mercredi 20 novembre 2013

L'hospitalité à mon secours


Le 09/11/13 à Deir Mawas
Jour 85 - Etape 72 - 75 km

Ce matin en quittant l'hôtel, le réceptioniste me demande si je veux être accompagné d'une escorte, en effet 2 policiers sont là pour ça. Je lui demande si la suite du parcours est dangereux et il réponds non du coup je refuse. J'avais lu dans de nombreux récits de la traversée d'égypte que cela arrivait souvent de se faire escorter. Par contre, j'ai du rédiger un courrier en français qui dédouane la police de leur responsabilité en cas de problème.

Je pars ensuite vers l'ouest pour me rapprocher de la route du désert, je veux aller voir des antiquités. Je traverse plusieurs villes et plus je m'eloigne du centre de la vallée, plus j'arrive dans la campagne et plus cela semble pauvre. On doit être jour de marché à bestiaux car je croise de nombreux pickup chargé de 3 à 4 vaches disposées comme des sardines dans la largeur de la benne, avec les têtes qui dépassent.
Je passe devant des champs de cannes à sucre, c'est ce que je suppose puisque enfants et adultes grignotent cette espèce de gros bambous, et puis sur le chemin des bâtiments faisant un touctouc de vieux rafiots, émettent une odeur de rhum à 500m à la ronde, ils doivent en extrairele sucre liquide.
Dans ma tentative de sortie vers l'ouest, je passe devant une école alors que c'est la sortie des classes mais comme je fais demi tour, j'ai le droit d'être poursuivi par une cinquantaine d'enfants qui c'était aglutiné autour de moi. J'avoue avoir eu un sentiment d'oppression et d'avoir accéléré le rythme, Lors de ma pause déjeuné dans un restaurant (à 2€ le repas), je croise Islam qui parle un très bon anglais, il souhaite pratiquer un peu, nous discutons, il aimerait étudier et voyager en Europe. 
Je repars et n'attends pas la tombée de la nuit pour trouver un lieu où dormir. Je passe devant le bâtiment des secouristes et leurs demande l'hospitalité ce qu'ils acceptent avec plaisir. Ils me proposent de manger mais je viens de sortir de table. Je discute surtout avec Ali, qui me pose pleins de questions sur ma religion, sur ma famille. Je préparerai ensuite mon repas et filtrerai de l'eau devant leurs yeux ébahis. Puis nous continuons à dialoguer sur le régime politique actuel et sur les événements qui se sont déroulés. Ali met tout son coeur dans son argumentaire et me donne sa vision des choses. C'est à ce moment que je constate que l'
Egypte veut et cherche la démocratie et semble être divisée entre les pro Morsi et les pro Sisi sans parler de ceux qui regrettent Moubarak. J'espère que cela n'engendra pas de guerre civile. 
En tout cas je passe une très agréable soirée en compagnie de ces hommes dévoués à aider les autres.

mardi 19 novembre 2013

Que de poussière

Le 08/11/13 à El minya
Jour 84 - Etape 71 - 110 km

Mes amis les moustiques ont du trouver un passage sous la moustiquaire ou j'ai sûrement la montée comme un pied car ce matin j'ai les mains couvertes de points rouges et j'ai l'impression que sur mon crane, c'est pareil. Mais bon, malgré ça, j'ai bien dormi sur ce matelas de feuilles mortes.


Depuis mon départ du Caire, je n'ai pas revu le Nil en effet je suis sur un 2x2 voies qui suit un canal d'une vingtaine de mètres de largeur où sont raccordées les pompes d'irrigation. Je dis 2x2 voies mais seule lapartie gauche est utilisée par les camions et les voitures, la partie droite est pour les motos, vélos, charrettes, ânes. Parfois cette partie s'arrête soudainement pour reprendre 100m plus loin et il m'est arrivé de devoir rebrousser chemin car la partie gauche de la route avait continué son chemin et qu'un canal s'était immiscé dans l'intervalle.
 Seul aussi sur cette 2x2 voies car nous sommes vendredi et donc personne ne passe ce matin, cela me laisse le temps d'admirer le paysage sans devoir faire attention à tout ce qui traine. Je peux apercevoir la rive gauche du Nil car celle ci s'élève à 239m et forme une belle falaise.

Dans les champs, l'irrigation bat son plein, l'eau se déverse dans de petites parcelles où des hommes labourent directement à la binette, je suppose qu'un tracteur ne ferait que s'y embourber.

Je passe un barrage de flic qui contrôle mon passeport, ce sera l'occasion de boire un thé avec eux, avant qu'ils ne me relachent, tout est "safe". J'en passerai un autre dans l'après midi avec beaucoup plus de militaires et des tanks mais rien d'anormal pour un vendredi.
Les égyptiens sont nombreux à me lancer des "welcome in égypte" et à vouloir que je m'arrête, le midi ils m'offriront le thé après déjeuner.

À el minya, je tenterai en vain de me faire héberger dans : un complexe sportif, l'armée, la police et même un café billard avant de faire plusieurs hôtels. J'en choisirai un pas trop cher mais on y entend bien les trains qui sifflent. Il y a un balcon et j'y ferai cuire des pâtes.

Par contre, je constaterai avec la douche que ce pays transporte une tonne de poussière qui s'immisce partout, c'est particulièrement visible sur ma peau et mon t-shirt. Je comprends pourquoi les égyptiens lavent régulièrement leurs voitures, cirent leurs chaussures et arrosent généreusement  le sol. Cela me paraît toujours étonnant dans ce pays sec mais l'eau ne manque pas.

lundi 18 novembre 2013

Welcome in Egypte


Le 07/11/13 à Biba
Jour 84 - Etape 71 - 93 km
Avant de passer 2h à regarder le Barca gagnait contre le Milan ac et Messi m'impressionner de son jeu divin, j'ai vu le café se remplir petit à petit. Plutôt des jeunes, qui viennent boire le thé et fumer la chicha, je suis biensur le centre d'intérêt de ce début de soirée et ce qui parle anglais viennent jouer les traducteurs. Les questions sont toujours les mêmes : ton nom, d'où tu  viens? Où tu vas? Es tu marié? Ta profession? Et toutes avec un grand sourire. Seules questions auxquelles je refuse de répondre sont celles concernant la politique (savoir si Morsi est mieux que Moubarak ou que Sisi), je laisse les égyptiens faire leurs choix. Entre 2 questions, des parties de dominos se sont lancées et je m'aperçois que je me suis pas doué ayant perdues les 2 seules parties mais cela met une bonne ambiance et fait passer le temps, il faut dire que nous avons 1h de décalage et au lieu de débuter à 20h30, le match commence à 21h30.
Une fois, le match finit et les autres résultats annoncés, une grosse partie du public s'en va et
Mohamed me propose d'aller dormir dans le petit hangar adjacent au café, derrière son installation de cuisine. Cela me va très bien, il ira même jusqu'à baisser le store, le temps qu'il finisse de cuisiner, pour que j'ai un peu de pénombre. Sa gentillesse me donne une très bonne impression des égyptiens.
Au réveil, c'est son frère Karim, qui a veillé toute la nuit, qui ira chercher de quoi prendre un vrai petit déjeuner égyptien, foul, falafel, salade et thé pour bien débuter la journée.
Ensuite je pars et m'aperçois que mon compteur ne se met pas en route, j'ai du mal l'enclencher comme d'hab, mais que nenni, l'aimant qui est accroché à un rayon de la roue a disparu, vol ou perte, ce n'est pas grand chose mais ça fait ch..., j'ai pas envie de perdre des kilomètres. Donc il me faut jouer les macgyver et avec l'aide de quelqu'un et de google translate, pouvoir dire aimant en égyptien, à un garagiste, je n'avais pas réussi avec des gestes et un schéma. Un peu de duketape et ça y est ça compte.
 
J'ai décidé de suivre une route qui se rapproche du désert et me permettra de voir une pyramide et un ancien cimetière. Par contre je passe dans des quartier très pauvre où j'ai l'impression qu'on me regarde d'un drôle d'œil. Dans ces quartiers s'entassent des tas d'ordures parfois des carcasses d'animaux et dans tout cela, des femmes qui font la lessive et la vaisselle, des enfants qui jouent au ballon les pieds nus, des hommes qui péchent au filet.
L'Egypte est toujours dans le même processus d'irrigation où l'eau est remontée du nil vers des canaux qui inondent des parcelles où poussent maïs, pommes de terre, choux. Mais ce ne sont plus des roues à aubes tirées par des ânes toujours visibles, mais des pompes au gasoil qui travaillent, faisant un bruit d'enfer.
Dans les villes que je traverse je ne suis pas toujours serein en effet des que je passe des gamins me courent après, les adultes veulent que je m'arrête mais les plus embettant ce sont les garçons de 15-25 ans qui me posent des questions, essayent de me pousser avec leurs motos ou veulent que je leur donne de la "money ". Je sors de la ville pour trouver mon premier camping sauvage derrière des bâtiments agricoles, on est jeudi et demain c'est week-end. 2 premières ce soir : filtrage de 5l d'eau (je me suis acheté un bidon exprès) et utilisation de la moustiquaire car il y a de l'assaillants.
Et pas de chance de grosses gouttes se mettent à tomber mais ce sera très court par contre dès que la prière résonne j'ai le droit à un canon qui se rajoute au boucan des klaxons.

dimanche 17 novembre 2013

Ca y est je me lance seul



Le 06/11/13 à Giza
Jour 83 - Etape 70 - 98 km
 
  Après 4 jours au Caire, à remonter mon vélo, faire des achats, des recherches sur internet, manger chez Pierre-Yves et Anne-So et soirées à discuter avec Jérôme, il me fallait partir, car j'étais comme un lion en cage, j'avais besoin d'espace.

C'est donc à 5h que j'ai décidé de prendre mon envol afin de partir dès les premiers rayons du soleil et ainsi éviter le maximum de trafic. Je réveille Jérôme et nous descendons les 6 étages avec le vélo sur l'épaule et les saccoches, il m'aura hébergé comme un roi.
Je ne suis ni allé aux musées ni aux pyramides car c'est la seconde fois que je viens en Egypte et au vue de la situation actuelle, j'ai préféré restreindre mes déplacements.
Donc ça y est, je me lance dans cette grande mégapole, Jérôme m'a fait un schéma, cette fois ci j'ai installé les cartes dans le gps et en plus j'ai une carte détaillée. Une petite angoisse vais je y arriver? Passer ce petit moment de stress, cela roule plutôt bien, je quitte l'île de zamalek pour suivre la corniche adjacente au Nil, l'ensemble du Caire semble recouvert d'une brume côtière qui persistera toute la journée. Je fais un court passage sur une 4x4 voies entre mini bus et charrettes et me voilà sur une petite route qui suit un canal d'irrigation, nommée agricultural road.
La vie campagnarde a repris ces droits, ânes conduits par des gamins de 6 ans, charrettes pleines de foin et gros buffles. Et souvent des motos portant de choses les plus incongrues, je remarque que l'on peut parfaitement etre 4 sur une moto.
Je fais un détour pour aller voir les pyramides de saqara mais ce temps laineux ne met pas en valeur le site et puis dès que l'on rentre, on est suivi par 1 ou 2 gars qui veulent un backchich, il faut dire qu'à part un minibus, c'est désert. J'essaierai, de même, de voir les pyramides de Dashur mais me perdrais dans un quartier scolaire où un groupe d'enfants me poursuivra. 
C'est jour de marché et de nombreux fruits et légumes sont en vente mais aussi des vicaires bien fraîches dans des gamelles à même le sol.
Je retrouve la grande route et suis embêté par un groupe de jeunes sur un richow, ils essaient de me foncer dessus et de me faire peur mais cela ne durera pas. J'en profite pour m'arreter manger de délictueux falafels et pour faire une mini sieste (les mouches ne me laisseront pas tranquilles).
 
Peu après mon départ, je suis hélé par Cherif qui, avec son neveu Islam, m'offriront du thé sur le parvis de la maison/étable fermier de l'oncle. Cherif est avocat, parle anglais et nous pouvons échanger sur l'Egypte, il est favorable aux changements récents et espère pouvoir un jour voyager en France. Je repars pour quelques kilomètres avant de commencer à réfléchir à ma première nuit seul, l'appréhension monte, où? Comment faire?

 Dans les pays précédents, il y avant de l'espace, en Egypte toute la population se trouve près du Nil. Je me lance et je demande à camper à 2 personnes qui sortent d'un champs mais ils m'alertent sur le fait qu'il y a des voleurs et qu'il vaut mieux aller en "ville". Ils interpellent un motard qui me conduit jusqu'au café/chicha de Mohamed, Hamed et Karim, ceux ci trouvent une petite pièce pour mettre mon vélo (avant de le rapatrier dans leur café) et se mettent en 4 pour que je sois à l'aise. Ce soir, il y aura affluence car c'est champion league, je ne me coucherai pas tôt mais j'espère que l'ambiance chaleureuse me tiendra éveillé.

samedi 16 novembre 2013

Une séparation



Le 01/11/13 au Caire
Jour 78 - Etape 69 - 8 km

La nuit a été courte dans un parc de larnaca, l'excitation du départ et la séparation y sont pour quelque chose. Nous terminons nos pots de confiture et de miel, cela a des airs de dernières séances ou de sene#. Puis direction l'aéroport, Stephen réussit à se faire emmener avec mon gros carton et je roule seul pour aller jusque làbas. Ce n'est vraiment pas très loin. Je passe devant un lac salé, on dirait qu'il à neigé, pas de flamands roses en vue.


Nous avons prévu large ce qui nous permet de démonter entièrement azimut du derailleur aux pédales en passant par la fourche afin qu'il rentre dans son carton. J'arrive même à remplir cette boite avec toutes les sacoches vidées et les affaires éparpillées. Je n'ai gardé que le sac transversal bien rempli de choses lourdes et ma sacoches de guidon. J'essaye de diminuer le poids total car je suis inquiet de l'excédent que je vais devoir payer. Démontage et rangement, le tout est fait en 3h ce qui nous laisser 5h à errer dans l'aéroport. On lit, j'écris et essaye de contacter pierre yves et jérôme pour un hébergement au Caire.

Au checkin nous prenons nos billets, et bonne surprise pas de surplus à payer, ils ne pèseront même pas le carton. Nous passons le contrôle sans souci, le couteau est parti en soute par contre l'heure approche et toujours pas de nouvelles du caire, heureusement une jeune égyptienne me prêtera son portable, je pourrais utiliser skype et savoir où dormir ce soir.Nous embarquons, le vol se déroule bien, il faut dire qu'il me dure que 1h30. À l'arrivée au Caire, nous nous separons rapidement après quelques mots d'encouragement, nous nous.donnerons des nouvelles et nous reverons dans 8 mois, chacun devra faire attention à soit.

Ça y est, je suis seul mais pas sur mon vélo. Le carton n'est pas descendu du tapis roulant avec les autres bagages, première angoisse, quelques questions au service de bagagerie #, l'angoisse monte, j'attends, puis un gars arrive, poussant un chariot avec mon carton. Et là, grosse angoisse, le haut du carton est ouvert mais il s'avère que c'est le fond. Premier coup d'oeil, tout à l'air présent, il semble d'après ce que je comprends qu'il s'est ouvert en le portant et que tout a été remis dedans. Bon ça commence bien, je sors du terminal et il me faut trouver un taxi pour zamalek, le quartier huppé du caire, aucun souci dès que l'on sort on est littéralement  alpagé par une horde de taximan  et il faut savoir faire baisser les prix. Le mien charge le carton sur la galerie du toit, l'arnache comme il peut, j'y ai remis du duketape mais peut-être pas assez, vu l'allure où il va.Après 7 checkpoint militaires, fouille de mes affaires afin d'y déceler des armes (par contre personne n'a regardé dans ma boite) et passage au milieu des tanks avec comme laisser passer mon passeport. J'arrive chez jérôme où nous passons la.soirée autour d'un verre à discuter politique et avenir de l'égypte.

vendredi 15 novembre 2013

Lost in translation


Que dire de ces 2 jours à Limasol, si ce n'est le sentiment d'être en transit, à la recherche d'une porte de sortie, en attente de décisions qui ne nous appartiennent pas, de choix que nous avons à faire. Nous passons du temps à récolter de l'information en restant quelques heures dans des cybers. Nous traversons Limasol et son port de bout en bout.

 Nous prendrons le temps de déjeuner sur une plage venteuse où les mouettes jouent dans les vagues, un ballet synchronisé.
Stephen a décidé de continuer son voyage d'une autre façon, nous cherchons donc une solution pour que son vélo rentre à bon port en france et que lui voyage selon ces envies. Stephen prend de l'avance et sera à //hui !gaeb avant moi. Un énorme centre commercial lui fournira 2 sacs à dos pour sa nouvelle autonomie, nous passerons plus de 2h chez dhl à démonter son vélo et le mettre dans une boite en carton (trouvée dans un magasin de vélo adjacent). Avant cela telle un couple qui divorce, nous faisons la séparation de nos biens selon 3 choix. Tout ce qui est vélo, je prends. Medoc et rechaud chacun les siens et tout ce qui repart en france avec son vélo (ce sera le cas de la théiere rouge et de la bâche). Nous ferons cela pendant 3h sous les citronniers et je devrais réorganiser quelques unes de mes sacoches pour prendre plus de choses.
 
La nouvelle tombe malgré ces efforts Chris n'a pas pu persuader le capitaine du navire de m'emmener à Alexandrie, pour des raisons de sécurité et de refus de visa à l'arrivée, je prendrai donc l'avion.

Les décisions se font et les choix se décident. Afrique du sud pour Stephen et Égypte pour moi. Mes sentiments sont antagonistes, d'un côté l'angoisse d'être seul face à des situations dangereuses et l'autre, l'excitation à l'idée de faire mes propres choix. Je ne peux pas me résoudre à m'arrêter là ou à changer de destination, ce voyage est trop important pour moi. Biensur que je ne vais pas y aller tête baissée, me jeter dans la gueule du lion. Je ferai plus attention, serai plus vigilant. J'essaierai d'être en contact avec la population pour ne pas me retrouver isolé. Et puis un tour de roue après un autre et je continuerai mon voyage. 

Une fois, tout cela pensé et organisé. L'achat des billet d'avion effectué avec l'aide de xavier en france (merci la sécurité,pour faire des achats internet il nous faut un sms sur nos portables francais), nous avons pris le bus pour Larnaca afin de nous rapprocher de l'aéroport, dernière frayeur, j'ai bien cru qu'Azimut ne entrerait pas dans la soute du bus.Nous passons notre dernière nuit ensemble dans un parc de pins, Stephen trimbale ma boite en carton, à pied maintenant et moi, après pesage bagage + vélo font plus de 50kg sur la balance.

mercredi 13 novembre 2013

Rentrer au port


Le 29/10/13 à Lemesos
Jour 75 - Etape 68 - 84 km
 
Découverte de notre lieu de repos, ce matin, quelques remorques de camions posées derrière nous, un champs labouré, au fond un grand bâtiment d'une société et au milieu de tout ça, ce terrain vague. Nous prenons le petit dej, et nous apercevons que dès 8h, il commence à faire chaud. La route chipriote n'est qu'une suite de sociétés, on sent que l'économie est plus florissante que du côté nord. Ce qui est marquant ce sont tous ces conteneurs que l'on voit partout, sur les camions, perdus dans des champs, servant d'entrepôts, c'est la base de la vie commerciale. Sur le bord de la route de petits snacks et vendeurs de café sont installés dans de petites roulottes. Nous passons la barre des 6000km dans un paysage industriel ponctué de pins et de petites chapelles qui me rappelent celles de Bretagne.

Nous avons pour objectif d'aller à emesos qui est un grand port de commerce afin d'y trouver un moyen d'aller en Egypte par voie maritime. La route pour s'y rendre est jalonnée de petites montées, nous sommes sur une nationale mais il y a peu de trafic en parallèle a été construite une belle autoroute. Ce qui est le plus difficile c'est la chaleur, nous sommes entièrement trempés rapidement et heureux quand le.vent vient rafraîchir notre sueur.

Nous traversons l'île dans sa largeur et revoyons enfin la mer cependant nous ne la verrons que de loin, et il nous faudra attendre l'arrivée dans la ville pour pouvoir rouler sur une piste cyclable en bordure de plage. Mais cette piste ne durera pas car il n'y a plus de plage car de grands immeubles et complexes touristiques ont été construits au plus près de la plage. C'est d'ailleurs près d'un de ces endroits que dejeunerons juste devant une plage privée entre deux jetées en pierre.
 
Puis passage à l'officie du tourisme qui nous indiquera que le plus proche camping se trouve à 30km d'où nous venons et la direction de l'entrée du port. La personne de l'office passera un coup de téléphone à Salamis Cruise pour savoir s'il y a un moyen de traverser la méditerranée mais la réponse est négative. Nous décidons d'aller aux douanes mais là encore la réponse est aucun bateau ne quitte Chypre pour l'Egypte. J'interpelle une personne de chez Salamis Cruise qui nous dit de tenter chez MSC et Amanda navigation. Nous repartons vers le centre pour trouver leurs sièges, coup de bol au moment où nous demandons notre chemin, nous tombons chez quelqu'un de chez.Amanda qui nous indique une marche à suivre pour parler aux capitaines des navires, seuls maîtres à bord. Direction à nouveau le port, où à l'entrée nous ne sommes pas autorisés à rentrer, ni à consulter la liste des cargos en partance pour l'Egypte. Demi tour direction Amanda, je retrouve la personne qui est surpris du retour que nous avons eu de l'entrée du port et prend les choses en main. Le 1er nov il y a un bateau qui quitte Chypre, il demandera au capitaine et nous tiendra au courant.

Du coup, nous ne savons pas quoi faire car nous ne savons pas si la réponse sera positive et le coût. Nous décidons de repartir vers le camping pour pouvoir prendre une douche et faire une lessive mais il fait déjà nuit.
Nous demandons à un centre nautique si nous pouvons nous doucher, oui c'est possible et même de dormir sur la plage. Par contre, alors que nous faisons le rechaud sur la plage, arrive le proprio du bar de la plage qui n'est pas d'accord pour le feu et n'est pas au courant que nous dormons sur "sa" plage. Après discutions et avoir montré que nous ne faisions que la cuisine, nous pourrons dormir au fond près des terrains de volley où nous avions anticipés l'eteindage de nos fringues.

mardi 12 novembre 2013

Retour en UE

Le 28/10/13 à Latsia
Jour 74 - Etape 66 - 49 km

Le passage des vélos se fait sans problème. Alors que nous attendons avec les autres passagers de passer le contrôle des bagages avec un portic, on nous demande de passer les derniers. Nous en profitons pour aider 2 vieux couples à déplacer leurs multiples sacs (noix, orangers, etc..), puis alors qu'il n'y a plus grand monde, on nous fait passer à côté des détecteurs, en blaguant sur le fait qu'on ne transporte pas de bombes. On vérifie une énième fois que l'on ne s'est pas trompé de ferry, il y en a 3 qui partent en même temps, nous mettons nos vélos chargés au fond à côté d'un tas de bagages énorme des autres passagers (pas de limites de poids dans les ferry). Une fois sur le pont, toutes les parties communes sont déjà occupées et du coup nous montons au 2ième pont où se trouvent quelques tables et bancs, ils feront très bien l'affaire pour dormir, mise en place du matelas et utilisation du sac de couchage car il y a un fort vent. Puis il suffit de se laisser bercer par le ronron. 

Bon cela fait un moment que cela ronronne et toujours pas partis. Il s'avérera que nous avons au moins 4h de retard. Du coup, nous pouvons voir notre arrivée à Chypre, dis donc ça à l'air de grimper, c'est pas un atol. Quelques poissons volants nous ouvrent le passage à l'arrivée au port. On n'est pas encore arrivée que tout le monde est au taquet, de notre côté nous essayons d'atteindre les vélos mais c'est trop risqué au milieu des camions moteur déjà allumé. Voilà ça se dégage, on récupère les vélos, on descend et on apprend qu'il nous faut un visa, pas de souci, gratuit et rapide mais j'ai pas encore compris le statut de ce bout d'ile. Et là, nouvelle aventure, à Chypre, on roule à gauche, même les vélos, du coup nous ferons quelques kilomètres pour aller nous poser près d'une petite crique prisée des touristes, petit bain de pied dans cette eau turquoise. On reprend par l'ascension d'une grosse côte en 2x2 sous 28° car il nous faut passer par Nicosie qui sépare la partie turque de celle chipriote. Nous y laissons nos dernières livres turques.
Dans Nicosie, nous cherchons à passer dans la partie grecophile, bizarre une frontière en plein milieu d'une ville, et nous revoici dans l'union européenne. Et mis à part rouler à gauche, cela nous semble étrange de revoir les mêmes enseignes de magasin, les gens habillés à l'européenne, des églises et euros. Par contre, il est 17h et le jour se couche. Nous roulons de nuit et trouvons un terrain désaffecté en face du musée d'histoire naturel, pourtant nous avons fait pas mal de route pour sortir de la ville et trouver de la campagne mais cela n'a pas suffit.

lundi 11 novembre 2013

Güle Güle

Le 27/10/13 à Tusucu
Jour 73 - Etape 66 - 84 km

Ça y est maintenant que nous avons retrouvé la chaleur, nous avons aussi retrouvé nos amis les moustiques et ceux ci ont passé la nuit à essayer de nous piquer le visage. Il y a aussi eu le passage de personnes près de.notre "campement" mais nous n'avons pas été embêtés. Par contre dès que l'aube est arrivé, sont apparus les pêcheurs de bord de mer et les joggeurs et marcheurs. Nous prenons notre petit dej en face de la mer en regardant 2 pêcheurs ramenés des sardines et nous avons pu voir un petit cetacé sauter au loin.


Puis nous partons rapidement car nous avons de la route entre 80 et 100km, un arrêt à la boulangerie pour avoir du pain frais et nous nous apercevons que nous avons changé d'heure, comme en france, nous avons reculé d'une heure. Ce qui veut dire qu'il est 8h30 et que.nous avons déjà fait 30km, du coup nous sommes plus serein par contre ça tape, il fait 26°. Les stands d'agrumes fleurissent sur les bords de la 2x2 voies, nous en profitons pour en acheter un peu mais le peu turque c'est 5km et la.cagette est bien rempli.


Puis alors que nous cherchons de l'ombre pour manger, nous nous arrêtons dans un petit marché pour acheter des fruits frais dont des kaki (drôle de fruit velouté) et des poires. Un coin ombragé entre une mosquée, un canal et sous un eucalyptus, nous permettra de déguster tout cela. Puis direction le port de tasucu, où nous devons prendre le ferry, nous arrivons au terminal et petite angoisse, nos billets ne sont que des réservations, Nous devons aller les retirer 2 km dans le centre et y ferons de l'internet à la recherche du trajet chypre égypte puis kebab et course.

 Le ferry part à 23h59 et nous pensons pouvoir y accorder avant afin de dormir, nous n'avons plus l'habitude de nous coucher si tard. Mais nous nous retrouvons dans la "cafétéria", entre les camions qui accèdent au ferry, les odeurs de viandes grillées et les passagers prêts à embarquer. Cela a de faux airs de faux "sangate" avec les barbelés qui nous entourent. La nuit va être courte et nos vélos vont prendre une énième fois le bateau. Nous quittons la turquie et sa gentillesse après un mois de voyage. Le thé et son goût sucré resteront dans ma mémoire, comme la gentillesse de ces habitants toujours heureux de nous rendre service. Je me souviendrai de ces ascensions prêt des monts enneigés et des froides soirées.





dimanche 10 novembre 2013

La mer qu'on voit dancer

Le 26/10/13 à avultepe
Jour 72 - Etape 65 - 111 km


Au cours de la nuit, il semble qu'il y ait eu un réchauffement car j'ai du réouvrir mon sac de couchage et sortir les bras. Il faut dire qu'à deux dans cette petite tente, on a vite chaud. Par contre le vent s'est mis à souffler fortement et au levé c'est lui qui nous refroidi en attendant que le soleil passe les crêtes. En face de nous, un mont chauve doit être recouvert de neige en hiver, car après notre départ, nous passons un col à 1370m. À ce stade, nous commençons une longue descente vers la mer dans un paysage méditerranéen ressemblant de plus en plus à la provence. D'abord des pins, puis nous retrouvons les figuiers, les vignes puis quelques cactus. 

Nous nous arrêtons dans une çairie, juste à côté, un petit shop a un ordinateur ancestral d'où nous consultons nos mails, toujours pas de solution pour aller en Egypte. Nous décidons quand même d'aller jusqu'à Mersin des fois que nous trouvions un cargo et surtout pourquoi ne pas passer par Chypre? Nous faisons route vers Tarsus maintenant nous voyons des citronniers, des orangers et des grenadiers, nous ferons un stop rapide pour déjeuner dans un resto puis 25km de 2x2 voies pour atteindre Mersin. De gros camions et des dolmus nous crachent leurs fumées d'échappement, il fait 25° et une couche jaune de polution est visible au loin. J'ai soiffe et il est difficile de s'arrêter dans ces conditions là, heureusement un feu rouge salvateur me permettra d'étancher ma soif et d'avaler toute cette poussière.
 
À Mersin, nous trouvons rapidement un vendeur de tickets pour ferry mais rien pour l'Egypte, ce sera donc Chypre qui nous rapprochera mais nous devons partir de Tasucu à 100km pour gagner une journée avant le départ et 4h de traversée. Une réflexion dans un café avec 2 thés et un jus de carottes pourpre, piment, ail et farine de burgourl (vraiment utile pour les lendemains de gueule de bois, car c'est pas bon, le jus de choucroute est meilleur) pour nous décider à faire 100km de plus sous la chaleur pour aller à Tacusu.

Nous décidons de partir de suite, afin de diminuer la distance du lendemain et nous empruntons le front de mer, pas de plage en vue, seulement de grosses barres d'immeubles à perte de vue.
La nuit tombe et toujours pas de campagne, nous trouvons quand même un petit chemin adjacent à la mer. Pour l'instant, nous mangeons et mettrons la bâche dans un taillis quand il fera noir et que les gens arreteront de se balader. Au loin la côte n'est qu'une succession de lumière.