dimanche 29 décembre 2013

Rencontre avec la police

12/12/13 Khartoum
J116 - Etape 97 - 102km


Ce matin, ce sont les souvenirs de Turquie qui réapparaissent, la nuit dans la tente et le réveil frisqué, et oui il peut faire froid au Soudan. Du coup, nous montons directement sur nos vélos pour aller chercher le soleil. Après une bonne heure, nous nous mettons à l'abri d'une petite cafétéria pour une pause rapide, les yeux des quelques personnes présentes scrutant nos gestes et le rechaud. Khartoum est encore loin.
Nous repartons et sommes arrêtés à un checkpoint. En plus de contrôler nos passeports, de nous inscrire sur leurs registres, nous voyons défiler plusieurs personnes. Ils fouillent dans les sacoches de John puis nous sommes "invités" à l'intérieur d'une petite pièce avec des lits. Il nous faut, à nouveau, montrer nos passeports et nos laisser passer puis interrogatoire pour savoir si nous avons un ou des appareils photos. Petit moment d'angoisse et je montre la caméra, visonnage de 2 3 films, suspense mais ça passe. Je ne leurs montrerai pas l'autre appareil et puis maintenant avec le téléphone, on peut filmer et prendre des photoscomme on veut! Ils scanneront quand même nos laisser passer avec leurs propres téléphones. Et du coup l'atmosphère se détend, quelques blagues sur le foot, sur notre bronzage et nous pouvons enfin repartir, après 45min d'arrêt.
 
Nous avons le vent dans le dos et ne faisons plus d'arrêt jusqu'à Khartoum. Nous serons à nouveau arrêtés sur cette route car elle passe en plein milieu de diverses bases militaires et ça grouille d'uniforme. Un gradé nous le fera remarquer.
L'arrivée dans Khartoum est plutôt facile, nous suivons le Nil, il y a peu de circulation, avant d'obliquer vers le centre et de nous faufiler vers l'ambassade d'Ethiopie. Et heureusement que nous avons un GPS, mais cela me sera pas suffisant, celle ci ferme à 12h et il est 14h, il nous faudra revenir dimanche, au moins nous avons les formulaires à remplir.
Un arrêt repas dans un gros restaurant, plus rien à voir avec nos buibui et le prix change aussi. Nous nous dirigeons vers le sud de la ville chez Stephen (un warmshower) en empruntant une grosse avenue.
Chez Stephen, nous planterons nos tentes dans le petit jardin, sur de la pelouse, de sa grande maison.
Une douche chaude est la bienvenue, et je vois la poussière et le sable coulaient au fond de la baignoire, mince mon bronzage s'en va.
Nous avons donc 3jours ici à khartoum pour faire diverses choses, un peu de tourisme, des réparations et des achats.

samedi 28 décembre 2013

Washing gauffres

11/12/13 ?
J115 - Etape 96 - 77km 
 

 Nous avons été avertis que la route n'était pas entièrement goudronnée et après 10km, c'est effectivement le cas mais la piste n'est pas si mauvaise. Des tas de cailloux en vu de la construction de la route sont posés au milieu. C'est assez roulant et avec les acacias un peu partout ça y est, il ne manque plus qu'un éléphant.


Mais cela se corse, et oui parfois on fait du 30km/h et d'autres du 10km/h voir du 8 et tu en chies. Ton corps est meurtri car la route est un vrai tape cul, de la gaufre comme disait Stephen ou washing board pour John. Pendant 5h, à essayer de trouver la meilleure trajectoire en slalommant sur cette route afin d'éviter de sautiller sur la selle. Les bras sont serrés sur le guidon, les doigts crispaient en permanence, le bout de pieds cognant sur les cales pied. Tu ne peux pas regarder le paysage, tes yeux sont rivés sur les trous, le sable et les cailloux.
Cailloux que tu entends voler quand ton pneu passe dessus. Il n'y a pas que moi qui souffre, je sens aussi que pour Azimut c'est dur aussi, ça couine, ça patine, ça craque.
John me dit qu'il préfère cela au vent, moi je ne suis pas d'accord. Le vent il suffit de pédaler, de forcer pour aller contre. Là tu ne fais que subir.
Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, nous retrouvons l'asphalte en commençant par un contrôle de police un peu long, d'habitude ils se contentent de demander où nous allons ou nos passeports, voir notre laisser passer mais là, ils voulaient savoir ce que nous avions dans nos sacoches. Du coup, un peu énervé, je déballe toute ma sacoche avant cuisine. Est ce pour ça ou parce que mon vélo tombe lamentablement et qu'ils n'arrivent pas à le relever que nous partons rapidement ensuite.
Au loin, près des collines de gros amas de rochers noirs sont visibles tels des profiterols posés en pièce montée. Nous passons des villages de plus en plus pauvres et quelques huttes font leurs apparitions. Nous passerons parmi elles pour trouver un endroit où dormir. Nous roulons sur de petites pierres qui sont partout mais trouvons un lieu avec du sable, sable moins doux que d'habitude, surement le lit d'un oued.
Quelques nuages font leurs apparitions mais la lune est bien présente et un fort vent aussi qui m'obligera à sortir la tente, cela faisait longtemps

vendredi 27 décembre 2013

Meroe un lieu magique


10/12/13 ?
J114 - Etape 95 - 102+2km
 Quel plaisir de recevoir du sable fin, tout au long de la nuit, transporté par de grandes bourrasques depuis la dune qui donne juste sur les pyramides mais aussi quel plaisir de voir se lever le soleil illuminant de ces rayons, la vingtaine de pyramides nubiennes. Seule ombre à ce tableau, c'est que ces pyramides ont été décapitées par un pseudo archéologue italien afin d'y déceler leurs trésors. Mais cela n'enlève rien à la beauté de la scène, les pyramides noires tranchant avec le sable rosé, parfois une onde de sable volant descend des dunes transportée par le vent.
Ces pyramides ont parfois une entrée ornée de hiéroglyphes amenant à une petite pièce toujours orientée vers le soleil levant. Juste pour ce moment cela valait la peine de faire 135km et de côtoyer les camions.
Après ce moment culturel, nous reprenons cette fameuse route et premièr arrêt après 15km, alors que nous avançons bien, je crève de la roue arrière, un fil de metal de 5mn à traverser le pneu, seconde fois en un mois que Azimut se retrouve sur le dos.
Bon les camionneurs sont sympas mais pas tous, surtout les conducteurs de bus qui roulent à tombeau ouvert. Nous ne nous sentons pas serein donc nous ferons la route vers Shendi le plus rapidement possible afin de passer sur l'autre rive du Nil, à l'ouest.
Nous sommes sur l'autre rive, le paysage a changé, avec de petits arbres en forme de pin parasol, l'arbre typique d'afrique, l'acacia, souvent une chèvre sur les pattes arrières entrain d'essayer de manger des feuilles. Le sol est devenu rouge brique et gravilloneux, voilà l'image de l'afrique que j'ai en tête.
Dans ce paysage, les villages sont maintenant en briques rouges cachés parmi les arbres, les habitations rassemblées autour d'un puits..
Il est l'heure pour nous de trouver un emplacement, nous voulons trouver un endroit à l'abri du vent, nickel une petite dune de protection, nous commençons à préparer à manger quand arrive un jeune homme surement un peu benet (en france j'aurais dit qu'il avait bu mais ici c'est interdit) qui restera à rire bêtement, presque la bave aux lèvres. Il est si noir que nous ne voyons que ces yeux et ces dents dans la nuit, aucune communication n'est possible et il commence à m'inquiéter. Encore ces images de shining qui me reviennent. Impossible de dormir dans ces conditions, du coup, nous remballons tout le matériel et roulons 2km de plus, à la lumière de la lune sur une route sans voiture, pour trouver un emplacement pratiquement identique. John y cuisinera son fameux dessert "crème anglais" avec bananes, dattes et cake.

jeudi 26 décembre 2013

Enfin un peu de vitesse


09/12/13 Méroe
J116 - Etape 94 - 135 km 

 Toujours le même scénario, après le petit déjeuner, le vent se met à souffler et généralement de face. Nous nous rapprochons d'Atbara, du Nil et de la population. Après 15km d'effort, une pause dans une cafétéria, nous remet d'aplomb par contre, plus de camions présents sur la route. Au loin derrière les petites habitations basses en boue, une énorme cimenterie bleu azur, projet cofinancé par l'inde (d'habitude c'est la chine) est visible.
Le guide parlait de la ville d'Atbara comme poussiereuse, c'est effectivement le cas. De fortes rafales venant du nord ballaient et charrient d'énormes nuages de poussière. Nous passons sur le Nil, changeons de rive et c'est le même paysage, de grosses usines au loin derrière un rideau de poussière volante, parfois même de petites tornades.
 
Au lieu de filer à Atbara, nous préférons obliquer directement vers le sud, nous nous arrêtons manger et faire des courses (enfin des fruits et légumes) à El Darem. Nous y passons un coup de fil à Stephen le warmshower qui nous attend mercredi à Khartoum. Mais notre but, aujourd'hui est d'atteindre le célèbre site de Méroe, la cité royale, à plus de 70km. Et seule route possible est la voie qui relie Port Soudan à Khartoum, simple route de 10m de large sans bande d'arrêt d'urgence. Nous nous lançons en nous disant que si c'est trop dangereux, nous ferons autrement mais les chauffeurs soudanais sont supers attentifs (mis à part 2 qui nous obligent à mordre sur le bas côté), doubles très large, klaxonnenent et nous encouragent. Nous verrons nous doubler plus d'une centaine d'entre eux, souvent portant 4 conteneurs, avec 13 essieux ou sinon 2 grosses citernes de carburants. Sur les bords de la route toujours des carcasses mais cette fois-ci de pneus éclatés ou déchirés.
Nous atteindrons Méroe, surtout grâce au vent arrière qui maintenant nous aide, avec des pointes à 36km/h, le record des 40km les plus rapides est battu en 1h30. Spectacle magique en arrivant, couché de soleil derrière le rideau de poussière et vu sur les pyramides.
Le site est fermé  mais nous passons la barrière et camperons devant l'entrée pour que demain nous puissions voir le site sous le levé de soleil.

mercredi 25 décembre 2013

Faim de désert



08/12/13 dans le désert à 34km d'atbara 
J115 - Etape 93 - 96km 

Avant d'aller me coucher le proprio de la cafétéria me propose de dormir sur une vielle caisse en bois, il me la présente, s'allonge dessus et finit au fond, nous rions de bons coeurs, il ressort et réajuste le couvercle. Des clous sortent des côtés, il m'apporte une bâche pour faire office de matelas mais finalement je m'en servirai pour mettre cela en dessous de mon matelas et dormir par terre. Cet homme et les soudanais en général sont extrêmement gentils.
Durand la nuit, je suis plusieurs fois réveillé par un âne aux pattes de devant attachées qui fait le tour de la cafétéria en clopinant et aussi par John qui le chasse car il tente de manger des choses dans ces sacoches. 
Ce matin, John est plus en forme, peut-être grasse aux antibios et aussi aux herbes et à la décoction que lui à fait boire le tenancier. Du coup après avoir pris le petit déj ensemble, nous leurs faisons goûter la semolina (semoule avec du lait), nous partons rapidement car le vent n'est pas encore tout à fait levé.
Nous faisons 50km en ne nous arrêtant qu'une fois, pour que John mange plus, il n'avait rien mangé la veille, sous un grande arbre, la plaine est en parsemée. Au 50km, ce sera à nouveau l'ombre du mur d'enceinte d'un pylône téléphonique qui nous servira de refuge. Pas 2 secondes que nous sommes arrêtés que déjà quelqu'un vient, c'est le "gardien" du pylône qui habite dans une pièce de terre juste à côté. Mais John a besoin de dormir et moi je suis las de répéter toujours les mêmes choses en arabe, et puis j'ai envie de tranquilité.
Le jeune homme repart mais reviendra plus tard pour nous demander de l'aide pour pousser sa voiture qui n'a plus de batterie, encore une scène de film. Nous arrivons à la démarrer mais allez savoir pourquoi, il remettra sa voiture juste en haut d'une petite pente, en vue d'un futur démarrage?
Une fois repartie, nous avançons bien, soit sans le vent, soit le vent dans le dos et passons par des collines que la route coupe en deux, nous faisons encore 45km, sur les bords de route de nombreux troupeaux de chèvres souvent gardés par un jeune homme sur son âne. Nous laissons passer une méharie de dromadaires avec pleins de jeunes tout fous, jouant autour de leurs mères.
Dans une cafétéria qui ressemble aux villes des western, nous prendrons assez d'eau pour la nuit. Nous n'irons pas jusqu'à Atbara ce soir. Nous cherchons des dunes de sable, on s'habitue à son petit confort, mais ce n'est que de la plaine qui s'offre à nous. Parfois de petits monticules de sable et de cailloux sont visibles mais rien de naturel, je pense que ce sont des tas posés par des camions lors du remblement de la route. Nous y posons le camps, rapide répas de spagetti (difficile à trouver au Soudan) avec sauce oignons, ail, pâte d'arachide, concentré de tomates et thon. Il est 19h30, John naze va se coucher. Notre traversée du désert touche à sa fin.