vendredi 14 février 2014

Bahir der


 Plusieurs fois dans la nuit,  je me suis dit que je n'irai pas sur le lac vu mon etat mais je n'ai pas fait tous ces kilomètres pour que la maladie m'empêche de profiter du voyage. Je crois que j'arrive à dormir un peu mais à 4h, toutes les églises de Bahir se mettent à chanter pendant des heures, se rejoute le muezzin car il y a une mosquée et là je me dis que quelqu'un m 'en veut.

Mais la médecine moderne à inventer de bons médicaments que je prends à 6h en même temps que nous démontons les tentes à la frontale. Nous sommes prêts à 7h et comme je le prévoyais,  nous (le bateau) ne partirons qu'après 9h. Assis en terrasse,  nous attendons que le bateau se remplissent d'autres touristes en regardant les pélicans sur le lac Tana.

Ensuite visite de plusieurs monastères, le premier est le mieux avec pleins de peintures colorées représentant des moments clef des évangiles. Quand on dit monastère,  c'est souvent une sorte de grande bâtisse ronde avec en son centre une pièce carrée qui nous est inaccessible.

Le tour de bateau est sympa, nous nous approchons de la source du nil du lac Tana et nous rencontrons deux couples,  un australien et l'autre français avec qui nous passons une partie de l'après midi et la soirée.

Nous changerons d'hôtel pour un hôtel moins cher et pas plus mal, toujours du même type,  une petite cour entourée de pièces.

jeudi 13 février 2014

Baisse de tension

28/12/13 Bahir Der
J131 - Etape 109 - 60km
 

À l'hôtel paradisio, nous prenons un petit dej garguantuesque frites et petit dej éthiopien (oeufs brouillés, pain épicés, yaourt, tomates). Puis nous faisons un saut à l'internet café du village, il y a foule ce matin, on est samedi, et peut-être parce qu'on est prêt du lac mais il y a une sorte de brume, je ne sais pas bien si ce n'est pas la fumée habituelle des eucalyptus.

 Sur les bords de la route, nous voyons des vautours se délecter d'une carcasse de vache, ils sont à moins de 50m de la population et pas du tout intimidés. Nous faisons une pause café/thé dans un petit village, au devant d'une maison, bout une theiere sur des charbons et une petite table basse est dressée avec des petits verres, c'est à ça que l'on reconnaît les maisons à thé. Pendant que nous buvons, l'attroupement se créé, les jeunes et les moins jeunes inspectent nos vélos. Sur la route, nous voyons défiler des charrettes avec des sortes de cages en bois mais aussi d'autres transportant des longs troncs d'eucalyptus.

60km ce n'est pas long et nous voilà à Bahir Der, par contre je ne me sens pas très bien. Nous réservons un tour du lac pour le lendemain et trouvons un camping, plutôt une place à l'écart dans un hôtel sous les arbres. 

J'installe la tente et je m'y couche. J'ai mal aux intestins, devrais me lever souvent dans la nuit pour atteindre les toilettes, très mauvaise nuit malgré les cris de oiseaux qui nous entourent.

mercredi 12 février 2014

Plus près du ciel

27/12/13 werota
J130 - Etape 108 - 120km
 
La nuit a été courte mais quel plaisir de retrouver son vélo, au moins il n'est pas nécessaire d'attendre un hypothétique minibus ou de se lambiner dans un semi-remorque.
Voilà c'est parti pour la descente, gondar étant à 2200m entourée de montagne, nous n'avons pas trop le choix.
John a décidé d'acheter un nouveau t-shirt aux couleurs de l'éthiopie, cela nous permettra peut-être d'avoir moins de problèmes avec les enfants. À ce moment là, arrive une procession, il s'avère que c'est un enterrement. Le drapeau ethiopien sur le cercueil, des hommes en blancs avec des parapluies colorés chantent et un groupe de personnes dansent en montrant la photo du défunt.

Ensuite nous sortons de la ville et retrouvons la campagne, c'est la saison des récoltes et les paysans se servent de buffles pour extraire le grain de la paille ensuite à l'aide d'une fourche et du vent, le grain est récupéré et la paille mis en botte. Cela fait de grand cercle jaune quand tout est terminé.
Sur le bord de la route apparaissent de petites églises en taule avec des petites boites en fer pour y mettre ces dons. 

D'autres églises plus grosse sont posées sur les flancs de montages visibles par leurs couleurs, des jeunes récoltentt des fonds en arrêtant des véhicules, l'argent est jeté par les fenêtres et mis dans des parapluies renversés. Nous grimpons, première difficulté, mais à 2172m "jésus love us" comme écrit en lettre blanche, la descente qui suit est exquise. Sur l'autre versant de gros rochers, tels des doigts, sont pointés vers le ciel à 2500m, les vautours y dessinent de grands cercles. Tout est grand, la montagne mais aussi les arbres qui hébergent sous leurs ombres salvatrices toute une ménagerie.

Seconde difficulté, 2300m selon la carte, 1h de montée, j'arriverai à doubler un semi qui roule à doubler 10km/h. Au col, le lac tana est partiellement visible. Encore une descente, longue de 10km sans effort, nous arrivons à l'altitude du lac. Une brume commence à monter, une maison se la joue "voyage à nantes" et de grands oiseaux s'envolent dans le vert des champs inondés.

mardi 11 février 2014

Joyeux Noël à Lalibela

Lalibela
25/12/13-26/12-13


Nous avons décidé de laisser nos vélos à Gondar pour aller visiter les fameuses églises enterrées de la ville de Lalibela. Après prise de renseignements, il s'avère que le site n'est qu'à 5h de transport du coup, le matin du 25, je profite de la matinée pour faire la mise à jour du blog. Puis vers 13h, nous décidons de partir, premier minibus vers Debré Tabor, cela grimpe et redescend. Nous sommes stoppés dans une descente car un camion a eu la mauvaise idée de tomber dans le ravin. Nous en profitons pour admirer les paysages magnifiques. Nous obliquons vers la chinese road. À Debré Tabor, déconvenu, nous ne pouvons pas atteindre Gashena car il est trop tard, plus de service de minibus dans l'après midi. Nous arrivons quand même à nous en rapprocher en arrivant tant bien que mal à la ville de Nefas Meecha.

La route est là encore un vrai spectacle, il faut éviter les buffles, les chèvres, les ânes charriant des sacs menés ou pas par quelqu'un. Deux grands coups de frein et de klaxon sont nécessaires. Des grappes d'élèves en blouse ou chemise violettes, roses, bleues ou vertes rentrent chez eux. Parfois tels des fantômes, des ethiopiens enturbanés dans leurs grands chales blanc apparaissent dans la nuit alors que le jour se sont les parapluies multicolores qui protègent d'un soleil omniprésent.

Nous arrivons à Nefas dans un minibus avec 25 personnes. En effet la police contrôle le nombre de personnes  transportées, nous sommes partis à 2 minibus mais après le contrôle l'autre minibus sera vidé pour remplir le notre. À Nefas pas moyen d'aller plus loin, nous passerons la nuit dans un petit hôtel propre au moins les draps car les toilettes débordent dans la chambre.
Le lendemain il fait encore nuit mais j'entends déjà les voies des rabatteurs de minibus qu'ils essayent de remplir le plus rapidement possible. J'essaye d'allumer la lumière mais plus d'électricité dans l'hôtel. Je réveille John et nous embarquons rapidement pour la ville de Gashena. Nous verrons le soleil se lever sur les forêts d'eucalyptus qui poussent à 3000m, leur odeur de bois brûlés facilement reconnaissable est partout quand nous traversons un village.

Nous voilà à Gashena et il est peut-être trop tôt mais pas moyen d'aller à Lalibela. Nous poirotons, un rabatteur nous voit, il nous trouvera un land rover mais il faut il mettre le prix. 2h de route non asphaltée descendant du plateau pour ensuite y remonter.
Il est 9h et nous avons 11 églises à visiter. Comme sur chaque lieu touristique connu dans le monde, des boutique de souvenirs se succèdent vendant les mêmes objets "made in china".

Nous trouvons le guichet et grosse déconvenue, le prix de la visite est de 50$! Pas du tout ce qu'indiquait le guide. Discution avec John, ça fait chi.. mais nous n'avons pas fait toute cette route pour rien et c'est une fois dans notre vie. Bon je râle quand même et le vendeur te sort pleins de bonnes intentions. Toujours est il que je n'ai jamais mis autant pour visiter un lien de culte. Du coup, cela n'aide pas à apprécier le site et puis ils ont été ajoutés une espèce de structure métallique qui gâche beaucoup du spectacle, pourquoi?

Les églises sont directement creusées dans la pierre de couleur rouge, tu passes de l'une à l'autre par de petits tunnels. Il faut enlever ces chaussures pour pouvoir rentrer voir des reliques et peintures. C'est encore un lieu de pèlerinage et des prieurs sont visibles.
Après 3h, nous avons fait le tour de tous les bâtiments et décidons d'essayer de rentrer à Gondar.  Il est 13h et après 2h d'attente à monter une première fois dans un minibus, puis dans un bus, puis à nouveau de précédent minibus qui nous double le prix du trajet, nous partons pour le prix convenu vers Gashena.

À Gashena, nous tombons sur le même rabatteur qui nous trouve un 4*4 pour Werota, 2h30 à 4 à l'avant avec le conducteur qui mange ces feuilles de cat en évitant le bétail qui rentrent des pâturages.

À Werota,  il est 20h30 et nous pensons que nous dormirons à l'hôtel, mais quand il s'agit de se faire de l'argent, les ethiopiens sont doués et nous voilà dans un semi remorque qui transporte des troncs d'eucalyptus, 3h30 pour faire 120km et encore nous finirons en tuc tuc.
John avait gardé sa chambre pour y mettre nos affaires, mais moi non et comme par hasard plus de chambre de libre. Un petit billet et je pourrais dormir dans la chambre de John sur mon matelas. Il est 1h, longue journée.

jeudi 6 février 2014

Réveillon à gondar

24/12/13 Gondar
J127 - Etape 107 - 30km

 
Nuit magique dans ce petit hôtel où heureusement j'ai mis la moustiquaire mais cela n'a pas suffit à arrêter les puces que je sens courir sur mon corps. Réveil à 5h45, il fait nuit, on charge les vélos pour filer à l'anglaise avant que les.gamins ne soient à notre poursuite. Mais avant ça, nous prenons notre petit déjeuner de beignets et d'une sorte de plat mijoté avec des haricots (du foul). Nous retrouvons take ou plutôt il nous retrouve et cette fois ci il nous demande de l'argent alors que je lui avait bien spécifié que nous ne lui en donnerions pas.
La route se fait rapidement, il fait frais et nous n'avons pas du tout à monter. Arrivés à Azezo, ce n'est qu'une suite de construction (nous verrons de nombreuses femmes en robe travailler sur les chantiers), de projets immobiliers et même une brasserie, jusqu'à Gondar.

Il est 9h, nous trouvons un hôtel, attendons que les chambres soient prêtes et filons en ville car Gondar est une grande ville. Comme dans le seigneur des anneaux, un château surplombe la ville, plutôt 5 ou 7 châteaux dans les murs d'une même enceinte, nous y ferons une visite et irons aussi #. L'après midi, nous flanerons  et profitons de l'excuse du réveillon pour nous goinfrer de pâtisseries (mille feuilles et tiramisu), par contre dans le calendrier ethiopien le réveillon est dans 14jours et on est encore en 2006.
Le soir, nous gouterons  au vin rouge (petillant)  et au vin au miel (spécialité du coin) mais ils ne Resterons pas dans ma mémoire. Nous passons à côté d'un café et irons danser sur de la musique ethiopienne pour terminer notre soirée de noël.

mercredi 5 février 2014

Atteindre des sommets

23/12/13 Aymba
J126 - Etape 106 - 84km

 
Nous sommes vraiment dans un petit village, on entend toutes les bêtes de la ferme et surtout l'âne derrière le mur de la chambre qui fait un bruit d'enfer. Lors de la préparation du petit dej, nous sommes épiés par les 2 petites filles de la maison qui se demandent sûrement avec quoi nous cuisinons et quoi. Qui dit grosse journée, dit grosse prépa alimentaire et après les nouilles/riz, nous achetons des beignets pour nous donner du courage. John fait même, le coup d'une fausse crevaison pour nous retarder mais à un moment il faut y aller. Après être tranquillement montés jusqu'à 1200m, nous passons le braquet supérieur pour monter à 1700m, derrière nous, nous voyons la vallée s'élargir et à notre gauche, le haut du plateau se rapprocher. Avec le paysage, on se croirait presque dans l'arrière pays niçois. Nous aurons le droit à un petit coup de pouce de certains enfants qui nous pousserons dans la montée, d'autres non pas eu cette chance et une épave de camion citerne trône au milieu de la chaussée, rouillée et dépouillée de beaucoup de ces attributs. 
Cela fait 3h que l'on monte et nous décidons de faire une pause qui nous permettra de savoir ce que contiennent ces drôles boites bleues suspendus devant les maisons, du miel. Il ira très bien avec les beignets sauf qu'il contient encore une grande partie de cire et des bouts d'abeilles.
C'est pas tout ça mais on a encore la moitié de l'ascension à faire et là c'est plus dur, les virages serrés s'enchainent, le plus grand pignon atteint, plus d'échappatoire! Et un nouveau panneau indique que cela grimpe "For 2 km", le coeur bat la chamade mais les jambes s'accrochent, aller moins vite et pousser. Victoire, nous voilà sur le plateau, le paysage n'a plus du tout la même physionomie, des champs, du maïs, du blé, de grands eucalyptus, des mottes de foin.

Et toujours ce monde sur la route, des troupeaux d'âne, j'évite les buffles et les chèvres dans les descentes. Quelques cyclistes locaux, nous tiennent tête. Nous croisons un drôle de cortège, un lit, un linceul, un pied qui dépasse, le tout porté par 3 personnes. Nous apprendrons plus tard que c'est un malade qui est transporté.

Décidément les ponts et chaussées ethiopiens n'ont pas fait au mieux, après avoir atteint 2200, nous redescendons puis remonter et redescendre dans la vallée où un faible cour d'eau sert de ravitaillement et de lavoir. S'en sera trop pour nous qui voulions atteindre Gondar, nous nous arrêtons dans un petit village, entourés par une nuée d'enfants et aidé par un adulte, nous réussirons à trouver un petit "hôtel", pas aidés par le cortège qui nous précède. Petit hôtel, plutôt un lit dans une étable à bestiaux. Le jeune Tek nous servira d'interprète lorsque notre sortie dans le village pour manger, il parle un meilleur anglais que moi et aimerait devenir footballeur ou sinon médecin.

mardi 4 février 2014

You you

22/12/13 nagade baher
J125 - Etape 105- 91km

 
Nous pensons que l'hôtel où  nous avons dormi, est un hôtel de passe puisque ce matin, les couples se défont à la sortie de la chambre mais cela ne m'a pas gêné plus que ça, de plus je crois que la prostitution est légale en éthiopie. La chambre était propre avec moustiquaire et les tenanciers polies et souriants. Ce matin l'un d'eux me demande une clef de 8 dans mes outils car la pompe qui monte l'eau dans le réservoir depuis des tonneaux, ne fonctionne plus. En voyant, le gars transporter ces bidons jaunes depuis sa charrette à âne vers des tonneaux puis de monter des sauts avec une corde à la force de ces bras pour remplir ce réservoir que je me rends compte qu'il est facile pour nous de tourner le robinet et d'avoir de l'eau, potable en plus. Ici c'est un travail à part entière et une dépense d'énergie et de temps énormes.

Comme à chaque entrée dans un nouveau pays, tout m'éblouis. Ici la vie se déroule sur la route, de nombreuses personnes marchent souvent avec une canne en bois ou un bâton sur les épaules ou protégés par un parapluie. Les troupeaux ne sont plus sur les cotés de la route mais au milieu de la chaussée et nous les traversons à grands coup de sonnette.

Le paysage est plus vert, d'immenses arbres sont présents, entourés de hautes herbes et abritent de nombreux oiseaux dont certains avec de long bec rouge et d'autres tout bleu. Après le silence du désert soudanais, le bruit de la circulation égyptienne, c'est un vrai régal d'entendre piailler. Les maisons sont maintenant en rondin de bois pour les murs et des branchages pour le toit. Malgré toute cette nature, l'être humain est très présent et nous le savons car à chaque fois que nous sommes vus, on nous crie "you". L'arrivée dans un village ressemble à un film de zombie, dès qu'un enfant nous voit, il crie you et se lance en courant vers la route, s'en suit un écho dans le village et de plus en plus d'enfants sortent de partout courant autour de nos vélos sans méchanceté. Aujourd'hui ça nous fait rire, on verra dans un mois.

Nous nous arrêtons boire une boisson fraîche et pleins d'enfants nous suivent, certaines jeunes filles en robe ont le crâne rasé ou la crête. Ils se rapprochent de nos vélos mais dès que nous nous levons, c'est le mouvement de panique, nous leurs faisons peur surtout moi avec ma barbe. 

Nous atteindrons les 1000m d'altitude sous les 40°C mais la route est agréable sans trop de circulation. Avant la nuit, nous nous arrêtons dans une petite ville, il y a quand même un petit hôtel, sûrement du même type qu'hier. La musique ethiopienne et le reggae jouent à fond, une odeur d'encens parvient régulièrement quand ma chambre.
Ce midi et ce soir nous avons mangé ethiopien pour 50bir (2€) pour 2, de grandes galettes (injera)  avec soit de la viande soit de petits meze, un vrai régal.

lundi 3 février 2014

Mia mia

21/12/13 Metama
J124 - Etape 104 - 87km


Hier soir, la visite de la ville avait quelque chose d'étrange, en effet la rue principale n'est pas éclairée, et si l'on ne veut pas tomber dans un trou, il vaut mieux marcher sur la route et éviter les rickshow qui eux, ont les phares allumés.

Dans l'après midi, j'avais dérogé à deux de mes règles : ne pas manger de crudités et ne pas boire d'eau. Du coup durand la nuit, il a fallu que j'arrive à trouver les toilettes heureusement la lune m'a aidé car il n'y avait aucune lumière extérieure.

Cela n'a pas été le seul inconvénient de ma nuit, j'ai eu la mauvaise idée de croire que le lit en bois+ ficelle à la taille d'un soudanais me permettrait de dormir correctement mais passer la nuit, recroquevillé m'a vite gêné et j'ai profité d'être réveillé par quelqu' un qui rentrait en plein milieu de la nuit pour poser mon matelas dans la poussière.
Au matin, je me force à boire du thé et à manger puis il nous faut bien partir. Pour m'aider, j'ai l'impression que depuis quelques jours il fait plus chaud, une brume est visible sur les collines que l'on peut voir au loin derrière les herbes jaunes.

La route est assez paisible aujourd'hui, pas de bus à grande vitesse et toujours quelques camions bleu, bedford, souvent sans portière. Dès que des enfants nous voient, nous entendons des "coaya", je crois que cela veut dire étranger. Nouveautée, quelques champs de coton font leurs apparitions. Sur chaque cotés de la route, nous avons nommé cela "cow highway", deux chemins permettent aux troupeaux de descendre des collines. À notre pause thé, 2 jeunes filles chariant des herbes jaunes sur leur charrette, nous offrirons des arachides fraîchement sorties de terre. À la reprise nous avons le droit à une montée progressive jusqu'à 750m, le paysage change à nouveau, retour des acacias rouges parallèlement les grandes herbes deviennent orange. Dans le ciel des nuages, cela fait un moment que je n'en avais plus vu.

La ville frontière de Galabat n'est qu'une rue qui se termine par un pont que tout le monde franchi allègrement. Dernier minaret, la fin du monde musulman. Un passage éclair chez les douanes et à l'immigration, ce ne sera qu'une formalité, nous y rencontrons 2 suisses qui voyagent en landrover et remontent vers le Soudan, je leurs donnerai mes cartes sim.

Nous traversons le pont, passons les douanes ethiopiennes (parfois il fait savoir que c'est des officiels!) qui fouillent nos sacoches, passons à l'immigration, photos, prise d empreintes, on se croirait à Roissy. Metema et sa longue avenue, bordée de shop, de café et night club en taule. Nous y trouvons sans diffuculté une banque pour faire du change (euros et dollars), pas de distributeurs. Déjà l'ambiance est différente, plus joyeuse, les femmes dévoilés et souriante à l'africaine.

Un homme nous emmènera dans un hôtel sympa excentré, nous avons le droit à chacun notre chambre et une bonne douche froide, il fait 41°.

Nous partons de nuit arpenter la rue pour manger de nouveaux mets, petits plats mijotés au charbon de bois avec du bon pain, impossible de savoir ce que c'est. Des enfants nous suivrons pendant 10minutes en répétant "you". Encore une fois la rue est très faiblement éclairée mais animée par les bars et night club (ici on peut boire de l'alcool). Ce soir, nous sommes à l'opposé de l'ambiance soudanaise.

Le soudan et ces habitants m'auront marqué par leur gentillesse, leur politesse et l'envie de nous aider dès qu'ils le peuvent. L'image erronée par nos médias est définitivement effacée, et c'est avec plaisir que j'y reviendrai. Le pouce levé, tamam? Mia-mia.

dimanche 2 février 2014

Comme une impression de fin


20/12/13 Doka
J123 - Etape 103 - 75km
 
Ce matin, en nous levant, nous nous sommes dis qu'avec le vent du nord, soufflant habituellement, nous pourrions atteindre Metema aujourd'hui. Nous prenons donc la route de bonne heure, pas de problèmes techniques ce matin.

Les acacias ont disparu et laissé la place à de grandes herbes jaunes. Des plaines bosselées sont parsemées de grands arbres verts. Quand un village apparaît, c'est un coin de verdure au milieu d'une étendue jaune. La route monte et descend toujours aux alentours de 600m d'altitude et toujours de façon progressive. Mon oeil est attiré par d'étranges boules de pailles, suspendues dans certains arbres, nous supposons que ce sont des nids.

Au détour d'un village, John aperçoit un couturier, ici ce ne sont que les hommes qui font ce métier, nous nous arrêtons et il reprisera plusieurs choses dont un bout de mon short. Le temps de faire ces petites choses, de plus en plus d'enfants arrivent mais ne sont aucunement oppressants, ils nous regardent de loin.

Nous avons décidé de nous arrêter à Doka, seconde plus grosse ville de la région de Galabatte, qui ressemble à un camps de vacances avec ces cahuttes à l'entrée. Nous allons vers le souk où se trouve généralement les lokandas. Nous trouvons un endroit agréable avec un grand arbre en son centre. Bon pas de douches si ce n'est 3 grands bidons d'eau douteuse  et les toilettes, comment dire, un bac de douche avec un grand saut faisant office de chasse d'eau, mais bon pour 10ls on ne va pas faire les difficiles et puis nous sommes près du souk, de la vie soudanaise. La lokanda fait aussi office de café chicha et les hommes se croisent aujourd'hui, jour de week-end, l'odeur du tabac à la pomme est agréable. Assis sous le grand arbre, nous profitons de la douceur du vent. Nous irons faire un tour dans le souk pour goûter une dernière fois aux mets soudanais. On prend rapidement l'habitude de manger avec ces doigts et c'est plutôt agréable.