jeudi 5 décembre 2013

Petite frayeur

Le 18/11/13 à Daraw
Jour 94 - Etape 79 - 70 km


Ce matin, le départ a été mouvementé en effet j'ai eu la mauvaise idée de descendre au moment où les écoliers, tous vêtus de leur chemise bleue, rentraient en classe et comme il m'a fallu descendre Azimut non chargé (il y avait quelques marches), il y a eu rapidement un attroupement autour de moi, chacun voulant jouer de ma sonnette. Le temps que je mette mes derniers sacoches il y avait au moins 50 garçons qui voulaient toucher à tout, heureusement que tout est attaché ensemble. 
Comme je sentais que la tension montait, j'ai ficelé les dernières affaires et me suis "enfui", les gamins me poursuivant en criant et tapant sur mon bidon à l'arrière. Cela me servira de leçon et procéderais d'une autre manière la prochaine fois.
 
Je traverse à nouveau le nil et trouve un peu de tranquillité dans le désert, la route s'éloignant pour un temps de la vallée, cela faisait longtemps que je n'avais pas roulé 1 km sans voir personne.

Et je passe le cap des 7000 km de voyage, avec quelques fleurs rouges pour me changer des couleurs sèches du désert.









Puis retour près des cultures, à droite les palmiers et à gauche les habitations, les pieds dans le sable. Je prendrai mon petit déjeuner à l'égyptienne et discuterai une nouvelle fois politique du pays, l'opinion de mon interlocuteur étant à l'opposé de celle de la personne d'hier soir au café. Un camp traite l'autre de terroriste (aidé par une propagande audio visuel) et l'autre le traitant de nazi, tout cela dans une entente relative.






Depuis quelque temps que je me rapproche du sud, je constate un changement dans la physionomie des visages, la peau se fait plus foncée presque noir, les hommes ont le visage anguleux et les femmes sont plus rondes, vêtues toutes de noir.
 





Je  traverse quelques villages nubiens, maisons basses peintes en bleu, inscriptions relatives au pèlerinage de la Mecque, visible en façades. Je m'arrêtes dans un parc et Hamed, habillé de sa djelaba marron, vient m'apporter un thé. Nous discutons, il tient un petit net café playstation avec 3 ordis qui se battent en duel.










Arrivé à Kom Ombo, je pensais tomber sur un village typiquement nubien comme j'avais cru le lire dans un guide mais la ville n'est qu'une suite de réparateurs de voitures. Du coup, je prolonge jusqu'à Daraw, où je souhaite passer la nuit afin d'aller voir le marché à bestiaux le lendemain.



  profite d'un checkpoint policier pour demander où planter la tente. Pas à l'extérieur et dans un hôtel d'après le gradé. Coup de chance, des ambulanciers sont situés juste à côté et je m'invite à dormir dans une de leur petite pièce. Lors de la soirée, nous arrivons à échanger un petit peu mais ils parlent très peu anglais. À la télé nous apprendrons qu'il y a eu un assassinat au Caire mais j'aurai du mal à en savoir plus.

mercredi 4 décembre 2013

Le temple d'Horus

Le 17/11/13 à Idfu
Jour 93 - Etape 78 - 47 km

Hier soir alors que je venais de finir de préparer à manger et que les légumes mijotaient sur le rechaud, on m'a fait comprendre que l'on allait m'apporter un repas, biensur je n'en demandais pas tant et j'explique que je cuisine pour demain, ça a l'air de satisfaire tout le monde. Arrive en effet un grand plateau en métal, porté par le servant, c'est comme ça que l'on m'a traduit la fonction de cet homme. Il dépose le plateau dans "ma" pièce et le maître m'invite à y manger. Ce sera, seul que je mangerai, du foul, de la viande (elle a un drôle de goût et me reviennent les images des bouts de viande qui pendent à l'air libre mais tant pis), des olives, du fromage égyptien qui pique et du bon fromage de chez nous (3 portions de vache qui rit), le tout accompagné de pain traditionnel égyptien. C'est vraiment local et je dévore tout. Là dessus, on m'amène un café, je ne suis pas café mais je goûte, celui-ci est exquis, sucré et au goût de cardamone, je boirai la mini tasse sans la grosse dose de mare qu'il y a au fond. Le servant revient récupérer le tout et ramène 2 thés et je l'invite à en prendre un avec moi. Il essaye de parler et je distingue à peine sa voix, il a l'air timide ou effrayé, j'hésite entre les deux, dommage qu'aucune communication ne soit possible.
 
Avant de me coucher, je rentrerai Azimut dans la grande pièce où quelqu'un va dormir et moi je m'installe avec la moustiquaire sur un des canapés qui font le tour de la pièce carré où l'on m'a installé.
Au matin, un seul homme dort dans le dortoir, je mange mes légumes de la veille, je n'ai en effet pas la place de les transporter dans la gamelle et me prépare. Au moment de partir le maître m'apporte le petit déjeuner  : thé, lait+thé, 3 parts de gâteau, pour ne pas lui faire offense, je grignote tout. Pendant ce temps là, il reste arroser le devant de sa maison qui est adjacente à l'endroit où j'ai dormi. Cet endroit où à l'entrée, flotte un crocodile empaillé ou en bois. Avant de partir, je demande au servant si je peux le prendre en photo, je le trouve beau, son visage s'illumine mais dès qu'il est sur le parvis de l'immeuble, je le vois zyeuter pour voir si le maître ne le regarde pas. La scène est un peu triste.
Ensuite je pars et biensur contrôle de police, un instant je me dis, ça y est je vais y avoir droit mais un coup de téléphone dira que je peux y aller. Je suis suivi par téléphone, c'est déjà ça. À ce checkpoint, le manager de l'hôpital de El Siba Ya m'explique qu'il mène une campagne de vaccination contre dt polio, en effet 2 infirmières tiennent un petit stand qui accueille une femme et son enfant descendus d'un minibus. Sur le reste de mon parcours j'en verrai d'autre faire du porte à porte et obliger un enfant pleurant à prendre ces cachets.
Je sens que la vallée du nil se rétrécit et il m'est possible de voir les deux cotés, de plus elle semble moins cultivée, la présence du sable est visible même sur la route. Sur le côté de la route, de nombreuses écoles ont été construites, facilement reconnaissables à leurs 3 ou 4 étages et aux chahutements d'enfants, souvent il y a une école pour les filles et une pour les gars.
J'arrive à Idfu et prend le premier hôtel que je trouve, je crois que je n'ai jamais fait pire, je crois que sordide est le mot juste. Je vais dormir par terre avec les 2 3 fourmis qui se baladent, la fenêtre donne sur la rue, peu passante mais bruyante comme souvent en égypte. Y'a quand même un ventilateur qui fonctionne au plafond. J'ai choisi cet endroit car il est situé juste à côté du temple d'Horus.
Je vous faisais part dans un billet précédent de mon aversion temporaire pour les temples et bien là, je suis bluffé, le temple est grandiose, superbement conservé. Il doit bien faire 200m de long, 100m dede large et 30m de hauteur. Les hiéroglyphes ressemblent à de la broderie et certaines couleurs toujours visibles. Je ne regrette pas d'être venu surtout que je suis seul dans cette immensité, pas tous les jours que l'on a un temple perso. Je finirai la journée et soirée en me baladant dans le bourg et en me faisant dévisager.

jeudi 28 novembre 2013

Relations ambigues

Le 16/11/13 à El Adayma
Jour 92 - Etape 77 - 74 km

Après ces 2 jours de pause me voilà reparti sur les routes, je dis aurevoir à Ahmed qui aurait bien aimé que je reste plus longtemps. Je remonte la route, sur la rive ouest, qui va à la vallée des rois, je passe le premier barrage de police, on m'arrête mais pas d'escorte, bonne nouvelle. Je roule tranquillement, je n'ai que très peu de kilomètres à faire pour atteindre Esna. Je suis, certes parti un peu tard, 10h mais il ne fait pas si chaud quand on roule. 

Je suis toujours cette route centrale proche du Nil même s'il n'est pas en vue. La journée s'annonce bien mais dès que j'ai avancé un peu, je sens une hostilité dans le regard, ce qui se confirmera par le jet de quelques pierres par des enfants et adolescents. Cela ne m'empêche pas de faire une pause dans d'une petite bourgade, au milieu des gens. La vie se regroupe toujours à un T, pont rejoignant la route et surplombant le canal. Des marchands de légumes et fruits y posent leurs échopes, les minibus en font leur terminus et les garagistes y sont bien placés. J'y achètes à un camelot, des patates douces qui sont déjà cuites issu d'un espèce de petit four mobile et des bananes succulentes (elles sont petites et non pas le même goût que nos bananes française). Je resterai là à regarder la vie se faire sur un banc fait de palette, on m'offre le thé, j'offre des dates, là je sens la sympathie. 

Je reprends la route et ai la chance de voir 2 varrants sur les bords du canal.
Cette zone de l'égypte doit être le pôle de production de la tomate car je vois passer de nombreux pickup chargés, les tomates sont entassées dans des petites cagettes. Elles sont faites à la main par des artisans sur les bords de la route à partir de branches de palmiers, il y en a de toutes les tailles.


 
Pour mon arrivée à Esna, je me perds dans la ville et me retrouve très proche du Nil, en front de mer, cela me fait arriver dans une banlieue pauvre. Il semble qu'il y ait une fête, des gens chantent et dansent, surtout des hommes mais dès que je suis vu, c'est l'effervescence et je n'ose pas m'arrêter. Je le ferai un peu plus loin quand deux papys m'interpelleront. Nous serons vite rejoins par les enfants du quartier, qui s'essayent à l'anglais, touchent mon vélo. Ils seront disputés par l'un des vieux mais rien n'y fait, ils ne bougeront pas et un des vieux me fait comprendre qu'il vaut mieux que je partes car les gens s'agglutinent rapidement.


Il est 16h, sur les bas cotés, je scrute les champs de cannes à sucre à la recherche d'un éventuel lieu de repos pour la nuit quand je vois une ambulance garée dans un ensemble de maison avec pelouse, idéal pour poser la tente. Je m'arrête et demande à la doctoresse si je peux planter la tente dans le jolie patio à l'abri de la vue de la route. Je suis un peu désarçonné quand elle me dit que ce n'est pas possible mais que dans la ville il y a un lieu qui peut m'accueillir et l'on me conduit dans un bâtiment avec plein de vieux. 
 
Je n'arrive pas à comprendre où je suis, il y a plein de photos du même homme : est ce un asile? Une mosquée? J'arrive à comprendre avec mon petit lexique que ce personnage est juge ou policier ou député. Il viendra me saluer et me propose une pièce à moi, du thé, de l'infusion, servi par un homme en guenille qui semble être l'homme à tout faire. Azimut est dehors et on me dit qu'il est à l'abri, en effet plusieurs hommes sortent du bâtiment avec des fusils pour faire leur ronde.

 

mercredi 27 novembre 2013

Luxor





Ca fait 3 mois que je suis parti et cela me paraît plus lointain, peut-être est-ce la progression dans le voyage ou la rupture avec ma vie habituelle qui me donne cette impression.

Que dire de Luxor à part que le touriste est absent et que cela se voit et ressent, de nombreuses boutiques sont fermées, les felouks et navires de croisières restent à quai et certains hommes un peu insistant pour faire un peu bizness. 

Par contre c'est l'occasion rêvée pour visiter les temples en toute quiétude, pas de foule, pas de bruit. J'en profite pour retourner voir le temple de karnak, le plus grand d'égypte, l'architecture est grandiose. 

Je dis retourner car je suis déjà venu à Luxor il y a 7ans et je me rappelle déjà que j'avais fais une overdose de hiéroglyphes donc cette fois ci ça a été le minimum.

Je prends mon temps à Al Salam Camp où je dine et prends le petit dej. Je grimpe sur une des montagnes de la rive ouest qui surplombe le temple de Hatshepsut entre la vallée des rois et des reines. Je peux ainsi avoir une vue globale sur la vallée du nil et ces cultures.

En haut de cette montagne, sont biensur postés de jeunes policiers qui ne semble pas avoir grand chose à faire. Ils m'offriront un thé et un peu de leurs repas, une galette de pain avec du riz. L'endroit où ils logent est sordide. Bonne impression au départ mais lorsque je redescend, l'un d'eux est insistant pour que je lui donne de l'argent.


Mon envie de repartir sur la route est trop grande, je ne resterai pas plusLongtemps à Luxor.

mardi 26 novembre 2013

Liberté retrouvée

Le 13/11/13 à Luxor
Jour 89 - Etape 76 - 89 km
 

Enfin je retrouve ce sentiment de liberté de rouler sans être suivi et tout de suite, j'ai l'impression que les égyptiens sont plus réceptifs et enthousiastes quand ils me voient. Ce matin, le réceptionniste a quand même appelé quelqu'un mais soit personne n'est venu, soit je suis parti par la mauvaise route. Je suis repassé sur la rive ouest car la distance vers Luxor est plus courte à ce qui paraît sur la carte, mais c'est en prenant la western désert road et moi je passe par une route parallèle longeant toujours un canal. Sur le bord de la route, dans les cafés de nombreux hommes fument la chicha. 


Aux intersections avec les villages, j'aperçois quelques hommes en djelaba avec des fusils qui semblent être là pour surveiller, peut-être des milices ou des policiers en civil. Maintenant que je ne suis plus accompagné, je retrouve ces jeunes gamins en moto qui commencent par me parler puis qui me demandent de l'argent, voir veulent prendre mes savates heureusement attachées à mon sac. J'ai même eu une petite frayeur quand l'un d'eux a mis la main à sa poche, j'ai cru qu'il sortait une arme mais il voulait surtout me montrer ce qu'ils attendaient de moi. Au bout d'un moment voyant que je ne suis pas réceptif, ils lâcherons l'affaire.
 
Dernier contrôle de police, avec arrêt thé avant d'arriver à Luxor où je tente de trouver l'Al Salam camp, seul, mais pas aider par google j'ai pris une mauvaise indication la veille, je me fais 20km en plus afin de retrouver un pont et atteindre la ville de Luxor sur la rive est.
 



Je tente d'appeler avec mon portable mais un message en arabe ne m'aidera pas trop. À Luxor je trouve un net café et une personne m'aidera à contacter Ahmed (il s'avère que le message en arabe expliquait le mise en place d'une nouvelle numérotation, un 0 à rajouter en plein milieu du numéro). Il me faut une nouvelle fois passer sur la rive ouest moins touristique pour atteindre le camp et pour cela heureusement qu'il y a un ferry public. Sauf qu'une fois le vélo descendu par les marches et posé dans le bateau, un autre navire arrive. Toute la foule se déplace et je dois bouger le vélo rapidement car le bateau est presque entrain de partir. À l'arrêt, quelques personnes et Ahmed venu à ma rencontre, m'aideront à remonter le vélo sur la berge. L'Al Salam camp est un endroit fort sommaire, fait de petites cahuttes en bambou avec de grands préaux. Ahmed parle un bon anglais et nous discutons politique comme souvent en Égypte. Le tourisme à Luxor, où 85% de la population en vie, est en pleine crise et il est content de me voir là.