lundi 30 décembre 2013

Khartoum



13/12/13-14/12/13 à Khartoum  j117-118

Je disais passer 3 jours à khartoum mais cela ne sera que deux, pourquoi si peu? Car le visa touristique soudanais ne nous laisse qu'un mois pour traverser le pays et que la frontière éthiopiene est encore loin. Nous avons fait le choix donc de rester peu de temps, de plus il n'y a pas grand chose à voir. 

Seule visite culturelle que nous ferons, sera d'aller voir les dervish tourneurs du cimetière Admad al nil. Après avoir traversés la ville du Sud Est où habite Stephen vers le nord ouest à Ondurman , nous nous perdons un peu mais arriverons à temps pour voir se former de grand cercle de croyants au milieu duquel tournent des personnes, en chantant et en dansant, certains en trans, le tout rythmé par des tambours.  Pour arriver sur le lieu, nous traversons  le cimetière sur nos vélos, ce que je n'avais jamais fait. Sur place, il y a toujours quelques vendeurs d'eau, de graines en tout genre et des mamas chai mais en plus cette fois-ci, nous découvrirons une nouvelle tradition culinaire du soudan, les beignets à la farine de mais que les mamas font frire sur leurs petits réchaud aux charbons de bois. 
 
Nous rentrons chez Stephen de nuit, 16km dans Khartoum pour arriver à la party que celui-ci organise dans son jardin et sa maison. Nous discutons avec pas mal d'invités, étonnés de nous voir là et gouterons à la cuisine éthiopienne, la femme Lydia et la belle famille de Stephen en sont originaires. Peu de monde dans le jardin, en effet l'hiver est arrivé avec son vent du Nord qui transporte la poussière et fait baisser les températures, en retard de 2 mois, on nous dira par rapport à d'habitude, qu'est ce que vous voulait, y'a plus de saison ma bonne dame. Mais un peu de frais cela me me gène pas, par contre les soudanais sont assez perturbés par cette chute soudaine et ont sorti doudoune et bonnet.
Le lendemain, nous décidons de laisser tranquille, cette petite famille pour aller dans une auberge de jeunesse, plus prêt du centre de Khartoum et de l'ambassade éthiopienne. Après un petit dej et café éthiopien, le café directement grillé dans la maison, Lydia nous aidera en écrivant un petit mot en langue éthiopienne pour que nous puissions faire du camping et nous fournira un contact sur Addis, nous avons vraiment été bien accueillis.
Nous prenons la route du nord, nous sommes samedi et les magasins à nouveau ouverts, nous avions remarqué un magasin de purification de l'eau et nous espérons y trouver des pilules. En effet, il semblerait que j'ai cassé la cartouche du filtre en mettant trop de puissance et j'ai terminé ma réserve de micro pur, John est dans le même cas. Nous nous arrêtons, discutons mais impossible de trouver ce genre de choses sur Khartoum, nous faisons quelques mètres, dépités, lorsque nous sommes rattrapés par les vendeuses qui sont allées chercher des pilules perso. Elles nous cherchaient avec leurs voitures pour nous fournir des comprimés valable pour 100l, nous allons devoir jouer les chimistes mais c'est déjà ça. Encore une preuve de la gentillesse des soudanais(e). Nous trouvons l'auberge et je passe l'après midi à faire la mise à jour du blog, dans un petit point internet avec 3 pc et peu de monde, l'accès, pour une fois n'est pas si mauvais.

dimanche 29 décembre 2013

Rencontre avec la police

12/12/13 Khartoum
J116 - Etape 97 - 102km


Ce matin, ce sont les souvenirs de Turquie qui réapparaissent, la nuit dans la tente et le réveil frisqué, et oui il peut faire froid au Soudan. Du coup, nous montons directement sur nos vélos pour aller chercher le soleil. Après une bonne heure, nous nous mettons à l'abri d'une petite cafétéria pour une pause rapide, les yeux des quelques personnes présentes scrutant nos gestes et le rechaud. Khartoum est encore loin.
Nous repartons et sommes arrêtés à un checkpoint. En plus de contrôler nos passeports, de nous inscrire sur leurs registres, nous voyons défiler plusieurs personnes. Ils fouillent dans les sacoches de John puis nous sommes "invités" à l'intérieur d'une petite pièce avec des lits. Il nous faut, à nouveau, montrer nos passeports et nos laisser passer puis interrogatoire pour savoir si nous avons un ou des appareils photos. Petit moment d'angoisse et je montre la caméra, visonnage de 2 3 films, suspense mais ça passe. Je ne leurs montrerai pas l'autre appareil et puis maintenant avec le téléphone, on peut filmer et prendre des photoscomme on veut! Ils scanneront quand même nos laisser passer avec leurs propres téléphones. Et du coup l'atmosphère se détend, quelques blagues sur le foot, sur notre bronzage et nous pouvons enfin repartir, après 45min d'arrêt.
 
Nous avons le vent dans le dos et ne faisons plus d'arrêt jusqu'à Khartoum. Nous serons à nouveau arrêtés sur cette route car elle passe en plein milieu de diverses bases militaires et ça grouille d'uniforme. Un gradé nous le fera remarquer.
L'arrivée dans Khartoum est plutôt facile, nous suivons le Nil, il y a peu de circulation, avant d'obliquer vers le centre et de nous faufiler vers l'ambassade d'Ethiopie. Et heureusement que nous avons un GPS, mais cela me sera pas suffisant, celle ci ferme à 12h et il est 14h, il nous faudra revenir dimanche, au moins nous avons les formulaires à remplir.
Un arrêt repas dans un gros restaurant, plus rien à voir avec nos buibui et le prix change aussi. Nous nous dirigeons vers le sud de la ville chez Stephen (un warmshower) en empruntant une grosse avenue.
Chez Stephen, nous planterons nos tentes dans le petit jardin, sur de la pelouse, de sa grande maison.
Une douche chaude est la bienvenue, et je vois la poussière et le sable coulaient au fond de la baignoire, mince mon bronzage s'en va.
Nous avons donc 3jours ici à khartoum pour faire diverses choses, un peu de tourisme, des réparations et des achats.

samedi 28 décembre 2013

Washing gauffres

11/12/13 ?
J115 - Etape 96 - 77km 
 

 Nous avons été avertis que la route n'était pas entièrement goudronnée et après 10km, c'est effectivement le cas mais la piste n'est pas si mauvaise. Des tas de cailloux en vu de la construction de la route sont posés au milieu. C'est assez roulant et avec les acacias un peu partout ça y est, il ne manque plus qu'un éléphant.


Mais cela se corse, et oui parfois on fait du 30km/h et d'autres du 10km/h voir du 8 et tu en chies. Ton corps est meurtri car la route est un vrai tape cul, de la gaufre comme disait Stephen ou washing board pour John. Pendant 5h, à essayer de trouver la meilleure trajectoire en slalommant sur cette route afin d'éviter de sautiller sur la selle. Les bras sont serrés sur le guidon, les doigts crispaient en permanence, le bout de pieds cognant sur les cales pied. Tu ne peux pas regarder le paysage, tes yeux sont rivés sur les trous, le sable et les cailloux.
Cailloux que tu entends voler quand ton pneu passe dessus. Il n'y a pas que moi qui souffre, je sens aussi que pour Azimut c'est dur aussi, ça couine, ça patine, ça craque.
John me dit qu'il préfère cela au vent, moi je ne suis pas d'accord. Le vent il suffit de pédaler, de forcer pour aller contre. Là tu ne fais que subir.
Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, nous retrouvons l'asphalte en commençant par un contrôle de police un peu long, d'habitude ils se contentent de demander où nous allons ou nos passeports, voir notre laisser passer mais là, ils voulaient savoir ce que nous avions dans nos sacoches. Du coup, un peu énervé, je déballe toute ma sacoche avant cuisine. Est ce pour ça ou parce que mon vélo tombe lamentablement et qu'ils n'arrivent pas à le relever que nous partons rapidement ensuite.
Au loin, près des collines de gros amas de rochers noirs sont visibles tels des profiterols posés en pièce montée. Nous passons des villages de plus en plus pauvres et quelques huttes font leurs apparitions. Nous passerons parmi elles pour trouver un endroit où dormir. Nous roulons sur de petites pierres qui sont partout mais trouvons un lieu avec du sable, sable moins doux que d'habitude, surement le lit d'un oued.
Quelques nuages font leurs apparitions mais la lune est bien présente et un fort vent aussi qui m'obligera à sortir la tente, cela faisait longtemps

vendredi 27 décembre 2013

Meroe un lieu magique


10/12/13 ?
J114 - Etape 95 - 102+2km
 Quel plaisir de recevoir du sable fin, tout au long de la nuit, transporté par de grandes bourrasques depuis la dune qui donne juste sur les pyramides mais aussi quel plaisir de voir se lever le soleil illuminant de ces rayons, la vingtaine de pyramides nubiennes. Seule ombre à ce tableau, c'est que ces pyramides ont été décapitées par un pseudo archéologue italien afin d'y déceler leurs trésors. Mais cela n'enlève rien à la beauté de la scène, les pyramides noires tranchant avec le sable rosé, parfois une onde de sable volant descend des dunes transportée par le vent.
Ces pyramides ont parfois une entrée ornée de hiéroglyphes amenant à une petite pièce toujours orientée vers le soleil levant. Juste pour ce moment cela valait la peine de faire 135km et de côtoyer les camions.
Après ce moment culturel, nous reprenons cette fameuse route et premièr arrêt après 15km, alors que nous avançons bien, je crève de la roue arrière, un fil de metal de 5mn à traverser le pneu, seconde fois en un mois que Azimut se retrouve sur le dos.
Bon les camionneurs sont sympas mais pas tous, surtout les conducteurs de bus qui roulent à tombeau ouvert. Nous ne nous sentons pas serein donc nous ferons la route vers Shendi le plus rapidement possible afin de passer sur l'autre rive du Nil, à l'ouest.
Nous sommes sur l'autre rive, le paysage a changé, avec de petits arbres en forme de pin parasol, l'arbre typique d'afrique, l'acacia, souvent une chèvre sur les pattes arrières entrain d'essayer de manger des feuilles. Le sol est devenu rouge brique et gravilloneux, voilà l'image de l'afrique que j'ai en tête.
Dans ce paysage, les villages sont maintenant en briques rouges cachés parmi les arbres, les habitations rassemblées autour d'un puits..
Il est l'heure pour nous de trouver un emplacement, nous voulons trouver un endroit à l'abri du vent, nickel une petite dune de protection, nous commençons à préparer à manger quand arrive un jeune homme surement un peu benet (en france j'aurais dit qu'il avait bu mais ici c'est interdit) qui restera à rire bêtement, presque la bave aux lèvres. Il est si noir que nous ne voyons que ces yeux et ces dents dans la nuit, aucune communication n'est possible et il commence à m'inquiéter. Encore ces images de shining qui me reviennent. Impossible de dormir dans ces conditions, du coup, nous remballons tout le matériel et roulons 2km de plus, à la lumière de la lune sur une route sans voiture, pour trouver un emplacement pratiquement identique. John y cuisinera son fameux dessert "crème anglais" avec bananes, dattes et cake.