vendredi 20 décembre 2013

Le mobil partout

Le 30/11/13 à Urbi
Jour 107 - Etape 86 - 63km
 

Je n'ai pas très bien dormi la nuit dernière, principalement car il faisait une chaleur écrasante dans une pièce sans vent mais aussi parce que la moustiquaire c'est rapidement cassée la figure sur moi, me laissant à découvert. Pourtant avec les kilomètres que nous avions fait la veille, j'aurais du dormir comme un bébé. 
Une fois le petit dej de pris, nous nous dirigeons vers le cybercafé et nous tombons sur de vieux ordi avec windows en arabe, la connexion est d'une lenteur qui rappele l'internet 1.0 du temps de Windows 98, nous n'y restons pas, cela ne sert à rien de perdre du temps. Direction les vendeurs de téléphone et carte sim, je n'en ai jamais vu autant. Ici le mobile est une vrai révolution, tout le monde en a un alors que certains n'ont même pas l'électricité. Du coup on peut trouver de grosses boites, sorte de multiprise, où tu laisses charger ton téléphone parmi les 30 autres et tous les hommes à rester assis devant à attendre que cela charge.
 
Pendant que la carte sim de john se fait découper (question de format), nous avons le thé et café aux épices (gingembre, clous de girofle, menthe, cardamone et cannelle), le goût est si bon que je crois que je vais me mettre au café, pendant ce temps passe un dromadaire et son chargement.
Enfin nous partons mais il fait chaud, la route asphaltée que nous choisissons, se termine en sable et cailloux et nous retrouvons notre route d'hier. Un arrêt devant une station essence abandonnée dans un abri bus, toujours bien fourni en eau. Je ferme un peu les yeux avant d'être réveillé par un camion qui vient remplir son radiateur d'eau, je sers une boite de conserve (bon format pour un gobelet) d'eau à un gars sur une moto qui ne peut pas lâcher la manette des gaz. Parfois j'ai l'impression d'être dans bagdad café.
La route toujours droite un vent d'est qui ne nous aide pas, quelques arbres et buissons poussent dans le sable. Quelques dromadaires sont plantés là, enchainés à leurs piquets.
Un nouvelle arrêt dans une cafétéria, à nouveau la mama nous fait son thé, les gamins jouent dans les flaques d'eau des jarres, des bus s'arrêtent déposant du matériel ou pour que les passagers aillent prier.
Nous sommes à nouveau agressés par ces petites mouches qui en veulent au sel déposé sur notre peau. Dès notre arrêt, pour le campement, je file sous la moustiquaire directement posée sur ma tête et je les entends, bourdonnées par dizaines. Pourtant nous sommes loin du Nil, les pieds dans le sable du désert, derrière des dunes de cailloux.

jeudi 19 décembre 2013

Etape longue mais roulante

Le 29/11/13 à Dongola
Jour 106 - Etape 85 - 163km


Levé avant le jour pour bien préparer cette longue journée et pendant que nous préparons des pâtes+riz, nous pouvons voir le levé le soleil sur le temple de Solebe. Pendant que nous mangeons le père de Ahmad nous apportera de quoi boire le thé. Avant de nous lancer dans le désert, nous souhaitons acheter du pain mais nous sommes vendredi et seule chose que nous ferons est réveillé le boulanger. 

Nous prenons la route et la borne kilométrique indique 149km pour Dongola, avec le vent dans le dos cela devrait le faire. Il est 8h30 et il ne fait pas encore trop chaud.
Une route en parfaite asphalte noire entourée de graviers rouges et des bandes jaunes, s'enfonce dans le désert en suivant parallèlement une ligne à haute tension, une route rectiligne qui évite une boucle du Nil.
Ce n'est pas un désert de sable, même s'il y en a mais un désert de rochers noirs déposés partout donnant l'impression parfois de voir au loin des collines recouvertes de pins.
C'est à l'ombre d'un de ces blocs que nous feront notre pause du midi après avoir fait la moitié du chemin. Dans cette petite ombre, bienvenue, que nous ferons à nouveau cuire des pâtes pour nous donner de l'énergie et aue John fera des exercises (parfois ils sont bizarres ces anglais).

Nous repartons et le désert à une nouvelle fois changé,  les rochers disparaissent et seul reste un sable rouge et une grosse montagne au loin. La route ne peut pas être plus direct. Alors que John fait la réflexion que nous n'avons pas vu la bosse d'un dromadaire depuis notre entrée au Soudan, voici que nous croisons 2  caravanes de chameliers dont l'une doit avoir plus de 100 bêtes, voilà il suffisait de demander et les touristes sont contents. 
Nous arrivons à Dongola et premier contrôle de police, mais rien n'à signaler. Nous trouvons un hôtel pas cher et posons les vélos avant d'aller nous balader dans la plus grosse ville du nord Soudan. Café internet fermé, nous nous arrêtons manger un bouch (foul, pain, oignons, tamias) encore un truc plein d'énergie pour les cyclos fatigués pendants ce temps un pépé passe tranquillement sur son âne, pour nous c'est l'émerveillement, pour eux un moyen de transport, la mobylette du coin.
Et enfin je constate que nous sommes dans une ville "africaine", la couleur de la peau est plus que noire, presque bleu.

mercredi 18 décembre 2013

Un peu de culture et beaucoup de sable


Le 28/11/13 à Soleb
Jour 105 - Etape 84 - 51 km



La nuit a été paisible loin de tous ces bruits, habitations et voitures et nous nous levons avec le soleil, celui-ci se lève derrière une montagne qui ressemble à celle du film "rencontre du 3ième type". Pourquoi se lever si tôt? Mais pour éviter la chaleur biensur. Cette journée se veut culturelle et nous commençons par une tombe du 17ième, alors que nous arrivons sur les lieux et voulons entrer, un vieil homme nous arrête et nous propose de nous faire la visite. Son anglais est excellent, il nous demande d'enlever nos chaussures avant de rentrer et nous marchons dans la poussière de la terre battue dans ce qui ressemble à une église. De nombreuses ouvertures laissent rentrer une lumière douce, au milieu la pièce trône un cercueil,  recouvert d'un tissu vert, de la personne qui a construit le monument. Des pierres tombales sont éparpillées aux 4 coins et un essaim d'abeilles y a élu domicile.
 
Retour sur la route où à la ville de Swarada, nous cherchons un passeur pour aller sur la rive ouest, aucune difficulté et nous voilà avec nos deux vélos dans une pirogue à traverser le Nil pour rejoindre l'autre berge. J'aurais l'occasion de voir un crocodile rentré dans l'eau.
Sur la rive ouest, nous atteignons la nécropole de satanga, pour cela nous n'avons plus de route asphaltée mais un chemin en sable et pierre beaucoup moins roulant. Les fouilles de la nécropole sont faites par des français et nous avons le droit à quelques explications sur le désensablement de quelques pyramides en briques. Les archéologues viennent ici une fois par an pour continuer les fouilles, tout ça à l'aide de main d'oeuvre soudanaise et d'une contrôleur.
 
Ensuite seulement 13km, nous sépare du prochain temple mais un mauvais choix nous fera pousser le vélo dans le sable et nous mettrons 1h30 et 1,5l d'eau pour atteindre non pas un temple mais une dune de sable blanc et noir prolongement d'une chaîne de montagnes sableuses qui se jetent dans le Nil. Nous la gravirons pour avoir un superbe point de vue à 360°. Pour notre prochaine étape, ce sera la route et nous atteignons le temple de Soleb qui date de la même époque que Luxor mais bien moins conservé et puis nous sommes littéralement attaqués par de petites mouches, c'est vraiment chiant et prends le pas sur la beauté du site.
Nous y croisons Ahmad qui nous propose de boire le thé dans sa guesthouse, pourquoi pas? Nous y allons et finirons par discuter le prix de la nuit et du repas. Je leur (le père de Ahmad nous à rejoint avec le thé et les dates) dis que je veux manger soudanais et ils sont d'accord. Au coucher du soleil, 19h nous mangeons tous ensemble, entre hommes, une grande galette avec de la purée de lentilles et d'aubergines, quelques légumes et pour finir de l'halva. C'est un moment fort agréable et nous discuterons avec Ahmad (son père est presque sourd et ne parle pas anglais), du mariage en europe (et oui deux hommes peuvent se marier) et de la vie soudanaise (bien moins restrictive que l'on ne le croit).

mardi 17 décembre 2013

Coup de chaleur



Le 27/11/13 à Abri
Jour 104 - Etape 82 - 97 km



En fait cette nuit, nous ne dormons pas sous le préau comme initialement prévu mais à 50m de la cafétéria sur un endroit légèrement ensablé, je suis un peu inquiet car il y a quand même quelques traces de pneux où nous avons mis nos matelas. Durant la nuit, les voitures et les camions se sont enchaînés pour s'y restaurer ou boire un thé. Le générateur s'est arrêté et à partir de ce moment, quel silence. Un camion en réparation et quelques voitures resteront y dormir. La chaleur est biensur au rendez vous même la nuit mais un ciel magnifiquement étoilé, nous la fait oublier bien vite
Ce matin, le soleil se lève sur une chaîne de montagne au loin, la vie reprend son cours dans la cafétéria, les gens font leurs ablutions avant de prière ou passent derrière nous avec une sorte de petite jarre remplie d'eau afin de trouver un endroit paisible pour faire office de toilettes.

Dès les premiers rayons, nous sommes attaqués par une nuées de mouches qui veulent absolument rentrer dans notre nez, bouche ou oreilles. Elles disparaîtront dès les premiers coups de pédales, mais avant de partir nous sommes invités à boire le thé chez M. Salah le tenancier, il a un large sourire et cela ne peut pas se refuser, un très bon thé avec du lait spécialité du coin. Il est 8h30 et il fait déjà chaud. 

Toujours au milieu des montagnes de roches noires, nous descendons vers Dongola et à 10km après être partis, nous tombons sur un chercheur de métal, noir comme le charbon, chech et djelaba blancs et un détecteur de métal, habillé comme cela on dirait un cosmonaute sur mars. On le prend en photo, il nous prend en photo avec  son téléphone. Nous sommes dans un nomanland et lui traverse la route pour continuer sa quête. 5km plus loin, nous arrivons au milieu du camps de base des chercheurs d'or. Comme au far west, cela trie, il y a des tentes, de grands bol avec du mercure, de la poussière et pleins d'hommes à bosser sous la chaleur.

La route continue dans le désert de rocher au pied de gravats, hauts de 600m de couleur sombre parfois une dune de sable se casse à leurs pieds.
Nous arrivons à une cafétéria et demandons où trouver des fruits, pas avant 30km et pas dans le village d'en face, nous y ferons notre pause et retrouvons le nil beaucoup plus sauvage. Le soudan n'est pas aussi cultivé que l'Egypte. Cela fait du bien de se retrouver à l'ombre et de manger, il fait quand même 35°. 

À la reprise, il fait toujours aussi chaud mais dès que l'on roule, on a la sensation d'être rafraichi. À deux reprises la route est sectionnée, des inondations ont fait s'écrouler le bitume et nous sommes obligés de passer par une piste parallèle.

Arrivés à Abri, biensur les vendeurs de fruits du zouk viennent de fermer, il y a quelques échoppe mais pour seul fruit, j'acheterai des ananas en boite, excellent avec du yaourt.
Avant que le jour ne se couche, nous trouvons un coin derrière un tas de pierres excentré de la route, cela fait du bien de pouvoir refaire du camping sauvage. Une bonne douche pour nous rafraîchir et déjà le vent chaud nous à sécher. Au loin on entend le ronronnement d'un générateur, ici en Nubie, les lignes de hautes tension ne sont pas arrivées.