rouler dans une marre d'eau. Ce checkpoint tombe bien, il nous permet de nous ravitailler en eau, même si les autochtones nous avertissent qu'elle est un peu salé, nous cela nous va très bien. Nous ferons une pause 10km plus loin, toujours sous un arbre près d'une marre d'eau mais aucun animal ne viendra si désaltérer. Toujours aucun restaurant ou commerce sur cette route.

À la reprise, jackpot pour moi, plus d'une douzaine d'éléphant entrain de manger dans le bush, au milieu d'arbre pas plus grand qu'eux. Cela a l'air d'être leur végétation de prédilection, ce matin nous roulions au milieu de grands arbres.

La végétation change à nouveau pour un bref instant, une savane, plaine d'herbe rase et jaune où pourrait courir un guépard derrière des antilopes. Et puis, jusqu'à Nata, nous retrouvons une forêt de grands arbres et d'arbustes où poussent de grandes thermitieres grises dont la forme de certaines me font penser à des éléphants qui fondent. Après avoir atteint Nata et fait des courses, nous referons un petit bout de route en arrière pour nous installer dans un camping en bord de rivière.

vendredi 6 juin 2014

Lundi de pâques

21/04/14 sur la route de nata pk105
Etape 196 - jour 246
 
Réveillé par les camions qui viennent faire le plein de beau matin, la route A33 est un gros axe de transport de marchandises vers Afrique du Sud. Nous ne partirons pourtant pas tôt en effet, ce matin nous prenons un bon petit dej car nous avons 105km à faire avant de trouver une habitation où nous espérons pouvoir dormir.

Une fois lancé, nous attendons impatiemment notre premier éléphant, mais ce matin rien ne se produit, mis à part une longue ligne droite qui se prolonge. Des insectes énormes, sortis d'un film de SF mangent leurs congénères écrasés sur la route.

Une voiture nous double, puis s'arrête, un couple en sort et nous adresse la parole, c'est Yonne et Misha, 2 néerlandais qui nous proposent de l'eau fraiche. Les parents de Misha sont cyclos, ils ont eu un petit pincement au coeur en nous voyant. Mais nous sommes blindés en eau, 7l chacun, par contre, nous ne refusons pas la tablette de chocolat qu'ils nous proposent, on est pas le lundi de pâques pour rien.

Nous repartons, et le bush se fait plus dense, au loin une grande girafe s'éloigne d'un point d'eau, plus loin deux phacochères prennent la fuite après nous avoir vus.
Je commence à me demander s'il n'y a pas un jour impair pour voir les girafes et un jour pair pour les éléphants quand mon oeil de chasseur en voit un qui bouge dans une éclaircie dans le bush. Mais ce n'est pas un éléphant que nous voyons mais un troupeau entier, nous en avons compté 17, petits qui jouent dans l'eau et grands mâles avec défense qui ont pas l'air content. Nous restons un bon moment cachés derrière un arbre sur un promontoire à observer la scène en essayant de ne pas nous faire repérer.

Au 50 km, nous poserons la bâche sous l'ombre d'un grand arbre mort, faisant cuire les pâtes et regardant les camions et les 4x4 de touristes passés. Dans l'après midi, nous verrons des petites antilopes mais aussi des plus grosses qui ressemblent à de grands cerfs.

Nous avons un doute sur la destination "One O Five", est ce borne kilométrique 105 ou 105km depuis notre point de départ, ce sera pk105 soit 95km roulés aujourd'hui, sur place, un contrôle de police et des bâtiments.
Nous demandons où nous pouvons dormir? Au fond, plus loin, une des enceintes des bâtiments est ouverte et il y a un grand observatoire, haut de 20 m. C'est là que nous voulons dormir, la vue à 360° est superbe sur le bush où nous pourrons admirer le couché du soleil.

jeudi 5 juin 2014

Me trompe je ?

20/04/14 à Panda
Jour 245 - étape 195
 
Durand la nuit, je suis réveillé par un bruit de branchage qui émane de l'extérieur du mur d'enceinte de l'hôtel mais même avec la lumière, je ne distingue pas grand chose. Peut être était ce les mêmes singes qui jouent ce matin, à se pourchasser.

Il fait jour, nous sommes levés, alors qu'Amelie est dans la salle de bain, nouveau bruit de branchage et là, je distingue une trompe puis deux qui attrappent des feuilles dans les arbres. Nous sortons précipitamment et pourrons voir trois éléphants. Il nous suffit de passer la tête par dessus un mur qui ne doit pas faire plus 1m50.

Ils sont si près que je n'arrive pas à les faire tenir dans le cadre de l'appareil photo, je pense que jamais je ne pourrais être aussi près d'un éléphant sauvage, bon il y a quand même le mur.
La journée débute sous les meilleurs hospices, un petit passage au shop de la station service et à un petit resto pour y acheter des beignets, en vue de notre traversée de 100km sans aucun commerce. Nous prenons A33 vers le sud, là encore, une longue file de camions attend d'embarquer sur le ferry. Nous n'avons pas fait 5km que trois éléphants puis deux, sont entrain de brouter tranquillement. Lorsqu'une voiture passe ils ne bronchent pas, dès qu'ils nous voient, ils se carapatent. Après ces 5km magiques, plus rien pendant un long moment, la route est droite et plate, pas de grand changement dans le bush, 15km en ligne droite avant un virage.

Nous stoppons en bord de route, au bout de 48km, en face d'une petite ferme. Durand ces 50 premiers kilomètres, nous avons quand même vu quelques habitations et des locaux abandonnés. Lors de notre pause, Simka viendra nous parler, nous donnant quelques renseignements utiles, il est grand sourire et content de voir passer quelqu'un. La pause est courte et nous ne voulons pas arriver à l'heure de la pause casse croûte des lions.

La seconde partie de la route verra le paysage changé, une grande herbe jaune est visible à perte de vue, au loin quelques arbres isolés, une vraie ressemblance avec la Beauce. Des nuées de papillons blancs et jaunes traversent la route devant nous, souvent dans le sens droite gauche, contre le vent.

La route est quand même monotone et cela fait râler Amelie, le trajet avait pourtant bien commencé, mais le calme plat ça barbe, c'est à ce moment là qu'apparaît dans le bush, un nouvel éléphant avec ces petites défenses blanches, il fait un petit demi tour pour aller se cacher rapidement dans le bush.

Nous passerons une grande plaine agricole, apparue comme par magie de nul part où pousse une céréale rouge en rangs bien formés. Et voilà que nous arrivons à Pandamatenga, ville où il n'y a pas grand chose mis à part un énorme silo à grain. Nous nous arrêtons au shop de la station service où Ludo nous propose de poser la tente entre les tables en ciment de l'air de picnique. Nous acceptons et en plus, elle nous propose une douche chaude. Dans le même temps, un couple qui sortait du magasin nous proposer de planter la tente dans leur jardin.

Nous resterons ici près de la station malgré les fourmis toutes petites qui veulent rentrer partout. Le petit patio est partiellement grillagé et il doit y avoir un gardien d'après le proprio. Après prise de renseignements, il doit y avoir une habitation à 105km mais d'ici là rien d'autres.

mercredi 4 juin 2014

Se prélasser à l'ombre

19/04/14 à Kasane
Jour 244 - étape 194






Avant de reprendre la route, nous avons quelques trucs à faire et après avoir pris un bon petit déjeuner (merci le grille pain), je me dirige avec Filip et Luc vers un bureau de change, nous prévoyons de changer nos kwatch zambien en pula avant d'entrer au Botswana, la ville frontière n'étant pas très grosse. Seul hic, il n'y a pas assez de change dans la banque pour nous trois et nos amis belges me laisseront prendre l'ensemble (ils partent un jour après nous), passage à la pharmacie et au cyber mais long week end oblige, celui ci est fermé.

Avec tout ça, nous partons à 11h30, avec un soleil bien haut. Dès la sortie de Llivingstone, nous entrons dans le parc Victoria où nous pourrons admirer des antilopes et des girafes qui se prélassent à l'ombre de grands arbres. Le paysage est sec, longues herbes jaunes, petits arbres, c'est étrange car le zambese coule à moins de 5km.

Nous sommes partis tard et du coup, nous avons déjà faim, pause d'une heure à l'ombre d'un arbre, à picniquer avant de reprendre la route, toujours le vent dans le dos.

Nous obliquons vers le sud pour prendre la route qui mène au ferry (ponton ici) traversant le zambese. Une file de camions impressionnante, longue de 3km annonce l'arrivée au poste frontière. Le ferry ne peut transporter qu'un ou deux camions à la fois, ce qui explique cette attente. Un dernier tour sur le marché pour y acheter tomates et oignons (interdits d'importation au Botswana?). Puis nous traversons le zambese, une dernière fois. Sur le bateau, nous sommes mis en garde par les autochtones que l'a33, route que nous voulons emprunter, traverse un parc naturel, qu'il est fortement déconseillé d'y dormir dans le bush et que le prochain lodge/camping est à 100km.

Nous décidons de rester camper en ville afin de prendre des informations sur le trajet. Alors que nous sommes devant un des lodges campsite, exorbitant, nous avons la chance de rencontrer Élisabeth et Duncan qui nous offrent une chambre d'hôtel qu'ils avaient déjà louée (le standing ne leurs plaisaient pas). Ni une, ni deux nous acceptons et repartons dans l'autre sens pour trouver le dit hôtel et une grande chambre. Cool nous n'avons rien à déballer et pourrons partir tôt.