jeudi 10 avril 2014

Lilongwe

21/03/14 à Lilongwe 

Une bonne nuit de repos, ça fait du bien, pas un bruit, un peu d'obscurité qui me font dormir 1h de plus par rapport à mon horaire habituel. 

Bien sûr, comme à chaque fois, lors d'un jour off et surtout en ville, j'ai un tas de chose à faire. Je me dirige vers l'area 2 qui semble être le quartier où tout se vend et s'achète, en quête d'une nouvelle pile pour mon compteur, ça va facile à trouver, puis de nouveaux lacets et quelques achats dont du thé. 

Je pars en quête d'une banque ou d'un bureau de change pour convertir des euros en dollars mais c'est plus difficile que prévu. Pour obtenir des dollars, il faut obligatoirement un compte dans la banque et au bureau de change en plus de mon passeport, il faut une preuve que je voyage. Direction le cyber café pour imprimer le billet retour (eh oui la date est déjà prevu et les billets achetés). Et me voilà avec une petite somme de dollars pour le Zimbabwe. Comme souvent, je suis à la recherche d'une chambre à air avec valve correct, ici cela devrait être possible mais le rayon du seul grand supermarché à l'européenne a été dévalisé au niveau des 26'.

Alors que je déambule, j'entends des "muzungu, muzungu", étrange car ici les autochtones t'appellent "boss", c'est Philippe et Luc arrivaient la veille, rendez vous est pris pour un repas ce soir. Dans l'après midi, je fais quelques achats sur internet en vue de l'arrivée d'Amélie dans deux semaines.

Coup de pot, la guesthouse a un grand jardin, tuyau d'arrosage et brosse, en moins d'une heure, azimut n'aura jamais été aussi propre que depuis le départ, plus de traces rouges. Il séchera tranquillement au soleil.
En fin d'après midi, j'arrive à négocier le mot de passe du wifi d'un cyber café et passe 1h à discuter avec Amélie, pendant que des mecs bourrés essayent de me parler, nous sommes vendredi soir et l'alcool a déjà bien coulé. Ici, il se vend en sachet plastique. 

Nous irons manger avec Luc et Philippe, indien très bon et Luc me donnera une chambre à air. Rendez vous est pris à Tété au Mozambique dans quelques jours.

mercredi 9 avril 2014

L'enfer rouge

20/03/14 à Lilongwe
Jour 214 - étape 172 - 73km

Le réveil est positionné à 5h30 pour prendre un petit déjeuner et partir avant que la foule ne vienne m'observer. Je verrais le soleil se lever derrière les collines puis Bandawe et le proviseur arrivent déjà. Les gens aussi m'observent de loin. J'enfile le petit dej en vitesse, plie la tente encore humide et file sur le chemin, le ciel est couvert et "maybe" qu'il va pleuvoir. 

La piste est bonne et contine à monter, serpentant sur les versants des montagnes. Parfois il faut que je descendes et pousse car la piste est trop raide, ravinée par la pluie et pleine de cailloux.
De plus en plus couvert! "Maybe", il commence à goûter, j'enfile pantalon et guêtres, mon polo est déjà trempé de sueur, il fait lourd. Et puis, il goutte de plus en plus et de grosses gouttes. Je vois le ciel se couvrir et une brume descendre sur les sommets. J'enlève mes lunettes, cela ne me sert plus à rien entre les gouttes et la brume mais il faut quand même que je fasse attention aux trous et bosses. Je croise un gars à vélo qui me dit que la route se détériore mais que cela passe.  Effectivement, il faut que je descende et évite les trous d'eau. Puis énorme pluie, je me cherche un abri sous une hutte avec d'autres personnes, la pluie tombe verticalement mais après 15 minutes cela se calme, façon de parler. Je décide de repartir mais cela devient galère, une pente, avec mes chaussures et les pneus d'azimut, on patine, impossible de rouler et de pousser. La montée sera éprouvante.

Plusieurs fois, des autochtones me feront rebrousser chemin car la route "is broken", du coup je passe sur un sentier entre des maïs plus hauts que moi, parfois sur un pont fait de rondin de bois à moitié écroulé. "Chutes à l'avant du peloton" mais sans conséquences, juste quelques glissades qui colorent mes sacoches de rouge. Mes pneux continuent à rouler mais difficilement, je ne vois plus, ni les crampons, ni mes freins, mes chaussures et guêtres sont elles aussi recouvertes. Je constate que le compteur ne fonctionne plus sûrement la boue. Ce matin, il m'a fait le coup de la pile qui se vide. J'en ai plein les mitaines, ayant mis les mains à terre pour me réceptionner. J'ai encore le sourire et me dis que je préfère être là qu'au bureau. Je raccroche une plus grande route, vois les camions embourbés et les ponts à moitié écroulés, cela me rassure de me dire que je peux encore rouler. 

3h pour faire 23km et arriver à Dowa. Là, un gars me propose de nettoyer mon vélo et mes sacoches, ce qu'il fera sommairement, avec ces moyens du bords (mains et bidons) et contre rétribution pendant que je mange mon assiette de frites.

Donc je pars pour Lilongwe quand résonne un bruit d'explosion à l'arrière, ma chambre à air vient d'éclater, lors du remontage je constate que le pneu est déchiré (encore une fois et après 1500km seulement), j'arriverai à acheter un exemplaire à dowa, coup de chance. Démontage et remontage avec 50 personnes derrière moi, il faut dire que je suis au centre du village. Je constaterai que le câble du compteur est sectionné. 

Second départ, revoilà l'asphalte et le soleil, je viens de passer une dernière fois le rift. Devant moi s'étend une plaine avec des pitons rocheux. Je profite de la descente et du beau temps pour faire sécher mes affaires sur mon gros sac à l'arrière.
Cela roule bien, vent dans le dos et plat mais à 5km de Lilongwe, crevaison à l'avant, je pompe, fais 3km et abandonne, je me dis que je réparerai à la guesthouse. J'avoue en avoir eu un peu marre, un moment de découragement, je suis sale, fatigué et j'ai qu'une envie me doucher, me poser dans un canap et regarder un film. 

Un petit gars dans un stand sur le bord de la route me force un peu la main pour réparer mon pneu ce qu'il fera en 20min pour 1€ et avec le sourire, il n'a même pas de pompe.
Je me remet à rouler et grâce au gps, je trouve un hôtel pas cher, le mufasta, où en larmoyant un peu, je dois avoir une sale tête, je dors dans un dortoir seul au lieu de camper. Je fais sécher la tente, lance une machine (je fais tremper mes fringues dans le washing bag) et bois un bon thé chaud.
Je vais rester ici pour repos et réparation, la journée a été éprouvante mais me fais déjà sourire, cela ne peut pas être comme ça tous les jours.
Je repense à John qui m'avait avisé de changer mes pneus quand Amélie m'a rejoint en Ethiopie, j'aurai écouté ces conseils.

mardi 8 avril 2014

Dernière vue sur le lac

19/03/14 à ?
Jour 213 - étape 171 - 103km

Réveillé avant le levé du soleil, par les 3 minibus qui se sont garés la veille, par les chauffeurs qui braillent, les téléphones qui sonnent. Il faut dire aussi qu'il n'y a pas de vitres aux fenêtres.
Peut être parce que John me manque mais j'ai acheté du simili porridge, sur la recette ils disent d'ajouter des bananes et c'est ça qui m'a mis en appétit. Donc ce matin, je commence par cuisiner et là! Où est ma cuillère en bois? Ça y est, cela m'est arrivé, je l'ai perdu, j'ai du l'oublier au dernier camping lorsqu'elle séchait. Dans mes sacoches, toute a une place, quand il manque quelque chose, un "vide" est vite visible, mais ma cuillère n'est pas dans ce cas là. Le porridge aura donc un gout amer et puis en voulant sécher mes chaussures avec le réchaud,  j'en ai fait brûler une partie ainsi que les lacets. Voilà une journée qui débute bien. 

J'enfile quand même mes chaussures qui tiennent comme ci, comme ça et qu'est ce que je retrouve en rangeant mes fringues dans une autre sacoche? Ma cuillère, je suis sauvé. 

En route, toujours prêt du lac, la route est parfois coupée par des bancs de sable et je comprend que c'est l'eau qui dévale les pistes et les cours des maisons qui charrie et dépose ces tas sur la route. Ce lac fourni en poisson toute la côte mais aussi tout le Malawi, il est souvent sécher sur des étales, transporté à velo mais aussi chose étonnante, suppendu à l'essuie glace central des minibus peut être pour le garder frais.

Je me rapproche du chal lagoon, souvent quand on pense lagoon, on pense bleu lagoon, eaux turquoises, bein là ce serait plutôt red lagoon ou mud lagoon. De loin, cela ressemble à un gros lac ou étang tout boueux, il tranche d'ailleurs très bien avec le vert des montagnes et le gris de la pluie. Je passerai sur le pont qui relie le lagoon et le lac, quelques hommes restent là à pêcher.

Je traverse de nombreuses rivières sur des ponts, elles descendent de cette grand enfilade de montagnes et irriguent tous les champs, idéale pour le riz mais aussi problématique car l'enlisement arrive rapidement, aussi bien pour les camions que pour les voitures. Du coup, pour bouger un camion, il faut un engin de chantier mais pour une voiture 20 bras suffisent.

Cette eau en abondance se retrouve dans les fossés de la route et coupe littéralement l'accès aux maisons et aux champs. Je vois aussi des gamins s'y baigner et les gens à vélo tentaient de les traverser. C'est dans cette eau que les femmes font la lessive, se servant du goudron de la route comme planche à laver.

C'est décidé, je sors de cette highway à vélo pour prendre une petite piste, piste qui est quand même une route secondaire, en France, un chemin mais la matière est assez roulante et agréable.  Agréable aussi le fait de se retrouver au milieu des petits villages, des huttes cachées parmi les cultures de maïs. Par contre, cela monte, me revoici sur les montagnes du rift mais bien moins haut que précédemment. Je me retourne une dernière fois, le lac est tout au fond, j'aperçois même les montagnes de l'autre rive. 

J'ai décidé de dormir dans un des villages, je me rapproche d'une école et demande si je peux poser ma tente. Pas de souci, par contre, me voici acteur entouré de 30 gamins, d'ados et aussi d'adultes. Le montage de la tente sera un vrai sctech, exclamation à chaque fois que quelque chose s'emboite.

Pour finir, je suis invité à manger par Bandawe, avec sa femme et son neveu, il est professeur et sa maison est adjacente à l'école, menu habituel, szima (ughali), haricots rouges et sorte d'épinards.
Sur le chemin du retour, je peux voir des lucioles dansées et la pleine lune montée.

lundi 7 avril 2014

Que d'eau !

18/03/14 à Nkhotakota
Jour 212 - étape 170 - 59km

Bien sûr quand l'orage énorme a éclaté, avec une telle puissance qu'il s'est mis à goutter sous le préau et sur mon matelas. Il a plu des cordes pendant des heures. J'ai déplacé le matelas et la moustiquaire pour continuer ma nuit mais même au levé du jour, toujours de la pluie. Le terrain est une vraie éponge imbibée d'eau, les caniveaux débordent. 

Je vois un peu de bleu au loin, cela sera ma seule espérance pour partir. Il pleut mais je me dis qu'un hypothétique soleil me séchera. Malgré cela l'activité bat son plein et les vélos taxi continuent à rouler.
Après avoir eu le lac près de moi, le voici qui s'éloigne et je retrouve de la savane avec de hautes herbes, au loin les montagnes sont embrumées. Quelques singes aussi font leur réapparition mais s'éloignent rapidement en me voyant. 

Je passe sur un pont qui enjambe une énorme rivière, l'eau boueuse dévale entre les rochers et les arbres. Tout est tellement humide que j'ai du mal à prendre des photos. 

Par deux fois, j'essaye de trouver un endroit où manger dans un petit village mais impossible de trouver quoique ce soit, du coup je prolonge jusqu'à Nkhotakota qui est la grande ville du coin. Après avoir trouvé une guesthouse, je pars à la recherche d'un restaurant, cela va ici ils sont facilement réparables.

Pour la première fois, je prends un vélo taxi, ce n'est plus moi qui pédale, drôle de sensation de ne plus être maître de son vélo, de sa course. Au retour du cyber café, petit tour par le marché pour trouver une pièce de rechange pour le frein avant d'azimut (je ne sais pas comment c'est arrivé mais une des pièces en aluminium est coudée et le frein ne revient plus), bien sûr le marchand veut me faire racheter tout le mécanisme de freinage mais j'arriverai à négocier la dite pièce séparément et je peux continuer ma visite dans les méandres du marché entre légumes et poissons. 

Le soleil reviendra mais trop tard pour faire sécher complètement mes affaires.

dimanche 6 avril 2014

De baies en vallées

17/03/14 à Dwangwa
Jour 211 - étape 169 - 92km

Bon, je vais passer pour un vieux con mais positionner le camping à 100m de la sono du bar, n'est pas forcément une super idée, surtout quand le bar fait aussi karaoké. Je ne sais pas à quelle heure cela a terminé mais la reprise de Roxane de Police m'a fait hérissé le poil. Bon voilà ca s'arrête et qu'est ce qui arrive? Un orage comme je n'ai jamais vu, il pleut des cordes et comme un gland, j'ai laissé deux trois trucs traînaient, qu'en urgence, quand je m'en aperçois, je rentre. Mon carnet de notes et mon cahier ne sont pas loin d'être du papier mâché. Heureusement le reste était bien au sec dans mes sacoches. Au moins, cela aura eu le mérite de nettoyer un petit peu azimut et la tente.

Au matin, tout à l'air comme si rien ne s'était passé. La petite île profite des rayons du soleil et quelques nuages dissidents se dispersent. Après un bon petit déjeuner (je me fais du pain perdu, ce n'est vraiment pas difficile, des produits que l'on trouve partout, facile à faire et extrêmement bon). Je discute avec Derik, cyclo irlandais, qui remonte vers l'Europe, lui comme moi a perdu son rasoir entre Le cap et ici. Echange d'infos sur la meilleure route vers la Namibie, il me donnera sa carte sim de la zambie. 

Je passe ma matinée à faire sécher tente, fringues et tout le materiel humide puis réparation du pneu arrière d'Azimut, encore un bout de ferraille. Il faut absolument que j'évite les bords de route.
Avec tout ça, je reprends le chemin sablonneux avec Derik à 11h, nos chemins divergent dès la fin du chemin. Je continue vers le sud, la route est plutôt plate, dommage qu'elle ne soit pas toujours au plus près du lac. Elle monte de temps à autre pour rentrer dans les vallées encaissées quand il faut contourner une baie. Baies qui se succèdent, j'aperçois parfois un village de pêcheurs, presque posé sur la plage.

14h pause, mauvaise horaire car c'est la sortie des classes, tous habillés pareil, chemises ou hauts bleus, à marcher sur la route. C'est le cas ici, les gens se déplacent en marchant directement sur le tarmac.
Chaque fois que je traverse un petit village, je peux entendre la musique qui sort souvent de chez le coiffeur. Ici la musique est partout souvent du reggae avec parfois des enfants qui dansent devant. 

De plus en plus de vélo taxi à l'approche de Dwangwa, avec leurs gros sièges en cuir et un espèce de petit guidon en fer forgé pour le client. Ils doivent avoir de bonnes jambes pour tracter tout ce poids. 

Arrivé en ville, je serai orienté vers l'hôtel du club de golf à 12000kw la nuit super! J'ai encore du mal à me faire comprendre. Mais je n'aurai fait que six kilomètres en plus avant de revenir vers le centre et de négocier de poser mon matelas sous un préau d'un hôtel. J'y dégusterai un des poissons du coin.

samedi 5 avril 2014

Et allez un nouveau tour de lac

16/03/14 à Kande
Jour 210 - étape 168 - 106km  

Ce matin, en partant je fais attention dans quel sens je roule mais après 3km d'ascension, je demande mon chemin et je m'aperçois qu'au lieu de tourner à gauche au départ, je suis parti à droite à l'opposé de ce que m'indiquait le gps. Du coup, je suis bon pour faire 7km aller retour comme échauffement. 

Ce matin, la route est plaisante, après une légère montée entre les pins, j'aurai le droit à presque 40km de descente, des montagnes où se situe Mzuzu dans l'arrière pays, vers la vallée et le lac. La route serpente, parfois descent rudement, elle n'est pas en parfaite état donc je redouble d'attention. Au loin, je vois déjà un futur grain qui s'approche et les montagnes sont enveloppées d'épais nuages gris. 

Je prends la décision de stopper avant l'averse de plus cela fait 40km que je roule et il est temps de faire une pause. Je m'y ferai des sandwichs beurre de cacahuètes, mûres (eh oui, je me suis fait un petit plaisir en provenance d'Afrique du Sud) et un bon thé chaud. Deux minutes après mon arrêt, il se met à bien pleuvoir et voici que mon abri tranquille, se transforme en hall d'attente. Quelques questions toujours les mêmes me sont posées mais je commence à m'y habituer. Le plus bizarre, c'est quand je dis que je vais au cap, les gens trouvent cela super loin mais quand je dis que je viens de France, rien du tout, je soupçonne les gens de ne pas savoir où la France se situe. En face, de nombreux bâtiments tous fait de brique rouge comme les maisons des villages que je croise.

Ça y est, le beau temps est de retour et je peux avoir une vue sur le lac qui se profile.
J'ai décidé de ne pas aller à Nkhata bay, place hautement touristique où le vol est monnaie courante et où l'ambiance est très occidentale. Je laisse donc la route qui y mène et prolonge sur la M5, M je suppose que cela veut dire "Main" car elle est asphaltée mais il n'y a personne, c'est un vrai bonheur, il faut dire que l'on est dimanche. 

Il est un peu tard pour déjeuner et j'ai du mal à trouver un restaurant, je me rabats sur un vendeur de poissons frits et de casava, sorte de tubercule qui ressemble à la pomme de terre. Pour seul ustensile, un léger arrondie dans une plaque de métal et une spatule, c'est très bon et pas cher. 

Je continue et arrive à Kande où il y a un petit village, j'y ferai quelques courses et me dirige via un chemin de sable vers le camping mais nouvelle crevaison, pneu arrière cette fois ci. 

Bon, je ne m'attendais pas à ça comme camping, très club med mais la plage de sable blanc est juste là à mes pieds, une petite île juste en face. L'eau est très bonne, il y a même quelques vagues.
La nuit tombe et après m'être fait à manger, je pars regarder les éclairs au loin sur le lac. La lune est pleine ce soir et laisse entrevoir le sable blanc.

vendredi 4 avril 2014

Aime Zuzu

15/03/14 à Mzuzu
Jour 210 - étape 167 - 43km 

Drôle d'impression quand je sors de la guesthouse, je suis entouré de plants de maïs plus haut que les bâtiments. Ils cachent toutes les maisons environnantes, on se croirait dans un labyrinthe. Et puis comme chaque matin où je prends la route et qu'il n'y a pas de véhicules, je commence par rouler dans le mauvais sens, du côté droit. Jusqu'à ce que je vois une voiture ou un vélo et que je me dépêche de rejoindre l'autre sens.

On est en 2014, donc aujourd'hui je franchis les 14014km de voyage (c'est aussi parce que hier j'ai oublié les 14000km) et cela faisait longtemps que cela ne m'était pas arrivé mais j'ai des courbatures, la journée d'hier a laissé des traces.

Après toutes ces émotions, je peux prendre sereinement la route, ponctué de quelques gouttes d'eau, le ciel est noir derrière moi mais devant cela se dégage. Une brume enveloppe les montagnes alentours mais le soleil illumine les pitons rocheux qui se dressent devant moi.

Sur le bord des routes, cela fait quelques que je vois travailler des coupeurs d'herbe à grands coups de coupe coupe double lame à faire de amples gestes pour tailler des tiges de plus d'1m. Avec la pluie et le soleil cela doit repousser à une vitesse folle et questions maladies professionnelles, les gestes qu'ils font ne doivent pas épargner leurs épaules.

Je n'ai que 40km à faire et cela sera rapide d'arriver à Mzuzu. Je trouve facilement le Mzuzuzoo, endroit accueillant où tu peux planter ta tente n'importe où, Gérard, le patron, a bien bourlingué en Afrique.

J'irai dans le centre, trouver difficilement une nouvelle chambre à air, je serai pour cela aider par un jeune cycliste professionnel, qui me dira que pour avoir des valves qui ne soient ni chinoises, ni indiennes, il faut les commander. Avec une petite astuce, il me montrera comme changer l'embout de la valve et je pourrais monter facilement ma nouvelle chambre à air.

Soirée à cuisinier et aller boire un verre au bar de camping, un verre suffira vu la quantité de rhum sud africain que Gérard me servira.

jeudi 3 avril 2014

Coup de chaleur

14/03/14 à ?
Jour 209 - étape 166 - 92km
 
J'ai posé la tente sous un de ces petits abris type bungalow, du coup je n'ai installé que la sous tente, histoire d'avoir moins chaud. Mais il se met à pleuvoir très fortement, le tonnerre gronde et des gouttes arrivent jusqu'à la toile, mouillant, en plus, un peu de mon matelas.
Ce gros orage est suivi de plusieurs autres, entre les averses, je peux profiter du spectacle que cela donne sur le lac. Les montagnes disparaissent derrière des rideaux de pluie, le lac semble fumer, les rayons d'un soleil caché illuminant certains grains. Et parmi tout cela, 2 pirogues creusées dans des troncs d'arbre partent à la pêche.

Ce matin, l'équipe s'étoffe, nous ne sommes plus 3 mais 5, 2 anglais, 2 belges et moi. Nous partons en peloton mais cela ne durera que 2 km. Philippe casse un rayon, je reste avec Luc pour le temps de la réparation qui sera assez court, c'est toujours intéressant à observer et éducatif. Ben et John, eux partent en tête.

Le paysage est superbe,  nous roulons sur les berges du lac, une route côtière, les montagnes à notre droite mais, là aussi, cela ne durera pas, un panneau indique 10km de montée. Nous devons atteindre le haut de ces montagnes.

La montée n'est pas plus difficile qu'en éthiopie, la référence, mais je ne sais pas pourquoi je n'y arrive pas, mon vélo est trop lourd, il fait trop chaud, où peut être ai je grillé mes cartouches en essayant de suivre ces deux belges, fin grimpeurs sûrement entraînés dans les alpes flamandes. Toujours est il qu'il me faut m'arrêter en pleine ascension pour faire redescendre mon rythme cardiaque qui s'emballe.

Mon short est trempé, mon polo est trempé, mais je repars profitant du fait que le soleil est voilé par quelques nuages. Quelques  superbes vues plongeantes sur le lac feront passer le temps de cette longue ascension. Me voilà en haut, les gars m'attendent pour une énorme descente qui nous fera franchir une grosse rivière.

Cette même rivière marron que nous suivrons pour remonter cette vallée entre montagnes vertes et cultivées. L'ascension est là plus douce. Nous ferons la pause déjeuner avec les 3 filles hollandaise qui accompagnent Luc et Philippe, je laisserai ce petit groupe repartir sans moi afin de retrouver mon rythme et faire une pause plus longue.

Me voici à nouveau en route, maintenant à rouler sur le plateau, la pluie s'annonce au loin dans les montagnes. C'est là que je croise Virginia et Logan qui remontent d'Afrique du Sud, un vrai autoroute pour cycliste ce malawi.

Nous discutons cela ressemble à un congrès des fans de zz top avec nos barbes, la carte de la Tanzanie repartira avec eux dans l'autre sens. 

Quelques kilomètres de plus, pour tomber sur une petite guesthouse provincialle où l'accueil est chaleureux, ce sera l'endroit ideal pour me reposer après cette rude journée. 


mercredi 2 avril 2014

Comme sur un île

13/03/14 à Chitumba
Jour 208 - étape 165 - 92km
La journée commence bien, il tombe des cordes alors que je prends mon petit déjeuner sous le préau de la guesthouse. Une nouvelle fois, mes fringues n'arriveront pas à sécher.

Enfilage de mes habits de cosmonaute pour partir avec Ben et John. La pluie est intermittente et je sue plus à l'intérieur que je ne suis mouillé à l'extérieur. Nous roulons 3 de front, c'est tout à fait possible ici, vu le nombre de véhicules qui circule. Et voici que survient une nouvelle crevaison sur mon pneu avant, toujours un bout de fer incrusté. Cette fois, j'utilise ma chambre à air de secours, je réparerai plus tard.

Nous avons le lac malawi bordé par la chaîne de montagnes livingstone sur notre gauche, des nuages blancs tranchent sur le noir de ce massif. Sur notre droite, d'autres montagnes plus proches, elles aussi couvertes de leurs chapeaux blanc ou gris. Un petit lac s'insinue entre la route et son grand frère. Cela tonne et tombe derrière nous, sûrement à Karonga d'où nous sommes partis. 

Nous faisons une pause goûter dans un village de pêcheurs, les pirogues échouées sur la plage, les stands qui attendent le poisson pour être séché.
Le paysage se fait plus vallonné et les points de vue sont magnifiques, tantôt sur tout le lac, parfois sur une baie de sable blanc en contre bas. Nous avons de la chance car le soleil est revenu et tout de suite, cela donne une impression d'île en bordure de mer. Des souvenirs des îles de Polynésie me reviennent, les mêmes couleurs, senteurs et cette même moiteur.

Une dernière baie, des maisons de pêcheurs posées en bordure du lac, au loin les montagnes verdoyantes qui avancent dans la mer. Voici le camping où nous voulons aller mais il est un peu trop cher, nous prendrons celui d'à côté, le Akuna matata où nous retrouvons Luc et Philippe.

Nous voici 5 cyclos à aller nous baigner avec nos beaux bronzages, dans une eau un peu boueuse et marron mais super chaude. Nous restons tous les 5 à discuter trajet.
En fin d'après midi, je m'acharne à vouloir remettre ma chambre à air réparée mais la valve indienne ne veut plus garder l'air à l'intérieur. Je remettrai ma chambre à air de secours et en achèterai rapidement une nouvelle.

Nous mangeons tous les 5 avec le proprio sous un bungalow sur la plage en écoutant des vieux rocks.