lundi 23 juin 2014

Sortie de piste

03/05/14 à l'intersection de la c44
Jour 258 - étape 207


Ce matin, Christian, le gérant du camping vient nous proposer faire une visite  de son village San mais nous souhaitons vraiment atteindre l'asphalte aujourd'hui, pour arriver à Tsumeb demain, donc nous déclinons et puis nous avons peur d'être déçu comme pour le camping. Nous passons à la pompe et partons en commençant par une bonne montée, avec les cailloux, cela n'est pas évident mais en haut, nous avons une vue sur cette petite vallée où est sensé couler une rivière. 

Le bush est toujours bien présent, la piste toujours blanche avec des traces, de serpent qui la traverse, dans le sable. Nous arrivons au village historique Grashoek où nous pouvons nous ravitailler en biscuits. À la fin du village, un checkpoint interdisant aux animaux et aux plantes de sortir de la zone. 

A partir de ce moment, la végétation change, le bush disparaît peu à peu pour laisser place à des cultures ou à de l'élevage de bovins. Les arbres prennent en taille, la végétation plus dense et les palmiers font leurs réapparitions, l'herbe jaune aussi.

La piste est bordée par 10m d'herbe puis des clôtures délimitent de grandes propriétés.
Il y a aussi plus de vie, nous voyons des gens à pied et même à vélo, nous traversons un village, plutôt une bâtisse unique, qui s'avérera, plus loin, être le seul shop et nous l'avons loupé. Les 4x4 passent à toute allure, générant un brouillard de poussière qui fait tout disparaître. Nous voici plein de poussière blanche sur les dents, tu sens la couche quand tu passes ta langue dessus. 

Il fallait bien que cela arrive, nous voyons enfin, la fin de cette piste et la jonction asphaltée en T qui nous mènera à Tsumeb. On nous avait dit qu'un shop était présent mais rien! Après prise de renseignements au lodge voisin, il parait qu'une caravane rose est souvent présente mais pas ce soir, du coup la gérante du lodge nous dépannera d'un gros pain. Pour dormir, nous devons faire face aux clôtures qui encerclent la route goudronnée, soit dormir dans les 30m d'herbe qui jouxtent la route, soit passer par dessus. Et nous voilà, à la hâte, transférer toutes nos sacoches et vélos et nous cacher derrière les arbres.

dimanche 22 juin 2014

Un paysage de désillusions

02/05/14 à ?
Jour 257 - étape 206

Ce matin, nous petit déjeunons en attendant le passage de notre livreur de pétrole, nos deux vélos sont positionnés en bordure de route, bien visibles et à chaque passage de véhicules, je surgis du bush pour me montrer mais personne ne s'arrêtera, le gars a dû oublier, les vapeurs d'alcool ont dû l'y aider.

Nous prenons la piste, celle ci est assez roulante, des parties dures damées soit à gauche, soit à droite, nous permettent de rouler à une bonne vitesse. Un caméléon nous fera un petit show de pas de dance "j'avance, j'avance pas", il posera pour la photo avec Amelie. Nous arrivons au village de ? où nous espérons trouver un shop mais ceux ci sont fermés, nous poserons la bâche sous deux acacias pour manger. J'irai chercher de l'eau au milieu des habitations pendant qu'Amelie discute avec des enfants qui ont accouru en nous voyant arriver. Ils sont calmes parlant à voie basse, toujours dans leur langue à claquements mais discutent avec nous dans un très bonne anglais. Ils finiront par partir, sûrement lasser de nous voir manger nos pâtes.
 
A la reprise, la piste devient très sableuse ce qui nous oblige à pousser, nous ralons car le camping est encore loin et à ce rythme, nous ne pourrons pas l'atteindre. À une intersection, un camion est entrain de se faire réparer, j'en profite pour aller voir si les gens ont besoin d'aide et aussi pour demander du pétrole. Pas besoin d'aide, ni d'outils mais je repartirai avec la bouteille de pétrole remplie. 

La piste s'améliore mais n'est pas si agréable à rouler et puis toujours blanche, d'une largeur de 20m et entourée de bush, cela devient lassant, quand même une descente et montée ou 2, passage d'une rivière sans eau, ouf un peu de relief en fin de journée. 

Nous arrivons au camping et c'est la désillusion, pas d'eau, la pompe ne la remonte plus, pas de lumière, les emplacements ne sont pas plats. Nous sentons que le manque de moyens et d'argent sont flagrants, nous y restons quand même mais planter la tente dans le bush, aurait été identique, seule chose utile, nous pouvons prendre de l'eau à volonté à la pompe.

samedi 21 juin 2014

Faites du travail

01/05/14 ?
Jour 256 - étape 205

Au moins quand on dort dans la savane, on est pas embêté par les voisins, ni par les lions. Au matin, quelques voitures passent en trombe sur la piste mais ne nous voient même pas.

La piste s'améliore considérablement, plus nous avançons vers l'ouest plus elle devient dure. Nous aurons la chance de croiser un gros serpent, au moins 1m20 qui partira se réfugier dans le bush. Quelques merdes d'éléphants, nous rappellent que ces pachydermes ne sont pas loin mais nous n'en verront pas les défenses. 


Avant d'arriver à Tsumkwe, la piste se fait plus chaotique avec un effet washboard, il nous faut rouler le plus sur le côté possible pour avoir du plat et éviter les cailloux.


Nous voilà à Tsumkwe, une tranche de bitume apparaît, les bâtiments en dur aussi. Pas de chance aujourd'hui, tout est fermé, c'est férié aussi ici, fête du travail, ils ne pensent décidément pas à de pauvres cyclistes! La station service est close et les principaux commerces aussi. 


Nous nous dirigeons vers le tsumkwe lodge pour y déjeuner et prendre de l'eau. Avant de l'atteindre, nous verrons des arbres, les pieds dans l'eau, ici il a beaucoup plu à la saison des pluies, drôle d'image que le bush inondé. Au lodge, nous essaierons de trouver du pétrole mais tout fonctionne au diesel.


Nous reprenons la route et au dernier bar de la ville, nous réitérons notre demande de combustible, rien mais demain matin, la pompe ouvre à 7h et un gars va y faire le plein avant d'aller vers l'ouest, par la route que nous empruntons, il veut bien nous ramener du pétrole. Espérons que l'alcool ne lui fera pas oublier sa promesse. 


La piste blanche est vraiment très bonne et le vent est dans notre dos, nous faisons du 20km/h mais le paysage ne change pas, quelques bushmans se promènent sur la piste près de leurs villages en huttes. Nous finirons vers 16h30. Comme nous avons changé d'heure, le soleil se couche maintenant une heure plus tôt, à 17h. Un coin d'herbe et de sable, à moins de 15m de la piste, nous suffira pour dormir, parmi les insectes et les oiseaux.




vendredi 20 juin 2014

Au milieu de nul part

30/04/14 après le poste frontiere de dobé
Jour 255 - étape 204
Nous entendons nos "voisins" se lever, il fait à peine jour, il faut dire qu'il n'y a pas d'électricité et qu'il faut traire les vaches et les faire sortir de l'enclos. Le soleil se lève juste en face de nous, nous permettant de nous réchauffer car il commence à faire froid la nuit. Le voisin vient nous vendre un petit objet artisanal San, type porte monnaie en bois, puis nous partons, petite appréhension, comment va être la piste? Et cela va, elle est plutôt roulante et nous faisons les 24km qui nous sépare de ? en moins de deux heures, avec un arrêt pour prendre de l'eau dans un des seuls villages que nous aurons vu le long de cette route.

Arrivés à ?, nous retrouvons des bâtiments en dur et quelques shops en taule où nous pouvons nous ravitailler de denrées de première nécessité. Les gens commencent à avoir une physionomie de bushman, plus petit, visage anguleux, couleurs de peau plus claire, presque un visage asiatique.  Et chose merveilleuse, ils parlent une langue avec des cliquetis et claquements. Nous ne resterons pas longtemps mais déjà les gens nous entourent, nous savons qu'il y a encore de la route pour la frontière et qu'il y a une section en sable.

Et du sable, nous en avons pendant 8km, nous stoppons deux fois pour discuter avec des voyageurs en 4x4, tout étonnés de nous voir pousser nos vélos aux confins du Botswana. Du coup, nous faisons notre pause repas alors qu'il nous reste 6km.
Les 6 derniers kilomètres, seront 4 de poussage et une éclaircie de 2km. Enfin la frontière est en vue, côté Botswana, une minuscule baraque fait office de bureau d'immigration, puis nous traversons 3 barrières pour nous retrouver en Namibie. Passage à l'immigration aussi, ici les bâtiments sont plus "durs" et on a gagné une heure.

Nous voilà à rouler sur une piste bien meilleur, gravilloneuse et dure, le paysage a, lui aussi changé, les arbres ont disparu pour laisser place à la savane. C'est derrière quelques arbres que nous nous cacherons pour poser la tente car il est interdit de faire du camping sauvage mais vu le nombre de personnes qui passent, on ne devrait pas être dérangés.

samedi 14 juin 2014

La route aux papillons

29/04/14 à Mahito
Jour 254 - étape 203



Je me lève deux fois dans la nuit pour intervertir les poches à eau mais au matin, l'une d'elles n'est pas pleine, l'eau du filtre est marron et le filtre, lui même, est recouvert de boue et c'est l'eau que boivent les élèves!
Ensuite, 6h, levés, nous nous dépêchons de tout ranger à la lumière naissante puis nous petit déjeunons et voici qu'à 6h45, les premiers élèvent arrivent. Du coup, nous écourtons le petit dej.

À 7h, alors que nous traversons la cour, les écoliers sont rassemblés et entonnent un champs, moment bien choisi pour quitter les liens direction la piste.
La piste n'est pas trop mal mais on a quand même du sable et ce n'est pas le fort d'Amélie, nous y verrons de belles traces d'éléphants et d'autres espèces mais nous ne verrons que de petites antilopes.

Questionnement, faisons nous demi tour? Non,
Ce sentiment de nous lancer dans quelque chose de dur me restera un bon moment. Mais la piste devient super et nous roulons à 19km. Quatre heures à ce rythme, et nous devrions atteindre la frontière rapidement. Mais nous déchantons rapidement, durant au moins une heure, nous poussons nos vélos. Le ciel est d'un bleu superbe, pas un nuage.
À nouveau, ce doute qui revient, nous croisons une ambulance qui nous dit que la piste s améliore, nous ne voyons rien venir. Nous discutons avec Amélie, si rien ne change, demi tour, nous n'allons pas continuer à nous enfoncer.

Mais au moment où nous nous disons cela, la piste s'améliore et du coup, nous continuons et faisons 50km. Nous nous arrêtons en plein milieu de la route, à l'ombre d'acacia et préparons les pâtes du midi, lorsque trois voitures s'arrêtent, une fois des voyageurs suisses et une autre, des sud africains, qui nous offriront des "cold drink" que nous acceptons, pour moi ce sera la première fois que je bois un cidre dans un lieu si paumé.

Depuis ce matin, la piste monte progressivement et légèrement et cela continue cette après midi, l'état de roulage reste le même, progression autour de 12km/h. Sur la piste, des nuées de papillons jaunes et blancs se posent sur la roche apparente et s'envolent à notre passage.

La fin d'après midi sera longue, à la recherche d'un village dont la distance varie selon les personnes questionnées, il est 18h, le soleil se couche, il nous faut nous arrêter. Des vaches semblent rentrer vers leur enclos, nous les suivons et voyons quelques huttes, nous poserons la tente près de l'une d'elles. Journée de 11h.

vendredi 13 juin 2014

Panne d'essence

28/04/14 à Nokaneng
Jour 253 - étape 202
Sable blanc, herbes éparses et acacias, un sentiment de se lever entre les dunes des Landes. Après le petit déjeuner, nous repartons vers la station service de Sehitwa à 2km, mais le camion ne sera là que dans l'après midi ou en soirée. Une des pompistes me demandera pourquoi je n'utilise pas de la paraffine, je questionne pourquoi, vous en avez? Elle me réponds, non! Nous avons régulièrement ce type de dialogue, quand on demande comment est l'état de la piste pour Dobe, on nous réponds, c'est loin à 120km!

Nous prenons la route quand même, nous trouverons bien quelque chose en route, au pire, j'arrêterai un 4x4 de touristes blanc(s) qui à toujours 4 jerricans sur le toit. Nous avançons super bien, le vent est dans notre dos, nous verrons trois autruches, au loin, prendre la fuite. Nous arrivons au village de Tsau où là aussi, personne n'a de combustible, il faut faire 100km pour la prochaine station, sans garantie. Cette fois ci, il est plus facile de trouver de l'eau que du pétrole.

Mais alors que nous faisons des courses, un 4x4 s'arrête et je demanderai à acheter un demi litre (half liter please), vu la faible quantité, le chauffeur accepte, je lui donnerai 10p, ça fait cher le litre mais bon, au moins, nous pourrons cuisiner. Ce que nous ferons 10km plus loin, sous l'ombre d'un arbre (pas sous un acacias, une de nos principales vérifications), notre pâtes/soupe quotidien.

Il nous reste 50km pour arriver à l'intersection vers la frontière namibienne, toujours à bonne allure, toujours des vaches, partout, errantes ou des taureaux aux cornes gigantesques, les véhicules klaxonnent de grands coups pour les éloigner de la chaussée. Sinon quelques oiseaux, toujours les mêmes, des sortes de toucans, de couleurs grises et becs oranges qui volent et planent d'une drôle de façon et des couples d'oiseaux gris et blanc, petits échassiers qui s'envolent en piaillant.

Arrivés à Nokaneng, pas de camping ou de lodge, nous voulions y faire de réserve d'eau, du rechargement électrique et ne pas sortir la tente pour être plus rapide demain. On nous oriente vers l'école, nous sommes toujours acceptés, nous suspendons le filtre, je trouve une classe ouverte avec deux prises qui fonctionnent et Amélie dresse la bâche et moustiquaire sous un préau. Et puis demain arrivée des écoliers à 7h, nous sommes donc sûr de prendre la piste tôt.

jeudi 12 juin 2014

Cowboys et beaux chapeaux


27/04/14 à Sehitwa
Jour 252 - étape 201

  
Nous prenons notre petit dej sur la table en bois et le banc en ferraille dans le jardin du camping en face de la rivière, hier soir nous avons pu entrevoir un hippopotame pendre la fuite après nous avoir vus. Nous profitons du grille pain pour avoir des toasts grillés, il ne manque que le beurre salé.

Nous enpactons les affaires et repartons par où nous sommes arrivés, direction le sud ouest pour faire le tour du delta.  Nous faisons un stop à la gare routière car de nombreuses femmes sont en habits traditionnels, grandes robes bouffantes et drôles de chapeaux mais aucune n'acceptera d'être prise en photo sans rétribution, nous passons donc notre chemin.

Le paysage ne change pas trop, des acacias à gauche et à droite avec parfois du sable, sous ces acacias de l'herbe où broutent vaches, chevaux et ânes. On se croirait dans la petite maison dans la prairie. Quelques cavaliers portent le chapeau de cowboys.

Nous nous arrêtons à Toteng où nous trouvons notre premier endroit pour déjeuner au Botswana, dans une caravane attenante à quelques bâtiments décrépis, deux femmes font de la cuisine sommaire, boeuf cuit à l'eau et riz. Ce n'est pas la meilleure cuisine que j'ai mangée et en plus la pastèque que nous avons acheté en dessert, n'est pas très sucrée. Par contre, nous arrivons à prendre en photo, une de ces femmes en habit traditionnel ainsi que quelques hommes bien chapotés, mais là aussi, il aura fallu bien négocier. D'ailleurs, les enfants sont à nouveau quémandeur, "give me sweet, give me money".

Nous reprenons la route et c'est toujours aussi plate et monotone mais avec beaucoup plus de vent. Sur les bords de route, les acacias se font plus éparses et alternent avec des arbres morts.  Les animaux sont parqués dans des enclos fait de troncs d'arbres et les habitations faites de ciments gris ou glaise et de toit en pailles. Et des vaches partout!  Plus espoir de voir un éléphant.

Des arbres qui ressemblent à des pins, le sable blanc, le bleu du ciel, on s'attendrait à voir la mer mais nous n'aurons même pas la chance de voir le lac proche.

Arrêt à la station service,  pour le remplissage de la bouteille du réchaud mais les cuves sont vides, il faut dire que l'on est dimanche. Moment de panique car après cela plus aucune station avant la Namibie, le camion citerne arrive demain, peut être, nous verrons bien! Nous sortons du village en continuant sur l'intersection vers le nord puis nous enfoncons dans les arbres et le sable (en faisant attention aux acacias) pour trouver un endroit discret où dormir.

mercredi 11 juin 2014

Maun

26/04/14 à Maun


Je me lève tôt pour aller à ce fameux shop de vélo, je ne me fais pas de grandes illusions, parmi tous les pays que j'ai traversé depuis la Turquie et Istanbul, j'ai toujours été déçu, mis à part peut être à Nairobi.
Je me dirige donc vers l'aéroport, puis vers le magasin motovac, de là, on m'oriente vers le magasin de vélo. Au premiers abords, de beaux spécimens de vélos sont exposés, plutôt des vtt, je ne sais pas si ce sont des secondes main ou pas.

Je rentre et n'aperçoit aucune pièce détachée, juste des pièces de mécanique, mais on m'oriente vers l'étage et émerveillement quand j'entrevois un portant pourvu de boîtes bleus, couleurs de shimano. Je n'ai plus qu'à faire mon choix, cassette deore (meilleur que celle que j'ai), chaîne 9 vitesses et jeu complet plateaux et manivelles.

Par contre, au niveau du pédalier, ce n'est pas les mêmes, il me faut donc démonter chaque plateau pour l'adapter au mien. Voilà, le tout pour 150€ mais il fallait que je le fasse sinon je n'aurai pas été sûr d'arriver au cap.

Après les deux heures de montage, je vois arriver Ounalenna avec ses enfants et leurs vélos respectifs, heureusement que nous l'avons croisé hier. Maintenant Azimut est prêt à repartir pour 19000km.
Ensuite, je vais faire du change, je veux des dollars namibiens en vue de notre passage par le poste frontière de Dobe, il parait qu'il n'y a rien. Au bureau de change, pas de dollar namibien mais la guichetière me précise que l'on peut payer partout en Namibie avec des rand sud africain, me voilà donc avec plein de rand, espérons qu'elle dit vrai.
Retour au camping, où Amelie a profité de sa matinée pour faire la lessive et après avoir mangés, nous allons dans le centre de Maun pour faire de l'internet.
 
Nous avons des nouvelles de Luc et Filip et prévoyons de les voir à leur hôtel en fin de soirée. Nous partirons donc après le dîner, en suivant la route de l'aéroport vers leur hôtel. Surprenant de voir les vaches entrain de brouter ou coucher tranquillement sur le bas côté, à 5m des grilles de l'aéroport.
Nous boirons quelques verres en discutant vélo, nos chemins vont se séparer, ils ont moins de temps que nous pour atteindre le cap mais peut être que nous nous retrouvons au hasard en Namibie.

mardi 10 juin 2014

Fin de transmission

25/04/14 à Maun
Jour 250 - étape 200

Le réveil sonne, cela faisait longtemps que cela n'était pas arrivé, il est si bon de se lever quand on en a envie. Par contre, le soleil lui n'est pas encore levé et l'école est enveloppée dans une brume. Nous rangeons toutes nos affaires, plions la tente encore humide, il est déjà 7h et les enfants en uniforme commencent à arriver par groupe. Nous reprenons le chemin de sable, passons devant le terrain de foot et des maisons mi dures mi cases, pour rejoindre l'asphalte.

Il est 7h15, et à priori l'heure des animaux sauvages, le ciel est dégagé et il fait quand même un peu frais. Ce matin, de nombreux gros volatiles sont perchés dans les arbres, vautours et rapaces divers, d'habitude nous ne les voyons pas.

Pour seuls animaux, nous verrons quatre girafes, leurs têtes dépassant tout juste du bush, elles nous regardent arriver, puis décampent en courant. Ça a quelque chose d'extraordinaire, une girafe qui coure.
Nous faisons 25km mais il faut quand même que nous arrêtions pour prendre un petit déjeuner et des forces si nous voulons atteindre Maun à 124km.

Nous remettons le compteur à zéro (virtuellement car le mien ne fonctionne plus), comme s'il nous restait 100km à faire. Autour de midi, nous arrivons à un checkpoint policier et vétérinaire mais cette fois ci pas de bain de pied, il est pour les personnes venant dans l'autre sens. Nous en profitons pour faire une courte pause et manger des frites (trop petite barquette!!) et du poulet (original comme plat typique du Botswana).
Cela fait quelques jours que ma transmission me pose de sérieux problèmes, la chaîne saute, impossible de forcer, mais depuis la pluie d'hier, c'est pire. Cela nous oblige à un arrêt où je change ma chaîne, et cela va mieux mais il me faut trouver une solution rapidement.
Nous arrivons à Maun, tôt 16h et nous nous apercevons que l'hôtel backpackers est encore à 10km, excentré de la ville. Nous passons devant un supermarché et y faisons des courses, au moins ce sera ça de fait, mais l'attente en caisse est hyper long. Ça, plus le temps de retirer de l'argent à un distributeur qui ne fonctionne qu'une fois sur deux, il est 17h45 et la nuit va tomber.
Alors que nous nous dirigeons vers ce que nous croyons être un camping, nous croisons Oualemna en tenue de cycliste, gilet et sacoches. Je lui demande s'il y a un bon shop à maun et il m'en indique un.
Il nous mène ensuite vers un camping backpackers proche de l'aéroport et de la rivière Thamalamakane.

Nous posons la tente près de la rivière, des insectes ou grenouilles font un bruit mécanique, bruit proche des trucs en bambou asiatique qui bougent dans le vent.

dimanche 8 juin 2014

A la recherche d'une bonne table

23/04/14 près de Gweta
Jour 248 - étape 198
 
Encore un camping où nous sommes seuls, c'est bien cela permet d'être au calme mais moins bien pour les rencontres. Par contre, il y a quelques acacias qui déposent des espèces de boules pleines de picots, nous en avons plein nos savates, une couche on peut même dire, mais aussi sous nos pneus, plantés bien droits. Avant de monter sur nos bécanes, une séance de vérification s'imposera.

Nous refaisons la route vers Nata, nous arrêtons au supermarché avant de prendre la route pour Maun. Alors que les jours précédents, le vent venait de l'est, subitement il a décidé de souffler de l'opposé et nous l'avons de face, du coup, nous devons forcer plus.

Le vent transporte l'odeur des arbustes qui bordent les côtés de la route, une odeur entêtante qui ressemble à la sauge. Ce vent fait aussi onduler les grandes herbes jaunes de la savane. Savane où les vaches et les chevaux sont en liberté pour paître et se désaltérer aux marres. Ce paysage ressemble à nos marais salants. A la saison des pluies, le niveau de l'eau doit être bien supérieur à celui que l'on voit.

Nous passons maintenant au travers d'une forêt de grands arbres dont certains ont l'ensemble de leur feuillage jaune et orange, on se croirait en automne, mais c'est l'automne dans cette hémisphère.

Nous pensions enfin pouvoir manger local, de la cuisine du Botswana, à Zagora mais il n'y a aucun restaurant du coup nous cuisinons à l'ombre et à l'abri du vent derrière le mur d'un magasin aux rayons presque vides.
Ce sera pénible car des enfants viendront, d'abord de loin, puis de plus en plus près, nous demander de l'argent, des drinks, des bonbons.

Nous repartons rapidement, nous aurions mieux fait de nous arrêter dans le bush, surtout qu'aujourd'hui les animaux sauvages font grève et ont été remplacés par du bétail.
Nous nous arrêtons 10km avant Gweta car le jour commence à baisser, nous traversons une plaine de terre (sûrement un petit étang à la saison des pluies) pour poser la tente derrière une petite butte. On entend les cloches des vaches, les ânes hennir et les cowboys crier dans la nuit.