dimanche 6 avril 2014

De baies en vallées

17/03/14 à Dwangwa
Jour 211 - étape 169 - 92km

Bon, je vais passer pour un vieux con mais positionner le camping à 100m de la sono du bar, n'est pas forcément une super idée, surtout quand le bar fait aussi karaoké. Je ne sais pas à quelle heure cela a terminé mais la reprise de Roxane de Police m'a fait hérissé le poil. Bon voilà ca s'arrête et qu'est ce qui arrive? Un orage comme je n'ai jamais vu, il pleut des cordes et comme un gland, j'ai laissé deux trois trucs traînaient, qu'en urgence, quand je m'en aperçois, je rentre. Mon carnet de notes et mon cahier ne sont pas loin d'être du papier mâché. Heureusement le reste était bien au sec dans mes sacoches. Au moins, cela aura eu le mérite de nettoyer un petit peu azimut et la tente.

Au matin, tout à l'air comme si rien ne s'était passé. La petite île profite des rayons du soleil et quelques nuages dissidents se dispersent. Après un bon petit déjeuner (je me fais du pain perdu, ce n'est vraiment pas difficile, des produits que l'on trouve partout, facile à faire et extrêmement bon). Je discute avec Derik, cyclo irlandais, qui remonte vers l'Europe, lui comme moi a perdu son rasoir entre Le cap et ici. Echange d'infos sur la meilleure route vers la Namibie, il me donnera sa carte sim de la zambie. 

Je passe ma matinée à faire sécher tente, fringues et tout le materiel humide puis réparation du pneu arrière d'Azimut, encore un bout de ferraille. Il faut absolument que j'évite les bords de route.
Avec tout ça, je reprends le chemin sablonneux avec Derik à 11h, nos chemins divergent dès la fin du chemin. Je continue vers le sud, la route est plutôt plate, dommage qu'elle ne soit pas toujours au plus près du lac. Elle monte de temps à autre pour rentrer dans les vallées encaissées quand il faut contourner une baie. Baies qui se succèdent, j'aperçois parfois un village de pêcheurs, presque posé sur la plage.

14h pause, mauvaise horaire car c'est la sortie des classes, tous habillés pareil, chemises ou hauts bleus, à marcher sur la route. C'est le cas ici, les gens se déplacent en marchant directement sur le tarmac.
Chaque fois que je traverse un petit village, je peux entendre la musique qui sort souvent de chez le coiffeur. Ici la musique est partout souvent du reggae avec parfois des enfants qui dansent devant. 

De plus en plus de vélo taxi à l'approche de Dwangwa, avec leurs gros sièges en cuir et un espèce de petit guidon en fer forgé pour le client. Ils doivent avoir de bonnes jambes pour tracter tout ce poids. 

Arrivé en ville, je serai orienté vers l'hôtel du club de golf à 12000kw la nuit super! J'ai encore du mal à me faire comprendre. Mais je n'aurai fait que six kilomètres en plus avant de revenir vers le centre et de négocier de poser mon matelas sous un préau d'un hôtel. J'y dégusterai un des poissons du coin.

samedi 5 avril 2014

Et allez un nouveau tour de lac

16/03/14 à Kande
Jour 210 - étape 168 - 106km  

Ce matin, en partant je fais attention dans quel sens je roule mais après 3km d'ascension, je demande mon chemin et je m'aperçois qu'au lieu de tourner à gauche au départ, je suis parti à droite à l'opposé de ce que m'indiquait le gps. Du coup, je suis bon pour faire 7km aller retour comme échauffement. 

Ce matin, la route est plaisante, après une légère montée entre les pins, j'aurai le droit à presque 40km de descente, des montagnes où se situe Mzuzu dans l'arrière pays, vers la vallée et le lac. La route serpente, parfois descent rudement, elle n'est pas en parfaite état donc je redouble d'attention. Au loin, je vois déjà un futur grain qui s'approche et les montagnes sont enveloppées d'épais nuages gris. 

Je prends la décision de stopper avant l'averse de plus cela fait 40km que je roule et il est temps de faire une pause. Je m'y ferai des sandwichs beurre de cacahuètes, mûres (eh oui, je me suis fait un petit plaisir en provenance d'Afrique du Sud) et un bon thé chaud. Deux minutes après mon arrêt, il se met à bien pleuvoir et voici que mon abri tranquille, se transforme en hall d'attente. Quelques questions toujours les mêmes me sont posées mais je commence à m'y habituer. Le plus bizarre, c'est quand je dis que je vais au cap, les gens trouvent cela super loin mais quand je dis que je viens de France, rien du tout, je soupçonne les gens de ne pas savoir où la France se situe. En face, de nombreux bâtiments tous fait de brique rouge comme les maisons des villages que je croise.

Ça y est, le beau temps est de retour et je peux avoir une vue sur le lac qui se profile.
J'ai décidé de ne pas aller à Nkhata bay, place hautement touristique où le vol est monnaie courante et où l'ambiance est très occidentale. Je laisse donc la route qui y mène et prolonge sur la M5, M je suppose que cela veut dire "Main" car elle est asphaltée mais il n'y a personne, c'est un vrai bonheur, il faut dire que l'on est dimanche. 

Il est un peu tard pour déjeuner et j'ai du mal à trouver un restaurant, je me rabats sur un vendeur de poissons frits et de casava, sorte de tubercule qui ressemble à la pomme de terre. Pour seul ustensile, un léger arrondie dans une plaque de métal et une spatule, c'est très bon et pas cher. 

Je continue et arrive à Kande où il y a un petit village, j'y ferai quelques courses et me dirige via un chemin de sable vers le camping mais nouvelle crevaison, pneu arrière cette fois ci. 

Bon, je ne m'attendais pas à ça comme camping, très club med mais la plage de sable blanc est juste là à mes pieds, une petite île juste en face. L'eau est très bonne, il y a même quelques vagues.
La nuit tombe et après m'être fait à manger, je pars regarder les éclairs au loin sur le lac. La lune est pleine ce soir et laisse entrevoir le sable blanc.

vendredi 4 avril 2014

Aime Zuzu

15/03/14 à Mzuzu
Jour 210 - étape 167 - 43km 

Drôle d'impression quand je sors de la guesthouse, je suis entouré de plants de maïs plus haut que les bâtiments. Ils cachent toutes les maisons environnantes, on se croirait dans un labyrinthe. Et puis comme chaque matin où je prends la route et qu'il n'y a pas de véhicules, je commence par rouler dans le mauvais sens, du côté droit. Jusqu'à ce que je vois une voiture ou un vélo et que je me dépêche de rejoindre l'autre sens.

On est en 2014, donc aujourd'hui je franchis les 14014km de voyage (c'est aussi parce que hier j'ai oublié les 14000km) et cela faisait longtemps que cela ne m'était pas arrivé mais j'ai des courbatures, la journée d'hier a laissé des traces.

Après toutes ces émotions, je peux prendre sereinement la route, ponctué de quelques gouttes d'eau, le ciel est noir derrière moi mais devant cela se dégage. Une brume enveloppe les montagnes alentours mais le soleil illumine les pitons rocheux qui se dressent devant moi.

Sur le bord des routes, cela fait quelques que je vois travailler des coupeurs d'herbe à grands coups de coupe coupe double lame à faire de amples gestes pour tailler des tiges de plus d'1m. Avec la pluie et le soleil cela doit repousser à une vitesse folle et questions maladies professionnelles, les gestes qu'ils font ne doivent pas épargner leurs épaules.

Je n'ai que 40km à faire et cela sera rapide d'arriver à Mzuzu. Je trouve facilement le Mzuzuzoo, endroit accueillant où tu peux planter ta tente n'importe où, Gérard, le patron, a bien bourlingué en Afrique.

J'irai dans le centre, trouver difficilement une nouvelle chambre à air, je serai pour cela aider par un jeune cycliste professionnel, qui me dira que pour avoir des valves qui ne soient ni chinoises, ni indiennes, il faut les commander. Avec une petite astuce, il me montrera comme changer l'embout de la valve et je pourrais monter facilement ma nouvelle chambre à air.

Soirée à cuisinier et aller boire un verre au bar de camping, un verre suffira vu la quantité de rhum sud africain que Gérard me servira.

jeudi 3 avril 2014

Coup de chaleur

14/03/14 à ?
Jour 209 - étape 166 - 92km
 
J'ai posé la tente sous un de ces petits abris type bungalow, du coup je n'ai installé que la sous tente, histoire d'avoir moins chaud. Mais il se met à pleuvoir très fortement, le tonnerre gronde et des gouttes arrivent jusqu'à la toile, mouillant, en plus, un peu de mon matelas.
Ce gros orage est suivi de plusieurs autres, entre les averses, je peux profiter du spectacle que cela donne sur le lac. Les montagnes disparaissent derrière des rideaux de pluie, le lac semble fumer, les rayons d'un soleil caché illuminant certains grains. Et parmi tout cela, 2 pirogues creusées dans des troncs d'arbre partent à la pêche.

Ce matin, l'équipe s'étoffe, nous ne sommes plus 3 mais 5, 2 anglais, 2 belges et moi. Nous partons en peloton mais cela ne durera que 2 km. Philippe casse un rayon, je reste avec Luc pour le temps de la réparation qui sera assez court, c'est toujours intéressant à observer et éducatif. Ben et John, eux partent en tête.

Le paysage est superbe,  nous roulons sur les berges du lac, une route côtière, les montagnes à notre droite mais, là aussi, cela ne durera pas, un panneau indique 10km de montée. Nous devons atteindre le haut de ces montagnes.

La montée n'est pas plus difficile qu'en éthiopie, la référence, mais je ne sais pas pourquoi je n'y arrive pas, mon vélo est trop lourd, il fait trop chaud, où peut être ai je grillé mes cartouches en essayant de suivre ces deux belges, fin grimpeurs sûrement entraînés dans les alpes flamandes. Toujours est il qu'il me faut m'arrêter en pleine ascension pour faire redescendre mon rythme cardiaque qui s'emballe.

Mon short est trempé, mon polo est trempé, mais je repars profitant du fait que le soleil est voilé par quelques nuages. Quelques  superbes vues plongeantes sur le lac feront passer le temps de cette longue ascension. Me voilà en haut, les gars m'attendent pour une énorme descente qui nous fera franchir une grosse rivière.

Cette même rivière marron que nous suivrons pour remonter cette vallée entre montagnes vertes et cultivées. L'ascension est là plus douce. Nous ferons la pause déjeuner avec les 3 filles hollandaise qui accompagnent Luc et Philippe, je laisserai ce petit groupe repartir sans moi afin de retrouver mon rythme et faire une pause plus longue.

Me voici à nouveau en route, maintenant à rouler sur le plateau, la pluie s'annonce au loin dans les montagnes. C'est là que je croise Virginia et Logan qui remontent d'Afrique du Sud, un vrai autoroute pour cycliste ce malawi.

Nous discutons cela ressemble à un congrès des fans de zz top avec nos barbes, la carte de la Tanzanie repartira avec eux dans l'autre sens. 

Quelques kilomètres de plus, pour tomber sur une petite guesthouse provincialle où l'accueil est chaleureux, ce sera l'endroit ideal pour me reposer après cette rude journée. 


mercredi 2 avril 2014

Comme sur un île

13/03/14 à Chitumba
Jour 208 - étape 165 - 92km
La journée commence bien, il tombe des cordes alors que je prends mon petit déjeuner sous le préau de la guesthouse. Une nouvelle fois, mes fringues n'arriveront pas à sécher.

Enfilage de mes habits de cosmonaute pour partir avec Ben et John. La pluie est intermittente et je sue plus à l'intérieur que je ne suis mouillé à l'extérieur. Nous roulons 3 de front, c'est tout à fait possible ici, vu le nombre de véhicules qui circule. Et voici que survient une nouvelle crevaison sur mon pneu avant, toujours un bout de fer incrusté. Cette fois, j'utilise ma chambre à air de secours, je réparerai plus tard.

Nous avons le lac malawi bordé par la chaîne de montagnes livingstone sur notre gauche, des nuages blancs tranchent sur le noir de ce massif. Sur notre droite, d'autres montagnes plus proches, elles aussi couvertes de leurs chapeaux blanc ou gris. Un petit lac s'insinue entre la route et son grand frère. Cela tonne et tombe derrière nous, sûrement à Karonga d'où nous sommes partis. 

Nous faisons une pause goûter dans un village de pêcheurs, les pirogues échouées sur la plage, les stands qui attendent le poisson pour être séché.
Le paysage se fait plus vallonné et les points de vue sont magnifiques, tantôt sur tout le lac, parfois sur une baie de sable blanc en contre bas. Nous avons de la chance car le soleil est revenu et tout de suite, cela donne une impression d'île en bordure de mer. Des souvenirs des îles de Polynésie me reviennent, les mêmes couleurs, senteurs et cette même moiteur.

Une dernière baie, des maisons de pêcheurs posées en bordure du lac, au loin les montagnes verdoyantes qui avancent dans la mer. Voici le camping où nous voulons aller mais il est un peu trop cher, nous prendrons celui d'à côté, le Akuna matata où nous retrouvons Luc et Philippe.

Nous voici 5 cyclos à aller nous baigner avec nos beaux bronzages, dans une eau un peu boueuse et marron mais super chaude. Nous restons tous les 5 à discuter trajet.
En fin d'après midi, je m'acharne à vouloir remettre ma chambre à air réparée mais la valve indienne ne veut plus garder l'air à l'intérieur. Je remettrai ma chambre à air de secours et en achèterai rapidement une nouvelle.

Nous mangeons tous les 5 avec le proprio sous un bungalow sur la plage en écoutant des vieux rocks.

lundi 31 mars 2014

Descente tropicale

11/03/14 à Kyela
Jour 206 - étape 163 - 67km
 
Ça y est, c'est reparti, je commence par faire regonfler mon pneu arrière car la valve de la chambre à air est spéciale et avec ma petite pompe j'ai des difficultés à gonfler. Quatre kilomètres de montée pour arriver au centre de Tukuyu et prendre la direction du Masoko cratère lake. L'asphalte disparaît rapidement pour laisser la place à une piste en pierre rouge, pas évidente à rouler, car un peu glissante.

Le ciel est chargé mais laisse passer quelques rayons, et je sens bien qu'il vient de pleuvoir, pas parce qu'il y a des flaques partout mais parce que l'air est saturé d'humidité. Je comprend pourquoi les bananiers poussent à foison.

C'est l'heure de la récolte des jeunes pousses de théiers. Ces petits arbustes, de la famille des camélia, poussent sur les flancs de collines, pas plus hauts d'un mètre. Le champs est quadrillé de chemin afin de laisser passer les récoltants. Cette récolte se fait soit à la main soit avec un gros sécateur muni d'une boîte (le bruit du métal à chaque coupe à quelque chose d'inquiétant) puis les bourgeons sont lancés dans une grande hotte portée sur le dos. Les feuilles sont ensuite transportées, souvent par des femmes, vers de petits préaux et déposées en tas.

Je suis encore sur les hauteurs mais plus je descend vers la vallée et plus les arbres se font grands, des avocats à ramasser à la pelle partout, toujours des bananiers, bambous et cocotiers font leurs apparitions.
Ces deux espèces servent de matériaux de construction aux nouvelles habitations, petites huttes rondes en bambou.

Je continue ma descente et serai à deux doigts de passer à côté du lac sans le voir, il est entouré d'arbre. Heureusement j'entrevoie un petit chemin, piste glissante de terre humide, pas facile d'y monter Azimut mais cela vaut le coup. L'endroit est paisible, une jeune fille est venue laver son linge et les enfants avec.

Fin de la période descente, me voici sur le plat, j'ai le sentiment de me trouver sur un atoll, piste blanche corail, cocotiers, bananiers, huttes. Mon oeil est attiré par un drôle d'arbre sur lequel un fruit pend au tronc, un cacaoyer. Je m'arrête chez une famille qui me fera goûter l'interieur d'une cabosse c'est très bon et chose surprenante, le goût est à mille lieux du chocolat?

Début d'après midi, une grosse averse m'oblige à me réfugier sous l'avancée du toit d'une maison. Les écoliers courent sous la pluie, les chaussures en main, une feuille de bananier pour protéger les cahiers, rien n'échappe à ce type de pluie.  Trente minutes que cela dure et déjà les caniveaux débordent. Le ciel est moins gris mais les montagnes environnantes sont encore chargées de nuages gris.

Je me retrouve dans la vallée encaissée du rift devant moi, le lac malawi se laisse imaginer, de chaque côté des montagnes dont à ma gauche, la chaine livinstone.

J'arriverai à atteindre kyela avant une nouvelle grosse pluie, à priori ce soir sera ma dernière nuit tanzaniene.

dimanche 30 mars 2014

Tukuyu

10/03/14 à Tukuyu jour 205

Jour off, pas tout à fait off. Petit déjeuner d'abord sous les nuages, je sors du camping en traversant les champs de thé, couleur claire pour les feuilles du haut des arbustes, je vais acheter d'étranges petits beignets que je suppose être confectionnés avec de la farine de maïs. 

Puis je laisse les sacoches sous la tente et pars en balade, vélo léger vers le god bridge. Pour cela, je reprends la route d'hier à contre sens et oblique vers l'est sur une piste. Piste qui traverse des forêts entières de bananiers. Je passe dans un petit village où se tient un marché et, probablement, aussi le point de chargement des régimes. Des femmes remontent des régimes sur leurs têtes depuis le fond de la vallée. Ils sont ensuite empilés à terre, le nom de famille inscrit sur la queue du régime. Puis on reprend tout ça pour les charger dans des camions bleus que j'ai croisé en arrivant. J'espère qu'un de ces régimes ne me tombera pas dessus, étant donné que de temps en temps, il faut que j'évite les pièges des bananes tombées à terre.

Je descend dans les gorges et plusieurs chemins s'offrent à moi et je demande ma route à un taxi moto. Celui ci me sort un drôle de discours où, il faut que je dépose mon passeport préalablement et il évite soigneusement de me dire où est l'emplacement du pont, fort étrange! Je décide donc de m'éloigner et de demander conseil à d'autres personnes et après deux demandes, je trouve enfin le lieu. Le pont est une arche naturelle de pierre, laissant passer un fort torrent d'eau marron. Visite rapide, le lieu est plaisant mais sans plus.

Retour vers Tukuyu pour voir si je peux visiter une plantation de thé, j'en ai fait la demande par mail mais aucune réponse,  je cherche donc l'office de l'association, que je ne trouverai jamais. Par contre, en cherchant je tombe sur Luc et Philippe, cyclo belges invétérés qui font Nairobi Le Cap avec 3 autres cyclistes femmes quelque part sur la route derrière eux. Nous trouverons un petit resto pour déjeuner et discuter un peu trajet au Malawi et de leurs précédents trip. Éventuellement nous nous retrouverons quelque par au Malawi pour un moment de détente. Philippe, expert en mécanique, tâtera de mes rayons et ils lui paraissent suspects, peu de tension sur certains, il m'incite à jouer de la clef à rayon. Ce que je fais, ni une ni deux, en rentrant au camping et cela me prendra bien sûr un temps fou.  Je verrai bien ce que cela donnera.

Je passe ma soirée à consulter le guide du Malawi du camping et à me prévoir un itinéraire.

samedi 29 mars 2014

Banana Land

09/03/14 à Tukuyu
Jour 204 - étape 162 - 68km

Les dimanches, en Tanzanie (et aussi au Kenya), ont quelques choses de spécials, tout le monde est sur son 31 et va à la messe dans une des nombreuses églises. Et cela commence tôt! D'abord des cloches, cela faisait longtemps que je n'en avais plus entendu puis le prêche véhément d'un prête ou un pasteur et finalement des chants qui emplissent tout l'espace, impossible de les manquer. Ça a encore été le cas, ce matin, derrière la guesthouse.

Une fois, mes chapatis et donuts absorbés, je sors de Mbeya en partant vers l'est, le vent de face et des tas de camions qui s'excitent. Je vois de nombreux réparateurs de vélo et aussi un gros concessionnaire qui alignent les bécanes comme des voitures. On est dimanche et on vient faire le tour des occasions.

Front nuageux arrivant de l'est susceptible de fournir de fortes précipitations. En effet devant moi, une énorme vague de nuages, un gros rouleau gris qui avance. Sur les cotés, il a déjà commencé à absorber les montagnes dont celle où je roulais deux jours auparavant, j'ai à peine le temps de voir les pylônes près desquels j'ai fait ma pause thé et aussi le petit coin de montagne qui devient chauve de sapins.

J'étais encore sur le plat, base de la vallée du rift mais je tourne à droite, direction le sud, les montagnes et le gris des nuages. A cette intersection, je m'arrête sur les bords de route, point stratégique, rempli d'étales et me goinfre d'ananas prédécoupés, il me faut bien ça pour avoir une impression de chaleur.

Dans la montée, je retrouve eucalyptus et sapins, tout est vert, des vélos dévalent la pente chargés de ballots de foin. Des femmes étendent leurs linges sur l'herbe pour tenter vainement de les faire sécher mais la pluie viendra tout gâcher. Les gens me paraissent plus pauvres, surtout les enfants, souvent en guenille, à porter de lourdes charges ou à travailler dans les champs
.
Voilà j'ai finis de monter, avant de descendre, je choisis de me restaurer mais une bonne femme, passablement éméchée, m'embête, je reprends donc mon vélo et descend 5km à pleine balle. Cet arrêt sera le bon, au moins pour manger et faire une pause.

Et c'est reparti pour de la descente, je crois avoir descendu 800m et fais 30 km en 42min, en suivant la base du mont Rungwe, haut de 2952m. Mont rungwe, qui comme souvent en Tanzanie, est caché par les nuages. Je suis dans la vallée et les bananiers ont pris possession du paysage, chargé de régimes, soutenus parfois par un bambou tellement il sont imposants.

Lors d'une brève pause, en effet la journée se déroule rapidement avec cette descente, je verrai Azimut se prendre une grosse saussée et la route se vidait brusquement de toutes ces vendeuses de bananes ambulantes.

La pluie cesse vaguement, je repars et suis surpris par un attroupement de gens entrain de danser, en fait c'est une messe en extérieur où se déroule une sorte de radio crochet. Des enfants, des femmes et des hommes tous très bien habillés, s'essayent à chanter (juste) ou en playback pour faire vibrer la foule.

Malgré la pluie qui s'accentue, je finirai par rejoindre le camping Bongo, camping alternatif avec projets éducatifs. Toujours seul à planter la tente, j'assisterai à l'explosion de cette masse de nuages noire, qui me poursuivait, dans un feu d'artifice d'éclair et de pluie.

vendredi 28 mars 2014

Mbeya

08/03/14 à Mbeya
 
J'ai beau ne pas rouler aujourd'hui, je n'arrive pas à faire la grasse matinée, je me réveille à 7h avec le soleil. Du coup, j'en profite pour faire une lessive, le ciel est couvert et j'ai bien peur, encore une fois, que mes vêtements vont se prendre une saussée.

Je ne sais pas si la guesthouse est dans le centre mais il y a les grandes banques et les magasins de téléphones. Je pars à la recherche d'une librairie pour acheter une carte du malawi mais on ne m'indique que des magasins de livres scolaires ou fournitures. Donc pas de carte mais un livre d'occasion, le seul en français, on verra bien ce que cela donnera.

Je déambule et passe devant des halls remplis de légumes et fruits, j'y goûterau un drôle de fruit entre tomate et prune. Bon, j'ai quand même une chose importante à faire, c'est trouver une visse pour mes lunettes de soleil, celle qui tient le verre, je pense que les vibrations ont du la faire tomber. Un hypothétique vendeur de carte m'indiquera un opticien qui fera le boulot adéquate.

Il y a toujours quelqu'un pour t'aider en Tanzanie, alors que j'achète une éponge chez des commerçants indiens (il semble y avoir une forte immigration indienne dans cette ville), éponge pas facile à trouver dans un pays où l'on récure les casseroles en aluminium à coup de gratte gratte, je suis accompagné chez un réparateur de téléphone qui resoudera proprement les câbles de mon compteur (espérons que cela tienne plus longtemps cette fois).

Encore un achat important, le thé, et là, coup de chance, un des principaux grossistes de thé en Tanzanie à pignon sur rue et me voilà demandant 2 petits paquets de 100g. Je raconte le voyage à Hassan, Kapela et Bahath qui sont tout ouïe et fascinés et bien sûr en cadeau, je repartirai avec mes deux petits paquets.

Cette fois ci, à la recherche de wifi libre, je suis importuné par des vuvuzela, un mariage? Non, on est samedi et c'est jour de foot, le club de Mbeya contre les rhinocéros de "je ne sais pas où". Mbeya gagnera et ce sera la fête. De tous les cotés, cela cherche à regarder le match.

Mbeya et la Tanzanie pour moi, seront le pays de la frites, "chipsi" comme ils disent ici, à manger à tout heure et partout. On est au paradis. Le soir, je dinerai dans la rue, auprès d'un vendeur ambulant, brochette, banane et chipsi, avec ces doigts bien sur.