vendredi 8 novembre 2013

Point culminant

Le 24/10/13 à Camardi
Jour 70 - Etape 63 - 87 km

Le coucher a été un peu speed hier soir car une voiture s'est arrêtée pas très loin de l'entrée du site où nous étions et a stationnée un moment, du coup nous avons fait le noir total, histoire de ne pas se faire repérer. J'imagine des lueurs rouges et blanches dans des cavités troglodytes. En pleine nuit, la lune a éclairé le canyon et l'on pouvait voir les parois et les formes des concretions alentours. Et ce matin c'est le soleil qui rentre peu à peu dans le logis. À une dizaine de mètre de hauteur, une petite salle avec ce qui ressemble à 2 couchettes, une étagère et un foyer central, toutes les parois sont recouvertes de suie. À côté dans l'église, simple cavité sombre de 10m2 avec des piliers, il est encore possible de voir des fresques bibliques au plafond.




Nous prenons la route, et première épreuve, une grimpette à pied, à pousser le vélo, sur une route en lasset, mal pavée, 200m d'altitude en 1km même le gps ne s'incrémente pas, tellement nous n'avançons pas assez rapidement.
Plateau à nouveau, plateau où les hommes sèment encore à la main et où nous sommes au paradis de la pomme de terre. Des groupes travailleurs saisonniers se forment pour les ramasser, les mettant ensuite dans des sacs blancs posés à la verticale, de loin on pourrait croire à des pierres tombales. Sur ce plateau, nous avons à notre gauche et à notre droite, des remparts enneigés, nous bifurquons et nous nous dirigeons droit vers la muraille de l'est. Alors que nous faisons tranquillement notre pause déjeuner, nous sommes rejoins par un petit papi, chapeau et barbe, qui nous persuade de le suivre pour aller voir quelque chose de taillée dans les rochers. Il fait même un croquis sur mon calepin ressemblant à un visage de femme de profil.

Pourquoi pas aller voir? Sur ce, arrive discrètement un gars sur sa moto, ils partent tous les 2 et nous suivons la fine équipe avec nos bicyclettes et nos sandwichs en main. Arrivés sur le lieu, le pépé nous designe un truc dans un bloc de pierre, nous ne reconnaissons rien et son compère d'attendre plus loin. Le pépé s'en va et l'autre gars de venir nous demander de l'argent, à ce que nous comprenons, pour ce que l'on vient de voir. Il restera 10min à tourner, pendant que nous reprenons notre repas, ça sent l'embrouille mais il finira par partir.
Nous reprenons la route direction le col à 1720m, avant cette effort, nous nous voyons offrir un thé par un groupe d'homme tout étonné de nous voir là. La pause est rapide car nous ne savons pas ce qui nous attends.
Enfin de compte, la montée sera très progressive, moins difficile que celle de ce matin et nous atteindrons notre but avant la tombée de la nuit. La descente se fait à grande vitesse, et il s'en est failli de peu que je batte à nouveau le record de vitesse, tout ça, au milieu des vergers de pommiers. Une pomme différente pour chaque versant.
Sur notre gauche, nous avons droit de "toucher" les montagnes enneigées qui tombent à pic dans la vallée, parfois des failles se forment entre 2 de ces gigantesques monts comme des cicatrices. Pour couronner le tout, nous avons un coucher de soleil royal, dommage qui soit dans notre dos. Nous arrivons un peu juste à |Camardi pour faire quelques courses et nous décidons de demander l'hospitalité à des ouvriers en bâtiment parqués dans de grandes tentes mais visiblement, ils nous font comprendre qu'il vaut mieux aller à l'hôtel. Nous sommes un peu déçu, du coup, nous squattons le sous sol d'une maison à moitié en construction, à moitié en vente juste devant le chantier des ouvriers. Cela ne fait pas rêver mais au moins nous n'aurons pas de vent glaciale et auront un petit matelas de sable et graviers pour nous allonger.

jeudi 7 novembre 2013

Monts et vallées

Le 23/10/13 à Soglani
Jour 69 - Etape 62 - 59 km
 


Toujours réveillé au son des cracheurs de feu, aujourd'hui nous quittons la cappadoce pour rejoindre le sud. Petit dej buffet à volonté à l'hôtel, préparation des sacoches et nous partons, il est 11h15. Un passage éclair à une location de vélo, kad, scooter pour faire regonfler mon pneu arrière dont la répartition a tenu.





Nous commençons par remonter vers Urgup d'où nous sortons du triangle de la cappadoce. Nous suivons une vallée avec d'un côté une falaise abrupte et de l'autre une rivière. Nous sommes pris en tenaille entre cette falaise dont la frange est alignée telles des incisives et sur notre droite, des cheminées aiguisées comme des canines.
Cette route nous fait monter régulièrement, souvent en précisant 5% mais cela ne doit pas être les mêmes 5% qu'en France car cela monte rude et nous grimpons 2 km pour atteindre les 1500km et arriver sur un nouveau plateau.
De là, nous pouvons admirer l'Erciyes, majestueux pic neigé qui culmine à 3917 ainsi que la chaîne de l'Ala, ces paysages sont ceux que j'avais imaginés lors de la préparation de ce voyage.


 
Ensuite comme nous sommes montés, il faut bien redescendre et là c'est du 10%, d'où un nouveau record de vitesse à 79,58 km/h.


Nous arrivons dans une vallée, ayant à peu près la même physionomie que la précédente, seule différence, il semble qu'un lichen donne une couleur verte au haut du plateau. Nous sommes stupéfait de constater que des vallées, comme celle ci, sont cachées quand nous sommes sur le plateau et que la vie humaine y est florissante.
Nous obliquons vers le sud ouest par la vallée de Soglanli qui est plus étroite que les précédentes, nous sommes à la recherche d'une habitation troglodyte pour y passer la nuit. Nous la trouverons près d'une ancienne église, pour y accéder nous devons pousser nos machines sur une quinzaine de mètres sur une bonne pente.
Nous voilà prêt pour une nuit ayant 5000ans d'histoire. Est ce toute cette excitation ou le fait de partir vers le sud mais il fait déjà moins froid.

Cappadoce


Il fait presque jour et chaque matin, je suis réveillé par un souffle rauque, c'est celui d'une ou plusieurs montgolfière, qui passent au dessus de l'hôtel. De la fenêtre je peux voir le ballet d'une vingtaine d'entre elles qui montent et qui descendent pour profiter du levé de soleil sur les vallées.

Nous, pendant ce temps, profitons du petit dej au soleil avec une vue sur le rocher de soleil de Uchisar. Ma première matinée est réservée au nettoyage et à la réparation de mon fidèle destrier, cela lui fait du bien après 5600km, nettoyage de la caissette, plateaux, chaînes, changement des câbles des derailleurs avant et arrière (ce qui me permet de retrouver l'ensemble de mes pignons, les 2 plus grands me manquaient pour les montées) et ne plus avoir de frottements. La vidange totale fait que je termine à 14h.
 
Nous prenons le repas sur la terrasse de l'hôtel, le contraste est saisissant entre la gelée du matin et la chaleur du midi. Ensuite nous filons à pied pour une balade dans la vallée rouge et rose. Pour accéder aux sites, nous passons par des passages creusés par l'eau des roches blanches. Nous grimpons sur le versant d'une falaise d'où nous pouvons admirer le dédale que font toutes ces formes arrondies et voluptueuses, de couleurs jaunes, roses, rouges et blanches. Au milieu de ce labyrinthe, des vignes et des arbres fruitiers rajoutent une touche de couleurs d'automne. Sur les vignes, nous grapilllons quelques raisons séchés au soleil, un délice. Nous crapahutons en suivant un petit chemin, nous ne croiserons pratiquement personne, j'imagine mal le nombre de touriste qu'il doit y avoir à la pleine saison. Nous redescendons de cette roche fiable pour admirer le coucher du soleil.
Le jour suivant j'enfourche mon vélo pour faire le tour du triangle que forme la capadocce (Uchisar - Urgup - Avanos), je sors de la grande route pour monter à un petit village de vignerons, en passant par des vignes qui poussent sur une terre rouge et grasse. Dans le village, je me fais offrir le thé par Usel, un turque bruxellois, il reviendra m'apporter des grappes de raisins bien murs de sa maison.

Ensuite je redescend vers la vallée, au village de Cokek, les femmes extraient les graines de courges qui secheront ensuite au soleil à côté de grains de raisins. Ce qui est bizarre c'est que le reste du fruit est jeté sur les bords de route, pas même données aux bêtes. Dans ce même village, la falaise regorge de vieux pigeonniers.
Puis je redescend vers Avanos (oui redescendre car c'est le point le plus bas du triangle) où coule une rivière assez large entre 50 et 100m avec oies et canards. Il fait chaud et les promenades en bordure de rivière et dans le parc sont prisées par le couples d'amoureux, ou parfois assis sur un banc.
De mon côté, alors que je me balade dans le parc, une famille m'invite à boire le thé et à manger sudjuk et fromage. Une des vieilles femmes me proposera de me marier avec 2 de ces filles, je refuse gentiment, il faut avoir les moyens pour 2 femmes de plus mon coeur est déjà pris.
Le soleil baisse, je continue mon tour dans le triangle et reviens à mon point de départ pour le coucher, et là, arrive ce qui devait bien arriver un jour, après 7500km de collaboration avec Azimut (mon vélo), je crève de la roue arrière, un éclat de verre blanc de 3mm qui a bien attaqué le pneu.
La journée se terminera par un peu de mécanique comme au début de ce séjour.
J'étais déjà venu admirer ces paysages magnifiques, ces 2 jours m'ont permis d'en avoir un autre aperçu. Je penses que venir faire de la randonnée en vélo ou à pied pendant plus d'une semaine permettrait de découvrir des endroits cachés.

mercredi 6 novembre 2013

La cappadoce en vue

Le 20/10/13 à Cavusin
Jour 66 - Etape 61 - 56 km

La tente a été éclairée toute la nuit par la pleine lune et ce matin au thermomètre de mon compteur qui est glissé dans le vide poche de la tente, il fait -2° mais ça va je n'ai pas froid, serrés comme on est. Confirmation à l'extérieure de la tente, en sortant vers 7h, la tente est givrée et les bouteilles d'eau gelées.

Par contre, le soleil se lève pas longtemps après et tout de suite, l'air se réchauffe, bon j'ai mon collant, mes chaussettes, ma polaire, mon coupe vent et mon chech. Ce temps cristallin nous permet d'observer le mont Hasan Daji avec sa calotte de neige. Au loin, nous entendons résonner les cloches d'un troupeau de chèvres et de.moutons et nous voyons débarquer le berger avec son âne et son arme. Un fusil ou une carabine nous n'arrivons pas à comprendre à quoi cela peut bien lui servir puisqu'il a déjà un chien. Une fois partis, nous restons sur notre petit chemin de caillou. Sur une petite colline, nous observons des pièces troglodytes, nous pourrions y descendre mais l'accès n'est pas aisé, nous prolongeons et nous tombons sur des ouvriers paysans plutôt ouvrières qui ramassent des pommes de terre. En voyant Stephen sortir son appareil, toutes s'arrêtent de bosser et veulent se faire prendre en photo.
Mais nous continuons et récupérons la 2x2 voie qui nous mènera à Neveshir, nous avons un peu froid, le grand soleil de ce matin a laissé place à une couverture nuageuse et à un vent de nord-est. Après avoir fait quelques courses nous cherchons un café à thé pour manger au chaud, nous le trouvons peu après et nous voilà avec une theiere de 2L à boire pendant le repas.
Avec tout ce thé, la reprise est facile surtout avec seulement 12km à faire pour arriver au coeur de la cappadoce.
Nous voilà à Ushishar, porte d'entrée de paysage magnifique malgré le fait que le ciel soit voilé. Dans la descente qui nous mène à Goreme, nous croisons Max un cyclo hollandais, à la recherche d'un endroit chaud pour dormir. Nous trouverons notre bonheur dans un petit hôtel après 3 approches, dans la ville de Cavusin. Nous mangeons tous les 3, le propriétaire de l'hôtel a bien voulu, nous laisser la cuisine. Nous finirons la soirée en étudiant nos différentes cartes et en prévoyant nos balades du lendemain.




Détour et des tours

Le 19/10/13 à Gulpinar
Jour 65 - Etape 60 - 68 km
 
Levé à 6h avec le champs du muezzin, on ne pouvait pas le manquer puisque le minaret est à 100m, enceintes orientées vers nous et qu'ils n'ont pas lésines sur le volume, mais bon cela ne nous dérange pas plus que ça de me lever tôt puisque qu'on s'est couché à 21h en mode pas de bruit. Par contre il fait encore nuit, du coup je retranscris mon carnet sur mon téléphone à la lueur rouge de ma frontale. J'essaye de ne pas faire de bruit tant que la tente est toujours posée.

Une fois Stephen levé, nous replions la tente, plus question d'être discret, on fait même chauffer de l'eau au réchaud pendant que je vais chercher du pain frais pour le petit dej.
 
Ensuite, pour notre départ, nous voulons éviter la ville d'askaray, mais ce sera peine perdu, impossible de trouver quelqu'un qui connaisse le petit chemin indiqué sur la carte, nous tenterons même de couper au travers de l'université mais les gardes nous font comprendre que c'est impossible. Retour sur la 2x2 voie et passage dans Askaray. Du coup, nous tentons de récupérer une route qui nous fait éviter la 2x2 voie vers la Cappadoce que tout le monde veut nous faire prendre, mais là aussi nous avons demandé à au moins 10 personnes et toujours un avis et des chemins différents. Nous finirons par trouver par nous même, "au flair" et là nous passons un nouvel échelon du plateau, 1200m, une ascension "sympa", pas de % au début c'est dommage. Sur la fin, la pluie s'invite en plus et heureusement que nous trouvons un abri, une bâtisse abandonnée et délabrée et avec des amas de poissons déposés devant, une vague odeur de port hante les lieux. Lors de cette montée, nous pourrons admirer des collines de terre rouge parsemées de touffes d'herbes jaunes et de peupliers.
 
Une fois en haut, protégé, nous attendons la fin de la pluie, les nuages et l'averse passent au dessus du bloc de roques devant nous, nous y distinguons un troupeau et son berger.
À partir du village de Gulagac, nous apercevons dans la falaise, des habitations troglodytes, nous jouerons encore au chat et à la souris, en nous réfugiant dans un cyber, pour éviter un grain. En appelant le warmshower (n'ayant pas de réponse), j'apprendrai qu'il ne peut pas nous recevoir, encore une déception avec ce réseau social.

Nous terminerons la journée en faisant un énième détour, toujours en suivant les conseils de certains habitants qui ne savent pas comment aller aux bleds qui sont à 5km aux environs de chez eux.
Pour finir, nous planterons la tente à la va vite car 3 gouttes d'eau, nous font craindre une nouvelle saussée, le tout sur un champs fauché d'on ne sait quelle céréale. Nous devons enlever des pierres de types volcanique qui inondent le champs et les remplacer par de la paille.
Avant de nous coucher, la pleine lune fait son apparition, le ciel devient clair et la température chute fortement à 3,7°.

mardi 5 novembre 2013

Les jours se suivent mais ce ne ressemblent pas

Le 18/10/13 à Hamidiye
Jour 64 - Etape 59 - 106 km 

La pièce dans laquelle nous avons passé la nuit fait à peu près 8m2, au sol de grands tapis, posé au centre un poêle à bois marron non connecté. Deux matelas et un tas de couvertures y sont entreposés. Par l'unique fenêtre, nous avons une vue sur les tombes du cimetière parmi lesquelles les chiens et les poules se promènent. De cette pièce, j'entends les gouttes tombées en rafales.
Dans la pièce voisine, le hall d'entrée, nous avons installés nos vélos à côté des sacs de bois et des raccords du poêle. La dernière pièce est une petite salle de bain avec douche et toilette à la turque, attention à ne pas faire glisser le savon.

Par une des grandes fenêtre du hall, je constate que le ciel est chargé, très gris, on pourrait dire orageux. Je sors pour aller voir où en est l'état de séchage de nos fringues qui sont posées sur un petit porte serviettes ou torchons fixé au mur et constatation que tout ou presque, est tombé à terre et est partiellement mouillé par la pluie nocturne donc ni chaussettes ou caleçons tout à fait secs.

Nous devons passer au café pour rendre les clefs et remercier Omer, nous arrivons, il n'y a personne mais la pièce est ouverte et chauffée. Nous en profitons pour faire sécher nos vêtements près du poêle, de vrais manouches. Pendant ce temps, nous prenons notre petit dej, nous avons amené nos victuailles et on nous sert le thé. Cela laissera aussi le temps au soleil et au ciel bleu de réapparaître.
Avant que tout le village ne soit là, nous partons et cette fois ci, le vent est dans notre dos et nous arrivons à Eskil très rapidement, nous profitons de ces conditions idéales pour avancer mais derrière nous cela se gâte, ça sent la pluie. Nous prenons un raccourci qui aujourd'hui, nous est profitable, puisque nous passons par de petits villages, évitons la 2x2 voies et gagnons 10km. Les premières gouttes se font sentir alors que nous avons du rejoindre la 2x2. Nous nous arrêtons manger sur une table d'une station service, dans la froid. En attendant un changement de temps, direction le café de la station service pour y boire un thé (hors de prix), cela ramènera le soleil et nous repartons. Mais 2x2 voies en condition humide, cela ne nous plait pas et nous tentons le raccourci mais mis à part galérer dans la poussière humide et la boue et nous rallonger, nous revoilà sur la 2x2.

Nous avançons et devons bifurquer à droite pour éviter la future grande ville quand un nouveau grain s'annonce par contre nous n'aurons pas la chance d'atteindre la ville et serons trempés. Direction le café pour nous sécher, réchauffer et boire un thé. Dans l'établissement, 40 gars de tous âges, jouent à un jeu de dominos et fument (alors qu'il y a une belle pancarte d'interdiction), silence quand nous rentrons, puis les parties reprennent. Le temps que le soleil revienne quelques personnes viennent nous parler puis nous partons par un petit chemin.

 Sur notre droite, se dresse majestueusement le Hasan Daji, recouvert d'un couvre chef en nuage et parsemé de neige à ce qu'il nous semble.
Arrivés au village de Hamidiye, nous sommes toujours un peu humide et nous cherchons un endroit abrité et au sec mais mis à part prendre un nouveau thé dans un café, nous n'obtiendrons pas la même situation que la veille et finirons par planter la tente comme des voleurs dans le terrain d'une maison qui semble abandonnée, nous faisons du camping sauvage en ville. Nous avons à peine vu la pleine lune qu'il se remet à pleuvoir.

Laisser libre cours à ces envies

Le 17/10/13 à Golyazi
Jour 63 - Etape 58 - 27 km 

Parfois certaine journée, il faut savoir jongler avec ces envies et ce martin a débuté comme une de ces journées. Déjà, le froid se fait moins sentir sous la tente, bon signe, oui sauf que dehors, même si j'ai pu entrevoir le soleil se levait sur les montagnes à l'est et que le pic Hasan Daji était bien visible, derrière nous à l'ouest des nuages gris étaient entrain de s'ammonceler. La moitié du ciel était déjà englobée, le temps de prendre le petit déjeuner, le cul dans la paille, à regarder un troupeau de moutons foncé droit sur nous telle une tondeuse, que le soleil s'était glissé sous son duvet de laine grise.

L'envie de suivre le chemin le plus court et le moins chargé en voiture mais qui nous fera faire 10km en 1h20 en ayant pousser le vélo dans la poussière de terre et dans les champs à 3km/h, car ce court-circuit avait disparu, nous obligeant à rapidement retrouver une surface asphaltée.

Envie de rouler contre un vent qui nous vient en pleine face sud-est, nous obligeant à rouler entre 9km/h et 12km/h, en recevant de temps en temps de grosses gouttes d'une pluie chaude et poussièreuse, mouillant à peine nos shorts, rien à voir avec notre crachin breton.

Envie de s'arrêter au bout de 27km, de laisser les éléments se déchaîner quand, nous, nous restons au chaude au sec dans un cyber café pour y passer 7h à mettre à jour le blog, envoyer des mails et faire quelques recherches, tout cela entourés d'une nuée de gamins virvoltant et criant, regardant sans cesse, ce que 2 touristes peuvent bien faire dans leur petit village.

Envie de repartir le lendemain après avoir passé une bonne nuit dans la maison affairente à la mosquée, grâce à l'aide de Omer, un turque vivant en Allemagne qui après nous avoir rencontré à la station essence, nous a amené au cyber café, acheté du bon pain, puis nous a trouvé un endroit pour dormir avec l'aide de l'imam. Là nous avons pu réaliser nos envies de prendre une bonne douche chaude et de laver quelques affaires qui espérons le, sécherons durant la nuit avec l'aide de ce fort vent chaud.

Demain sera un autre jour avec d'autres envies mais reviendront celles, quotidiennes de découvrir ce qu'il y a derrière une bute, à la sortie d'un virage et le sourire des gens qui font la motivation de ce voyage.

lundi 4 novembre 2013

Et au milieu coule une rivière

Jour 62 - Etape 57 - 85 km
 
Notre petite maison nous a abrité du froid et ce matin, le soleil traverse l'une des fenêtres sans carreau, un vent d'est se fait sentir, d'ailleurs il nous génera dans notre progression. Nous petit-dejeunons en regardant les vaches apparaître en ombre chinoise sur la colline au loin.

Nous partons et dépassons un nouveau seuil altitude 1091m sur le gps, nous suivons une chaîne de colline à notre gauche sur une longue ligne droite. Parallèlement à nous une ligne électrique me fait penser à une ligne de télégraphe. Nous passons quelques villages, on pourrait se croire au farwest, une arche de métal portant le nom du village orne l'entrée, des vaches libres comme l'air se baladent et essayent de brouter je ne sais quelle type d'herbe car tout est sec.

Tout est sec mais il y a des champs partout, les turques ont mis en place un système d'irrigation complexe, des pompes alimentées par ces fameux pilones électriques, raccordées à de gros tuyaux rouges, irrigent des champs, ils arrosent même en pleine journée.
Il arrive parfois qu'il y ait quand même des sources d'eau naturelle et nous tombons sur l'une d'elle, y débute une rivière cernée de peupliers, nous nous y arrêtons pour déjeuner. Nous aurions bien voulu y mettre les pieds mais elle est déjà pleine de détritus.

En plein déjeuné, nous sommes envahis par les vaches et un berger et son troupeau monopolisent la route. Nous repartons en suivant ce petit cours d'eau dont les peupliers commencent à jaunir, plus nous avançons, plus nous nous retrouvons dans une faille, un canyon né, il attendra à peu près 100m de hauteur au moment où nous arrivons à Chambeyli.

Nous nous y arrêtons, nous voulons y faire des courses mais de nombreux commerces sont déjà fermés. Nous apprendrons par un épicier franco-turques que les festivités durent 9j mais que tout recommence à ouvrir d'ici 3j. Nous trouverons quand même un magasin d'ouvert, une pâtisserie aussi mais les magasins de charbon et de tracteurs sont quant à eux fermés.
Pour l'eau, nous nous arrêtons prendre un thé chez les pompiers de Chambeyli qui n'étaient pas trop occupés, heureusement pour eux.
Pour la nuit, nous nous approchons du lac salé en passant par une piste en terre poussièreuse. Il est 18h, le soleil se couche, nous trouvons un champs de paille pour poser la tente en la rembourant de paille. Pas un arbre en vue et une lune qui éclaire tout.

Far East

Le 15/10/13 à Besisikli
Jour 61 - Etape 56 - 98 km


Sur le plateau anatolien, le soleil se lève à 7h, il fait 2,9° degré lorsque je suis hors de la tente, à le regarder sortir de terre. Il est rouge sang et éclaire le tas de pierres à côté duquel nous avons planté la tente. Ces amas de pierres extraits des champ, nous servent d'abri contre un léger vent froid ce qui nous permet de nous réchauffer pendant le petit dej.

Une fois le soleil plus haut, nous partons sur une route asphaltée. Pas beaucoup de voiture et pas de camion. Près d'un village, deux nuées d'etourneaux jouent à faire des formes de feu d'artifices dans un ciel azur. Une fois proche du village, nous pouvons entendre le bruit énorme qu'ils font dans les arbres.

Nous arrivons ensuite à Celtik (fameuse ville connue pour sa musique), beaucoup de commerces sont fermés, des enfants nous suivent en nous lançant des "what your name", seule phrase qu'ils connaissent. Nous trouvons du pain et comprenons en voyant les moutons se faire débiter que aujourd'hui est un jour spécial.

Après la pause du midi, nous longeons des marais presque assèchés ainsi qu'un étang, malgré cette présence d'eau, les terres sont de plus en plus sèches et jaunies par le soleil.
Dans chaque petit villages que nous traversons les enfants veulent que nous nous arretions, les adultes aussi pour que nous prenions le thé ce que nous ferons à un croisement avec une 2x2 voie. Une pause thé où nous arrivons à dialoguer un minimum et sortons souvent la carte ce qui permet à chacun de donner son avis sur le futur trajet à prendre. 
Nous repartons par cette 2x2 voie qui se termine en route à gravier (elle semble en cours de construction), lorsque des voitures nous doublent, elles soulèvent tellement de poussières qu'on se croirait dans le brouillard.

Nous finissons la journée tranquillement, sur le bord de la route, nous apercevons régulièrement des rapaces souvent assez grands, nous nous laissons penser que ce sont des aigles. De mon côté, j'entrevois un animal, un peu plus gros qu'un renard, bondir dans les près fauchés, Stephen a lu qu'il y a des coyotes, on imaginera que c'était ça.

Pour finir, nous arrivons à Besisikli, où la plus grande partie des maisons sont délabrées ou en ruine. Nous apprendrons par un habitant, que de nombreuses personnes du village sont partis à Konya (la "grosse" ville) pour trouver du boulot. Nous squattons la dernière maison du village, bien sur abandonnée sauf par un chouette. Nous faisons le feu à l'intérieur de la maison et dormirons sous un toit

samedi 2 novembre 2013

sud profond

Ca y est, je suis arrive a Johannesburg apres 2 jours entre avions et aeroports. J'ai jamais passe autant de temps dans des supermarches de pseudo-luxe ni mange autant de plateaux-repas.
Un mot sur ces plateaux repas qu'on nous sert a bord, comme disait Coluche, c'est un vrai plat de pauvre, y'en a plus a la fin qu'au debut, du plastique par ci, du plastoc par-la. Sans compter l'espace pour manger, un peu moins que dans une cabine telephonique a deux, pour ceux qui s'en souviennent.
Donc la je suis dans une guest-house pas trop chere a Johannesburg, la Gandhi's GH, entoure de portraits de Mandela et de drapeaux zoulous pour une humeur paire sans le compere.
Donc bien joue Marmoune, il s'agissait bien de l'Afrique du Sud et des Springboks, ce soir je vais dormir un peu, beaucoup pour compenser des zones de transit et demain je crois que je vais reprendre un 2 roues, motorise cette fois pour aller voir la faune sauvage du Nord-est durant 4\5 jours, avant que de prendre un train qui me conduira au Cap.
La partie australe de l'Afrique est pas trop mal fournie en train.
A suivre... 90 jours maxi
Par contre me revoila a la fin du printemps.